Mascottes 2010

Le comité des Jeux Olympiques de Vancouver 2010 vient de dévoiler une… non : TROIS mascottes pour les Jeux !

Quatchi, Miga et Sumi

Respectivement nommées Quatchi, Miga et Sumi, ces mascottes sont présentées sur le site officiel, et le texte – traduit à la va-vite – nous en apprend beaucoup : «On a suivi une méthode au cours de ce processus de création en folie pour en arriver à des petites créatures si imaginaires» (sic).

Ces créatures «cutes» semblent tout droit sorties de l’univers enfantin cher aux designers japonais, ce qui devrait au moins, mondialisation oblige, permettre leur appropriation par les enfants des cinq continents…

C’est le studio graphique Meomi, de Vancouver, qui a remporté le concours et donné naissance à ces trois personnages. Ce studio développe depuis quelques années une imagerie illustrative très "tendance" mais néanmoins assez intéressante.

Le problème, c’est que le gentil graphisme des mascottes, fait de couleurs en aplats et d’absence de volume, passe très mal l’épreuve de la troisième dimension. Jugez-en vous-même par la laideur de Quatchi en version «bonhomme» !

L’olympisme est-il l’affaire des 6-12 ans, ou est-ce la culture visuelle mondiale qui s’infantilise ?


11 commentaires sur «Mascottes 2010»

  1. 1 francoisb

    Quatchi en version mascotte est pas si mal, il me semble. Pour la question des mascottes et de l’infantilisation de la culture visuelle mondiale… il me semble qu’une mascotte, c’est une mascotte. Y a-t-il des mascottes pour adultes (j’imagine qu’un fin-finaud va passer dix heures sur google pour me trouver des exemples…) ? Youppi, malgré tout le respect que je lui porte, c’était pour les enfants (et quelques gars saouls dans les bleachers) ; gros, rond, orange.

    Je crois qu’on pourrait davantage leur reprocher le look japonais, quoique ça rappelle le côté iconique de l’art traditionnel des amérindiens de l’ouest canadiens (couleurs franches, thématiques animales, formes, simplicité des lignes, etc.). Des totems sioux sauce manga libérés de leur poteau…

    J’aime bien, finalement.

  2. 2 Olivier Bruel

    Un autre détail : la surabondance de signes.

    3 mascottes qui ressemblent à des pictos. Chacune porte au moins un logo (le gros en porte deux). Chaque logo est en lui-même une symbolisation graphique : les anneaux olympique, l’inukshuk des Jeux de 2010, les montagnes des paralympiques, ouf !

    C’est la tendance pizzadélique du graphisme hyper-commandité, on y échappe de moins en moins. Et attendez de voir les banderolles sur les installations olympiques…

  3. 3 francoisb

    Celui des olympiques de montréal fait penser à un animal mort sur le côté de la route… Ceux pour la Chine sont nettement chinois : http://en.beijing2008.cn/spirit/beijing2008/graphic/n214068254.shtml

  4. 4 Marie

    D’accord, c’est un style fortement inspiré du Japon, mais depuis quand y a-t-il un style d’illustration typiquement canadien??? Je cherche…

    Il ne faut surtout pas oublier qu’à Vancouver, l’impact culturel des immigrants asiatiques est important. Je les trouve plutôt cool ces mascottes. Un peu dans la même veine sympatique que les jeux de Barcelone (mascotte créée à ce moment là par l’artiste Mariscal).

  5. 5 Philippe Lamoureux

    Je veux bien essayer d’aimer ça, mais pour les Olympique au Canada…. Vraiment pas fort. J’aurais préféré des clichés de caribou à la place, au moins on sait d’où ça vient. On se croirait à une compé de pockémon. Je comprend Marie que les asiatiques sont nombreux à Vancouvert, mais y a pas que des chinois à dans cette ville. À bien y penser l’inuksuk est superbe comparé à ces bibittes. Vraiment le Comité organisateur olympique canadien fait vraiment piètre figure… par chance qu’il y aura des athlètes à ces olympique parce que le pakaging laisse vraiment à désiré. Si vous ne le saviez pas mais le village olympique sera calqué sur celui des Schtroumpfs.

  6. 6 REEKEEGEE

    « Et c’est pas un peu étrange de voir l’inuksuk du logotype de Vancouver 2010 juxtaposé à ces mascottes ? »

    Absolument, il y a plus de totem à Vancouver que d’inuksuk. Puisque l’inuksuk est/était utilisé d’avantage par les peuples autochtones du cercle polaire (Nunavut), ils s’en servaient comme repaire.

    Il aurait été préférable, je ne dis pas que c’est ce que j’aurais fait, mais il aurait été préférable d’utiliser le totem, juxtaposé au style d’illustration autochtone (Chinooks) pour ces jeux Olympique.

    Je crois que tout le visuel des jeux Olympiques de Vancouver est historiquement faux et sans fondement réel.

  7. 7 Olivier Bruel

    N’est-ce pas la version graphique des accomodements raisonnables ? Le Canada préfère délaisser ses codes graphiques historiques au profit de ceux de ses flux migratoires… Vite, une commission d’enquête ! ;)

  8. 8 Marie-Eve

    « Il aurait été préférable, je ne dis pas que c’est ce que j’aurais fait, mais il aurait été préférable d’utiliser le totem, juxtaposé au style d’illustration autochtone (Chinooks) pour ces jeux Olympique.

    Je crois que tout le visuel des jeux Olympiques de Vancouver est historiquement faux et sans fondement réel. »

    Mmm… et les totems qui se trouvent à Vancouver sont aussi historiquement faux en passant. Ils proviennent tous ou presque de l’Île Queen Charlotte (au Nord Ouest de la C-B) et sont donc de type Haïda. Et il n’y a jamais eu de peuple Haïda qui ait vécu dans la région de Vancouver. Alors pour ce qui est d’un repair juste, je ne crois pas qu’on y est vraiment côté totem.

    Pour ce qui est du style japonais des mascottes, j’y vois plutôt un style ludique.

    Qui est l’audience cible à votre avis pour des mascottes? Les designer graphique 24-35? Peut-être plus les enfants à mon avis. Et dieu merci on a laissé tombé les vieux clichés de caribou et de canots des années 70.

  9. 9 REEKEEGEE

    Merci Marie-Eve, je vais me coucher moins niaiseux.

  10. 10 Martin L’Allier

    Ces identités sans bases locales/nationales authentiques deviennent un problème plus présent.

    Spiekermann en parlait au sujet du lion (un symbole surtout associé à l’Angleterre) du Mondial de Berlin.

  11. 11 Andre Lavergne

    À découvrir:
    http://www.vancouver2010.com/mascot/

    On y retrouve un profile de chaque mascotte ainsi que des animations dont la trame sonore est signé Kid Koala. Ce n’est pas rien.

    Je profite du lancement du site officiel des mascottes pour partager une réflexion que je n’avais pas eu le temps de rédiger lorsque le débat fut lancé.

    Ce qui m’avait le plus fait réfléchir c’est que la plupart des répondants ci-haut ont reprochés à ces mascottes leur ‘look japonnais’. Alors je pose la question: qu’ont ces dessins de si japonnais? Certains ont dit ‘aplats de couleur’ d’autres ont fait référence aux yeux.

    La référence stylistique la plus évidente n’est peut-être pas l’univers des Pokémon (qui sont toujours dessinés avec un contour noir, un certain volume et plusieurs styles de yeux différents) mais bien celui de Hello Kitty, un personnage animé japonais créé en 1974.
    http://i-love-cartoons.com/snags/clipart/Hello-Kitty/Hello-Kitty-painting.jpg

    On lui reconnait ses yeux en pois, et malgré un contour noir toujours présent, la simplicité des formes est au rendez-vous, comme pour nos amis de Vancouver. Toutefois, Hello Kitty, cette icône japonnaise, doit son ‘style’ à une création du Hollandais Dick Bruna qui daterait de 1955. Je nomme le lapin Miffy, ou Nijntje comme elle est connue chez elle.
    http://www.bbc.co.uk/manchester/content/images/2006/04/25/miffy_brushes_347x350.jpg

    Par cette comparaison je veux illustrer que nos références visuelles, ce baggage précieux du créateur graphique, ne racontent pas toujours l’histoire complète, et sont parfois superficielles ou carrément erronées. Feeling japonnais ou feeling hollandais? Miffy en laisse plusieurs perplexes. (Pas les japonnais cependant. Ils adorent Miffy et ne s’en font pas du tout du fait qu’elle soit une émigrée.)

    Pour les aplats de couleur sans contours ni volumes, j’ai une autre hypothèse: C’est un style un peu ‘collage’ qui a gagné en popularité avec l’arrivée de Adobe Illustrator et plus particulièrement Flash. C’est, selon moi, un exemple d’un outil technologique qui a donné lieu à une façon d’illustrer et d’animer. Nous étions plusieurs à dessiner sensiblement de la même façon dans nos cours de Flash, ça allait un peu de soit. Pourrions-nous réelement attribuer une nationalité à ce style qu’on voit partout de nos jours?

    Pour revenir à nos amis de Vancouver, 2 des 3 mascottes partagent quand même un trait important avec les Pokémon : Sumi (l’oiseau tonnerre) et Miga (l’ours de mer) sont des hybrides, comme le célèbre Squirtle, qui est mi-écureuil mi-tortue. Sauf qu’ici, la référence est plutôt aux contes et légendes autochtonnes qu’à Nintendo. Tous les trois font partie du patrimoine des premières nations du Canada. Et bien qu’on ne puisse pas dire que tous les trois sont issus précisément de l’île de Vancouver, les mascottes ont quand même un mandat plus large que de représenter uniquement la région ou se passe les jeux. Nous n’avons pas exigé aux mascottes chinoises de représenter JUSTE Pékin. Nous ne saurions même pas ce que ça veut dire. Il faut accepter qu’une mascotte c’est une métaphore et que le reste du monde ne fait pas vraiment la distinction entre une région du Canada et une autre.

    Bon, je me mouille : Je les déclare de style Flash, avec connotations japonnaises mais d’origines hollandaises, représentant des animaux de la mythologie des premières nations canadiennes. Qui dit mieux?

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