Le péril jaune

Récemment, nous avons reçu un coup de fil d’une société qui désirait une soumission pour une brochure. Cette entreprise nous a identifié grace à notre inscription dans les pages jaunes. Il ne nous a pas sélectionné pour notre talent, ni pour notre expérience, puisque qu’aucun de ces éléments ne peut transparaitre dans une si petite inscription. Il nous a fait produire un devis qu’il a simplement comparé aux autres avant de retourner vers son ancienne agence et lui négocier une baisse d’honoraires. A bien y penser, Il n’y a pas publicité plus antinomique au design que celle des pages jaunes.
Ce medium ne pourra jamais prétendre présenter les qualités fondamentales d’un designer. En fait n’importe quelle discipline du design sera mal déservie par ces bottins. Ce type d’inscription et la perception qu’elle engendre plombe le design et encourage une contamination d’ entreprises de design «stock», qui ne propose rien de moins que des gabarits dèjà établis, un logo en 24 h Appellez sans frais au 1-800…

Imaginez choisir un architecte ou un plan de design intérieur par les pages jaunes. Non vraiment les pages jaunes sont les pires messagers du design.


9 commentaires sur «Le péril jaune»

  1. 1 Simon Éthier

    Les pages jaunes sont un annuaire. Qui dit annuaire dit liste. Ça ne dit rien d’autre que ne le ferait tout autre répertoire. Que du référencement sur Google, si on pousse plus loin. Cela n’a rien de mauvais. C’est un média utilisable, seulement il faut s’attendre à ce qu’il produise des résultats… de répertoire!

    Pour la question des estimations, devis et appels d’offre, encore une fois, rien de plus normal : vous dites à quel prix vous êtes disposé à offrir un service, vous faites valoir votre valeur ajoutée par rapport à la compétition, vous signez ensuite un contrat, tant mieux, vous n’en signez pas, tant pis. Encore une fois, ainsi va la vie… et je ne parle pas d’appels d’offres…

    Donc il n’y a pas de problème? Oui, il y en a un!
    Pourquoi les pages jaunes fonctionnent pour les vendeurs de fenêtres, d’arrangements funéraires, les notaires, les plombiers et les dentistes?

    Parce que ceux-ci sont en mesure de se vendre par leurs compétences exclusives.

    Trop de designers croient que se vendre, c’est toujours montrer un portfolio plutôt que de démontrer une compétence. Regardez les méthodes d’évaluation dans les écoles de design. Regardez le peu d’importance donnée aux diplômes. Pour beaucoup trop de designers, la compétence exclusive, c’est l’oeil, c’est le talent, c’est le bon goût, c’est le suivi des tendances.

    Le reste? Boaf! On s’en balance. On s’en balance de la productivité. On s’en balance de la compétition. On s’en balance de la technique. On s’en balance des espaces colorimétriques, et des normes XHTML. On s’en balance de faire un compte des heures, d’économiser notre bande passante, notre papier, de mesurer nos marges de profit, de mesurer les retombées pour nos clients…

    Tant que c’est beau…

    Vous vous rappelez, au dernier Super Bowl? Vous vous rappelez de cette pub, gratuitement réalisée par des amateurs, et votée par des internautes parmi un grand nombre de propositions?

    Plus ça va, plus c’est ça qui va arriver, au risque d’en ramener quelques-uns sur terre. Trouver un illustrateur amateur de talent, c’est très facile. Lancer un concours aussi. Ça fait longtemps que ça a commencé. La SDGQ s’y oppose dans sa déontologie, mais s’adresse mal au problème. Les concours ne disparaîtront pas.

    Le « user-generated content », ça se gagne à coups de concours. Les gens en marketing l’ont compris depuis longtemps… et souvent ce type de contenus obtient plus la faveur du public que la production commissionnée.

    Ce qu’il faut, c’est que les designers utilisent les deux moitiés de leur cerveau quand ils travaillent… et surtout, qu’ils prouvent qu’ils ont une compétence exclusive… à partir de ce moment ils adoreront les AdWords et les pages jaunes… Mais pour l’instant, ils ont plus de peine à se vendre que les plombiers, et c’est en grande partie de leur faute.

    Pour la SDGQ, ça signifie intégrer ce concept de «compétence exclusive», d’ajout de valeur… ça commence probablement par une accréditation et un réalignement des écoles.

  2. 2 Steve Poutré

    Pour ma part, j’ai tellement l’impression que les pages jaunes s’adressent à une clientèle qui ne connaît rien à notre travail que j’ai peur de m’y inscrire. Je me retrouverais rapidement à avoir de longue et pénible discussion au téléphone avec des magasineux, qui sont en train d’appeler un par un tous ceux inscrits dans la liste.

    Ces monsieurs-madames-tout-le-monde sont plein de bonne volonté, et ils n’ont sûrement pas d’autre option pour tenter de trouver un graphiste pour faire la conception de leur faire-part de mariage. Mais je trouve cette situation assez triste, parce que cette attitude met en priorité la question du tarif horaire. Ces clients auront rarement un produits de qualité en utilisant cette méthode de sélection. Parce que, entre vous et moi, les graphistes qui chargent 12$ de l’heure en donne pour 12$ de l’heure. Quand on a faim, est-ce qu’on appelle dans les cantines et les restaurants pour comparer le prix entre un pogo et un magret de canard?

  3. 3 Simon Éthier

    Ça revient à ce que j’ai dit : Toqué ne devrait pas s’inquiéter si un McDo ouvre en face. Tant que Toqué est capable de prouver que son produit vaut plus.

    Les designers graphiques ont-ils la capacité de justifier leur tarif horaire par rapport à plus haut ou plus bas?

  4. 4 Marc Serre

    Je comprend ta logique Simon, mais elle semble très difficile à appliquer. La qualité du design graphique étant en partie de nature intangible (talent, sensibilité, interaction avec le client) et l’espace alloué dans les listes des pages J si restreint que l’identification d’une spécificité est difficile, voire impossible.

    De plus, notre discipline, comme toutes celles du design a des références et une définition trop obscures pour le grand public. Graphex, Communication arts, Paul Rand ou Rethink sont des références malheureusement trop spécialisés pour être des leviers de notre profession içi. Certaine agences tendent vers la spécialisaiton (mandats culturel, municipal, identité, etc) mais la spécialisation n’est pas une voie royale, faute de marché et de masse critique. Les designer graphiques sont tous plus ou moins généralistes et tous dans la même arene.

    La solution à l’amélioration de la perception de notre métier passe par beaucoup de voies, dont l’éducation, l’information et notre représentativité comme force économique par notre regroupement. Notre métier à de l’avenir. Mais pas à travers des outils comme les pages Jaunes.

    Pour le design, les pages jaunes sont aussi vides qu’une page blanche.

  5. 5 Le roi

    Les pages jaunes est véhicule de présence et de transmission, tout comme la carte de visite ou le dépliant de service.

    L’intégritée, la déonthologie ou le professionalisme n’est pas le résultat d’un calcul mathématique, et ce dans tous les sphères d’avtivitées commerciales. (oui malheureusement c’est commerciale)

    Je ne vois pas en quoi les pages jaunes est un problème. À moins de se faire déranger par des clients pas sérieux. Ceci est à nous de se tenir debout… le problème n’est vraiment pas là à mon avis.

  6. 6 Steve Poutré

    Puisque je me suis récemment exilé en campagne, m’inscrire dans le bottin téléphonique de ma ville (Saint-Mathias-sur-Richelieu) serait une statégie complètement désuète. Un répertoire téléphonique fait beaucoup trop référence à la notion de « proximité physique », alors jamais mes clients de Montréal, Québec ou Toronto ne pourraient me trouver par cette méthode. On consulte les pages jaunes pour trouver un salon de coiffure prêt de chez nous, et non pour sélectionner un designer. La seule personne ou entreprise de mon quartier qui aurait peut-être pu avoir recours à mes services aurait été le maire, mais ce dernier a eu la brillante idée l’année dernière d’organiser un concours auprès des citoyens pour concevoir le nouveau logo de la ville. Il me semble que toute la pub nécessaire à ce concours aurait pu amplement payer les services d’un graphiste. Mais bon, je m’éloigne du sujet en passant d’un débat à l’autre.

    Le centre du problème réside dans le fait qu’encore trop peu de gens exigent des références (demander à son entourage « connaissez-vous un bon designer ») ou des preuves de nos compétences (portfolio). Lorsqu’on vérife les statistiques et qu’on constate le peu de gens qui se disent graphiste sans avoir étudié dans le domaine ou avoir au moins quelques années d’expériences (exemple : mon beau-frère qui vient de hacker Photoshop), il me semble qu’à la place des gens qui magasinent de la sorte j’aurais vraiment peur de perdre des l’argents et/ou un temps fou à faire affaire avec un charlatan. Je préfère de beaucoup les clients insécures que nous devons constamment rassurer que ceux qui nous prennent pour « un graphiste parmi tant d’autre ».

  7. 7 Steve Poutré

    Désolé, petite erreur, j’aurais dû écrire «Lorsqu’on vérife les statistiques et qu’on constate LA TROP GRANDE QUANTITÉ de gens qui se disent graphistes…».

  8. 8 Melusinedesign

    Je me souviendrai toujours lorsque j’ai fait mon bac en Communication graphique, un de mes profs nous avait dit qu’il avait beaucoup de gens qui se disait être des graphistes et qu’il n’avait aucun diplôme dans le domaine. Ce prof disait que le problème c’est parce qu’au Québec nous n’avons pas d’Ordre de designer graphique, un peu comme l’Ordre des ingénieurs (ok l’exemple n’est peut-être pas très bon, mais vous comprenez surment ce que j’veux dire).

    Pour les pages jaunes en Mauricie (hey oui je demeure dans cette région) bien il a quelques agences de graphismes inscritent, je sais qui en a qui sont des professionnelles et ça ne m’étonnerais pas qui aient des bullshiter dans la liste. Et nous retrouvons les mêmes catégories sur internet en plus des sites qui ont des templates pour se créer un site web et une panoplie de logos. Disons que ça me choque se genre de site web et jamais je n’encouragerai ces gens. Je préfère avoir le syndrome de la page blanche quelque fois que de prendre un template ou un kit graphique qui a peut-être était fait par un ado ou bien un adulte qui a un ordi avec toute la gamme Adobe et qui se dit « graphiste ».

    J’ai connu un gars en Multimédia des affaires, il disait aux gens qui rencontrait qu’il était capable de créer un site web au complet et savez vous quoi des amis et moi avont découvert que c’était un bullshiter en plus je suis certaine qu’il n’a même pas eu son diplôme.

    Si j’avais ma propre agence de graphisme/multimédia je ne l’engagerais même pas.

  9. 9 dcop123

    la conception d’une brochure ou un logo est une tâche très professionnelles qui ne peuvent pas être fait par n’importe qui, sans expertise. Logo décrit votre entreprise à vos clients potentiels, si cette description n’est pas présenté ainsi, cela pourrait nuire à votre image.

    Business Cards design | Logos

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