Signez-vous vos travaux?

Certains graphistes le font, certaines agences l’exigent… d’autres non.

Quelle est votre position sur la signature des projets que vous produisez?
Vous l’apposez systématiquement?

Et plus loin dans cette ligne de réflexion: la signature est elle un outil de marketing ou l’affirmation d’une Œuvre?


37 commentaires sur «Signez-vous vos travaux?»

  1. 1 Janick

    Comme dirait Luce, désolée de mon silence, mais c’est le gros "rush"!!

    Quel beau sujet Martin!

    Je dirais que c’est une réponse pour moi qui se rapporte au client. J’espère que le client sera d’accord souvent (mais ça arrive jamais en imprimé presque, parfois en Web), mais je ne perdrai pas un bon projet (surtout si payé convenablement) pour ça! Par contre, un projet dont je fais "un prix" au client, comme ça arrive parfois, vient avec la signature si je considère que l’un vaut la peine de l’autre!

    Pour moi, signé un travail, c’est purement marketing. L’affirmation de "l’oeuvre" (j’aurais tendance à dire plus d’une "communication réussie"), je le réserve à mon portfolio web et imprimé complet.

  2. 2 Marc-Antoine Jacques

    Au delà de l’autopromotion, il y a une autre fonction à la signature, qui est soit méconnue, soit sous-estimée: la signature est importante à des fins conservations. Saviez-vous que tout documents imprimés en série doivent être obligatoirement déposés légalement à la Bibliothèque Nationale en deux copies? Cette démarche doit être prise en charge par l’éditeur du projet, soit généralement le client et nous assure une conservation de notre patrimoine graphique.

    Pour m’être entretenu avec Hugues Ouellet, le bibliotechnicien de la Grande Bibliothèque du Québec en charge de la conservation des affiches au Québec, c’est un véritable casse-tête de savoir qui a fait quoi et en quelle année. À ce sujet, le dépôt légal est exigé depuis le début des années 1990 et beaucoup d’ignorance, autant venue des éditeurs (clients) que des auteurs (designers graphiques), règnent à ce niveau. Et même si, en principe, depuis bientôt 15 ans, on dépose les affiches et depuis 1968, on dépose tout les autres documents imprimés, il reste qu’on a créé un «trou de mémoire» culturel pour les archivistes, historiens, sociologues… Ils auraient sûrement bien aimés faire une petite analyse sociale d’une époque grâce à ses imprimés. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur le dépôt légal, je vous invite à aller faire une visite au www2.bnquebec.ca/texte/t0… Pour ceux qui ont plus de courage, Vincent Lapierre et moi avons fait un petit film de 17 minutes sur les affiches au Québec et on termine le film avec Hugues Ouellet. Je me plogue ainsi: http://www.majacques.ca/defense/...

    Donc, pour en revenir à la signature ou aux crédits, pour des raisons de conservations, je crois que c’est vital. Il faut quand même rester discret de façon à ce que ceux qui veulent vraiment l’info la trouvent. Sans plus. Un peu à la manière de certains photographes et illustrateurs.

    Il faudrait aussi ouvrir le champs au nouveaux-médias qui sont à toutes fins pratiques, remis aux oubliettes. Je me doutes que d’ici peu de temps, on aimera bien aller faire un tour dans le passé pour y voir les débuts des nouveaux-médias. Imaginez un documentariste cherchant à faire un film sur le début des nouveaux-médias, qui va-t-il interviewer? Certes, il peut trouver quand même, mais on peut lui faciliter la tâche. Malheureusement, déjà trop d’artisans sont déjà oubliés par l’histoire et on gagnerait à les connaître. Je pense qu’on a quand même ici, un patrimoine à protèger.

  3. 3 Janick

    Marc-Antoine, pour le dépôt légal, je n’avais aucune idée!! C’est vraiment le genre d’information que j’aurais aimé apprendre lors de mes études… Merci de l’info!!!

  4. 4 Maxime

    « La signature c’est en privilegier certains pour mieux en museler d’autres ».

    Je pense que le voile de la neutralité est rentable, équitable, et éthique pour tous partageant la même profession et les même enjeux.

  5. 5 Maxime

    Jean-François, la conscience personnelle jusque là est l´instance principale. Signer / pas signer. Un code devra contenir la possibilité de sanctions si tel n’était signé; si un jour il avait accréditation.
    Ce code corrigera donc la conscience grâce à ses mesures selon un droit équitable du métier, garantissant le respect du code, de la compétence et de la qualitée de la firme ou / designer indépendant.

    « Je signe, parce que le collectivitée le respecte. Elle le respecte donc je signe ».

  6. 6 Nelson Rouleau

    Il est vrai que la plupart des documents Québec sont rarement répertoriés ou signés. Je pense seulement à Marc H. Choko auteur du livre -L’affiche au Québec- qui a dit: «…la difficulté de rassembler les rares œuvres anciennes qui ont été conservées est une des raisons pour laquelle il a fallu attendre si longtemps avant qu’un livre illustré Québécois lui soit entièrement consacré». Voulons-nous que ça se poursuivent dans ce sens ? Je prêt à dire qu’il ne faut pas se présenter à la BN. pour toutes nos œuvres mais d’y présenter au moins nos meilleures pièces !

  7. 7 Antoine Nonnom

    Moi non plus, je ne vois pas en quoi signer une oeuvre est une forme de concurrence déloyale. La question a été posée, mais personne, n’y a répondu…

    D’un autre côté, ceux qui signent le font-ils toujours, ou seulement sur leurs meilleures pièces ? J’imagine qu’un projet où le designer a eu de multiples bâtons dans ses roues et où le résultat n’est pas aussi fort que prévu ne sera pas assez réjouissant pour qu’il avoue à ses pairs et à ses autres clients en être l’auteur.

    Est-ce que le client peut être frustré de voir que le designer n’estime pas assez son projet ou son entreprise pour que le travail soit fièrement signé ?

  8. 8 francisco

    si vous regardez un magazine français, vous allez remarquer que même de bêtes annonces de char (souvent très bêtes) sont signées par les agences. même les pubs télé en france portent une signature.

    quand je passe devant une affiche dans la rue, je cherche souvent qui en est l’auteur. je suis déçu quand il n’apparaît pas.

    mais est-ce que cette discussion concerne uniquement les affiches? parce que les pochettes de cd, les livres, les brochures, me semble que systématiquement, le nom du designer y figure.

    je crois que la «signature» (ou la mention du designer) devrait toujours se retrouver quelque part sur le travail (que je n’irai pas jusqu’à qualifier systématiquement d’Œuvre, il faut quand même nuancer). moi je le fais généralement, mais je fais surtout des sites web, et dans ce domaine c’est pas mal la norme. quand je ne le fais pas c’est souvent un oubli, qui est facilement corrigé (vive le web!).

    la seule exception ce serait certains travaux de «marketing» où la signature n’a souvent pas sa place physiquement. je prends pour exemple un carton de packaging de fromage, un étiquette de bouteille de vin, un sac d’épicerie. (ça paraît tu que j’arrive de l’épicerie?)

    pour ce qui est d’outil marketing vs. l’affirmation d’une Œuvre, je n’aime pas mettre ces deux choses en opposition car, premièrement, c’est souvent les deux en même temps. si on ne fait pas d’autopromotion, on est invisible. ce n’est pas très bon pour les affaires. et si on ne prend pas position, si on ne se réclame pas l’auteur (petit a) d’une pièce, qui va témoigner de son existence?

    deuxièmement, cette question vient à mon avis mettre la «signature» sous une lumière assez négative : en effet, on peut signer soit parce qu’on est bassement commercial (marketing) ou prétentieusement élitiste (Œuvre avec un «œ» majuscule). je ne crois pas que ce soit l’intention de Martin, mais c’est quelque chose que je perçois dans la question.

    j’aime que les gens sachent ce que je fais, et je crois qu’il faut prendre ses responsabilités quand on fait un métier dont le résultat est public. mais évidemment, comme dans tout, c’est souvent assez relatif.

    pour moi, donc, la «signature» est normale, et trop souvent absente.

  9. 9 Martin L'Allier

    Lorsque j’utilise l’«Œ», c’est simplement pour souligner que je parle non pas d’une œuvre individuelle (l’affiche produite, ou le dépliant, ou le site, …) mais plutôt pour positionner le discours autour de la notion de démarche d’un créateur, démarche qui se placerait dans le contexte d’une continuité (au sens où c’est l’ensemble des productions, des œuvres d’un artiste). Y mettre une majuscule est une erreur ortho que j’ai commise. Désolé.

    Par exemple, si l’on prend un graphiste qui a eu une longue carrière qui se démarque par une approche personnelle (certains noms tels que Glaser, Monguzzi, Rand et plus localement d’autres comme Halasa par exemple) l’on peut dire lorsque l’on parle de l’ensemble de leur travail que c’est un œuvre.

    Non, je n’oppose pas les fonctions marketing, identification et culturelles (élevant la dernière au dessus des autres). Si certain(e)s peuvent y lire ceci ce ne serait du qu’à une formulation fautive de ma part. Car ne pas comprendre que le design graphique fait essentiellement partie de la chaîne marketing serait nier son histoire. Outil de propagande de produits, de services ou d’idées.

    Certaines productions, comme d’autres le soulignent, devraient systématiquement être signées. D’autres pas – les emballages en effets. Si je ne m’abuse, la signature des travaux vient des anciennes lois de censure héritées des monarchies européennes: un imprimeur (qui cumulait à l’époque tous les métiers du livre (éditeur, typographe, imprimeur et distributeur) était tenu de signer ce qu’il publiait, sous peine de perdre son droit d’imprimer – et dans certains cas… sa tête.

    À notre époque, pour moi, la signature est plus une tentative d’outil de marketing qu’autre chose. Il y a tellement d’intervenants dans une production que bien souvent, le client devrait lui aussi écrire son nom. Si la typo est très proéminente, ou la photo ou l’illustration.. Ces intervenants ne devraient-ils pas être reconnus aussi? Complexe problème n’est-ce pas? Souvent, l’imprimeur a fait un travail remarquable d’impression… un art de la subtilité… où est son nom?

    Non, vraiment trop complexe comme avenue.

    Je crois qu’un registre pourrait être monté où les imprimeurs (comme ce sont eux qui sont à la fin du processus) déposeraient systématiquement quelques exemplaires des travaux produits avec les informations de base (producteur, client, …).

    Mais un autre problème surgi, un problème comme une bibliothèque de Borges : la surabondance des productions à répertorier. Que faut-il garder pour la postérité? Tout? Vraiment tout? Du dépliant de pizza au rapport annuel?
    Je lis bien les difficultés rapportées par monsieur Choko à trouver des pièces historiques du design graphique du Québec. Peut-être n’y aurait-il souvent vu que des imitations – habiles, d’autres moins – de ce qui était produit par les voisins anglophones ou par la lointaine mère patrie… (Nos couvertures de livres commencent à peine à se libérer de ce colonialisme de l’édition française, combien de plates couvertures blanchâtres devrons-nous voir encore???)

    Il y a nécessairement des pertes dans l’histoire, mais ces trous ont parfois un avantage. Créant un vide, ils laissent place à la spéculation des générations futures. Qui a-t’il de plus ludique que de spéculer? Ne nous amusons nous pas à savoir comment les Grecs de l’Antiquité scandaient leur poésie, en parlant ou en jouant? Comment les Gaulois allaient-ils à la guerre, en braies ou nus? Bach se servait-il de ses talons lorsqu’il jouait du clavier des pieds à l’orgue ou seulement de la pointe? Gutenberg est-il vraiment l’inventeur de l’imprimerie à caractères mobiles ou est-ce un autre? Que fut l’apprentissage de Garamond chez Antoine Augereau (qui avec Clément Marot inventat les accents et la cédille), le dessin de lettre ou la taille des poinçons? … Non, moi je vous le dis, on s’ennuirait ferme si l’on savait tout. Ouais.

    N’oubliez pas de convertir et d’imprimer vos vieilles œuvres en Quark 3… avant de ne plus pouvoir les postériser :P

  10. 10 Jean-Sébastien Dussault

    Je signe mes oeuvres depuis la maternelle, alors c’est bien ancré en moi et je ne me pose même pas la question.

    Ça, c’est pour les illustrations. Le travail de graphisme, j’avoue n’y avoir jamais vraiment pensé. probablement parceque je le travaille sur ordinateur, j’ai dû sentir quelquechose de moins personnel. Mais, ça, c’est juste une psychanalyse bonbon. En vérité, j’sais pas pourquoi.

    Pour ce qui est de mes oeuvres en motion design, j’accole toujour mon "flying logo" au début ou à la fin et le contrat stipule qu’il doit suivre l’oeuvre dans tous ses transferts. C’est un peu une forme de signature, quoi que c’est celle de ma compagnie et non la mienne personnelle.

  11. 11 Jacques Lesage

    C’est drôle la sélection que je suis porté à faire quand vient le temps d’apposer ma signature. Par exemple, les tirages de mes photos ne sont pas signés à l’avant, mais j’inscrit quand même mon nom à l’arrière avec les informations utiles, ne serait-ce que pour aider cette mémoire qui sature trop vite. Je fais la même chose avec mes peintures, pas de signature à l’avant. J’ai vu trop de mauvaises oeuvres avec des signatures plus grosses que le reste, que j’ai développé une pudeur, ne voulant pas laisser sous entendre que la signature ajoute un sceau de qualité (j’ai signé, donc c’est bon).

    Je me rends bien compte de la légèreté de cette façon de penser, mais c’est plus fort que moi. Par contre, je n’hésite pas à écrire, «une film de» quand je fais des Kinos par exemple, et ce ne sont pas les navets qui manquent, Kino et Hollywood tout autant.

    La question n’est pas simple, mais comme il a déjà été dit, ce n’est pas une mauvaise idée de penser un petit peu plus loin. On ne sait pas ce que l’histoire retiendra, mais je parie que le type dans sa grotte à Lascaux, quand il y a mis sa main, c’est parce qu’il était fier de ce qu’il venait de faire, et que, même si ce n’était pas lui le génie de son époque, c’est son seul témoignage qui nous reste quelques siècles plus tard. Ne serait-ce que pour ça, il avait raison d’être fier.

    N’empêche, je ne pense toujours pas mettre ma signature à l’avant.

  12. 12 Alexandre emetique

    j’ai toujours trouvé drole que les illustrateurs et les photographes demandent toujours a être crédité… (la conscience face aux droits d’auteur…)

    Par exemple, ceux qui sortent la grosse ligne sur une affiche avec …. "une communication de" je sais pas je trouve que c est beaucoup pour pas grand chose

  13. 13 Luce Beaulieu

    Il faut signer ses meilleures pièces, ça ne fait aucun doute pour moi. Mais je dois avouer que les pièces où on m’a mis des bâtons dans les roues, je ne les signe pas. Ce sont des jobs alimentaires pour lesquelles je ne veux pas passer à la postérité.
    D’autre part, il m’est déjà arrivé de me faire refuser le droit de signer par une cliente en guénille (folle et butée, comme il se doit). Par contre, les photographes, eux, ont eu "le droit" de signer "l’oeuvre". Je ne l’ai jamais digérée, celle-là.

  14. 14 LaMamzelle

    Je suis d’accord avec Luce

    Je ne comprends pas pourquoi il y a une différence entre les photographes/illustrateurs et les designers/communicateurs graphique au niveau de la signature. Par ailleurs je ne vois pas en quoi c’est étrange ou drôle de signer son oeuvre comme le trouve Alexandre…

    Ça me fait penser; ce serait comme faire un gâteau pour un party et que tout le monde s’en lèche les babines… Qui ne serait pas fier de dire que c’est son gâteau??

  15. 15 Martin L'Allier

    En fait je pense que ce que Alexandre souligne c’est le ridicule des formules «pompier», au lieu d’une simple mention du nom de l’entreprise/designer.

  16. 16 LaMamzelle

    Excuse-moi mais je ne comprends pas "formule pompier"…

  17. 17 Martin L'Allier

    Pompier: «emphatique et prétentieux».

  18. 18 Janick

    Je trouve qu’on devrait signer quand on est fier.

    Mais je sais pas pour vous, mais moi mes clients veulent jamais (le web, parfois, comme c’est "la norme"). C’est tu moi qui sais pas vendre cette option signature, ou ça adonne que mes clients sont ceux qui veulent pas?

    Et puis quoi faire quand on est super fier, que le client n’a rien contre, mais que visuellement, la signature "click" pas avec le design et l’espace! Si je pense à des projets passés, beaucoup je me demande "où cé" que je l’aurais mise!!!

  19. 19 Philippe Lamarre

    Janick, ma suggestion : tu ne demandes pas à ton client, tu l’apposes, c’est tout.

    S’ils tiennent à ce que tu l’enlèves, tu demandes pourquoi. Je n’ai jamais eu de client qui m’a interdit de signer un projet. J’imagine que le fait de demander la permission transforme ça en faveur de la part du client…

  20. 20 Jean-Sébastien Dussault

    Ouais, ça m’a fait réfléchir un peu, tout ça.

    "Je ne comprends pas pourquoi il y a une différence entre les photographes/illustrateurs et les designers/communicateurs graphique au niveau de la signature." -dixit LaMamzelle

    Contrairement à l’illustration ou la photo, le designer graphique monte (pas toujours, mais souvent) une oeuvre collaborative qui va utiliser des éléments faits par quelqu’un d’autre (ill, photo, typo, musique, programation, etc). Dans ce cas là, c’est p’têtre un peu gênant de signer, à moins d’avoir fait la d.a. de bord en bord. J’imagine que c’est ça qui est arrivé avec le cinéma, pis qu’on a inventé les générique.

    "Mais je dois avouer que les pièces où on m’a mis des bâtons dans les roues, je ne les signe pas." -Dixit Luce

    Pour rester dans le cinéma, quand un "director", "writer" ou autres bibittes d’hollywood est vraiment pas content de la tournure de la patente (ingérence des producteurs, etc), ils signent l’oeuvre "Alan Smithee". On devrait peut-être se trouver un non factice nous aussi. Dommage qu’"Elvis Gratton" existe déjà.

  21. 21 Antoine Nonnom

    C’est quand même étrange de penser que j’ai rarement vu un assistant photo ou une mannequin pouvoir signer au dos de la photo avec le photographe…

  22. 22 Janick

    Philippe, c’est vrai que dit de même, ça l’air simple… je crois que je vais l’essayer… Au pire je l’enlève et ça revient au même que maintenant!! Mici :)

    Ce que Paul dit a ben du sens… ça s’arrête où?? Si un photographe m’apporte un client pour le design, est-ce qu’il a priorité sur le designer?? Pis le rédacteur, son texte est crutial, priorité ou pas? Le concepteur d’un slogan VS le designer de l’identité? Pourquoi le designer aurait priorité sur les autres intervants dans le fond… tout le monde travaille fort et se démène, égal…?

    Encore là, je reviens àa ce que je disais plus tôt… Pis quand ça "fit" juste pas? Exemple, je fais présentement un carton promo pour un client qui commence ça business. Son image à ce début est crutial. Je suis très contente du résultat, approuvé aujourd’hui. Mais voulez-vous ben me dire où je met une signature sur un carton promo 6×4 recto verso, sans que ça foute en l’air tout le travail et l’image du client? Mais pourtant je suis fière que c’est moi qui l’a créé. Sincèrement, je me le pardonnerais pas de mettre ma signature sur cette pièce du projet. Sur une autre pièce, peut-être. Mais des fois ça "fit", d’autres fois non.

  23. 23 Jean-Sébastien Dussault

    Pour l’assistant photo, c’est une question d’échelle. Un jour, lui aussi il fera des beaux barbos en arrière de ses photos. Nous, on trouve pas non plus la signature du pre-press qui arrange toutes nos niaiseries…

  24. 24 Antoine Nonnom

    Janick : c’est une évidence. Si ça ne "fit" pas, tu ne signes pas.

    Jean-Sébastien : En fait, je viens de réaliser que la différence entre un photographe et un designer, c’est que dès que le design a été produit par plus de deux ou trois personnes, ils ont généralement un nom collectif (une agence quoi !) qui fait que la pièce est signée avec ce nom "global" (donc l’infographiste ne pleurniche pas puisqu’on parle de lui/elle indirectement en écrivant "réalisation : SuperSansPlomb". Par contre, le photographe travaille toujours sous son propre nom… donc difficile de créditer plusieurs individus (assistants, etc.).

  25. 25 Janick

    Antoine, ben oui c’est évident, c’est ce que je dis. Mais je le dit pour que ceux qui le font même quand ça "fit" pas se rendent compte que c’est MORRON!!!! :)

    Quand un designer indépendant fait appels à des services externes d’autres domaines qui sont aussi à leur compte, on reste encore avec le même problème Antoine… Mais bon, personnellement, j’aurais tendance à dire que personne signe, ça règle ben des situations du style "ton père est plus fort que le mien"!

  26. 26 Sylvain Cossette

    Les illustrateurs et et les photographes sont considérés comme ‘générateur de contenu’. Les graphistes sont considérés ‘générateur de contenant’. Rajoutons qu’il y a plus, chez les artistes visuels, d’artistes qui utilisent la photographie et la peinture, ce qui ajoute à la qualité de ‘je peux signer, c’est une oeuvre’ de ces médiums. Par contre de plus en plus d’artistes sont graphistes, ce qui change la mentalité populaire.

  27. 27 LaMamzelle

    Hier, après avoir écrit mon message, j’ai eu une discussion avec un ami photographe… Et puis je comprends maintenant la différence entre la signature du photographe/illustrateur et designer graphique… Il est certain que dans notre métier il y a beaucoup d’intervenants qui participent à l’aboutissement du projet, et qu’il est difficile de tous les nommer… Et que le photographe est un artiste et pas le graphiste… Mais le photographe et l’illustrateur fonctionnent aussi sous mandat… Alors est-ce vraiment de l’art?

  28. 28 Alexandre emetique

    Les photographes sont plus des artistes que les graphistes… bah oui, je veux pas etre insultant mais des fois, on leur demande juste d’appuyer sur un bouton… le retoucheur fait souvent pas mal plus et pourtant, il n’est jamais crédité clairement.

  29. 29 Poil Brillant

    Je n’ose plus participer au blogue (vous vous rappellerez que 2 individus sont inconfortables avec mon anonymat). Et si je changeais de surnom, est-ce que cela vous plairait? Des suggestions?

    Signer les oeuvres, je l’ai fait pour des publications: mises en pages, périodiques, credit photo/design sur un depliant. Pour le reste, trop souvent j’oublie et c’est un vilain defaut. Encore une fois, je suis bien d’accord avec tous dans cette colonne. Merci de votre franchise et votre ouverture.

  30. 30 Alain Mélançon

    Je consulte avec beaucoup d’attention ce sujet dans l’espoir de voir les avis de tous et chacun sur la constitution d’un patrimoine visuel et la reconnaissance de ses créateurs. Déjà dans les premiers commentaires, l’idée du dépôt légal à la BNQ ne semble pas faire l’unanimité (et je comprends en lisant les conditions).

    Cependant, je lance une proposition et un projet que je suis en train d’élaborer depuis un bout de temps : une banque de données sur les designers graphiques au Québec. Mon but est simple : construire une mémoire des travaux réalisés au Québec afin d’enrichir mes sources pour mes travaux de recherche en histoire du design. Pour l’instant la SDGQ possède un répertoire de ses membres, mais aucune pièce n’y figure. Je pense également à l’annuaire http://www.pixelcreation.fr/serv... qui regroupent également un liste impressionnante de graphistes venant de tous les coins du monde.

    J’aimerais avoir votre avis là-dessus. La démarche serait, bien entendu, sur une base volontaire avec un interface Web accessible à tous. En permettant à chacun d’être juge de ses propres travaux, le concept a au moins l’avantage de ne pas favoriser une création plus qu’une autre. Enfin, pour répondre à la problématique mentionnée précédemment, ces archives auront également l’avantage de décrire de façon détaillé les pièces déposées (ex. nom du designer, année de création, collaborateurs impliqués : photographes, illustrateurs, etc.).

    J’attends vos commentaires et idées et je vise la mise en ligne au début de l’année 2006.

  31. 31 Marc-Antoine Jacques

    Très bonne idée Alain. Je suis aussi de l’avis de Jean-François concernant les critères d’admissions. Pour ce qui est de pixelcreation, il faut dire que leur tâche est facile, ils font presque uniquement la diffusion des images des expos tenues à la galerie Anatome. Étant donné qu’on a pas vraiment de structure comme celle-là au Québec, ça risque d’être plus compliqué. Es-ce qu’on pourrait simplement commencer par les membres honoraires de la SDGQ?

  32. 32 Luce Beaulieu

    Alain, c’est super! Tu devrais te joindre à Jean-François, Martin, Francisco, Jean-Sébastien et moi.

  33. 33 Sébastien T.

    Bonne question et surtout bonnes réponses. En effet, lorsque l’on commence un travail qui petit à petit devient un truc ignoble, suite à des bagarres interminables avec des clients casse-bonbons; il vaut mieux ne pas signer car ça ne représente rien!

    D’ailleurs je vous encourage tous à mettre dans vos contrats ou lettres d’entente que votre nom sera présent selon le type de projet. On m’a déjà eu avec ça, comme avec plein d’autres magouilles bidon (du fameux client à qui personne ne veut avoir affaire) et une fois ça suffit, maintenant je la joue carte sur table, le client sait à quoi s’attendre – je signe si je veux!.

    C’est d’ailleurs tout à fait normal de signer ce qu’on fait et celui ou celle qui comprends pas ça n’a qu’à faire faire son truc par un tâcheron pour qui le projet ne représente qu’un chèque de paie. Malheureusement, moi, je suis un émotif.

  34. 34 Marc Kandalaft

    Je trouve qu’il n’y a rien de plus naturel que de signer son travail. Pour moi la question ne se pose même pas, c’est un droit, tout comme les étiquettes des marques sur les habits, les labels sur les cd, les domaines pour les bouteilles de vin.

    On vit dans un monde signé!

    Pourquoi devrions-nous nous en priver.
    A moins qu’effectivement, nous n’ayons pas pu concevoir et réaliser le travail selon nos valeurs, à cause d’une raison qui échappe à notre propre volonté.

  35. 35 Martin L'Allier

    Désolé de taper encore sur le clou de la typo favorite de plusieurs – Velveetica.

    Aussi considérée par certain comme le véhicule d’un «fachisme corporatif»:
    stbride.org/friends/confe…

    hehehe (rire avec effet d’echo)

  36. 36 Pastrana Elena

    En tant qu’employée, mes projets ont la signature de l’entreprise ou je travaille. La dernière campagne publicitaire, qui sera diffusé pendant la 1er semaine de février, est entièrement une conception personnelle, j’ai donc demandé à faire figurer mon nom dans les informations légales de l’affiche, cela m’a été refusé. Comment fonctionnent les droits d’auteur ?

  37. 37 Jean-Sébastien Dussault

    Pastrana, il existe deux notions en droit d’auteur, soit la paternité et le titulaire des droit.

    Puisque tu es employée, c’est l’entreprise qui est titulaire des droits, mais en tant qu’auteur de l’oeuvre, c’est toi qui en a la paternité, même si elle est créé dans le cadre d’un projet d’entreprise. Lors de l’enregistrement, ton nom doit figurer comme créateur de l’oeuvre.

    Dans le cas d’une oeuvre commune, comme on retrouve souvent en boîte de création, le nom et l’adresse de chacune des personnes impliquée à la création doivent y figurer. Par contre, si l’oeuvre a été créé par PLUS DE DEUX personnes sous un directeur créatif ou rédacteur en chef, le nom de ce dernier peut apparaitre seul comme créateur.

    Je t’invite à regarder le site du droit d’auteur canadien. strategis.ic.gc.ca/sc_mrk…
    Protection, titulaire et paternité: strategis.ic.gc.ca/sc_mrk…
    strategis.ic.gc.ca/sc_mrk… pour de détails sur la paternité la paternité.

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