Le gène du design

Lorsque des amis qui n’oeuvrent pas dans notre domaine me demandent comment j’ai décidé de devenir designer, je ne sais pas vraiment comment répondre. Petite fille, je fabriquais des maisons à mes Barbies au lieu de leur mettre des vêtements, et je préférais aller avec ma mère à la bibliothèque plutôt qu’à l’épicerie. Plus tard, j’ai eu la chance, au CEGEP, de rencontrer une prof d’art qui m’a «annoncé» que j’étais designer et qui m’a aidée à être admise à l’UQAM et le reste s’est fait naturellement. C’est aussi un peu l’histoire de la plupart des designers que je côtoie.

Et puis, il y a bien sûr les ressemblances émotionnelles: perfectionnisme, désir de tout harmoniser visuellement autour de nous, allergies variables au mauvais design, purisme esthétique frisant parfois la névrose, etc.

Je pose donc la question: est-ce qu’on «devient» designer ou bien est-ce dans notre maquillage génétique et on ne peut pas s’en empêcher, comme les yeux bleus ou les cheveux crépus? Dites-nous tout. Et surtout, dérapez.


38 commentaires sur «Le gène du design»

  1. 1 domb

    Que dire… le fait d’avoir finalement trouvé ma voie est-il en relation avec un de mes gènes?

    Mon cheminement à moi est plutôt irrégulier: la vente pendant 6 ans, le marketing pendant 4 ans, la découverte de la pub, le penchant pour les arts graphiques et vlan! changement de côté. Je laisse tout tomber, ma petite entreprise de consultation en marketing, ma ville, ma famille, mes… occupations, tout quoi.

    De retour sur le banc d’école avec une souaf de savoir inépuisable. Je veux devenir DA. Je décide donc de faire un AEC et combler le reste avec mon expérience et ma scolarité. Aujourd’hui est la deuxième journée d’école au Collège Salette et disons que j’aimerais me retrouver 4 mois plus tard afin de vraiment toucher le vif du sujet. Hier, j’étais tellement excité, nerveux ou je ne sais quoi trop d’autre que je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit.

    Bref, j’ai toujours aimé l’esthétique des choses, je dis souvent que c’est mon côté féminin, à défaut d’être gai… Le goût pour l’esthétique provient-il d’un gêne ou d’une sensibilité émotionnelle? Un goût pour le beau? Un autre pour le genre ou une passion pour l’art visuel en tout genre?

    Plus j’y pense et plus ça vient me chercher au plus profond de mon moi, comme si cela avait toujours été là. La théorie du gêne tient la route dans mon cas. Je n’y croyais tout simplement pas.

  2. 2 Simon Éthier

    Chapeau, Martin! Et ça séduit bien, des lettres en DIN? T’as essayé l’efficacité du FF[Wisigoth?]? ;-)

    L’idée d’un gêne plus que douteuse… Du plus loin que je me souvienne, j’ai voulu être cuisinier, puis policier, détective privé, architecte, homme d’affaires, puis designer industriel. C’est un peu par hasard que j’ai commencé le bacc. en design graphique de l’UQAM et que j’y suis resté. J’aime ça, comme j’aime une infinie multitude de choses, que j’aimerais parfois se voir réunies en une seule.

    Si je veux faire du design, c’est d’abord et avant tout parce que je vois des choses qui m’horripilent. Des documents en Comic ou en Gill, des fers à repasser qui durent à peine un an, l’affichage de la STM. C’est aussi que je travaille depuis des années comme conseiller à la vente dans un domaine précis mais populaire et que je vois des besoins qui ne sont pas remplis, de nouvelles demandes pour de nouvelles solutions, une évolution dans le monde (commercial) où je vis. Il me suffit d’entrer dans une boutique pour être émerveillé des milliers de bébelles du génie humain, et de vouloir les améliorer.

    Le design, idéalement tous devraient au moins réaliser son importance, designer ou pas.

  3. 3 Janick

    Je ne crois qu’on soit destiné par les gênes à faire un métier précis, mais plutôt dans des "sphères" de métiers…

    Mon exemple: comment j’en suis venue à ce métier…

    En secondaire 4, je me porte volontaire avec une amie pour dessiner les affiches de notre spectacle de musique de la semaine d’après… J’aime déjà les arts, la musique et l’écriture. Alors en faisant les affcihes, je trouve le petit concept de la face normalement sur les billets qui est converti en bonhomme sourire musical, lunette de star et notes de musique et tout. Mon premier "concept" haha! Mon amie me dit alors " tu devrais devenir graphiste". Je n’ai aucune idée de ce que c’est, mais ca me reste en tête.

    L’année d’après, application aux cégeps, choix de carrière en feuillettant le ti livre des métiers et des cours offerts au Québec. J’ai 3 choix, évidemment en terrain créatif (ça, ça vient des gênes de ma mère): architecture, souffleuse de verre ou graphisme.

    Plusieurs savent ce qu’ils veulent faire, car il le sentent en dedans et ont une passion précise pour ce métier. Moi, non, ça a fonctionné par élimination!!

    Souffleuse de verre a "prit le bord" assez vite après courte réflexion, car je n’aime pas les grandes chaleurs (il faut trop chaud aujourd’hui d’ailleurs!! haha). Architecture: il faut être bon en maths et faire des cours de chimie/physique au cégep… Ouach, je me dis!

    Il reste donc graphisme. La petite description dans le ti livre me plait beaucoup, quoique je ne sais pas trop VISUELLEMMENT (premier signe que j’allais aimer ça!) ce que ça fait une graphiste. (C’est peut-être aussi le mystère qui m’intrigue d’aller vers ce choix finalement, car quand j’étais plus petite, je voulais vraiment être architecte!) Application et acceptation au Cégep choisi.

    Arrive aux cours, quelques semaines passent, je vois ce qu’est plus précisément le métier, et POUF j’adore ça!!! … 3 ans de cours… trouver un emploi comme graphiste.

    Mais mon petit côté entrepreneure (voilà, ici c’est le gêne de mon père!!) me pousse à aller graphiste à mon compte et d’avoir ma "business"!!

    Oui, je me dis que mes gênes ont dû jouer sur mon choix de carrière. Par contre, mon but aurait pu être architecte qui part sa boîte, ou graphiste qui a comme but d’être la DA de plusieurs autres designers, ou souffleuse de verre qui part sa petite boutique. Les possibilités sont multiples. Et c’est là qu’entre en compte nos CHOIX de vie.

    Donc, un peu des deux??!! :)

  4. 4 Jean-Sébastien Dussault

    Au secondaire, je zieutais déjà le design, le design industriel pis l’architecture.

    J’ai fait sciences-pures pis musique à la place, mais on dit que le naturel revient au gallop…

  5. 5 Janick

    On dirait que l’architecture est très populaire auprès des designers graphiques… C’était tous notre 2e choix ou quoi?? :) Ou peut-être que c’est juste la forme de design la plus connue auprès des tout ptits…? On rèvait tous de "designer" sa propre maison de rêve, peut-être. La mienne avait une rivière qui fesait le tour mais qui passait aussi DANS la maison avec un ti pont et des ti poissons… haha!

  6. 6 Mikael Lebleu

    Petit, je fantasmais sur une carrière de designer de jouets en dessinant mes figurines de Ninja Turtles. J’ai aussi pensé devenir architecte, bédéiste, artiste visuel, rock star, comédien, cinéaste, designer industriel, mais c’est en gossant mes premiers sites web (un clan de Diablo et un site de blagues de blondes -sic), puis en réalisant pratiquement seul l’album des finissants de ma cohorte au secondaire (que j’ai du payer, et que je crois bien avoir perdu), que je décide finalement de m’orienter vers le graphisme.

    J’ai tout de même eu l’idée saugrenue de m’inscrire au programme intégré en Sciences, Lettres et Arts au CÉGEP (imaginez sciences pures au complet avec en plus des cours de psycho et de bricolage), en me disant que je pourrais faire n’importe quoi avec ça. J’ai finalement laissé tomber pour faire un DEC en arts visuels et monter un portfolio potable pour poursuivre en design graphique à l’université.

    Pour ce qui est des gênes, mon père a fait une technique en graphisme (puis un bac en arts visuels, il a fini comme vendeur de lampes, peintre à temps perdus), j’ai un oncle graphiste et philosophe (il fait la mise en page et signe certains textes de l’Agora, magazine philosophique), et à peu près tout le monde dans ma famille a touché à un moment ou à un autre à la peinture ou au dessin, avec un certain talent. Je crois bien que c’était dans mon bagage.

  7. 7 Janick

    L’album des finissants!! Je l’avais oubliée!!

    Moi aussi j’y avais collaboré, tous les visuels ont eté fait par moi et une amie (qui est aussi maintenant graphiste!)… que de souvenirs… haha!

  8. 8 Sarah

    Au secondaire, je passais des cours entiers à rendre mon agenda «visuellement acceptable». Sérieusement, chaque page était soigneusement étudiée et tout et tout. J’y ai même passé mes premières commandes de graphiste à faire ceux de mes amis!

    L’album des finissants reste aussi un incontournable avec les belles photos découpées toutes croches et les petits clip art collés avec soin!

  9. 9 philippe Lamoureux

    Quand j’avais 4 ans je voulais être premier ministre du Canada….bon je l’avoue avec du recul c’était un peu ambitieux et contraire à ma vision actuel de la politique mais au moins c’étais pas curé. Comme beaucoup moi aussi je dessinais beaucoup dans ma jeunesse, j’ai fait parti des premiers programmes de concentration arts au secondaire. Je vais toujours me rappeler le portfolio que j’avais présenté, une petite toiles à l’huile d’une montagne enneigé assez bien réussi pour cette âge, quelques portraits…bon pas trop pire.

    Ensuite au CEGEP, m’ayant écoeuré des arts pendants 5 ans et étant poche en math je suis admis en science humaine à Bois-de-Boulogne, pèteu un peu de nature et assez grande geule je me dis que je serai avocat car je voulais manger au restos souvent plus tard et pas au Mc Do toute ma vie…et peut-être je pourrais devenir premier ministre du Québec sait-on jamais…mais il y avait des cours d’histoire de l’art que je ne pouvais pas m’empêcher d’aimer. Cegep fini, je me dis que je sais dessiner et que j’aime beaucoup l’histoire de l’art alors fuck le barreaux….pèteu un jour pèteu toujours… je me dis que je serai muséologue….sibol ça mange quoi dans vie….je sais pas trop mais ça pète assez…. alors je suis accecpter en arts visuel à l’UQAH (Hull) parceque ma famille commençais à me pomper l’air et que Ottawa a beaucoup de musée, une pierre deux coups…. Donc je passe un an là et cotoie des gens dans le programme de design là bas et trouve ça pas pire ce qu’ils font, affiches, brochures…pochettes de cd…Typo…pubs… c’est pas incompréhensible comme un tableau de Pollock pis ça se veut utile pis tu peux faire une cenne avec ça, sti j’veux faire ça.

    De retour à montréal je suis accepter en Design à l’UQAM et pratique depuis maintenant près de 5 ans le design.

    Je sais aujourd’hui que je fais ce qui me ressemble le plus…avoir ça dans les gènes…peut être…peut être pas, une chose est sure c’est que ça m’a ammené là. Avant je croyais que c’étais du hazard, maintenant un peu moins, mes intérêts, mes goûts, mes choix ont tracé la majeure partie de ma vie. Je crois que même avec la plus grande volonté et les plus grand effors certains ne seront jamais designer…c’est plate pour eux mais moi je ne serai jamais premier ministre…et tant mieux.

  10. 10 Patricia Boies

    Pour ma part, la passion de la beauté et du visuel est une histoire d’enfance. Depuis, toujours, je préférais regarder les magazines car il y avait plus d’images. Vivant dans une famillle terre à terre et confrontée à la réalité de la société, le graphisme m’apparaît la porte d’entrée pour les rêveurs et les rêveuses de mon espèce. Au lieu de travailler dans un bureau à faire de la comptabilité, de la réception ou tout autre métier(sans les blâmer), le graphisme est le juste milieu, à mon avis, entre le réel et l’irréel. Je veux dire par là, que dans mes temps libres, je suis artiste dont mes créations relève d’une forte impulsivité et dont la matière me domine. Je peux exercer mon talent dans la vie réel grâce au graphisme et, celui-ci me stimule pour mes créations.
    Ouf! Si vous êtes capable de me comprendre, vous êtes forts! Ou simplement serais-je enfin à ma place….
    Enfin, l’amour pour quelque chose me paraît instinctif, il suffit cependant d’y travailler pour le comprendre pour ainsi devenir meilleur, s’épanouir, grandir; bref pour accomplir son rêve!:)

  11. 11 Antoine Nonnom

    Misère… ça fait sérieux tout ça. On dirait qu’on est en thérapie de groupe.

    Je crois que la question d’origine était plutôt : «Est-ce qu’on «devient» designer ou bien est-ce dans notre maquillage génétique et on ne peut pas s’en empêcher, comme les yeux bleus ou les cheveux crépus?»

    Ma réponse est : Évidemment qu’on devient designer. On a été favorisé par un environnement créatif et on a décidé de travailler très très fort. Un point c’est tout.

    Oubliez la génétique. S’il y a un gène du designer, il y en aura un du plombier et du voleur de banque.

  12. 12 gou

    Amusant tout ça… est-ce en réaction à l’article du CommArts Photography Annual? Je dois avouer que je me posais moi même la question: pourquoi les designers ont si souvent un parcours si tortueux?

    Janick, ta maison ressemblerait à çelle-là: fr.wikipedia.org/wiki/Fra… ? Seul problème, la cave doit être humide… et l’hiver, on en parle pas trop! brrrr!

    «graphiste en devenir, de l’artiste incompris, du rêveur mélancolique ou de la voie de sortie de certain pour réussir à gagner leur vie sans trop s’investir»

    Non, je ne crois pas que ce soit ça. Un designer fait son travail pour deux principales raison: le besoin de communiquer et ce, efficacement.

    Dans mon cas, ce n’est pas l’amour du beau ou de l’esthetique, mais plutôt l’envie de faire comprendre. Serions nous des pédagogues visuels? peut-être…

    Pour ce qui est de l’extrait «gagner leur vie sans trop investir», je trouve cette expression dénigrante, car le design demande un investissement constant…

    On y pense jour et nuit, on s’y intréesse, on analyse tout ce qu’on voit… c’est un travail de tous les moments et c’est le jour où on ne s’investit plus que l’on stagne et quitte le domaine…

    m’enfin…

    c’est mon point de vue.

  13. 13 Janick

    Gou, tu auras deviné que dans ma tête de petite fille j’ai pas du tout pensé à l’hiver ni l’humidité!! hehe Mais elle est super cette "maison cascade" :)

  14. 14 gou

    Ceux qui choisissent cette « voie de sortie » dans le but de « gagner leur vie sans trop s’investir » ne font pas long feu. Pas besoin d’être fort académiquement pour être designer, mais il faut être tenace et s’investir… Donc rares doivent être les graphistes de métier qui ont fait ce choix par « lâcheté »…

    Difficile le domaine du design si tu n’as pas la passion… du moin, j’ose le croire…

  15. 15 Paul-André Urbain

    C’est l’histoire de Stéphane, secondaire 5, travaille dans l’imprimerie de son oncle Gaston à Laval. Il a commencé au shipping et il est maintenant graphiste. Il s’est acheté un Mac full éqwipe et il répond aux commandes. Comme dit sa mère, yétait prédestiné parce que quand il était petit, il dessinait tous les nouveaux modèles ce char.

    Il a fait le logo de sa belle sœur Ginette qui voulait ouvrir un salon de coiffure. Ben avenant, Stéphane a suggéré d’y faire une carte d’affaire et un beau dépliant plié en trois. Ginette l’a distribué avec sa plus vieille, Noémie, sur les pare-brises dans le parking du centre d’achat et dans les boîtes à malle du quartier.

    Ça fait 3 ans et elle a sa clientèle. Elle pense se faire refaire un autre dépliant avec sa photo. « Si c’est bon pour les agents d’immeubles, ça doit être bon pour moé » qu’à s’est dit. Stéphane lui a suggéré d’attendre un peu parce qu’elle prévoit déménager de son sous-sol a un beau petit local qu’elle a vu au centre d’achat du coin, juste entre le dépanneur et le club vidéo. Comme ça elle profiterait du changement d’adresse pour se faire redessiner toutes ses affaires. Gardez ça pour vous autres, mais il se pourrait qu’elle s’achète une table de bronzage, mais c’est pas décidé.

    Ça va bien sa business à Stéphane, il aime ça, il est motivé, dynamique, intelligent et honnête et il conseille bien ses clients. Dans ses temps libres, il fait des beaux photomontages écoeurants de StarWar. Il a laissé faire les chars

  16. 16 Nelson Rouleau

    Le design ça se découvre, ça se construit. Naître avec est un bien grand mot. Dans mon cas, oui le sens de l’esthétisme à toujours été avec moi, mais c’est une série de hasards qui m’a fait découvrir ce qu’est le Design avec un  »D » capital. Un orienteur du secondaire qui te dit que tu as des aptitudes en arts, une amie qui aime dessiner, le cégep de Rivière-du-Loup, une directrice artistique qui a un chien se nommant  »madame blouin »… Je le découvre de jours en jours dans mon quotidien. Ces temps-ci c’est Metz, demain se sera une expo. Je m’inspire, j’analyse et je n’ai jamais rien d’acquis.

  17. 17 gou

    On vit effectivement sur la même planète… mais je trouve Paul très généreux de nommer designer un Stephane tel que décrit plus haut. Effectivement, on doit composer avec ce genre d’intervenant, mais ce n’est pas un designer au sens propre.

    Le genre de clientèle ciblé par ce type de personne n’est pas nécessairement celle qui ferait affaire avec un designer. Incapable de comprendre qu’une signature visuelle peut coûter plus de 50$. J’ai déjà vécu la situation personnellement.

    La passion est nécssaire dans notre domaine, si on veut performer et perdurer. Comme dans tous les domaines, il y a des gens qui s’improvisent et ne sont là que pour le fric!

  18. 18 Maude

    Pour ma part, entant que jeune designer en devenir, je crois que la théorie du désir d’être "pédagogues visuels" traduit parfaitement le pourquoi je me suis dirigée en graphisme. Bien sûre, le parcours sinueux était au rendez-vous, mais maintenant ma place est évidente. Cepandant, je crois que l’ouverture et mon envahissante curiosité envers tout ce qui m’entoure m’ont poussés vers le design. Bien sûre la créativité ne s’écarte pas, elle m’est même indissosiable. Vous savez certains traits de notre personnalité ne peuvent échapper à la génétique. Et je crois que cette "curiosité", cause de ma créativité, me provient de mon entourage.

    Je crois également que l’ampleur de l’univers culturel qui nous est inculqué dès notre enfance influence et favorise grandement cette ouverture et compréhension des supports visuels qui nous entourent. Malheureusement, c’est différent pour chacun d’entre nous. Et de mon bagage, cet intérêt pour ce qui parlent et commmunique par l’image, la couleur, les traits… la typo, me provient de cette grande chance que j’ai eu d’avoir des membres de ma famille qui ont toujours estimé la culture. Et je crois que vous, maintenant professionnels, seriez les premier à insciter et à dire aux jeunes graphistes de rester captés sur tout ce qui se fait dans le domaine, expositions, revues, journaux, pubs, web et j’en passe….
    Bref, je pense que nous sommes tous, influencer par ce qui nous a été traduit par nos proches, et bien que l’intérêt se développe par lui-même, nous devons être exposé à ces chances de pouvoir voir et percevoir les subtilités du design et du monde culturel qui explose devant nous. Il suffit d’ouvrir les yeux et c’est là que la passion nous traverse. :D

  19. 19 philippe Lamoureux

    Bon Maude revien sur terre. La «Pédagogie» n’est utile que si on a bien envie d’apprendre. Définition Pédagogie :
    Art d’enseigner ou méthodes d’enseignement propres à une discipline, à une matière, à un ordre d’enseignement, à un établissement d’enseignement ou à une philosophie de l’éducation. Tu es là pour simplifier, clarifier et rendre attrayant le message et non l’enseigner sauf si tu désirs remplacer Metz un jour. On appel ça de la communication. Si tu fais une signalisation pour dire ATTENTION À LA MARCHE, je ne vois pas la nécessité de faire un plan de cour pour dire que tu peux te la pèter juste là.

    C’est bien beau ton idéalisme, mais ton intérêt pour la culture ne viens pas de ton entourage bien que celui-ci t’a guidé vers la porte. La personne qui a décidé d’y pénétré c’est toi. Tu es le résultat d’une multitude de choix qu’ils soient conscient ou non. Tu ne naît pas drogué, tu le deviens… tu ne deviens pas «Gambler» tu le deviens et pourquoi??? tu choisis impulsivement, c’est profondément en toi et un jours les circonstance idéale se manifeste pour réveillé une pulsion caché…la pulsion pour le design c’est en chacun de nous et certains l’ont plus fort que d’autre. L’environnement aide à faire émergé cette prédisposition certe mais si elle n’est pas au rendez-vous… il n’y aura pas grand chose qui va se passer. C’est comme un feux d’artifice, si tu n’a pas de poudre à canon dans ton projectile au départ, t’auras jamais d’explosion quand bien même qu’il y a une alumette craquer qui se consume juste là.

  20. 20 Maude

    Bien sûr Philippe que c’est l’individu qui choisi ses intérêts, mais d’où peuvent-ils provenir si tu n’es pas, au une fois exposé à sa source. Peut-être ai-je l’air idéaliste, mais j’ai pour mon dire, qu’il faut apprendre avant de connaître. Et oui, je crois que nous devons être initié à une ouverture culturelle pour développer l’intérêt. Si personne ou si tu préfères, si aucun facteur ne te guide ou t’initie seulement au commencement, tu ignoras. L’intérêt t’es propre, et ça on est d’accord, mais l’initiation provient de quelque chose. Et pour répondre au vif du forum, la génétique n’est peut-être pas en cause, mais le contact premier provient rarement de nous-même mais bien de ceux ou de ce qui est autour de nous. Oui, c’est bien par mes choix que la poudre dans le projectile s’est retrouvée. Et boum! Je te cite: Donc je passe un an là et cotoie des gens dans le programme de design là bas et trouve ça pas pire ce qu’ils font, affiches, brochures…pochettes de cd…Typo…pubs… c’est pas incompréhensible comme un tableau de Pollock pis ça se veut utile pis tu peux faire une cenne avec ça, sti j’veux faire ça.
    Alors j’en conclu que nous allons dans le sens non?

  21. 21 Simon Éthier

    L’intérêt provient de soi-même. Je peux passer cent ans dans un musée, je peux me faire vanter pendant des siècles les mérites de tel ou tel artiste, il n’y a aucune garantie que je m’y intéresserai. J’écoute la radio commerciale à longueur de journée, mais je n’aime pas Andrée Watters ou Dany Bédard pour autant.

    Et si «l’initiateur» peut être n’importe quel facteur (humain ou non), tout devient une expérience initiatique, et le mot perd son sens. Le terme est probablement mal choisi.

  22. 22 Poil Brillant

    Au primaire, un ti-gars m’a dit "Enwaye, dessines-moi un bonhomme sinon je t’attends apres l’ecole." Au secondaire, un suppléant pogne ma feuille avec la caricature de tous les profs, la chiffonne et la jette. J’ai participé a un concours de dessin dont j’aurais ete le gagnant mais on a volé ma piece. Les juges me l’ont dit eux-memes: "On n’a plus ta piece gagnante, alors voici un cadeau de consolation." On leurs a dit de les garder leurs (stupides) billets pour les glissades d’eau. Puis j’ai ete nommé dessinateur du cahier des finissants en secondaire 5. Au Cegep, je suis en Psychologie mais je dessine derriere mes notes de cours. A l’université, je touche a la psy et a l’art visuel… Je me rends a l’evidence et je decouvre le Graphisme.

    Hehe drole de chemin…

  23. 23 Walner

    La lecture de ces commentaires me donnnent l’impression de me retrouver en famille. Enfin, j’ai la ferme conviction que laisser tomber quatre années de Sciences Économiques n’était pas une follie. Mon histoire n’est pas trop différente des autres. Sauf qu’avant même de fuire l’Économie, j’avais déjà une phobie de la peinture. Je n’ai jamais voulu être un artiste à part entière. Pour moi encore,l’artiste est quelqu’un qui perd trop contact contact avec la réalité. Donc, le coté fonctionnel du graphisme me permet d’assumer ma facette de créateur. Le designer, contrairement à l’artiste, peut se permettre de prendre assez de recul, puisqu’il ne crée pas pour lui-même. Je me retrouve entièrement dans cette définition.

  24. 24 Canneberge alléchante

    Le mot artiste a un sens très large. Voir lien ci-dessous pour plus de détails croustillants! Est-ce que l’artiste a moins de fonctionnalité qu’un graphiste? J’en doute.

    http://www.jobboom.com/magazine/...

    Pas certaine que les artistes sont totalement déconnectés de la réalité. Pas toujours. Il y en a beaucoup qui pense que pour être artiste tu dois adopter l’humeur ou les habitudes d’un Andy Warhol et être dans ton monde…

    Un graphiste peut-être artiste aussi. Si pour toi l’artiste fais des oeuvres/etc. viscérales, bien pour moi, la même chose se passe quand tu es graphiste. L’art est une forme de communication, le graphisme aussi, mais peut-être pas dans les mêmes buts par contre, mais ça communique et c’est plus utile que l’on ne pense un artiste.

  25. 25 Rémi Fortier

    De mon coté, je crois qu’on peut tranquilement mélanger les deux. L’artiste et le designer. En fait, je connaît peu de designer qui ne pratique pas de forme d’art primaire; peinture, dessin, illustration.

    De là à dire que les artiste perdent le contact avec la réalité, révèle d’un grave stéréotype de société. je dirais plus que les artistes, de leur coté, on besoin de cette "abstraction" pour créer, et que les designers ont souvent besoin d’une certaine concrètisation d’une idée.

  26. 26 Luce Beaulieu

    J’aime bien le terme "concrétisation d’une idée", d’un concept. Pour ma part, parce que je ne l’ai pas encore écrit, mon impression est que le designer est un être qui désire créer de l’harmonie dans le monde, qui voudrait que tous et tout soient en vases communiquants avec leur environnement; vivre dans le meilleur des mondes quoi. Par contre, je connais énormément d’artistes rebelles, qui n’aimeraient rien moins que de foutre des bombes dans les sous-sols des symboles du pouvoir, de la bourgeoisie et des bien-pensants.

    Je me trompe?

  27. 27 Rémi Fortier

    Énormement d’artiste se retourne contre la société, ce mal d’être, cet ère individualiste dans laquelle nous vivons. Mais pas que des artistes y prennent part. Pour les designers, je pense un peu dans la même direction que toi, Luce, les designers représentent l’idée commune, ils représentent visuellement les générations, ses problèmes et ses joie. N’est-il pas vrai de dire qu’on se reconnaît souvent en regardant une pub ?

  28. 28 Marc-Antoine K. Phaneuf

    Mesdames et Messieurs,

    N’oubliez pas, chers designers, que nos amis les artistes (en arts visuels) ne sont plus des Armand Vaillancourt forts, poilus, analphabètes et puants ; mais plutôt des concepteurs arborant souvent une pratique multidisciplinaires et résultant d’une recherche ardue, sérieuse et achevée.

    Depuis les années soixante-dix, les « formes d’art primaire » (comme le dit Rémi Fortier) sont en perte de vitesse, remplacés par la performance, le happening, l’installation, la vidéo, le cinéma, l’art sonore, etc. Dans cette optique, l’artiste ressemble beaucoup plus à un acteur, un cinéaste, un poète, un musicien compositeur ou peu-importe-ce-qui-peut-vous-plaire-l’Orgueil : du poilus puant, nous avons passé à l’ingénieur, conceptualisant des projets. Donc un être organisé et éduqué.

    Mais attention, je ne parle pas ici de l’artiste du dimanche ou du démiurge faussement accomplit qui croit réinventer l’art en présentant des abstractions dignes des automatistes (les années quarante et cinquante, au Québec). L’artiste est avant tout un travailleur diplômé et connaissant de l’histoire de l’art et de notions propres à diverses disciplines. Par exemple, le sculpteur Richard Purdy, qui crée des simulacres paléolithique inspirés de figures propres à notre temps (ex. Bob l’éponge) est un artiste spécialisé en sculpture et en anthropologie.

    En somme, l’artiste se rapproche du designer sur différents niveaux. Ce n’est pas un con romantique et abruti. L’artiste a juste une plus grande liberté dans sa production – comme par exemple Francis Alÿs dont les performances consistent à se balader dans les rues de Mexico avec un révolver à la main jusqu’à ce que la police l’intercepte – mais n’ayez crainte, l’artiste est rapidement rattrapé par la perte de liberté que lui dicte le marché. Un client en quête de divertissement (intellectuel, certes), ce n’est pas nécessairement plus courtois que le client borné du designer – celui qui prétend connaître votre travail mieux que vous.

    Sur ce, bon soir.

  29. 29 lionel

    Designer,Métier d’art,peintre,sculpteur…….même origine, la créativité , seule les môts changent.Le designer est plus pragmatique que l’artiste , c’est tout, il a plus de contrainte financières.Il faut un peut désacraliser "le designer" , je peut vous garantir que je connais bon nombre de Métiers d’art qui sont capable au même titre qu’un designer de concrétiser des projets.Le designer est dans la série-financière , l’artiste lui se tourne vers la pièce unique …le but commun à tous ….s’ouvrir à l’autre à travers ses réalisations et interpeler les gens…..

    Alors soyez créatif et prenez le terme qui vous convient

    A bientôt et bravo à tous pour vos débats.

    lionel

    Designer-autodidacte

  30. 30 Luce Beaulieu

    Personnellement, je suis en train de faire un changement majeur au niveau de mon identité en tant que designer. Je me définis toujours comme telle, mais je dois dire que je préfère m’éloigner un peu des enjeux de stylistiques et plutôt me concentrer sur les défis plus macros. Lorsqu’on me demande ce que je fais, j’aime répondre que j’aide mes clients à élaborer des stratégies de communication qui se manifestent visuellement en pièces d’identité corporatives. Et les gens, habituellement, répondent: ah, t’es designer.

  31. 31 Frederic Paulhus

    Gene du designer….oui

    C’est clair pour moi, sans gene je ne saurais pas devenu designer.
    Si je retourne au tout debut de mes premieres memoires, a l’ecole primaire, je me vois dessinant dans un coin tandisque les autres courent partout en s’amusant follement. J’etais gené, j’étais trop gené pour approcher les autres donc je me fermait sur moi meme a dessiner ce qui m’entourait, a conceptualiser des ponts (mon pere est ingenieur…je voulais faire comme papa, par contre avec la nuance que je voulait en plus etre ninja et marier une princesse)…et j’ai passe mes annees jusqu’a l’adolescence enferme dans ma bulle a dessiner…par gene…

    c’est ce qui fait qu’aujourd’hui je suis designer….la gene du designer ;)

  32. 32 Maxime

    Il est toujours intéressant d’observer que les designers protègent ainsi leur propre bulle personnelle de mysticisme nécessaire pour vivre « en marginalitée » dans l’anticivilisation d’aujourd’hui, et travaille très fort aussi afin d’éviter de faire connaître l’écrasante clé mystique personnifiée dans « son » travail.
    Sommes nous une classe d’élites-bullatives issut d’un gène au-delà de ce que l’on sait réellement sur les conséquences potentielles de nos « recherches et exercices » ?
    Si on veut être réellement honnête quand on parle du gène, de la tendance de… quand on dit que l’on comprend des choses grâce à notre moi intérieur, nous mentons. Ëtre réellement honnête quand on affirme qu’on essaie de connaître ou de trouver des solutions à des problèmes (préoccupation que nous avons tous), il faudrait que l’on acquière une vision qui va au-delà du « génome », mais en passant plutôt par les individus, les défis concrets et le partage de nos connaissances non ?.

  33. 33 Antoine Nonnom

    Puis-je citer un de mes propres passages ?

    «Misère… ça fait sérieux tout ça. On dirait qu’on est en thérapie de groupe.»

  34. 34 Martin L'Allier

    Sérieusement Maxime, je sais pas moi, mais j’ai pas l’impression que ça soit si différent pour les autres professions. Il doit y en avoir des tas de médecins qui ont eu un flash en regardant leur maman panser une blessure, ou des architectes qui adoraient les Legos.

    Je ne crois pas en la théorie énoncée de l’anticivilisation au sens ou un anarchisme croissant grugerait les fondements d’une culture (antérieure à notre temps et héritée de l’évolution de notre ensemble de civilisations). Oui, si ont parle d’un récent mouvement d’individualisation, je veux bien. Mais il est unpeu réducteur de voir là plus qu’une tendance – qui a certainement existée par le passé. Elle peut tout aussi bien croître que s’estomper. Entropie vs néguentropie.

    J’aime bien, Maxime, ton expression «élites-bullatives». Peut-être que notre profession est si fragile, si peut balisée, souvent (tristement) superficielle, voire même sans fondements autres qu’intuitifs… peut-être que tout cela nous amène a générer ces mythologies personnelles et collectives (la saga des tendances, les codes sémiologiques, …) pour donner un peu de corps à ce jell-o mou?

  35. 35 Antoine Nonnom

    Martin marque un très bon point quand il parle d’un mouvement d’individualisation qui est, probablement, passager à notre époque.

    Cependant, je crois que la majorité d’entre-nous tente réellement de sortir (à divers degré) de l’obsurantisme traditionnel des métiers créatifs et conceptuels. Ce n’est pas facile, le public trouve tout ça très abstrait, mais nous y arriverons.

    Mais avouons-le, il nous est tous arrivé de perdre volontairement un interlocuteur dans l’abstraction de notre métier, un peu intellectuel et totalement insaisissable. Pensez à la fois où vous avez bouché (solide !) votre oncle Gérald, un peu réchauffé au baptème de sa nièce, alors qu’il se moquait un peu de votre profession en disant "Ce monde là, ça fait des dessins pis ça fait la piasse" suivi d’un éclat de rire gras.

    Lancer «En fait, mon cher Gérald, tu es dans les patates. Je suis un professionnel créatif qui apporte des solutions de communication et d’image à mes clients. Du concept, j’en mange 3 fois par jour» sera probablement une pointe fort efficace, mais très peu éducative !

  36. 36 Maxime

    Paul, force nous est donc de constater que nous formons aujourd’hui les designers de demain avec les paradigmes inadéquats d’hier. Dommage que tu ne puisses y voir l’ombre.

  37. 37 lionel

    Que de phylosophie et de pésimisme, on à l’impression que chacun de nous à honte du métier qu’il exerce!…fausse modestie ou vanité mal placée ?

  38. 38 Maxime

    Je ne sais pas si c’est ce que vous voulez dire mais votre mot pésimisme s’écrit plutôt « pessimiste » et phylosophie s’écrit « philosophie ».

    Sans rancunes.

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