© Collectif IQ« Même si intrinsèquement, un drapeau n’est qu’un simple bout de tissu aux couleurs diverses, sans grande valeur, il incarne dans les faits, l’identité même du peuple qui l’arbore.» - Luc Bouvier, professeur au Collège de l’Outaouais « Le [créateur] québécois actuel a deux choix : ou il tourne carrément le dos au passé et s’invente totalement un présent, donc un futur, ou il croit suffisamment aux choses qu’il y a dernière lui, s’y plonge, les assimile, leur donne un sens nouveau, celui d’une œuvre qu’il bâtit en fonction du nouvel univers qu’il voudrait voir s’établir ici. » -Victor-Lévy Beaulieu, écrivain québécois (Le Devoir 13 janvier 1973) Fondé il y a un an en janvier 2007, le collectif Identité québécoise réunit aujourd’hui une dizaine de jeunes adultes (des créateurs surtout; romancier, poète, concepteur visuel, etc.) autour d’un objectif large, mais tout de même commun : celui «d’explorer, de réfléchir et de participer à la création de l’identité québécoise.» Le collectif ouvrait au moment même de sa fondation un chantier de réflexion sur le drapeau québécois, avec quelque suite dans les idées… Le fleurdelisé fête cette semaine ses 60 ans et l’occasion nous paraît tout indiquée pour dévoiler le fruit d’une démarche, qui de fait a débouché sur la proposition d’un nouveau drapeau québécois.

Évidemment, nous ne sommes pas sans savoir que le drapeau d’un pays ou d’une nation est un sujet délicat. C’est pourquoi l’exercice doit être remis dans son contexte : chez IQ, il nous intéressait d’abord et avant tout « d’explorer » l’histoire de ce symbole identitaire, de « réfléchir » à son évolution; puis de l’investir de notre créativité afin de « participer à la création de l’identité québécoise » par nos modestes moyens. Cet essai-graphique propose de réunir visuellement les quatre carrés bleus dotés du lys en un seul rectangle bleu avec un seul lys blanc au centre (voir figure). Notre argumentaire se déploie en trois temps. Il s’appuie d’abord sur un principe de la communication moderne qui veut que la simplification des symboles optimise l’échange d’information. Cela mis en évidence, il faut encore s’assurer que le symbole retenu, en occurrence le lys, constitue un emblème légitime et souhaitable pour les Québécois; un survol historique nous en convaincra. Enfin, nous nous pencherons sur quelques éléments symboliques nouveaux issus du drapeau modifié; dont celui d’un Québec uni plutôt que divisé; celui d’un Québec laïque (mais non moins catholique, nous le verrons) et français. 1 – Éléments de communication Less is More. — Mies van der Rohe, architecte allemand L’histoire des logos des grandes entreprises depuis plus de 100 ans tend à montrer que leurs logos ou les symboles qui les représentent se simplifient avec leur déploiement dans le temps, éliminant graduellement les mots, les ornements, les fioritures, parfois même les mots au profit d’un symbole graphiquement simple et reconnaissable pour tous, peu importe l’auditoire. Cette efficacité graphique est aisément repérable chez les grandes marques telles que que Nike, Shell, Apple ou la Croix-Rouge. On observe ce même phénomène pour le nom des artistes qui survivent à l’épreuve du temps. Paul-Émile Borduas est devenu « Borduas ». Céline Dion a vu sa signature « Céline » s’imposer comme un élément évocateur. La communication est ainsi efficace et rapide. La simplification des corps identitaires graphiques de toutes natures (drapeaux, logos, sigles, acronymes, etc.) est motivée par la même volonté de communiquer efficacement, le plus rapidement possible, un message à un auditoire donné. Dans le cas qui nous occupe, un drapeau aura pour but de communiquer un ensemble de valeurs et de caractéristiques communes, le sens d’une histoire partagée, ainsi qu’une volonté de se projeter dans un idéal qui inspire la fierté. Suivant le raisonnement, ne serait-il pas opportun d’engager le drapeau québécois actuel dans un processus de simplification similaire? Nous croyons que oui, et c’est ce qui motive notre choix de réunir les quatre lys en un seul symbole, plus simple donc plus fort. Une question se pose alors : le lys, maintenant seul au centre du drapeau, constitue-t-il un emblème national qui sied à la nation québécoise? Pour répondre à cette question, il faut regarder en arrière et voir ce que le lys a voulu dire dans l’histoire. 2 – Le lys d’hier à aujourd’hui Il est important de savoir que la fleur de lys est un des plus vieux symboles au monde. On le retrouve en effet depuis plus de 5000 ans chez différents peuples selon un usage, tantôt emblématique, tantôt décoratif. On le retrace chez les Assyriens, puis en Inde, Égypte, Grèce, Rome, en Gaule, chez les Perses, les Arabes et en Espagne. Les Anglais et les Écossais l’ont utilisé, de même que les peuples amérindiens. Pour certaines civilisations, il a incarné par ses caractéristiques la force, le désir, la sexualité et la fécondité. Certains y ont vu la représentation des organes génitaux, l’extrémité d’un trident ou d’une pointe d’arme. D’autres l’ont fait dériver de l’iris, fleur jaune qui poussait sur les rives de la Lys en Belgique. Le lys devient un symbole de la France lorsque, dit-on, un ange aurait apporté un bouclier serti de 3 lys à Clovis, chef des Francs et conquérant de la Gaule; ce miracle donne la victoire à Clovis et marque le début de l’unification de la France actuelle. Il se répand alors comme symbole français, royal surtout, mais aussi comme le symbole catholique par excellence. En Nouvelle-France, le lys apparaît sur divers objets, pièces de vêtement ou d’orfèvrerie. Bien que brutalement abandonné en France au moment de la Révolution, il continue d’être utilisé en terre d’Amérique comme un symbole faisant référence à la culture et aux origines françaises des «Canadiens » (québécois). Le lys seul marque aussi notre histoire récente. L’appareil gouvernemental québécois a fait un usage fréquent du lys blanc sur fond bleu, et ce, depuis les années ’70. Alors que jadis ce « logo » authentifiait les ministères, il sert aujourd’hui à identifier les routes du Québec et à ornementer les immatriculations. D’autre part, la population québécoise s’est elle-même approprié le lys. Il n’est pas rare de le voir utilisé seul, en décoration sur des maisons, des fanions, t-shirt, casquettes et autres objets promotionnels de la Saint-Jean-Baptiste. Il semble gagner en popularité année après année. 3 – La proposition IQ Le lys constitue le symbole indiscutable et officiel du Québec; cela nous parait évident. Hélène-Andrée Bizier et Claude Paulette concluent d’ailleurs en ce sens dans un livre sur le sujet, en affirmant que « la fleur de lys est l’emblème de tous les Québécois »[1]. Le drapeau actuel nous montre quatre lys, sauf que chacun d’eux est isolé dans son carré bleu, qui eux-mêmes sont séparés par d’épaisses bandes blanches. L’image est celle d’un Québec « divisé »[2], et c’est là tout le problème. Il existe à notre avis une manière plus forte et plus simple d’évoquer graphiquement la nation québécoise. Conceptuellement, la proposition du collectif IQ se présente comme l’unification des quatre morceaux séparés du drapeau actuel en un seul lys plus grand et plus fort. La croix disparaît au profit du lys. Pour ceux qui verraient cette perte d’un mauvais œil, rappelons simplement que le lys à lui seul fut aussi dans l’histoire un symbole de la foi catholique. Notre proposition s’appuie sur un usage répandu du lys autant chez le gouvernement que chez la population civile. Elle affirme une présence française et laïque en Amérique. Elle participe enfin, à notre avis, à une évolution normale et moderne du fleurdelisé actuel. Que l’on regarde l’évolution des drapeaux à travers l’histoire du Québec : Jacques Cartier arrive en Amérique avec un drapeau à trois lys. Plus tard, la bannière de Carillon obtient un succès populaire sans toutefois devenir un drapeau officiel. Le fleurdelisé, adopté à l’Assemblée nationale en 1948, en réhabilite néanmoins le symbole en remaniant les lys vers le haut. Le collectif IQ propose un « nouveau » symbole identitaire en règle avec l’histoire du drapeau, qui respecte les normes héraldiques, tout en évoquant la nation québécoise avec force. Ainsi, notre drapeau devient un symbole complètement moderne, simplifié au maximum. Il possède dorénavant l’éloquence de certains drapeaux du monde parmi les plus efficaces en terme de communication : celui de la Suisse, du Japon et disons-le, celui du Canada. — Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier, codirecteurs du collectif IQ

Mise à jour JFP : Écoutez l’entrevue de Simon Beaudry (du 24 janvier) à l’émission de Christiane Charette à Radio-Canada.


58 commentaires sur «Repenser le drapeau québécois»

  1. 1 francisco

    J’allais justement faire la réflexion qu’on a un des plus beaux drapeaux, mais pas aussi beau que celui du Japon. Avec votre proposition, on s’en rapproche encore plus. La simplicité du résultat et l’évacuation de l’Église – qui, qu’on soit d’accord ou non, est quand même une des éléments les plus marquants de l’histoire contemporaine du Québec – soutiennent totalement le propos. C’est vraiment un geste design qui est en totale relation avec le contexte social et historique du Québec actuel.

    Et pis ça fait un super beau T-Shirt !

  2. 2 Bruno Cloutier

    Ça manque de bevel & emboss, je trouve pas ça assez moderne. Ça a l’air d’avoir coûté 2$.

  3. 3 Marc-Antoine Jacques

    Ça ne ferait pas de tord de démontrer par notre drapeau une véritable ambition à s’unir, tous ensemble dans une même fleur. Je me demande même si on peut pas pousser l’idée plus loin et moderniser un peu le dessin du lys.

  4. 4 R. Guimont

    Non, vraiment pas, je ne changerai pas notre drapeau pour cette unique fleur grand format.

    Notre drapeau a déjà une histoire, un contexte, une mémoire et un avenir.

    La seule et unique chose que je pourrais envisager de modifier c’est la couleur des fleurs de lys. Nous vivons dans une société laïque et le blanc des lys en référence au lys marial, comme symbole de la virginité de Marie, ne m’interpelle vraiment pas…

    D’ailleurs, remarquez bien… sur toutes les iconographies anciennes les lys de l’ancienne France, sont dorés et non blancs.

  5. 5 François-B.

    La démarche est plus intéressante que le résultat. Je ne peux pas dire que je trouve ça sexy, ce lys seul. Je suis d’accord avec la simplification, mais je ne pense pas qu’on relève le paris en mettant un seul gros lys blanc.

    Vous direz que ce n’est pas un argument viable, mais un drapeau qui se dessine mal, j’ai toujours trouvé ça un peu idiot. Demande à un québécois de 5 ans de dessiner son drapeau.

    Après ça, demande à un japonais de 5 ans, à un français de 5 ans, à un suisse, à un….

    Le lys, c’est juste pas winner. Et tant qu’à faire, la feuille d’érable non plus. Essayez d’en faire une à main levée…

    L’identité ça se construit avec des symboles fort.

    Et puis le lys ça ne nous appartient pas. On reste colonisé.

    Sans trop y penser je ferais un bandeau supérieur blanc au dessus d’un vert. Ça parle de nos saisons. Ça parle de notre neige. Ça parle de nos forêt. On évacue le politique.

  6. 6 francisco

    R. Guimont : j’imagine mal le «doré» imprimé en deux couleurs. Il deviendrait plutôt un ocre ou orangé peu intéressant. Genre IKEA… Le blanc me rappelle toujours l’absolu d’un nuage dans un grand ciel.

    François B. : J’ai justement un enfant de 5 ans qui traîne à la maison, et dessiner un cercle, c’est presque aussi simple que dessiner une feuille d’érable. C’est à dire qu’à la fin, les deux se ressemblent pas mal.
    Tu peux en profiter pour demander à un australien de 5 ans, un brésilien de 5 ans, un afghan, un cambodgien, un mexicain, un papou, un portugais. Un serbe, un slovaque, un slovène. Tous des pays avec des drapeaux «difficiles». Je suis prêt à parier qu’ils savent dessiner leur drapeau. Est-ce des pays sans identité forte ? À cause de leur drapeau ? ET ils seraient meilleurs que les autrichiens, les bangladeshis, les lybiens ou les indonésiens ?

    La population traditionnelle québécoise provient principalement de l’émigration française et britannique. Comment un peuple peut-il être colonisé par ses propres ancêtres?
    Et comment le drapeau d’un pays peut-il NE PAS être politique ?

    Il faut faire attention à ne pas mélanger drapeau et logo, et branding.

  7. 7 Olivier Bruel

    En tant qu’immigrant, je veux éviter de faire peser mon avis dans ce débat strictement québécois. Surtout qu’aux yeux d’un Français, le lys porte une connotation royaliste totalement incompatible avec les valeurs actuelles. Mais comme je l’ai dit, mon point de vue est faussé.

    Il y a de l’ouverture et des arguments forts dans ce débat, c’est vraiment appréciable.

    Personnellement, je me repositionnerais en concepteur et seconderais francisco : « Il faut faire attention à ne pas mélanger drapeau et logo, et branding. » Damn true! ;)

  8. 8 François-B.

    Cher Francisco,

    à 5 ans, un rond ou une feuille d’érable… Je veux pas écoeurer ton enfant… Hors sujet. Ça te ferait plaisir que j’écrive six ans pour te donner une chance de voir que dessiner un rond ou une feuille d’érable, c’est pas le même niveau de complexité ?

    Oui, je pourrais en profiter pour demander à un australien, un brésilien, un whatever… J’imagine que tu es allé vérifier dans ton larousse, tu as une belle liste de nom de pays. Mais si tu n’es pas assez honnête pour remarquer qu’il y a des drapeaux plus facilement identifiable que d’autres, ben, la discussion est clause. Est-ce que tous les drapeaux sont aussi bon ? Je ne crois pas. Il y en a qui punchent plus que d’autres, et si le drapeau n’est pas le seul marqueur d’une identité nationale, s’en est surement un d’importance. Sinon, pourquoi ce débat.

    Et contrairement à ce que tu écris, nous sommes en fait de vrais fils et filles de colons. Le Québec a été colonisé par la France et par l’Angleterre à ses débuts. C’est écris dans le Larousse quelque part. Et dans un autre livre ou deux… À moins que tu ne sois amérindien de souche ?

    Le lys, c’est le symbole de notre ex-métropole, la France. Or, est-on obligé d’être représenté par un symbole de colon(isateur) ? Je ne crois pas. Pas obligé.

    Et comment peut-on faire un logo qui n’est pas politique ? J’évoquais,dans mon précédent billet, un truc plus géographique. La géographie, ça peut être pertinent, non ? Moi, ce que je reproche au lys, c’est son trainage de vieille querelle, c’est son côté colonisé, c’est son côté franco right-wing unilingue totalitaire, c’est son côté qui oublie notre héritage amérindien, celui qui méprise notre héritage anglo-saxon. C’est de ce politique là, que je voudrais m’écarter. Du débat neuf. Pour une fois.

    On a beaucoup de difficulté avec le neuf, au Québec.

    Et si ce n’est pas d’inspiration géographique, il y a mille façon de faire un bon brand avec notre petit québec…

  9. 9 Bruno Cloutier

    Je trouve la démarche intéressante, mais comme il a été dit plus haut, je ne vois pas en quoi le design d’un drapeau peut ou doit s’apparenter au design d’une identité corporative. En ce sens, j’ai peine à comprendre la pertinence de l’analogie aux «logos des grandes entreprises depuis plus de 100 ans». Les notions de communication, de simplicité ou de clarté n’ont rien à voir avec un drapeau; il n’a pas à se faire connaître ni à vendre quoi que ce soit. Je ne pense même pas qu’il doive nécessairement communiquer quelque chose. C’est avant tout une image que l’on reconnaît, que l’on aime, de laquelle on est fier, ou pas fier, mais je ne crois pas que cela est quelque chose à voir avec son design. Chacun y voit ce qu’il veut, en fonction de ce qu’il connaît de son Québec, dans la réalité, pas dans l’image, pas en fonction de son design ou d’une symbolique abstraite. Les bandes qui divisent? Désolé, mais tout ce que j’y vois c’est mon drapeau. C’est comme ça qu’il est. Si le Québec est divisé, en ce moment, c’est pour des raisons bien réelles; gouvernement minoritaire et l’ADQ comme opposition officielle, accommodements raisonnables, etc.

    Sinon, d’un point de vue strictement graphique (et subjectif), j’aime beaucoup la nouvelle proposition. Ironiquement, je l’aime parce qu’elle est plus claire et plus simple, et donc plus forte.

    Quand à l’analyse sur la fleur de lys, elle est vraiment très pertinente, je ne vois pas comment on pourrait améliorer ou remplacer ce symbole comme emblème officielle du Québec.

    En gros, c’est un article et une analyse super intéressante, j’ai peut-être un peu de difficulté avec l’hyper-rationalisation de la symbolique.

  10. 10 François-B.

    Donc, si je vous lis correctement, tout n’est pas « brandable » ?

  11. 11 Bruno Cloutier

    J’espère bien que non.

  12. 12 Martin L’Allier

    La Nouvelle-Zélande vit un tel questionnement. La campagne fait la promotion du changement de drapeau principalement pour 2 raisons:
    - distinction d’avec l’Australie (les deux drapeaux se ressemblent beaucoup)
    - manifestation de l’identité nationale (bris d’avec l’héritage colonial britannique et mise en valeur de la culture visuelle maori)

    http://www.nzflag.com/

  13. 13 Bruno Cloutier

    Je ne dis pas que les éléments ne devraient avoir aucune connotation symbolique ou aucun sens. Ce serait absurde. La fleur de lys a été choisie pour une raison, ou comme tu le dis, le drapeau américain représente les 13 états fondateurs, etc, c’est éléments graphiques n’ont pas été choisis au hasard. Je dis simplement que ce qui fait selon moi la force d’un drapeau est l’image qu’il renvoie à son peuple, et que cela dépasse les meilleures intentions conceptuelles. Et aussi que les intentions de base sont souvent oubliées, sauf si elles font vraiment sens.

    Il y a une différence entre choisir des éléments graphiques qui ont une raisonnance pour un peuple et les agencer de façon a passer un message qui tente d’être trop clair.

    Quand je dis par contre que «Je ne pense même pas qu’il doive nécessairement communiquer quelque chose», je suis sérieux. J’aurais beaucoup de difficulté à décider quel message serait approprié à être passé dans ce contexte, et je ne sais même pas de quel droit on devrait le faire.

    - -

    C’est drôle parce qu’en relisant mon commentaire, je me rendais compte de toute son ironie. La personne (ou le groupe) qui a eu à designer le drapeau autour de 1948 a nécessairement dû se poser un paquet de questions similaires à celle que le collectif IQ s’est posées. En s’engageant dans un processus de design sérieux, tu ne peux pas passer à côté, et inévitablement la question de la symbolique fera surface.

    Je me mettais dans les souliers de Bruno le citoyen, celui qui regarde son drapeau et qui, très sincèrement, en a rien à foutre des intentions conceptuelles de départ. Quand je regarde le fleurdelisé, je vois mon drapeau, je vois ma province, et il évoque chez moi quelque chose d’ancré dans le réel; problèmes ou harmonie politique dépendement des périodes, fierté ou déception.

    C’est probablement pourquoi je pense qu’un drapeau (ou une ville ou une région) ne devrait pas être brandé comme une compagnie. Un logo n’est pas quelque chose de réel ou de tangible, c’est une image qu’on renvoie, avec l’intention de passer un message.

    Je m’arrête ici, c’est un peu flou dans ma tête et je pense à mesure que j’écris. Mais disons que je ne peux m’empêcher de trouver absurde le fait qu’on essaie de brander un pays, vraiment. Quelqu’un d’autre?

  14. 14 François-B.

    Bruno, je ne vois pas en quoi c’est absurde de brander un pays.

    Tu parles du branding comme d’une mauvaise chose, ce qui n’est pas le cas. Il faut qu’il se dégage quelque chose de l’identité d’un pays (ce que nous ne sommes pas, je te ferais aussi remarquer). Et un pays ça se vends, ça se représente, ça cruise et ça doit avoir une image qui se tiens pour survivre.

    Jusqu’à dernièrement, le brand du Canada était vraiment fort : pays démocratique, pacifique, droits individuels et collectifs, etc. Au point où j’ai parfois rencontré des voyageurs américains qui affichaient l’unifolié afin de projeter cette image, ces valeurs.

    Et il serait peut-être temps que certains pays soignent leur image, à l’heure où les entreprises forment des entités supra-nationales qui controlent (presque) tout.

  15. 15 Bruno Cloutier

    «Tu parles du branding comme d’une mauvaise chose.»

    Pas nécessairement, mais j’avoue que j’ai peut-être souvent perçu le branding comme un exercice potentiellement … malhonnête. Je ne généralise pas, j’ai passé l’âge, même si je ne suis pas très vieux, et rien n’est noir ou blanc en toutes circonstances. J’avoue cependant aborder le sujet du branding avec quelques à priori.

    - -

    Le commentaire de François sur le Canada résume très bien ce que j’ai tenté d’exprimer plus haut de façon un peu décousue. Si l’unifolié a (ou plutôt avait) cette connotation positive, ce n’est pas à cause de design du drapeau lui-même, mais bien à raison de ce que le pays était, et ce, indépendamment de son drapeau. Dans mes commentaires précédents, j’ai vraiment accroché sur cette idée que le drapeau, ou l’emblème du pays, renvoie à la personne qui le regarde l’image qu’il se fait de ce même pays, et que cette réflexion se fait totalement en marge de la symbolique du drapeau. Cette idée se créée par l’image que le pays projète sur la scène internationale, par les médias, par le bouche à oreille, par les préjugés fondés ou non, pas à cause de son drapeau. Vous me suivez?

    En revanche, j’ai souvent perçu le branding comme une façon pour une entreprise de communiquer quelque chose qu’elle n’est pas forcément. Certains exercices de branding sont honnêtes, d’autres ne le sont pas, avouons le.

    C’est peut-être de là que me viens cette idée qu’il est absurde de tenter de brander un pays. Un peu comme si un pays s’auto-brandait de telle ou telle façon en adoptant telle ou telle loi, ou en défendant telle ou telle valeurs. C’est pas quelque chose qu’on force, vous comprenez?

    - -

    J’ai consulté le site que Martin a linké concernant le drapeau néo-zélandais. Ça m’a fait réfléchir, c’est vrai. C’est vrai que c’est beau de penser qu’une population entière puisse regarder un même bout de tissus flotter et tous s’y identifier, peu importe leur origine, la couleur de leur peau, leur langue maternelle.

  16. 16 Bruno Cloutier

    Tant qu’à y être …
    http://pukeko.otago.ac.nz/~jp30/flags/intro.html

    Les drapeaux du monde se voient attribuer une note. La méthodologie utilisée est incluse.

  17. 17 Ugo

    Interressant comme debat, en revanche je ne me sens pas a l’aise avec le résultat de l’étude.
    Quand on parle de «brander» la province, c’est déjà fait. La ou il faut être prudent, c’est de ne pas redéfinir notre drapeau en suivant des tendances, c’est peut etre là que le mot branding accroche pour certain.

    Le fleur de lys est omniprésent dans les communication officielle, les publicités de tourisme quebec. Il est reconnaisable et reconnu. La forme ne me semble pas ancienne ou meme grahiquement vieille.
    Donc le lfleur de lys reste.

    Le bleu est quasi indisociable de l’identité quebecoise. Il est fort, structurant, calme, sécurisant, noble et régal.
    Soit le bleu reste.

    On parle de la croix blanche, le symbole religieux. L’enlever c’est de mettre de côté un passé pas si loin que ca et pourtant il semble que la religion n’est plus du tout représentative des Québecois.
    Soit on l’enlève. vraiment?

    Il est interressant de regarder le symbole en forme de croix, on comprend qu’il sert de liant entre les 4 parties bleues. Très actuel comme thème non? 4 groupes distincts unifiés et tous égaux. Tous égaux sur: la nationalité, le sexe, la religion, l’âge. 4 grand débats moderne sur l’égalité et les droits de la personne.

    Notre drapeau actuel semble etre à jour et n’a probablement pas besoin d’etre revu.

  18. 18 François-B.

    Cher Bruno,

    le branding n’est pas une mauvaise chose. Il y a du bon et du mauvais branding. Comme il y a du bon et du mauvais n’importe quoi.

    Et beaucoup de moyen gris pâle beige.

    Le site de notation des drapeaux est vraiment drôle et triste à la fois.

  19. 19 Bruno Cloutier

    Pour le branding, je m’y fais peu à peu. Pour le site, je l’ai linké sur un coup de tête puisqu’il était sur Newstoday, et je trouvais que c’était une bien belle coïncidence. Mais en y regardant de plus près, c’est vrai qu’il est pas très très intéressant.

  20. 20 André Lavergne

    Pour ma part, j’ai du mal à réconcilier mon appréciation pour la démarche et pour le débat engendré avec mon questionnement face au ‘timing’ et son rapport à la pertinence ultime d’un tel changement.

    Je dois avouer que je me méfie d’emblé lorsque quelqu’un évoque la ‘modernité’ (avec un petit ‘m’ quand même) comme arguement en faveur du nouveau. Ce sera un arguement tout aussi valable dans 10 ans, 20 ans, 40 ans… On aurait même pu l’évoquer bien avant aujourd’hui, car la Modernité (grand ‘M’ cette fois), cette sirène, cette séductrice, se fait dèjà centenaire.

    Après, il est vrai que la fleur de lys est un symbol puissant de la francophonie en amérique du nord. Et c’est vrai que c’est un symbol puissant de la monarchie dans la mère patrie, ainsi qu’en Espagne. Or, la symbolique de l’un n’empêche pas forcément celle de l’autre (comme le démontre l’usage continue de la croix gammé en asie). Cependant, cette confrontation d’interpretation nous mène vers un questionnement interessant : Un drapeau, est-ce davantage un exercice de branding interne (par et pour une même communauté) ou externe (pour représenter une communauté à l’étranger)? Le regard des autres fait-il partie des paramètres de cette commande?

    Ensuite, la question du timing me parait d’autant plus pertinente lorsque je considère une autre communauté qui participe à un exercice semblable, mais dans un tout autre contexte :

    http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7203222.stm

    Bien sûr, je ne dis pas qu’il faut pas faire l’exercice à moins d’être confronté à des enjeux aussi graves que celles-ci. Mais je pose la question : Un changement si lourd de sens ne se fait-il pas mieux (voir plus naturellement aux yeux du peuple) lorsqu’il coincide avec un changement (politique, idéologique, historique, etc…) de poids égal au sein de la communauté concernée?

  21. 21 Michel Renaud

    Après avoir lu la démarche des auteurs et tous les commentaires à son sujet, il est évident, pour moi en tout cas, que tout tourne autour de l’idée de simplifier pour augmenter l’efficacité.
    J’ai bien peur que si Less is More dans les meilleurs cas, Less n’est souvent rien d’autre que Less, et parfois même rien d’autre que Far Less, n’en déplaise à Mies (vous connaissez l’expression Jeter le bébé avec l’eau du bain ?).
    Si la simplicité était le nec plus ultra de l’efficacité, le drapeau américain serait une véritable catastrophe, pour ne pas parler de celui du Royaume-Uni.
    Pourtant, ils sont tous les 2 très facilement reconnaissables, du moins pour nous Québécois, sûrement à cause de notre contexte historique.
    Mais combien d’entre nous peuvent décrire de mémoire le drapeau de la Chine, qui est bien plus simple ? J’en suis personnellement incapable, même si à longueur d’année tous les médias nous rabâchent les yeux et les oreilles à propos de ce pays. Et le drapeau de l’Irak ? Et celui de l’Afghanistan ?
    Ça me semble prouver que notre univers mental et visuel se fait déjà un portrait de chaque pays, portrait qui sera éventuellement projeté sur son drapeau au moment où, pour une raison ou l’autre, ce drapeau se manifestera à notre conscience. Que ce drapeau soit simple ou complexe n’y change rien.
    Quant à moi, la fleur de lis unique me paraît une simplification inutile, et je ne perçois pas la croix blanche actuelle comme divisant l’ensemble, mais plutôt comme unissant visuellement ses 4 éléments constituants.
    Salutations

  22. 22 Laurent Rabatel

    C’est une petite province, pas un pays.

  23. 23 Gabrielle De Vries

    Vouloir changer notre drapeau c’est oublier notre histoire. Ce bout de tissus ne represente pas seulement notre nation mais notre culture, notre vecu. J’abore le fait meme que quelqu’un ait meme ose penser a vouloir transformer notre cher drapeau. Pour satisfaire qui? Pour representer quoi? La laicite? Je crois que ce debat depasse les limites du raisonable! La grande bretagne est un etat laique et pourtant son drapeau contient trois croix! Pourquoi exclure la croix alors que la fleur de lys represente les origines francaise qui maintenant n’est plus celle de tous! D’autant plus que d’exclure est de nier l’oeuvre de l’eglise catholique sans qui l’homogeneite francophone aurait disparu des Durham.

  24. 24 Denis Chassé

    Ouh la la! Comme il est glissant le terrain de la symbolique!

    Symbole français, symbole de colonisé, symbole de la virginité mariale… Elle est polyvalente cette fleur de lys! Et que dire de la croix: elle divise pour l’un, elle unit pour l’autre, elle est religieuse… Houston, on a un problème!

    Revenez sur Terre, et dites-vous bien que peu importe le symbole, vous trouverez certainement à lui accoler une connotation négative. Voici d’ailleurs un bref mais néanmoins concluant exercice de mauvaise foi:

    Le drapeau canadien: la feuille d’érable est rouge, c’est donc l’automne, elle est tombée de son arbre; c’est l’agonie, puis une mort certaine.

    Le drapeau du Royaume-Uni: Avec trois croix, on a affaire à des ultra-religieux.

    Le drapeau de la Suède: trop commercial, on dirait une vitrine d’Ikea.

    Alors souriez, décrispez et appréciez notre drapeau qui a d’indéniables qualités vexillologiques. Voyez à ce sujet ce qu’en disait la NAVA alors qu’un sondage mené auprès de ses membres a désigné notre fleurdelisé troisième plusse beau drapeau d’Amérique du Nord: http://www.nava.org/Flag%20Design/State&Provincial%20Survey%202001/surveyresults.htm

    Et en ce qui concerne l’image (branding, prestige, etc.) que doit véhiculer notre drapeau, je rejoins Bruno: il revient aux Québécois (et aussi aux Québécoises… merci M. Boisclair!) d’agir de façon à mériter le respect, ce n’est pas au seul drapeau de se taper le boulot!

    Vive notre fleurdelisé libre!

  25. 25 Stéphane Desranleau

    On ne peut pas simplifier un drapeau, chargé d’une énorme symbolique comme on simplifie une marque de voiture ou de savon. Un drapeau national n’est pas une marque. Qu’est-ce qu’une marque ?

    « Une marque est un repère pour un client. Elle doit donner du sens à sa consommation, au-delà du logo. »

    KEWI, Georges and ROGLIANO, Caroline; Mémento pratique du branding – Comment gérer une marque au quotidien; Ed. Village Mondial; Paris; 2006; 310 p.

    Merci.

  26. 26 Bruno Cloutier

    De ce que je remarque, l’utilisation du mot branding semble constituer un des nœuds du présent débat. Pour ma part, toutes les définitions que j’en ai trouvées associe le terme à une démarche de mise-en-marché d’un produit ou de gestion d’une image de marque.

    Voici quelques définitions que j’ai trouvées. Le mot branding n’est pas officiellement français, donc c’est assez difficile d’en trouver une définition précise, les sources le citant tel quel étant rares. D’autres sources le cite comme un anglicisme venant du mot «brand», lequel signifie bien évidemment marque. Peut-être qu’un expert pourrait mieux nous éclairer que moi.


    On peut définir le Branding comme étant une méthode publicitaire qui crée une réponse acquise d’un auditoire ciblé. Le branding permet de transmettre un imaginaire positif au consommateur et d’influencer son comportement d’achat.


    Valorisation et management d’une marque.

    Serait-ce que de nos jours n’importe quel exercice de communication ou de design graphique en est un de branding? J’en doute fort. Chaque jour des designers graphiques créent des images à la symbolique forte en faisant preuve d’une grande maîtrise graphique et on ne parle pas de branding, sans oublier le travail des artistes qui, sauf dans certains cas spécifiques et précis, n’a rien à voir avec le branding, mais se rapporte néanmoins bien souvent à la symbolique et à la force des images, et communique un message extrêmement fort.

    La question serait peut-être de savoir ce qu’est exactement un exercice de branding. Si ce n’en est pas un s’apparentant à la gestion d’une image de marque, alors je n’ai aucune idée de ce que c’est. Si on veut gérer l’identité et le drapeau de ma province de la même façon que celle d’une entreprise, je dis non, et ce n’est pas parce que je trouve les publicitaires méchants.

  27. 27 François-B.

    Je suis incroyablement d’accord avec Jean-François. Je suis surpris de voir le charge négative associé au branding sur un site de designer. Je suis consterné par la naïveté et par la recherche de pureté associé à la représentation d’un état (province ou pays). Et je suis troublé de constater l’attachement à un symbole comme le lys.

    Sans blague, le drapeau actuel pourrait bien rester ; je n’ai pas l’impression d’être rendu à un moment de l’histoire du Québec qui soit significatif et qui mériterait un nouveau drapeau.

    Mais si on fait l’exercice intellectuel de contempler une «nouvelle image» pour le Québec, j’ai peine à croire que plusieurs d’entre nous voudraient changer quatre trente sous pour une piastre. Nous avons, avec cette occasion virtuelle, la chance de corriger une erreur historique, une abberation de la représentation du Québec actuel. Mais non, on garde le lys. Pourtant vous êtes les premiers à crier contre la reine sur nos piastres… Pas actuel, pas représentatif. Pourtant, c’est l’Angleterre qui a gagné. Pas la France. Le parti québécois n’a remporté aucun référendum.

    Mais vous voulez le lys. Il est français, il est blanc et il ne pousse pas ici à l’état sauvage. En refaisant cet exercice exploratoire d’un nouveau drapeau, nous pourrions refléter le Québec moderne, métissé, ouvert.

    Je comprends un peu plus ce qui s’est passé à la commission sur les accomodements raisonnables…

  28. 28 Bruno Cloutier

    François, est-ce réellement une charge négative contre le branding ou est-ce plutôt un étonnement de voir que, du jour au lendemain, le Québec est devenu une marque?

  29. 29 François-B.

    Du jour ou lendemain ? Le Québec est une marque depuis la révolution tranquille !

  30. 30 Andre Lavergne

    François a raison de dire que le Québec est déjà une marque en quelque sorte. On en a la preuve à chaque fois qu’un campagne publicitaire se l’approprie. L’exemple par excellence : la bière Labatt Bleu, qui soudain veut se faire bleu comme le drapeau du québec (alors qu’elle a été lancée au Manitoba et doit son nom à sa commandite de l’équipe des Winnipeg Blue Bombers).

  31. 31 Andre Lavergne

    Bière dont l’étiquette arbore fièrment la feuille d’érable partout au monde sauf au Québec… ou celle-ci a été remplacé par une sorte de fleur-de-lys très ouverte à l’interpretation. (Pour ainsi dire, boucler la boucle.)

  32. 32 Denis Chassé

    Revenons sur la symbolique puisque de toute évidence, ça pose encore un problème pour François-B.

    Le présent débat porte sur un drapeau, rappelons-le. Il existe une science (ou un art, ou même un hobby si la condescendance vous amuse) qui s’occupe des drapeaux, et c’est la vexillologie, une branche de l’héraldique. Il y a dans cette science un code, une syntaxe, une grammaire et un vocabulaire qui, bien que mal connus, existent depuis des siècles.

    Le drapeau peut être considéré comme la version «textile» du blason. Au Moyen-Âge, le blason avait pour but d’identifier rapidement une personne ou une famille, puisque si peu de gens savaient lire qu’il fallait faire des dessins. En ce sens, on peut assurément parler de branding avant la lettre, et cela n’a rien à voir avec le mercantilisme ou les «méchants publicitaires». Aujourd’hui, le logo a remplacé le blason à bien des égards, mais c’est foncièrement le même but qui est visé.

    Bon, c’est une bonne idée un blason, mais qu’est-ce qu’on met dessus pour qu’il représente quelqu’un? Réponse: des informations sur qui il est, sur ses faits d’armes, ou encore on parle de sa famille, de ses ancêtres. Le blason raconte une histoire…

    Quelle histoire peut-on raconter à propos du Québec? Celle des Amérindiens? On ne la connaît pas assez, et ce n’est pas l’histoire de la majorité. Celle des Anglais? Ça aurait du sens, ces vainqueurs ont pris possession du Québec. Celle des Français? La majorité des Québécois sont de souche française, et notre histoire débute à une époque où la fleur de lys (qui est en fait une fleur d’iris, mais c’est une tout autre histoire!) est le symbole des Français, nos ancêtres. Ça tombe bien, le drapeau actuel comporte un élément anglais (la croix de St-Georges) et un élément français (en quatre exemplaires, tout de même), cette fleur mal-aimée, qui est bien plus un élément d’histoire qu’un symbole colonial. Si on plaçait le drapeau tricolore français dans un des cantons (les quatre coins) du nôtre, là on aurait un drapeau de colonisés, d’asservis, de pas-de-colonne.

    François-B aimerait que l’on se donne un drapeau qui reflète «le Québec moderne, métissé, ouvert». Alors, on met quoi, sur ce drapeau? Moderne: le barrage Daniel-Johnson, un pylône résistant au verglas? Métissé: on met plein de couleurs et on ajoute des symboles tamouls, maghrébins et chinois? Ouvert: …ça se dessine comment, l’ouverture? Je mentionne au passage que la feuille d’érable conviendrait bien mieux au Québec (près de 90% de la production mondiale de produits de l’érable) qu’au Canada… Mais le symbole est déjà pris!

    Ce n’est pas du conservatisme, du passéisme ou de l’immobilisme que de vouloir garder le drapeau tel qu’il est. Un drapeau raconte une histoire, puis lorsqu’il est mature, il écrit l’histoire de ceux qui se placent dessous. Et on ne réécrit l’histoire que lorsqu’un grand bouleversement survient.

  33. 33 Mathieu Cournoyer

    Je souhaite d’abord vous faire part de certains a priori (que vous pourrez critiquer indépendamment du reste du texte) concernant le branding car le sujet semble prendre une importance démesurée dans la discussion.

    La discipline du marketing? est née du besoin pour les corporations d’améliorer leur rendement. Le branding est issu des recherches émanent de cette discipline, abordant tous les objets de recherche en fonction d’une finalité, celui de l’amélioration du rendement de l’entreprise. Plus récemment il a été proposé que le branding (et ses fondements dans la morale utilitariste) pourrait élargir son champ d’activité à une série d’autre activité dont tout le milieu social, politique, etc. Le branding s’affaire à rationaliser dans l’histoire tout ce qui est force de persuasion, manipulation et force de convergence à l’intérieur de son dessein celui du contrôle des choses et des événements (contrôle des réactions, des émotions, etc.). Selon moi la plus grande faiblesse d’une méthodologie de branding réside dans son fondement même: le branding puise dans la religion (la puissance symbolique) et la politique (la puissance rhétorique) pour promettre un résultat optimal à un problème posé, mais elle propose maintenant de se substituer à ses sources d’inspiration et offrir ses propres solutions à des des problèmes posés (au départ le rendement d’une entreprise, puis la fidélisation corporative et maintenant la fidélisation à une nation). «Brander» c’est tenter de reproduire ce que depuis toujours des artistes, homme et femme politique et des chefs religieux ont construit (en terme identitaire) par méthodes réductrices, évacuant une richesse de la réflexion présente dans le processus politique (l’aspect démocratique) et religieux (l’aspect mystique). C’est aussi une démarche rhétorique visant à s’approprier des attitudes que l’on souhaite voir formuler comme étant la définition du branding (qui donne lieu à tous les sophismes dont celui qui dit que la religion est du branding). Ses adeptes comme l’expression bonnet blanc, blanc bonnet, prétendent que toutes les démarches rhétoriques se valent et que la construction culturelle peut être rationalisé dans une science. En ce sens, elle m’apparaît non appropriée pour parler de causes sociales et de l’identité d’un peuple.

    Ceci étant dit, je crois que la diversité des points de vues à l’intérieur du groupe IQ semble entrevoir une démarche de questionnement saine (je n’y vois aucune allusion au branding alors pourquoi chercher à s’approprier leur démarche?) bien que l’argumentaire présenté soulève des questions. Je suis aussi de l’avis comme Francisco qu’«Il faut faire attention à ne pas mélanger drapeau et logo, et branding». L’argument de la voie corporative de simplification des signes est dangereux: alors que pour une corporation, la volonté de représenter une contemporanéité passe aujourd’hui par la simplification, parfois souhaite-t-elle aussi effacer les détails de son histoire, personnifiés par les ornements et textures présentent à l’intérieur de son signe. Si l’origine d’une volonté de changement corporatif est parfois motivée par le dénie, ce ne devrait jamais être le cas pour un pays qui ne peut jamais renier son histoire, seulement réaliser une démarche introspective de réactualisation de ce qu’elle souhaite devenir (comme le dit si bien la citation de VLB plus haut). En cela, une connaissance de cette l’histoire s’impose. J’ai trouvé une interprétation de l’évolution du drapeau à l’adresse suivante: http://www.imperatif-francais.org/bienvenu/imperatif-francais/extra/histoire-des-drapeaux-quebecois-du-tricolore-canadien-au-fleurdelise-quebecois.html .Malheureusement le site manque cruellement d’exemples visuels et serait avantagé à être complimenté par la référence suivante : http://www.er.uqam.ca/nobel/r15130/armoiriesdrapeauembleme.htm .

    Je suis très content de la démarche entreprise par le groupe de IQ et j’ai bien hâte de voir sur quel thème seront vos prochaines recherches. Pour moi, l’un des plus grands problèmes de l’identité québécoise (bien sûr, par mon biais de designer) est l’absence de sa traduction dans les objets artificiels. De façon contradictoire, l’objet que je trouve le plus fort pour représenter l’identité québécoise est… son drapeau! Je n’ai donc pas de mal à concevoir que le premier thème sur lequel s’est portée votre réflexion, mais je suis d’autant plus surprît que vous souhaitiez le changer! Je crois comme André Lavergne qu’un changement aussi radical que celui que vous proposez doit coïncider avec un changement aussi radical au niveau politique. D’autres pistes seraient selon moi beaucoup plus juste et appropriées à ce moment pour servir votre objectif, celui «d’explorer, de réfléchir et de participer à la création de l’identité québécoise.» J’entends si souvent des personnes de l’étranger nous envier notre emblème que j’ai de la difficulté à croire qu’il n’est pas identifiable. Aussi si j’en crois le nombre de personnes arborant le drapeau comme rideau (ce qui n’est jamais heureux, mais il s’agit d’un autre débat), j’ai peine à croire que les gens ne s’y identifient pas. Le commentaire le plus juste de la discussion appartient selon moi à Bruno Cloutier lorsqu’il dit que l’on voit dans notre drapeau ce que l’on veut bien y voir. Cette division ou cette croix, comme l’ont noté plusieurs, est elle vraiment dans le drapeau ou plutôt dans notre tête? On aurait peut-être plutôt avantage à enseigner la provenance de ce signe. Sommes-nous vraiment affranchis de notre héritage judéo-chrétien pour prétendre pouvoir nous en débarrasser? Je ne crois pas. Si je me fie aux changements effectués depuis les 100 dernières années, mon intuition me dit que les changements nécessaires actuellement, ne concerne que la schématisation du lys qui conserverait l’adoption populaire du drapeau, tout en améliorant la force de son signe.

    Au plaisir d’en connaître davantage sur vos travaux.

    ?Les fondements épistémologiques (source d’une science) du marketing prend racine dans la logique positiviste qui soutient la présence d’une vérité absolue, chose qui a été fortement mise en question par les épistémologies constructivistes dont son issu la plupart des sciences sociales contemporaines. Lorsque l’on aborde la question de l’humain, la logique empruntée ne peut-être la même que celle des mathématiques (la mathématique n’est-elle pas d’ailleurs une construction humaine?). Elle doit embrasser la complexité et la diversité par un processus plus hasardeux, mais combien plus riche.

  34. 34 Olivier Bruel

    Je lis tout ça et je trippe ! Rien que pour ça, je remercie ceux et celles qui apportent leur pierre au débat, notament les deux derniers contibuteurs érudit (Denis et Mathieu).

    Je pense qu’OpO est en passe de devenir LA référence en… vexillologie québécoise !

  35. 35 François-B.

    À Denis Chassé : la symbolique ne me pose pas de problème, c’est CETTE symbolique que je conteste. Ton explication savante sur la vexillologie serait d’un intérêt certain si nous étions avant le post-modernisme. Le médiéval, c’est un peu terminé. On ne se fait pas un bouclier, on a pas de drapeau à brandir (à l’exception du 24 juin et d’une extraordinaire montée de l’Everest).

    Les codes de la vexillologie n’en deviennent pas caduques pour autant. Ils méritent seulement d’être traités dans le monde moderne. Les lois du branding sont là que vous le vouliez ou non.

    Contrairement à ce que tu peux penser, ce serait plutôt facile de coller un visuel adéquat sur des concepts nouveaux comme ceux que j’ai déjà énoncés plus haut. J’ai parfois l’impression d’être sur un site de chickens incapables de conceptualiser ou de renouveller les codes déjà convenus. Et poutant, je ne suis pas un designer vedette, ni une icône respectée, pas plus qu’un coureur de concours. Je fais ma job. C’est comme si je répondais à un client qui voulait une image plus jeune pour son entreprise que ça ne se fait pas, monsieur, votre entreprise a déjà X années. La job, c’est de vendre une émotion, de jouer l’identité, de partir de ce qu’on est et d’aller quelque part.

    Dans le fond, je vous trouve un peu coincés, mais ça ne me dérange pas beaucoup non plus. On peut bien garder ce lys blanc, ce fond bleu, ça ne change rien de toute façon à ce petit québec de compromis fade, de référendums perdus à répétition, de xénophobes polis. Référencer impératif-français, ce groupe de fascistes de la langue et de fanatiques, me permet de ne pas traiter le texte de m. cournoyer avec beaucoup d’égards.

  36. 36 francisco

    Bien sûr, dans l’objectif très réducteur (socialement, intellectuellement et politiquement) de VENDRE le Québec, françois a probablement raison. On pourrait être plus pro-actifs, penser à l’extérieur de la boîte, créer de nouveaux concepts, qui détonnent, qui se démarquent. Des images qui frappent. Qui vendent. Cha-ching.

    Malheureusement – ou plutôt heureusement, il n’est absolument pas question d’échange pécuniaire dans la démarche d’IQ. La réflexion proposée, et le débat qui s’ensuit sont tous les deux très enrichissants, et je ne parle pas en termes de dollars. Car cela peut peut-être t’étonner, françois, mais il existe des designers dont le but principal n’est pas de vendre des choses et des idées, mais plutôt de les communiquer au mieux de leurs capacités.

    De plus, nous avons tous, en tant que designers, ri jaune plus qu’une fois en constatant les navrants «rebrandings» à la mode que telle ou telle entreprise, dans un but immédiat de rehausser une image qui semble s’être affadie avec le temps (qui ne vend plus). Je pense entre autres au nouveau logo de Bell (qui avec le temps ne fait plus mal à regarder, mais qui est quand même une horreur esthétique devant l’éternel) ou à la ténébreuse affaire du sel Windsor qui a sévi dans ce blogue il y a quelques temps. Deux occasions où le branding a prouvé éloquemment qu’il vaut mieux s’en méfier.

    C’est pourquoi tu peux constater une certaine froideur ressentie par tous ces designers – que tu appelles chickens – qui ont déjà vu leurs confrères s’engager sur le chemin sans retour de la médiocrité de comité, de la pensée simplifiée, de l’ignorance historique et du commerce immédiat comme seul but valable. Et ils ne veulent certainement pas qu’un symbole aussi important que le drapeau de leur pays (ou province si on veut être pointilleux) ne soit soumis à un si horrible sort.

    Finalement je tiens à remercier Mathieu Cournoyer pour avoir pris le temps d’apporter quelques éléments importants à ceux qui veulent réfléchir sur ce sujet. Ton apport est très apprécié, et si éloquent que j’ai de la difficulté à croire que tu sois vraiment un designer graphique.

  37. 37 François-B.

    Désolé, c’est mon erreur. Je ne croyais pas être sur le fan site du PQ…

    Parce qu’il y a de mauvais exercices de branding, tout est automatiquement mauvais, médiocre et le résultat de comités médiocres. Man, Francisco, change de job. Il y a aussi de l’excellent branding, des exercices d’image réussis. C’est sur qu’on en parle pas, des bons coups, sur ce blogue.

    J’ai même souvent vu des trucs que tu as fait de vraiment bien.

    J’ai l’impression que tout votre argumentaire est politique. Je suis tombé sur un cheptel de designer souverainiste attachés à leurs vieux symboles de colons.

    L’autre chose, Francisco, c’est que lorsque je parle de se vendre, je ne parle pas de faire la pute sur le coin. Je parle de rester dans la course, de donner aux investisseurs le goût d’investir, aux immigrants celui d’immigrer, de projeter une image positive à l’intérieur ET à l’extérieur de la province.

    C’est blanc ou c’est noir, hein ? Gros cash OU beaux sentiments. Branding démoniaque OU patriotique vexillologie.

  38. 38 francisco

    En effet, cher collègue. Parce qu’il y a des mauvais exemples de branding, je suis hésitant à confier le symbole d’un pays à cet exercice commercial de simplification esthétique et intellectuel. Et je comprends que d’autres designers chickens souverainistes fan club du PQ nostalgiques de la colonisation et qui ne font rien que de se plaindre des mauvais coups, comme moi, le soient aussi.

    Je n’aurais pu mieux exprimer ma pensée.

  39. 39 François-B.

    C’est toujours bien de clarifier la situation. ;)

    Pour ma part, je représenterais les sales mercantilistes fédéralistes sans racine, prêts à vendre leur maman, faiseux de mauvais branding, incultes et insultants.

    Je promet de ne plus en rajouter sur le sujet.

    En toute amitié,

    François-B.
    Ennemi de la Nation

  40. 40 Thomas Csano

    Bravo pour le courage d’avoir expliqué ce qui n’a pas besoin de mots, simplifions donc cette emblème maintenant sans changer toute l’histoire et arrêtons toute cette bureaucratie politique de tout manière le patriotisme sert juste a la guerre.

  41. 41 Le fou

    Et les accommodements raisonnables..? Mouha :S

  42. 42 Bruno

    François B, qu’est-ce qui vous rebute tant dans le «vieux» ?
    Réfléchissez un peu.

    De plus, si vous voyez le Québec comme une entreprise devant soigner son image, je vous suggère soit de revoir votre raisonnement, ou simplement aller vous faire soigner. Et rassurez-vous, vous n’êtres ni un ennemi ni un ami de la nation, vous n’êtes qu’un produit :-)

    Voici un bel exemple démontrant le reniement du passé pas cool, pas tendance, pas assez «in» au détriment du fond, afin de privilégier uniquement la forme.

    On relooke bien les gens, les maisons, les chiens, les chats, et pourquoi pas les drapeaux maintenant juste pour être top tendance, puisque tout est simplement question d’image pour certains.

    Colonialement vôtre :-)

  43. 43 François-B.

    Mon cher Bruno, ton message m’a fait réfléchir. J’ai l’impression de t’avoir fait de la peine, ou de t’avoir blessé. Je regrette sincèrement de t’avoir touché au plus creux de ton âme. Je serais dorénavant en accord avec toi, en totale communion de pensée, exactement comme tu le souhaites.

    Je vais aller m’acheter un beau lys blanc chez le fleuriste, et je te promet de bien m’en occuper. De plus, j’irais voir un médecin, pour qu’il me soigne, comme tu me le suggère gentiment.

    Ton ami

    François-B.

  44. 44 Bruno Cloutier

    J’ai bien aimé lire les commentaires sur le site de Radio-Canada (en bas de l’interview). Encore là, les opinions diverges, mais le débat a le mérite de ne pas piétiner dans les détails à savoir si le drapeau devrait être brander ou vexillologier. C’est un débat super intéressant, et j’ai beaucoup appréciés les commentaires très étoffés à ce sujet; n’empêche que de lire l’opinion de la population, de gens qui pour la plupart ne possèdent probablement pas les mêmes notions théoriques ou la même expérience que nous, je trouve ça également très pertinent, peut-être même encore plus.

    - -

    Petite parenthèse sur la souveraineté. L’idée a fait surface a plusieurs reprises, et sur OpO, et sur le site de Radio-Canada, et on semble pouvoir constater que plusieurs associent l’ancien drapeau a des convictions souverainistes, alors que d’autres le désir de le «rebrander» à un manque total de convictions. Sincèrement, je ne la comprend pas. Souverainiste ou pas, ça reste mon drapeau. Pour être franc, je ne le suis pas souverainiste, ou du moins, je suis un de ceux qui se pose enore la question et qui n’aurait probablement aucune idée de quoi cocher s’il y avait un référendum demain matin. Franchement, je ne fais pas le lien, du tout.

    - -

    En passant François, il semble y avoir deux Bruno. Tu l’avais probablement déjà remarqué, mais j’ai senti le besoin de le mentionné, ça pourrait semer la confusion …

  45. 45 Martin L’Allier

    Les drapeaux recoivent-ils une note de passage?
    Une amusante étude tente une critique des drapeaux. http://www.otago.ac.nz/philosophy/Staff/JoshParsons/flags/intro.html

  46. 46 Bruno Cloutier

    Martin il lit les commentaires en diagonales parce que j’avais posté le lien avant lui. :)

  47. 47 François-B.

    C’est le même site mais pas le même lien… la magie d’internet… Martin ne se trompe jamais.

  48. 48 Philippe Jean Poirier

    Bonjour à tous et toutes,

    Le collectif Identité québécoise (IQ) se réjouit de voir un débat si bien engagé autour de sa proposition; on y traite du fond comme de la forme, et c’est très bien
    ainsi.

    Quelques précisions quant à nos intentions:

    À notre avis, la notion de simplification mise de l’avant appartient au
    domaine de la communication au sens large bien avant d’appartenir champ strict de la publicité ou du « branding ». La simplification (afin d’obtenir plus de
    clarté) est un objectif poursuivi par divers corps de métiers pour
    communiquer divers messages, ou explorer divers formes.

    Mies n’était pas publiciste, mais bien architecte.

    Autre exemple: Un journaliste vous dira « Ce qui s’entend bien se
    conçoit clairement. »

    Cela dit, le risque demeure toujours d’évacuer une richesse (propre à la
    complexité) dans le processus de simplification. Dans le cas de notre essai graphique sur le drapeau québécois, notre réflexion nous portait à croire que non, et voilà pourquoi;

    Le lys n’en perd pas moins son sens lorsqu’il est seul (au contraire, il
    devient le centre de l’attention).

    La croix disparait, mais comme nous l’évoquions, le lys contient déjà ce
    deuxième sens, une référence au catholicisme passé de la France.

    Notre proposition désirait s’inscrire dans une continuité historique, plutôt
    que de faire table rase du passé et de décider nous-mêmes d’inventer un
    nouveau symbole identitaire.

    Faisant cela, nous avons peut-être écarté un peu vite le sens actuel,
    présent que nous voulions donner au Québec.

    La réflexion continue.

    Philippe Jean Poirier / IQ

  49. 49 Mathieu Cournoyer

    Je me suis surpris aujourd’hui, lorsque j’en croisais un au passage, à substituer le drapeau proposé par IQ aux drapeaux du Québec que je voyais dans la rue (tout cela se passe bien sûr dans ma tête). Je croyais qu’un fond bleu sur un ciel bleu rendrait le lys flottant perdant une structure que lui offrait la croix. Pourtant non, j’arrivais bien à l’imaginer fort d’un à plat de couleur maintenant plus plein que vide. La proposition a ça de bien qu’elle inverse la proportion des couleurs. Le bleu auquel s’associent les Québécois, devient prédominant. Bien que je sois designer graphique, je reconnais que la principale qualité d’un drapeau est de rallier une population derrière lui (et en cela bien des drapeaux très complexes réussissent). La proposition de sondage offert lors de de l’entrevue à Christiane Charrette est une chance pour mesurer l’appréciation. Vivement une maquette en taille réelle, que nous puissions bien visualiser la proposition!

  50. 50 Simon Beaudry

    Salut, salute,

    Je partirais tout d’abord de ce commentaire :

    « … j’aime que cette démarche ne soit pas présentée comme un projet nationaliste… on sent ici une volonté de définir l’identité des Québécois, peu importe les changements qui surviendront dans le futur » – Jean-François Proulx

    La mission du collectif Identité québécoise est « d’explorer, de réfléchir et de participer à la création de l’identité québécoise ». Bien au delà de la politique, qui n’est qu’une facette de cette identité, il y a la connaissance de soi-même. Cette connaissance ou cette recherche de connaissances sur «nous-même» (nous = les québécois = ceux qui se ressentent ainsi ) nous semble importante pour espérer se poursuivre dans le temps. Une identité existe par son passé et son présent; son avenir étant tributaire de ce que nous décidons de faire de ce passé et de ce présent.

    Que le Québec soit un pays indépendant, un état autonome ou une province fédéralisée, n’a pas d’importance quant à cette recherche et à l’existence de cette identité québécoise; elle existe, c’est tout. Et elle est intéressante comme toutes les autres identités culturelles du monde.

    Pour notre collectif, qui regroupe surtout des créateurs (visuel, littéraire, poésie), ce thème de l’identité se révèle être un sujet inépuisable pour réfléchir, apprendre et créer.

    Pour nous, l’identité se fomente avec le passage des générations et elle se transmet par la musique, la danse, la peinture, les sculptures, la gastronomie, l’architecture, la mode, le cinéma, le théâtre, les meubles, les inventions et les innovations technologiques, le territoire, la géographie, la nature, les animaux, les plantes, les saisons, les sports et ainsi de suite. Elle porte les marques de son système d’éducation, de santé et son bien commun en général, de son économie, de son agriculture, de ses sources d’énergies, de ses ressources naturelles et de sa politique nationale et internationale.

    Ensuite

    Ce projet d’essai graphique sur le drapeau québécois s’inscrit dans cet intérêt pour la réflexion (ce que notre métier de communicateur et/ou de créateur visuel et/ou designer graphique nous demande avant toute chose) et la volonté de «participer» à la création du Québec ou de son identité.

    PJ Poirier vient de mentionner que « nous avons peut-être écarté un peu vite le sens actuel, présent que nous voulions donner au Québec » (par la proposition d’un «nouveau» québécois ) . En effet, le texte sur notre réflexion s’est surtout penché sur l’histoire du drapeau québécois (1), de la symbolique du lys comme symbole du monde, ensuite français et catholique, et finalement devenu emblème par excellence et indiscutable des québécois d’aujourd’hui (2), de l’utilisation lys par le gouvernement du Québec pour représenter la nation ( ministères des années 70, plaques d’immatriculation, panneaux routiers, ..) (3) et nous avons conclu avec un certaine vision du Québec à travers notre proposition (unification, affirmation) (4).

    Nous reste à approfondir ce que ce nouveau drapeau représente pour nous et ce que nous voulons qu’il communique.

    Simon Beaudry / IQ

    p.s 1 : concernant un commentaire écrit plus haut disant que nous sommes des produits, je l’aborderais d’un autre angle : chacun de nous, sommes des médias. Du moins, il revient à chacun de nous de décider notre définition, mais de mon point de vue je pense que nous sommes des faiseurs de choses, des preneurs de décisions et des diffuseurs d’idées (en tant que créateur, mais avant tout en tant qu’humain). Par nos actions de tous les jours, nous disons et nous diffusons quelquechose. Quoi?

    p.s 2 : Notre proposition de drapeau existe en «vrai». Nous avons fait fabriqué un drapeau qui sera exposé (plogue) ce soir lors d’un cours d’histoire québécoise sur la crise d’octobre, donné par Jacques Lacoursière au Lubu (lubu.ca) que nous organisons et qui s’insère dans une série d’autres soirées de conférences et cours d’histoire.

  51. 51 Laurent Rabatel

    En lisant ces quelques longues lignes, je retrouve ce ton moralisateur que j’aime tant. C’est superbe, cela me fait rêver, j’adhère tout de suite.

  52. 52 Alain Rioux

    À propos du drapeau québécoios. D’abord j’observe qu’il est souvent en très mauvais état de conservation au bout des mats devant nos institutions scolaires, civiles ou municipales.La fierté des québécois pour cette représentation nationale ne semble pas préoccupé grand monde. Toutefois, la ferveur nationaliste une fois pas année, nous permet de le voir sous toutes ses représentations. Je l’aime dans sa forme actuelle. Le blanc représente l’eau venant de toutes les directions, l’eau force, vitalité, les carreaux, les différences, les régions et encore plus.

    Noujs avons le sens du renouveau et la mémoire oublieuse. Comment constituer une histoire nationale dans ces conditions.

  53. 53 Roland Rochon

    Qu’il est pénible de constater que les débatteurs sont incapables de structurer leur pensée avant de la jeter dans l’arène de la discussion. L’urgence d’exprimer nécessite-t-elle de garrocher des « sons » plutôt que des mots ? (par ex.: « est » pour « ait »; tord au lieu de tort; paris au lieu de pari.

    La francophonie « au son », ça fait pitié.

  54. 54 François-B.

    Il est vrai que nous devrions faire attention à l’orthographe. Mais mélanger les concepts d’orthographe et de structure de pensée… Il ne faudrait pas « capoter », monsieur Rochon.

  55. 55 Alain Raby

    J’avais vu ce drapeau quelque part et il m’a tout de suite impressionné. Je le trouve simple, dépouillé, puissant. Il pourrait symboliser la nation québécoise récemment reconnue, la nation québécoise dans toute son unité et sa force ou mieux il pourra représenter le Québec devenu indépendant. Changement de statut, changement de symboles. voyez l’histoire de d’autres pays.

    Changement d’à propos, les armoiries du Québec doivent absolument se renouveler. La couronne britannique et son lion colonial ne nous conviennent pas, mais vraiment pas. Alors oui je serais en faveur de ce symbole le moment venu, lors de l’indépendance de la Nation québécoise ou même avant.

  56. 56 Louis-Guy Dansereau

    Ce drapeau, c’est le nôtre et sans inclusion étrange ni étrangère.
    Je l’appellerais Fleur d’Irisé au lieu du Fleur de lysé.
    Autres symboles remarquables:Iris versicolore, Harfang des neiges, Castor,
    le 22eR (sans le Royal), les Patriotes de 1831.

  57. 57 Jihad Attwe

    Un sondage mené en 2001 par la North American Vexillological Association vota le fleurdelisé comme étant le plus beau drapeau provincial/territorial et le 3e plus beau drapeau de tous les États, provinces et territoires du Canada et des États-Unis.
    je crois pas qu’il faudrait le changer il faut tout de même pas oublier l’histoire du peuple québécois.
    Eh bien vous qui défendez la laïcité sachez d’ou elle vient cette reforme. elle viens de la société chrétienne alors laissez la croix non pour faire allusion au christianisme mais a l’origine de la laïcité.

  58. 58 Sylvain Auclair

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