La retraite à 45 ans?
25 commentaires Publié par OpO OpO 8 novembre 2009 dans Non-classé. [Lu 1 440 fois]
Texte : Sylvie Cloutier
Photo : Thomas Lieser
Jeudi 5 novembre dernier, au Lion d’Or, j’ai assisté à l’intronisation des nouveaux membres honoraires de la SDGQ. En entrant dans la salle, mon regard a surfé sur un bel assemblage de têtes blanches. L’âge d’or du design était rassemblé pour honorer les élus. C’est peut-être ce qui a inspiré un designer plus jeune avec qui je discutais à se demander : « qu’est-ce qui arrive aux designers après 45 ans? »
C’est une discussion qu’on avait parfois, quand je travaillais comme designer chez Graphème. On évoquait à la blague la petite trappe qui s’ouvre sous le bureau. On disait que si tu ne devenais pas boss, ou prof, c’était la dèche. On évoquait cet ancien designer que je ne nommerai pas et qui préparait nos maquettes au studio. En fait, ce qu’on craignait, c’est que dans un milieu où la nouveauté et les longues heures de travail sont la norme, si tu n’étais plus la saveur du jour, ou si tu décidais de fermer la shop à 5 heures pour élever ta famille, tu étais automatiquement sur la pente descendante.
Je ne suis plus la saveur du jour depuis longtemps et, après cinq heures, je revêts mon tablier de môman. C’est en partie ce qui a motivé mon changement de carrière vers la rédaction. Les rédacteurs poivre et sel ont la cote, et la rédaction demande moins d’heures de recherche que le design. Et vous, chers designers, c’est quoi vos plans de carrière pour après 45 ans?


photo GregSaul
photo Paprika
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Je crois que tout dépendant du chemin que l’on prends, on peut encore travailler après 45 ans, en agence ou à notre compte. Bien sur, nous travaillerons peut-être davantage à faire des rapporst annuels pour des compagnies d’assurances et / ou des institutions financières qu’a des publicités de condoms… Mais je crois que l’on a l’avenir que l’on se donne. Pour ma part, je souhaites enseigner. Peut-être même avant 45 ans. Mais qui suis-je pour juger d’avance ma vie en tant que designer, moi qui n’ai même pas commencé ?
J’approuve Mathieu, mais est-ce moi ou même âgé tu peux toujours être une source à consulter et fiable. Surtout ceux qui travail dans n’importe quelle branche du design, sont au courant et à l’affût des nouveauté, ou justement en créer. Comme un billet sur Grafika.com, le site «Thirty Conversations on Design», je n’ai pas eu le temps de le consulter encore, mais vite comme sa, c’est une « tête blanche » qu’on voit… ;) Et j’imagine qu’il y en a plusieurs dans les 30. Alors, pour reprendre Mathieu: «Mais je crois que l’on a l’avenir que l’on se donne.» ;)
Personnellement je crois que c’est extrêmement dommage que notre profession ne reconnaisse pas plus l’expertise et le savoir des designers de 45 ans et plus. Dans pas mal d’autres professions (avocat, plombier, restaurateur, mécanicien, administrateur, architecte, etc.) on prise l’expertise développée par l’expérience et on ne pousse pas en dehors de l’entreprise les professionnels qui commencent à blanchir comme on le fait en communications.
Oui, on peut penser à enseigner ou être consultants. Mais si on est un praticien, qu’on trippe typo et qu’on ne trippe pas à l’idée d’apprendre leur abécédaire graphique aux plus jeunes, on fait quoi? C’est cette situation que je trouve déplorable. L’aube de ma quarantaine y est sûrement pour quelque chose.
Question de perception je suppose.
Les saveurs du mois se trouvent au resto.
Il faut p-ê demander à Monguzzi ou Martens.
Il ne faut pas arrêter de «jouer»?
Bonne question à se poser hehe. Dans mon cas, je gradue cette année à l’UQO et je n’ai pas vraiment penser à la retraite quand je jubile juste l’idée d’être dans le marché du travail. Je devrais quand même songer à long terme; le temps passe vite.
Après 45 ans, j’aurai peut-être tendance à vouloir enseigner, transmettre mes connaissances à la nouvelle cohorte de jeunes designers.
Je vivrai de mon art? J’ai un grand intérêt pour l’arts visuels (je fais une majeure en design et mineure en arts visuels).
Sinon je ne prendrai pas de retraite par passion hehe.
Je pense que les designers de nos jours (la majorité) ont le réflexe d’être à jour. Il ne veut pas se faire un nom par sa facture graphique particulière mais par la relation entre le client-designer. Ca doit être une des raisons qui allonge la carrière du designer.
En tout cas, je me vois à 60 ans à mon chalet dans un atelier en bordel! haha
Lorsqu’on a fait de la nouveauté un des arguments passe-partout de la profession, il fallait s’y attendre. Et puis, les agences sont mal gérées, et le boulot, en conséquence, interminable, pour peu de reconnaissance sociale et un salaire médiocre.
Ce n’est sans doute pas pour rien que les graphistes ont souvent l’air d’éternels adolescents. Avec la maturité viennent quelques exigences, et ordinairement, c’est un métier qui ne permet pas de les rencontrer. Pourquoi s’en faire, d’ailleurs ? Il y aura toujours de nouveaux volontaires prêts à s’échiner pour l’estime.
Et on raisonnera : the new new shit !! Et cela suffira amplement.
Whaaa! Beau sujet! Excellent sujet!
Je me pose parfois cette question en regardant mes amis qui occupent des emplois où la maturité est reconnue et embrassée.
Je me demande souvent où je serai dans 15, 20 ou 25ans.
J’entend parfois des histoires de designers qui ont ouvert leur propre entreprise avec leur conjoint/conjointe. Mariage de deux talents différents. L’un travaillais dans la restauration, l’autre est designer. «Ouvrons notre propre restaurant! Je m’occupe de la cuisine et toi tu fais le branding, la déco et le design des menus!»
C’est pas rare d’entendre des histoires comme celles-ci. Les designers on est tous des créatifs, c’est notre force! Si le marché nous fait signe de s’en aller on sera assez débrouillard pour s’inventer ou se trouver un autre talent!
Moi par exemple j’aime bien faire de la photographie. J’exerce tous les jours la photo, j’ai mon appareil avec moi en permanence. Je crois bien que plus tard je pourrais avoir mon petit studio juste à moi!
Même si c’est photographier des « Mariages » et des « Portraîts de Familles ». Je m’en fout! ce que j’aime c’est faire de la photo, je crois que je le fait bien aussi alors cette passion se transforma peut-être en carrière #2 si jamais la comm n’a plus besoin de moi!
Je crois sincèrement que les designers de plus de 45 ans on une expérience et un bagage que les jeunes n’ont pas nécessairement. C’est pourquoi je les vois bien dans l’enseignement ou la supervision de projets.
Certes, plusieurs sont probablement blasés (même si le métier nous propose toujours du nouveau!), fatigués, ont une famille et d’autres obligations en dehors du contexte professionnel, mais je crois qu’un directeur artistique d’expérience peut apporter énormément dans une équipe.
Et même au niveau du brainstorming et de la création des concepts, les designers chevronnés en ont a faire apprendre.
Je veux dire, quelqu’un qui est dans le marché depuis longtemps connaît mieux que quiconque les trucs qui fonctionnent et qui ne fonctionnent pas, il connaît probablement très bien la population de la région et, par conséquent, le public-cible pour certains projets, il connaît les pièges l’industrie, etc. Toutes ces connaissances sont vitales pour une équipe!
Et puis comme Mathieu l’a mentionné, il y a un marché au niveau des institutions financières, des assurances, etc. qui, selon moi, ne peut être connu que par des personnes plus matures. Et avec tous ces bébé-boomers qui prennent leur retraite, je crois qu’un certain marché peut éventuellement (et je dis bien éventuellement!) se développer. Personnellement, je ne m’imagine mal concevoir une pub ou un produit pour un public-cible dans cette tranche d’âge.
Et je suis d’accord avec Jean-Francois Thériault, quand le marché nous dira de partir, ce ne seront sûrement pas les idées qui vont manquer pour trouver un passe-temps ou un emploi plus adapté! Photographie, les gestion de projet, les services de consultants, etc., il y en a pour tous les goûts!
Mais bref, malgré ses classiques, le monde du design est un monde dans lequel les modes, les époques et les styles passent et évoluent. En choisissant cette carrière, c’est une réalité qu’il faut affronter.
Pour ma part, l’enseignement me semble être un bonne alternative lorsque le temps de ma retraite sera venu.
Je ne compte plus les designers mi-trentenaires en dépression, burn-out ou épuisement professionnel. Après 10 ans de sprint, ils s’épuisent et se tassent pour laisser passer les nouveaux.
C’est l’industrie qui est faite comme ça ? C’est la fougue de la jeunesse qui se dépense sans compter ? Je ne sais pas. Je constate.
merci ;-)
Ouf ! Je suis à 2 ans du cap des 45 ans. Je me reconnais dans ce que beaucoup ont écrit, et j’ai apparemment pas mal de points communs avec Jean-François Thériault (que je ne connais pas).
J’ai fait une école qui avait la prétention de « former des directeurs artistiques ». Si tu es D.A. en sortant de l’école, on a un problème ! Mais bon, c’était il y a longtemps (une vingtaine d’années), et sous d’autres cieux (Paris). En 20 ans, je n’ai pas construit grand-chose, si ce n’est mon propre parcours, et je travaille encore à mon compte, ce qui n’est pas si inconfortable. J’ai renoncé à « laisser ma marque », et ça ne m’attriste même pas; mes objectifs sont autres. Et en effet, j’ai diversifié mon offre. De graphiste, je suis devenu D.A., puis concepteur, rédacteur, blogueur, whatever.
Ce que je retiens de mon humble parcours, c’est qu’il faut simplement rester créatif, car le type de création change vite L’aérographe et les transferts sont au musée, le Web n’existait pas quand j’étudiais, le viral n’existait pas il y a 5 ans, et ce que je ferai dans 5 ans n’existe probablement pas aujourd’hui.
Oui, la transmission du savoir devient aussi une préoccupation. Elle passe traditionnellement par l’enseignement et les conférences, mais, maintenant qu’il est de plus facile d’être lu, peut prendre d’autres formes.
Enfin, il y a le cas de ceux/celles qui ont assez de talent, de vision et d’acharnement pour trouver leur voix personnelle et la pousser toujours plus loin, comme des artistes « purs ». Ceux-là peuvent traverser les modes et rester actifs jusqu’à 145 ans.
Je viens de taper mes 52 ans, pas loin du vieux mon oncle cochon, avec une famille achevée en tandem avec la carrière. Je suis toujours à mon compte. Comment ça? J’en ai aucune idée…masochiste au coton son père !
J’imagine que lorsque tu traînes une passion avec toi, un jour, elle se retournes si tu n’es 100 % à elle! Mais que voulez-vous, je suis polygame! Je suis plus juste au design et voilà maintenant 27 ans, une vrai chance quoi!
Et chaque journée passé, je me fais rabattre des commentaires de clients, voilà, il est jeune, il est beau, il est très beau, il est de ton calibre en plus!, merci content de vous l’entendre dire! … combien nous charges-tu à l’heure déjà ?
Quoi penser de tout ça ? Enfin je suis heureux de constater qu’il y a des 45 et plus qui lisent encore ce blog… pour le reste. Longue vie!
L’article de Sylvie Cloutier est très juste. La vie de designer après 45 ans est difficile, faites le tour du jardin et vous verrez d’anciens graphistes dans toutes les autres professions. Les commentaires des plus jeunes sur la passion, la typo et tout le reste sont bien beaux, mais quand le client dit que sa femme n’aime pas l’orange, ce discours après 20 ans tue la passion.
J’ai lu que les agences sont mal gérées. Il ne faut pas oublier que c’est une business et non une école d’art. On peut prendre un designer de 5 ans d’expérience le payé 25 000 $ de moins et le travail est presque comparable, la différence ne justifie pas l’investissement supplémentaire. C’est plate, mais en faisant le calcul dans un studio de 10 personnes et l’on parle d’un loft dans le vieux payé en 4 ans pour le boss et si le patron fait du bénévolat en politique on parle de 2 ans (je m’adresse, ici, à deux de mes amis).
Finalement, les salaires n’augmentent pas au rythme des autres professions.
Les comptables dans les années 80′ commençaient avec un 12 000$ par année et aujourd’hui c’est dans les 40 000$. Un jeune designer c’est 20-25 000 $ max.
Est-ce la venue massive des femmes dans la profession? À vous de me répondre, je ne fais qu’observer le marché.
Si j’ai un conseil à donner aux plus jeunes qui rentrent dans la profession, mis à part de ne pas utiliser du 6 points dans les textes, intéressés vous à plein de choses dans la vie, votre retraite se portera que mieux.
L’actualité s’en mèle :
On apprend ce matin que l’agresseur de Berlusconi est un designer graphique de 42 ans.
L’important je crois c’est de trouver du temps pour ce mettre à jour avec avec tous ces nouveaux logiciels pour rester dans le coup et cultiver la curiosité. Tant qu’on est passionné par ce métier notre énergie se propagera sur les autres et on ne sera pas perçu comme un « has been ».
Moi je vois plutôt mes 40-45 ans comme l’apogée de ma carrière, le croisement de mon
expérience durement acquise et le développement de mon talent arrivé à maturité.
E stephane@qicreationgraphique.com
W http://www.qicreationgraphique.com
Stephane,
Je regarde ton site/portfolio, et je te souhaite sincèrement une apogée à 40-45 ans. parce que pour tout de suite… bof.
Mais plus globalement pour ce blogue
http://www.chroniclebooks.com/index/main,book-info/store,books/products_id,8298/path,1/title,Fuck-You-and-Your-Blog-Journal/
Michiel, tu est un petit con.
Montre moi donc tes réalisation
En tout cas, Michiel, c’est pas des commentaires comme le tien qui hausseront le niveau de ce blogue.
Inspire-toi de Ghandi : « Be the change you want to see […]« .
Mener par l’exemple est pas mal plus utile que d’opter pour la facilité (et l’anonymat?) comme tu viens de faire.
Merci pour le support André. Très belle citation.
C’est la première fois que j’écrit sur un blogue
et ça me laisse un goût amer. Je croyais que ce site
était rempli d’individus allumés.
Merci Sylvie, d’avoir ouvert cette discussion.
Je suis une femme. J’ai 42 ans, donc je suis proche de la « trappe ».
Je ne suis pas la DA glamour. Je ne receverai pas de prix honoris causa. Mais j’ai travaillé fort, et j’ai pu m’occuper de mes enfants.
Je n’ai plus le goût de travailler sur n’importe quoi, avec n’importe qui, à n’importe quelle heure.
Alors je fais quoi, maintenant ?
À lire les textes précédents, je sens vraiment un esprit « tasses-toi matante ».
Je ne vous donnerai pas le lien pour mon portefolio. Je trouve ça très prétentieux.
Bonjour Nadine,
Je ne vois pas ce qui a de prétentieux à mettre un lien sur notre portfolio.
C’est un site de partage, libre à tous de consulter ou non les liens.
Je suis rendu à peu près au même stade que toi alors j’ai décidé d’ouvrir
ma propre boutique selon mes termes.
Je te souhaite bonne chance dans tes projets.
Je trouve que 42 ans c’est encore très jeune!!!
Salutations,
>Stéphane
pour ma part je regarde les exemples comme Paul Rand ou Vignelli, etc. j’ai l’intention de faire du design jusqu’à ce que je tombe raide mort, mais j’aimerais bien que ce ne soit pas le design qui me pousse dans la tombe.
on ne nous enseigne pas ça à l’école. on nous prépare à entrer comme junior à l’usine. après ça, démerde-toi le jeune. bonne chance.
Rester indépendant, fixer ses propres objectifs, quels qu’ils soient. C’est le seul kit de survie que je connaisse…
J’avais vu, petite, ce vieux japonais qui faisait un signe avec un grand pinceau.
Il avait l’expérience du geste que la jeunesse ne peut puiser que dans sa propre fougue.
À chaque époque son aptitude.
Travailler avec la jeunesse m’apprend à regarder ce que je suis devenue. Ailleurs, meilleure, et horriblement à côté de la traque en même temps.
L’autre jour, De Repentigny m’a confié que j’avais des belles lacunes à certains égard dans ma pratique. Que ça se chuhotait même dans les corridors. J’adore l’affront. Combien de fois je les ai mis à leur place, moi, avec mon expérience à la noix?
J’adore la jeunesse et son impertinence. Been there and done that.
Ce n’est pas le talent qui pousse les plus vieux hors du chantier, mais l’économie laissée libre aux mains qui pensent que la seule façon de réussir, c’est des bas prix.
Les jeunes sont toujours prêts à tout faire à des prix ridiculement bas—incluant des participations à des concours spéculatifs ou sur des sites à la Logoworks, du travail « work for hire » ou bien encore, à accepter n’importe quel budget ou échéancier insultants qu’on trouve sur Craiglist ou Agent Solo. Ça donne un environnement où il est difficile de frayer et rend les emplois douillets et en dehors du marché très attrayant pour des gens qui devraient être dans le meilleur de leurs possibilités.
La profession est rongée par ses jeunes, soit laissés à eux-mêmes dans le marché, soit exploités au sein des boîtes de créations qui cultivent le rush et l’overtime à rabais (toujours plus facile de compenser son inaptitude à évaluer le temps d’un projet via ses employés plutôt que dans son profit). Ça fait longtemps que je le dis, il manque cruellement de formation du côté économique et éthique, autant dans le système académique qu’à l’extérieur (conférences, etc.).
Les designers qui sautent la clôture du côté de l’éducation devraient peut-être songer à pousser ce côté plutôt que de transmettre leur « passion ». En formant des passionnés, vous semez des graines donnant de jolies fleurs… éphémères.
Les designers qui demeurent du côté de la pratique, arrêtez d’engager les jeunes parce qu’ils peuvent faire des heures sup. à votre place.
Il y a quelque chose de fondamentalement malsain dans un milieu où même le discours traite de la quarantaine comme une fin d’étape. Le milieu dont je parle n’est pas celui du design, mais bien celui du design au Québec. Chez nos voisins du « ROC », c’est *rempli* de « têtes blanches » qui, en plus de continuer à faire du bon design, participent activement et visiblement dans le milieu et partagent leurs connaissances de façon ouverte, fréquente et accessible à tous (pas obligé d’être un jeunot pour apprendre des autres). Même les profs participent de cette manière. Le libre marché c’est bien beau, tant que le marché garde une responsabilité social: être en affaires, ce n’est pas une raison pour être incompétent socialement. Dans le « ROC », ils font de la business là-bas aussi et ils y arrivent, alors qu’on arrête de proférer ce maudit argument.