Une grille repensée pour Les Affaires


Le journal Les Affaires — publié chaque semaine par Transcontinental — a récemment été rajeuni.
Une grille beaucoup plus aérée, des sections bien définies, une cohérence d’ensemble marqué, et une belle présence d’illustrations.

Ce travail élégant est dû à l’agence 5W Mignon Media de New York.


14 commentaires sur «Une grille repensée pour Les Affaires»

  1. 1 Sébastien Tremblay

    Travail remarquable.

    Je ne peux qu’ouvrir le sujet sur la refonte de la mise en page du magazine indépendant hebdomadaire « La Semaine » qui n’est pas aussi réussie.

    On dit qu’on y offre une mise en page bien optimisée alors qu’au contraire, excepté l’amélioration dans la mise en page textuelle, je n’ai que de complaintes au sujet de ce qui semble être la découverte pour eux des effets de biseautage dans photoshop. Je réprime également, par goût personnel, un choix de couleur et une typographie qui semble plus rétro. J’ai l’impression de lire une copie du National Geographic jaunie par le temps, avec des articles récents.

    Je peut sembler avoir des opinions extrêmistes, mais je suis encore novice au fait de critique et la présentation de mes idées n’est peut-être pas toujours précise.

  2. 2 Jean-Sébastien Dussault

    Surprenant que le web n’ait pas encore suivi, en effet.
    À vue de nez, je trouve justement à la première page un air plutôt web avec les sections du haut, un peu « menu », et la section de droite un peu « rss ».

  3. 3 Marc-Antoine Jacques

    Tu as probablement raison Jean-François, je pense que les affaies essaient de se «démocratiser» avec une identité en bas-de-case. C’est aussi ce qui ressort quand on regarde la récente campagne publicitaire de l’hebdomadaire. http://www2.infopresse.com/blogs/actualites/archive/2007/09/10/article-23463.aspx

  4. 4 Martin

    J’ai vu et lu le journal Les Affaires et le nouveau design est vraiment impressionnant. Un travail de très belle qualité. Des couleurs biens choisis et pas «agressante». Je n’ai que des commentaires élogieux à l’égard de la nouvelle maquette. Il est indiqué à l’intérieur de cess «première» édition que le site web suivra sous peu. Vraiment, je dois leur lever mon chapeau!

  5. 5 Luce

    Et personne ne trouve cela décevant que le design n’ait pas été confié à une agence Québécoise?

  6. 6 Martin L’Allier

    À moi que je ne me trompe il n’y a qu’une personne au Québec compétente et surtout vraiment expérimenté en matière de travail sur les journaux: madame Lucie Lacava. S’il y en a d’autres je serai heureux de l’apprendre.

    Mais au-delà de la grille il y a aussi eu un important travail sur le contenu, l’approche journalistique, l’orientation et le stylisme rédactionnel… un univers que les agences ne sont habituellement pas outillées pour aborder.

  7. 7 francisco

    pour les incultes, euh, c’est qui Lucie Lacava ?

  8. 8 Martin L’Allier

    Lucie Lacava est http://www.lacavadesign.ca/

    Mais je ne limite en rien le débat JF, l’on n’a qu’à argumenter que que le facteur localité est plus important que le facteur compétence/expertise. Si c’était le cas, personne d’autre que les entreprises québécoises n’utiliseraient nos services et nos compétences ne trouveraient jamais preneur à l’étranger… Sommes-nous encore à cette époque? Plusieurs d’entres nous avons fait des projets avec l’étranger, sommes-nous mal à l’aise de ces expériences? J’en doûte et pense que c’est même le contraire. Si c’est vrai pour nous pourquoi pas pour d’autres?

    «Si on cherche uniquement des experts ayant accompli 50 fois le même mandat, on laissera bien peu de chances à la relève sérieuse qui a un vrai potentiel.»
    Refaire la grille d’un journal implique plus que de retoucher la typographie et la mise en page de la grille… ça veut aussi dire supporter et guider la transition dans de nouvelles méthodes de gestion du travail. Un journal c’est souvent mis en page par un grand nombre de gens — des 10aines souvent de différentes spécialités — ce n’est pas que quelques infographes à coordonner ou une mise en page à finir soi-même.

    Donc du travail de design, de gestion et de rédaction. Un éditeur qui se lance dans une telle démarche doit vouloir quelque garantie de la réussite de cet investissement.

    Tous les projets ne sont pas a priori des opportunités pour cette mythique relève — et on parlera une autre fois de la notion de relève… comme si l’expérience et la compétence n’avaient pas de valeur?

  9. 9 Luce

    De plus, je ne serais pas prête à dire que personne au Québec (et incluons donc le reste du Canada ici également) n’aurait pu travailler à cette tâche… Annie Lachapelle doit avoir une ou deux notion de la grille typographique et tous les ex employés de Zibra sont d’excellents typographes (à titre d’exemple). Benoît de La Presse a vécu une transition vers ne nouvelle grille, il aurait pu être consultant. Il y a des équipes comme SpaFax qui produisent des magazines de très grande qualité et qui ont 2 bureaux au Canada.

    Bref: quand on veut, on peut. Et je ne parle même pas ici de tous les experts dans le reste du Canada qui aurait pu faire partie d’un « dream team » canadien. Au delà d’être une entreprise qui veut des résultats, il y a aussi le citoyen corporatif, opérant dans un territoire donné, pour une audience spécifique, qui se doit de stimuler le talent local.

    Une entreprise comme Transcontinental aurait définitivement le loisir d’être un peu plus chauvine dans ses choix. « Acheter local », ça vaut autant pour les services que pour les biens et ça fait partie du développement durable d’un bassin de talent et d’une communauté.

  10. 10 Benoit Giguère

    Je suis le Benoit Giguère dont Luce fait mention, je suis actuellement le directeur artistique de La Presse. J’ai effectivement travaillé à deux reprises sur une refonte de la Presse. La première fois avec Paprika ( aucune expérience sur les journaux) et la seconde fois avec Lucie Lacava ( expérience sur les journaux). Les deux expériences ont été forts différentes à plusieurs points de vue.
    Je veux apporter quelques nuances sur les énoncés de Martin L’Allier et de Jean-François Proulx concernant l’expertise locale et internationale en ce qui a trait au design de journaux. Premièrement, Lucie Lacava n’est pas la seule personne compétente en matière de travail sur les journaux, mais elle possède sans conteste, une très grande expertise dans ce domaine. Cependant bien des designers d’ici sauraient être habilités à solutionner ce genre de mandat. Il faut savoir qu’effectivement la refonte d’un journal est beaucoup plus comlexe qu’une simple étude de grille, de fontes, etc. Sur ce point Martin L’Allier a parfaitement raison mais Jean-François également lorsqu’il mentionne qu’on doit laisser la chance au coureur sinon il ne restera plus personne sur la ligne de départ un jour.
    La décision pour un éditeur de changer sa grille est aussi importante qu’une refonte complète d’une marque et de toute sa plate-forme graphique. Je reconnais le droit à Transcontinental d’avoir fait appel à Jeff Mignon dans ce cas. Stéphane Lavallée, éditeur de «les affaires» a pris la bonne désicion. Sans doute Michel Blanchette, directeur de l’information visuelle du journal, aura pu apprendre au contact du travail de monsieur Mignon. C’est ainsi je crois que peu à peu nous construirons une expertise locale en la matière. Comme à l’époque j’ai pu, en travaillant avec madame Lacava, prendre moi aussi du galon dans le domaine du design de journaux. Depuis maintenant sept ans, je suis à la barre de la Presse, nous sommes désormais mon équipe et moi, en mesure de conduire notre propre destinée à ce niveau grâce à l’expertise acquise au cours des années. Nous la transmettons aux autres équipes des journaux du groupe Gesca. Voilà comment le savoir se transmets peu à peu et qu’émergera désormais une expertise locale en ce domaine. Le design d’un journal est sans doute le mandat le plus complexe que j’ai eu à solutionner au cours de ma carrière et je n’ai pas encore rencontré l’expert qui peut se venter d’être le spécialiste en la matière, loin de là.

  11. 11 Martin L’Allier

    Merci de nuancer nos propos monsieur Giguère et surtout d’ajouter à notre compréhension!

  12. 12 Cath

    Magnifique témoignage… ça fait du bien de lire autre chose que des échanges de balles :) Merci !

  13. 13 Lee Goldman

    Dans les meilleurs des cas, les employés quasi-anonymes des quotidiens et magazines en savent un bout sur les difficultés de tenir une ‘grille’ à bout de bras, avec les nombreux précédents et demandes imprévisibles. Tous les jours, à chaque page, ils doivent chercher à rendre élégants ET conformes des éléments disparates (sans compter les aléas du temps et des ‘personnalités’).

    Bien souvent, le concepteur de la refonte d’une publication laisse le bateau voguer de lui-même assez peu de temps après son baptême. Combien de soi-disants directeurs artistiques cherchent bien vite à faire repeindre le navire? Et combien de toute façon de graphistes ont-ils intériorisé les leçons du branding (pour autant qu’on leur enseignent correctement…)?

    Il me semble qu’il existe bel et bien une expertise disons ‘occulte’, mais peu reconnu. Le problème tient surtout, il me semble, au peu d’importance accordé à la chose.

  14. 14 jeff mignon

    Pour info, l’équipe de 5W Mignon-Média est internationale. Elle comprends des Américains (dont des Québecois), des Asiatiques et des Européens. Il va sans dire qu’il y a des talents au Canada. Merci pour vos commentaires et quel plaisir de travailler au Québec.

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