Théorico vs Pratico

Deux écoles de pensée tentaient de cohabiter pendant mes études; d’un côté les vieux de la vieille (profs encroutés qui avaient tout vécu), de l’autre, les jeunes loups jetset (fashion victims en contact avec tout ce qui se faisait de nouveau). Chacun pensait connaître LA vérité et les élèves prenaient généralement partie pour l’une ou l’autre de ces manières de penser. Lentement mais sûrement, j’ai donc vu naître deux sortes de graphistes (je généralise bien sûr!) :

• Le premier est un théoricien qui pense beaucoup, connaît beaucoup et est toujours prêt à sortir une référence obscure pour justifier tel ou tel acte, et souvent dénigrer tel ou tel travail. Il est aussi un peu «sidekick», ami avec les profs, toujours prêt à pondre 30 pages explicatives sur le pourquoi du comment pour appuyer son travail. Il fait peu de projets, mais recherche, sonde, fait du PR et adore donner son avis (car lui, il sait!). Il finit comme directeur artistique sans savoir dessiner, ni même faire un copier/coller dans Photoshop – de tout façon, il n’est pas très technique et il trouvera lui aussi son «sidekick».

• Le deuxième est presque l’inverse, il ne s’intéresse pas beaucoup à toutes ces belles théories -(l’observation lui suffit), mais travaille énormément (parfois sans réfléchir à ce qu’il fait), il collectionne les concepts vides de sens, mais connaît tout les raccourcis possibles dans 15 logiciels de graphisme. Il abat du travail trop vite et la qualité s’en ressent. Durant ses années de pratique, il apprendra sans comprendre, étant principalement guidé par ses émotions et les modes du moment.

Ce que ni l’un, ni l’autre ne sait c’est qu’il sont interdépendants, le premier devra toujours avoir l’aide du deuxième pour assurer une certaine qualité visuelle à ses pensées mise sur papier (s’il hérite d’un graphiste/illustrateur/photographe pourri) le résultat sera pourri! Le deuxième atteindra ses limites et devra avoir un «théoricien» pour lui proposer des écrits, des solutions ou des avenues pour ouvrir ses horizons et devenir meilleur.

Ces deux êtres cohabitent dans notre profession, je sais que vous en connaissez et j’aimerais savoir ce que vous en pensez ? Quelle option est la bonne, comment éviter de tomber dans l’une ou l’autre de ces caricatures ?


55 commentaires sur «Théorico vs Pratico»

  1. 1 Patrick Dupuis

    Pour éviter les caricatures, il faut nager entre le cynisme et les tendances. Rester critique et regarder autour de soi sans reproduire tout ce qui bouge. Bien sûr, on ne devient pas avant-gardiste ou une réplique de Faith Popcorn en lisant la bible des nouvelles versions de logiciels.

    Les pires ennemis sont souvent les deadlines. Ceux-ci parfois des bêtes sanguinaires suçant toute créativité rendant le graphiste une réplique d’un informaticien sans âme. On imagine parfois la recherche graphique qu’un jouet universitaire, et l’industrie qu’une grossière usine de textiles.

    Si j’oublie mon cynisme, je crois à totalement à l’interdépendance des deux caricatures. La créativité a besoin de supports informatiques, et il n’existe pas de raccourci-clavier «Make idea». Les deux peuvent vivre en colocation et en apprendre des lacunes de l’autre. Si bien sûr les égos des deux côtés du ring peuvent tomber un peu…

  2. 2 Antoine Nonnom

    Les deux mondes ne peuvent malheureusement pas s’équilibrer. Du moins, pas à l’heure actuelle.

    Je déteste avoir l’air de généraliser, mais je connais beaucoup trop de graphistes cégépiens qui sont des pros de la pèche au visuel dans le PRINT. Ceux qui choisissent leur typo et leurs couleurs sans vraiment pouvoir s’expliquer. Des eyecandy kids qui passent l’Halloween pour chaque projet.

    Mais il n’y a pas assez «d’universitaires plus» qui tirent dans le mile uniquement à coup de concepts blindés par une incroyable recherche et des références en béton armé.

    Le mieux ne serait pas de les faire travailler ensemble pour diluer leurs défauts. Chacun devrait regarder sa démarche et réaliser les lacunes à combler.

  3. 3 Rémi Fortier

    Effectivement Antoine, tu généralises un peu trop. En tant qu’ex-cégepien, je peut t’assurer que je ne connaît personne d’assez con pour choisir une couleur parce qu’elle est belle, ou telle typo parce qu’elle est "hot". On a eu nos plans de communications à remplir, tout les détails inclus. Je penses surtout que tu fais allusion aux wannabe graphistes qui se disent professionnels parce qu’ils copient les tendances, qui à mon avis sont vraiment nulles; expliquez moi qui est le petit génie qui a créer ceci :

    ::Éditorial::
    ::Actualité::
    .:Trop Fort.:.::

    Comment on rentre ce ramassis de petits points dans un argumentaire ?

  4. 4 Antoine Nonnom

    Le problème, c’est que des gens comme ça, j’en croise à toutes les semaines.

    Que penser de ceux qui se font remplir le crâne à l’Académie Internationale du Design ?
    http://www.academieinternational...

    Apprendre le design en 12 mois, quelle bonne blague !

  5. 5 Éloïse Poirier

    Ayant terminé mon DEC en 2004, je suis entré sur le marché du travail peu après, mais suis beaucoup plus appellée à "produire" qu’à "penser", ce que je trouve dommage. J’aimerais allier les deux mais le contexte de travail est souvent bien différent de l’idée qu’on s’en fait quand on sort avec notre diplôme.

    Je songe de plus en plus à poursuivre mes études au niveau universitaire puisque j’ai l’impression de ne pas avoir la crédibilité d’une tête pensante si je n’ai pas plus qu’un DEC.

    Et en même temps, je trouve insultant les "maîtres d’oeuvre" d’un projet qui pensent mieux que quiconque, mais qui restent béa devant n’importe quel médium.

    J’aimerais bien trouver le juste milieu, mais c’est une tâche plutôt ardu, non ?

  6. 6 Séb.t.

    Youpla! Ça démarre!
    En fait, je connais des gens assez «limités» pour choisir une couleur parce qu’elle est «hot» et un font parce qu’il est «hot». Mais sans parler de la qualité du résultat, ça me gonfle tout autant que celui qui va me faire un exposé sur la typographie pour choisir à la fin …Helvetica!!

    Chère Éloïse, je comprends ton problème mais comment fais tu pour travailler sans penser ? Je suis certain que tu penses quand même, mais sans doute tu ne développes pas assez parce que tu dois produire…mais en produisant – tu peux développer plus, en un laps de temps plus court – donc le juste milieu, c’est sûrement de ne pas trop en dire (et de glander), mais plutôt d’en faire plein en ayant des éclairs de génie. Trouver vite une bonne idée et si c’est pas le cas, apprends de cette expérience et fais mieux la prochaine fois. Je pense que les projets «créatifs» sont des dilemmes sans fin, on pourrait tous bosser pendant 2 ans sur un logo…et même avec ces conditions propices à la méditation et à la recherche…ce sera dur de terminer.

    Mais tu dis ne pas avoir de crédibilté avec un DEC, personnellement tu pourrai avoir un brevet de pilotage d’avion, je regarderai ton portefolio et on pourra discuter. Même avec 4 masters en design de tout ce que tu veux, c’est avant tout ta curiosité, tes projets, tes idées et ton expérience (dans des boîtes pas trop poches) qui t’ouvriront les portes du juste milieu et des projets dont tu pourra être fière.

    Maintenant pour le respect des régles, les trucs moches, les délires d’égo, les théories révélatrices et les embrouilles avec le client, les blablablabla interminables, ça fait partie de toutes les professions…..les moches sont parmi nous….too bad!

  7. 7 Bruno Cloutier

    Je tente personnellement d’être les deux à la fois. C’est effectivement une tache plus qu’ardue. Ce devrait cependant être l’idéal de chaque designer graphique que de trouver son juste milieu, l’équilibre entre fonctionnalité et forme, entre théorie et expression.

    Il est impératif qu’un designer comprenne le projet, son client et son public. Il est aussi impératif qu’il s’intéresse à la théorie, aux écrits et au travail des autres. Il doit également se forger sa propre approche graphique, laquelle ne passe pas nécessairement par la maîtrise des logiciels (prenont exemple sur Sagmeister, Batory, etc.), sans quoi son travail sera inintéressant. Ses idées doivent être à la fois originales, uniques, voire même inusitées, tout en étant réfléchies.

    Les meilleures interventions sont celles qui sont appropriées, qui sont originales et qui étonnent par la forme, tout en étant justifiées et justifiables.

    Je crois qu’il est absurde de se ranger dans un camp tout en oubliant l’autre. Il est cependant nécessaire de se positionner; êtes-vous plutôt théorique (et si oui, dans quelle perspective vous situez-vous), ou plutôt formel (et si oui, dans quelle perspective vous situez-vous).

    La théorie influence la pratique, et la pratique la théorie. Les deux sont nécessaires. L’un ne vit sans l’autre.

    Il ne faut pas non plus oublier que le design (graphique, industriel, architecture, etc) se vérifie dans la pratique, et s’exprime par celle-ci. Aucune recherche en design n’est entièrement valable (à mon sens) si elle ne trouve pas sa place dans le monde réel.

    _ _

    Il y aurait beaucoup plus à écrire qu’un simple descriptif quasi pamphlétaire de ma pensée. Je reviendrai en discuter lorsque cette session de fou sera terminée.

  8. 8 Sébastien Proulx

    La théorie influence la pratique, et la pratique la théorie. Les deux sont nécessaires. L’un ne vit sans l’autre.

    Il ne faut pas non plus oublier que le design (graphique, industriel, architecture, etc) se vérifie dans la pratique, et s’exprime par celle-ci. Aucune recherche en design n’est entièrement valable (à mon sens) si elle ne trouve pas sa place dans le monde réel.

    Merci Bruno, tu m’évite d’avoir à l’écrire moi-même.

  9. 9 Marc Kandalaft

    A mon sens, la réponse est très simple.
    Même avec tout le talent du monde, personne ne peut exceller sans maîtriser les bases de son métier.

    Je prendrai un exemple facile mais qui illustre très bien ce que je pense :

    Picasso, avant de passer au cubisme et à une forme d’art plus "moderne", plus abstraite, a d’abord maîtrisé le classique et l’académique à la perfection.

    En design c’est la même chose. Il faut connaître les règles pour savoir les dépasser avec intelligence, voire même les casser tout en les respectant.
    D’ailleurs ça se remarquera toujours, un travail qui n’a pas été précédé d’une bonne connaissance théorique. Ca se sentira dans les subtilités, les détails, les proportions, l’harmonie générale… On dira : "c’est bien, mais je ne sais pas pourquoi, il manque un ptit quelque chose"

    En conclusion, il est essentiel de ne négliger aucun des deux aspects.

  10. 10 Poil Brillant

    J’ai vu ces 2 "groupes" durant mes etudes. On avait recu la biennale de design. A ce sujet, le premier de Republik (daniel?) representait le coté "jeune" du design. Pensant bien faire, j’ai paye 40 piastres pour passer 3 hrs avec lui pour un atelier. (j’avais le choix entre lui et un "vieux" typographe) Bref, Daniel entre et nous dit: prenez ce papier, vous avec 3hrs pour me faire un concept de bouteille de biere, je reviens a la fin". En tant qu’étudiant, je me suis senti trahis par cette grosse tete de Montreal. L’annee suivante, j’ai tenté de prendre rendez-vous pour le rencontrer a ses bureaux. Je me presente a l’heure du RV, il me regarde, souris et dit: "Ok je peux plus te voir, j’ai des choses a faire". C’est bon, on oublie ca, mec.

  11. 11 Rémi Fortier

    Haha ! ça rentre parfaitement dans mon moule de graphiste fini ! J’espère ne jamais finir aussi prétentieux que ça…

  12. 12 Philippe Lamoureux

    Vive les Mini-Wheat! Pour ceux qui désir acquérir de la crédibillité avec un bout de papier je leur dis bonne chance et je sais de quoi je parle. Quand le président d’une compagnie veut ça en brun, ton beau diplôme tu peux allez te torché avec. Que tu aie du pif ou des connaissances ultra poussé, si il s’en fou ton client, démerde toi et avale ta pilule et fait de ton mieux dans les limites imposé, c’est là que se révèle la force d’un bon designer, faire mieux avec rien. Les connaissances peuvent être plus utile dans certaines situations et l’inverse peut être tout aussi vrai pour ce qui est du pif. Ce genre de travail est selon moi tout aussi emmerdant que stimulant. c’est comme grimper une petite montagne sans ses jambes… tout réside dans le niveau de difficulté. C’est pas nécessairement le genre de projet pour un portfolio mais l’exploit y est tout de même, suffit de comprendre le contexte pour le reconnaître.

  13. 13 Séb.t.

    Ouais, ouais en gros : ya du bon et y a du mauvais dans chaque approche – ok. Mais Philippe, tu as raison en disant qu’un graphiste doit pouvoir s’adapter..selon les projets à des clients «casse-couille», mais quand c’est le client qui décide la couleur, la typo ou autre…tu deviens un «technicien» devant ton ordi! Ça arrive, mais il faut faire la part des choses entre :
    • respecter le cahier des charges, et :
    • se piler à l’humeur du client

    C’est un autre sujet (bien que complémentaire au sujet porposé), car finalement le client ne sait pas s’il a à faire à un «théoricien» plein de solutions abstraites et de références «surprise» ou à un graphiste-faiseur!

    Il est absolument certain que si le graphiste en question est une de ces caricatures, il va en bavé avec un client tel que tu le décris. J’ai appris un truc très important le client est un «penseur», il voit des choses, s’imagine qu’elles existent et veut absolument les voir. J’ai une technique, j’essaies de discuter et de lui montrer qu’il se tire dans le pied. S’il comprend pas, too bad…comment communiquer visuellement avec un type avec qui je ne peux pas communiquer oralement!

  14. 14 Marc Kandalaft

    Sébastien a raison. D’une certaine façon, on s’éloigne du sujet d’origine.
    Evidemment qu’il faut s’adapter au client et c’est aussi notre travail de savoir sentir sa personnalité, ses goûts, son univers pour lui offrir une image qui lui ressemble avec laquelle il va se sentir en accord.
    Mais s’adapter ne veut pas dire se plier. Il m’arrive souvent qu’un client me propose une mauvaise idée, une mauvaise couleur ou autre… Souvent, leur yeux ne sont pas éduqués pour comprendre notre démarche et nos choix graphiques.
    Tout réside dans le dialogue qu’on va avoir avec eux.
    Je me "bats" toujours avec mes clients pour faire valoir mes idées et mes valeurs et c’est aussi ce qu’ils apprécient. Malgré qu’on puisse parfois être en désaccord, ils savent que je ne vais pas leur dire oui par facilité ou tout simplement pour en finir et passer à autre chose. Il me laissent donc décider, même s’ils n’ont pas tout à fait compris.
    Ca fait partie de l’éthique de travail et je pense que c’est comme ça qu’on se fait respecter.
    Petit à petit avec une bonne dose de diplomatie on arrive à gagner la confiance de son client et à faire des compromis intelligents pour leur faire plaisir tout étant fidèle à soi-même.
    Il faut également leur rappeler que la création en question n’a pas pour but de leur plaire à eux, mais de plaire et d’attirer leurs cibles.

  15. 15 Philippe Lamoureux

    Marc tu es tout à fait dans ma ligne de pensée, mais la diplomatie et la négo font en sorte que les deux cèdent sur quequechose pour en arrivé à une entente et sous prétexte qu’ils ne comprennent pas ce qui motive nos choix nous ne pouvons leur imposé. C’est là qu’il faut jouer notre rôle éducatif au près du client et je crois que là la théorie si elle bien communiqué y a de bonnes chance de convaincre le client de suivre notre idée. Cependant la théorie et la pratique sont souvent deux monde assez dichotomique. Comme souvent la théorie découle de la pratique, cette dernière n’évolue pas toujours au même rythme que la première, là je parle de ce qui est enseigné dans les écoles VS. l’expérience concrète. On aura beau vouloir être le plus éthique possible et en paix avec nous-même, c’est un combat qui se gagne projet par projet. Y a rien de tout cuit et oui parfois il faut dire oui au magnifique choix de couleur de notre client, pour le rassurer, ça écoeure, mais si c’est juste ça et que ça ne gache pas toute la sauce…bref, souvent ça ne peut qu’aider à ce que le client t’écoute d’avantage la prochaine fois.

  16. 16 Martin L'Allier

    La théorie, pour moi, c’est l’enrichissement de ma perspective sur mon métier, sa fonction et son impact sur la société.

    Ça m’apporte aussi cette sensation stimulante de la découverte. Aussi excitant pour moi que me l’était à 10 ans feuilleter un dictionnaire où les images et graphiques d’informations étaient très présents. Plusieurs horizons qui s’offrent au regard, souvent en séquence de recherche sur un thème, parfois au hasard.

    Pour certaines personnes, acquérir des connaissances théoriques est naturel. Pour d’autres, c’est rebutant. Le fini du graphisme résultant n’en est pas nécessairement affecté, mais sa profondeur montre – dans un cas versus l’autre – souvent des différences marquantes.

    Ce qui est parfois ardu, c’est que le graphisme est, dans sa pratique quotidienne, fréquemment un stylisme de séduction. Unidimensionnel car plus aisé à vendre à un mandateur. Le graphiste «intellectuel» a souvent l’impression d’être sous-stimulé par son travail, comme un enfant de 10 ans le serait en 2e année.

    Je ne suis pas convaincu de l’interdépendance de l’un et de l’autre, il y a des contextes, des agences, où l’un trouvera son talent infographique accueillit et utilisé avec intensité, et où nul besoin de théorisation ne se manifestera.

    Pour ce qui est de la relation de confiance avec les clients, elle se développe graduellement. Mais il faut faire attention de la démarrer sur le bon pied : si le client s’habitue à faire la direction artistique des projets, il conservera cette pratique pour le reste de la relation (ou ce sera très difficile de le faire changer, l’être humain préférant le moindre effort…). Puis, il faut aussi apprendre à communiquer ses concepts verbalement de manière à convaincre. Ce qui est évident pour nous, ne l’est pas pour des non-graphistes (chez qui les références en matière de «mise en page » sont souvent les magazines grand public ou la publicité de réclame).

    Oui, apprendre à être un bon designer, un bon conseiller en communication visuelle, un bon vendeur et un bon communicateur verbal. Retroussons nos manches.

  17. 17 Antoine Nonnom

    Et vlan !
    Je ne saurais mieux dire.

  18. 18 Seb.t.

    Très cher Martin,
    Ton commentaire est intéressant, mais je ne suis pas d’accord sur tous les points, notamment concernant l’interdépendance dont je parlais. Car il est évident pour moi que la personne qui pense et théorise, mais ne fait jamais rien (ça existe), n’est pas un graphiste pour moi. C’est comme le critique de cinéma qui connaît tout, mais ne saurai pas faire un film…on l’appelle parfois cinéaste, mais il ne l’est pas. Ton exemple de l’infographiste qui fait plein de choses sans aucune théorie (je n’aime pas tant ce mot, je dirai sans aucune pensée ou connaissance de la matière), n’est que pure technique et ne peux communiquer des idées (ni les siennes, ni celles des autres!). La facette émotionnelle du graphisme tient aussi dans le fait de connaître certaines mécaniques, histoires, règles, trucs, réflexions, relations et effets qui soutiennent le message ou l’aide à prendre forme.
    Faire sans s’intéresser, est-ce possible ? Connaître sans pratiquer, est-ce satisfaisant ?
    Je ne crois pas, mais tous les goûts sont dans la nature – dit-on!

  19. 19 Marc Kandalaft

    Ce débat peut-être encore très approfondi et étendu et j’aurais bp de choses à dire mais je vais tenter d’être concis et d’évoquer tous les aspects qui sont à mon goût importants.

    Martin, Sébastien, vos deux points sont intéressants et je pense que dans une certaine mesure chacun de vous a raison, même si j’aurais plus tendance à prôner l’interdépendance.

    Le talent infographique dont tu parles Martin est pour moi un outil. D’ailleurs c’est bien cela qu’aprennent les infographistes : utiliser les outils, c’est à dire les logiciels. J’ai rarement rencontré des infographistes qui soient des génies en dessin, en couleur, en composition, en typographie… qui soient de véritables artistes ! D’ailleurs je ne pense pas que cela les intéresse vraiment sinon ils auraient fait des études d’art.
    Je ne cherche pas à minimiser leur travail en faisant cette remarque, qu’on me comprenne bien ! Nos métiers sont liés et nous avons besoin d’eux, tout comme eux ont besoin de nous. Si on regarde leur place dans la chaine graphique, ils sont là pour aider à réaliser techniquement et de façon optimale une idée et pour soutenir le graphiste, le D.A ou le D.C.

    Certains peuvent, parfois, comme tu dis, voir leur talent infographique accueillit et utilisé avec intensité mais ce que tu oublies peut-être de préciser c’est que ce talent technique sera utilisé sous la direction et l’oeil du graphiste qui saura le guider, grâce à ses connaissances théoriques et son oeil artistique.

    Pourquoi est ce qu’en architecture, ce débat n’a pas lieu ? Qui oserait dire qu’un architecte peut se permettre d’être un mauvais théoricien ? Personne ! Et la raison est que lorsqu’un architecte se plante, ça se voit de façon concrète et indiscutable, sa construction s’effondre ou se détériore rapidement, colle mal à l’environnement et pas besoin d’être soi-même architecte pour s’en rendre compte.
    Alors qu’en graphisme, ça peut toujours se discuter une mise en page mal construite, une image mal composée, une création qui vieillit mal… les gens ou les clients mettront ça sur le dos des goûts, de la subjectivité.

    Comme vous remarquerez que j’aime bien les exemples, alors en voici un autre :)
    Que diriez-vous de quelqu’un qui, pendant des années, à pris des cours de peinture : utiliser les couleurs, les pinceaux, les différents types de supports, technique au couteau, à la brosse, aquarelle, acrylique, huile… et qui, sans aucune formation théorique sur le dessin, la forme, la lumière, la composition se met à peindre ?
    A moins qu’il ait en lui le sens inné de ces choses, et donc un véritable talent, il ne pourra pas aller très loin à mon sens.

    Si j’évoque aussi souvent le dessin ou la peinture, c’est parce que j’estime que c’est la base de notre métier.
    Beaucoup pensent que le MAC a remplacé nos mains, mais non, le MAC ne fait qu’offrir de nouvelles possibilités à nos mains. Ce n’est pas lui qui nous apprendra à nous en servir et ce n’est pas lui qui nous apportera les idées. Je ne cherche pas non plus à dire qu’un graphiste qui ne maîtrise pas le dessin ne sera pas un bon graphiste. Mais j’ose croire que celui qui a cette base aura quelque chose en plus.

    Lorsque je dis un "bon graphiste", je ne parle pas du graphiste qui est très demandé et qui a un grand succès commercial. C’est très bien de réussir sur ce plan là, mais c’est aussi important d’être reconnu au sein de sa communauté avec le regard pointu de ceux qui peuvent réellement juger.

    Tout est nécessaire et interdépendant pour faire un bon graphiste :
    – La connaissance théorique, académique
    – La pratique, le talent et la créativité
    – Mais aussi la curiosité, l’ouverture d’esprit et la culture, qu’elle soit artistique ou générale.

    Sans tous ces ingrédients, on aura un très bon théoricien – ex : l’imprimeur qui par tradition connaît les règles typographiques, de composition et de mise en page… – Ou un très bon praticien – ex : l’infographiste – mais en aucun cas un très excellent graphiste.
    Mais je dois aussi dire que bon théoricien et bon praticien, à la fois, ne font pas non plus nécessairement le bon graphiste.
    La curiosité et la culture artistique, l’intérêt pour les autres formes d’art : peinture, photographie, design industriel, design d’intérieur… sont indispensables pour nourrir l’inspiration et l’imagination et feront la différence entre deux graphistes de formation similaire. Il y a toujours des exceptions, mais en général, celui qui ne combine que les 2 premières qualités sera un peu moins créatif et moins innovateur que celui qui combine les 3.

    Et pour conclure, je reviens à ce que je disais il y a quelques jours : pour dépasser les règles, il faut d’abord les maîtriser, j’en suis plus que persuadé !

  20. 20 Martin L'Allier

    En fait, je parle de talent en stylisme qui est suporté par une maîtrise de l’infographie. Un stylisme sans concept réel c’est ce qui est souvent fait en graphisme et cela satisfait bien des clients.

    Je ne supporte pas cette philosophie de design, bien évidemment, mais je constate tout de même son succès commercial.

  21. 21 Maxime

    Oui c’est un constat bien sombre Martin. Le " potentiel politique " de la production artistique n’a plus de sens si elle n’est pas commerciale. Si le design ne représente qu’un pouvoir de contestation par la créativité et le rejet des règles établies, semble aujourd’hui ne perdurer que par l’aspect commercial qu’il représente.

    La comparaison entre les grandes " stars " du design qui s’investissent au quotidien est révélatrice de cette tendance.

    Parallèlement, si par exemple « Cyrano de Bergerac », le héros de la différence, incarnait une puissance de négation face au pouvoir et habitude établi, les héros contemporains des séries télévisées abrutissantes apparaissent comme des stéréotypes qui confirment le système par leur consommation et la situation sociale qui leur est attribuée.

    Un autre grand débat n’est-ce pas ?

  22. 22 Marc Kandalaft

    Martin,

    Oui, tu as raison, ce type de graphisme fonctionne et peut-être vendeur, même TRES vendeur !
    Je ne suis pas contre. Je pense qu’un graphiste doit être capable de tout faire.
    Qu’on le veuille ou pas, ce n’est pas tjs possible d’approfondir, parfois le projet ne le permet pas, parfois les délais sont trop courts ou le client pas assez réceptif. On est donc obligés d’utiliser nos "trucs" de styliste pour faire joli sans nécessairement avoir trouvé de véritable idée.

    Mais cette solution n’est pas l’idéale, j’y ai moi-même recours de temps en temps mais c’est plus une façon de savoir s’adapter, de se débrouiller selon le contexte pour proposer un travail qui soit beau et esthétique à défaut d’avoir été réellement réfléchi jusqu’au bout. C’est une façon de "sauver les meubles".

    Or lorsque je donne mon avis ici je cherche à exprimer ma philosophie idéale.

    Mais dans la vie rien n’est jamais parfait, bien sûr !

    On arrive sur un autre débat : le bon graphiste est il celui qui connait un succès commercial considérable ou est ce celui qui apporte vraiment quelque chose de nouveau dans son domaine et qui gagne le respect et l’admiration de tous ces confrères ?
    … ou peu importe ? l’important est d’atteindre son propre objectif ? est ce que certains nuisent à la profession en adpotant un comportement trop commercial ? ou pas ?

    Je dois filer, mais je vais réfléchir à ça et je lancerai peut-être un post à ce sujet

    a+ tout le monde !
    Marc

  23. 23 Bruno Cloutier

    «Pourquoi est ce qu’en architecture, ce débat n’a pas lieu ? Qui oserait dire qu’un architecte peut se permettre d’être un mauvais théoricien ? Personne ! Et la raison est que lorsqu’un architecte se plante, ça se voit de façon concrète et indiscutable, sa construction s’effondre ou se détériore rapidement, colle mal à l’environnement et pas besoin d’être soi-même architecte pour s’en rendre compte.»

    Marc, je suis en partie d’accord, et en partie en désaccord avec ton affirmation.

    Puisque tu aimes les exemples, je t’en donne un, qui n’est absolument pas fictif: celui de ma propre école.

    L’Édifice La Fabrique est à l’origine une usine de corsets, la Dominion Corset. L’édifice fût un temps abandonné, puis racheté et réaménagé par la ville de Québec et l’Université Laval. Lors de son réaménagement, on dû évidemment construire des murs, et en détruire d’autres. Or les architectes (dont je ne connais malheureusement pas les noms) décidèrent d’y incorporer des éléments modernes. Pour ce faire, ils détruisirent une bonne partie de la façade du bâtiment, afin que de l’extérieur apparaîssent des éléments contemporains (en outre, des amats de grès aux motifs arts décos horribles (et supposément modernes), alliés à de la typographie respectable dans sa forme, mais horrible dans son placement (les architectes n’ont d’ailleurs probablement pas jugé important de demander l’avis d’un graphiste là-dessus)).

    Peut-on reprocher à l’architecte d’avoir aménager un bâtiment qui ne tienne pas debout? Non, il tient bien. Mais son travail ne se limite pas à faire en sorte que son édifice se tienne debout. Son travail à une dimension sociale trop importante pour oublier, lors du processus de conception, l’implication d’une telle démarche. Et à ce niveau, il en revient un jugement de valeur, qui a beaucoup à voir avec la théorie.

    La théorie, les idées, influencent la pratique. Et évidemment, on est loins (et fort heureusement d’ailleurs) d’un consciensus global sur les valeurs universelles, en design ou en quoi que ce soit d’autre.

    Je pourrai toujours reprocher à l’architecte d’avoir fait un mauvais travail, selon mes propres valeurs, considérant que la destruction partielle d’un bâtiment historique lors de son réaménagement constitue une faute grave qui devrait être punie par la loi (non, j’exagère). Son bâtiment (du moins, sa partie) sera là pour encore longtemps. On pourra donc en parler longtemps.

    On cessera cependant de chialer sur mon affiche lorsqu’elle sera retirée des murs. Mais qu’en serait-il d’un travail de signalétique mal foutu?

    _ _

    Il y a là trois facteurs qui entrent en ligne de compte.

    Premièrement, la longévité du projet. Une construction architecturale est rarement (quoi que quelques fois) une œuvre temporaire vouée à une desctruction rapprochée de sa date de construction. Une affiche par contre, sauf si inscrite dans les anales de l’histoire, dure tout au plus quelques mois? Un projet de signalétique en revanche est là pour rester (même si plus facile à modifier qu’un bâtiment complet). Le fait d’être architecte, graphiste ou même psychologue n’a donc pas tout à y voir ici. Évidemment, la profession influence très énormément la nature du projet, mais sans plus.

    Deuxièmement, un jugement de valeurs. On peut dire d’un bâtiment qu’il tient debout, certes. Mais ce ne peut être la seule caractéristiques qu’on puisse lui trouver afin de le rendre valide ou pas. Un jugement de valeur s’impose, et c’est en partie au public et en partie à un groupe de paires qu’il appartient de le poser. Après s’être dans un premier temps intéresser à la forme, puis au processus, la théorie du design s’intéresse aujourd’hui aux acteurs d’un projet. Je crois que celà en dit beaucoup.

    Et troisièmement, l’efficacité. Un bâtiment doit tenir debout. Une pub doit vendre quelque chose. Une signalétique doit orienter quelqu’un. Mais bon, on ne s’en limitera pas là, autant en graphisme qu’en architecture. Svp.

    _ _

    Là où je suis d’accord, c’est qu’il soit plus difficile de juger de la pertinence et de l’efficacité d’un travail graphique que d’un bâtiment.

    Là où je ne suis pas d’accord, c’est que je ne puisse pas juger un architecte, ou quiconque d’autre, de mauvais théoricien. La théorie ne dicte pas seulement comment faire pour qu’un bâtiment tienne debout, ou qu’une affiche vende ou informe bien. Elle a aussi ses écoles de pensés, ses disciples et ses valeurs propres. Quoi qu’on devrait peut-être plutôt parler ici de principes.

  24. 24 Marc Kandalaft

    Bruno, je suis ENTIEREMENT d’accord avec toi.

    Mais ce que j’essayais de mettre en avant tout à l’heure, c’est qu’en architecture il y a des règles, des théories qui font qu’un bâtiment tient ou ne tient pas, on ne peut pas s’en éloigner sinon on court à la catastrophe.
    En graphisme aussi ces règles existent, mais si on ne les respecte pas, on ne court pas de grand risque. D’ailleurs le client peut être extrèmement satisfait du travail puisqu’à ses yeux rien ne cloche. Le pire qu’on risque c’est de subir la critique de ses collègues et du milieu artistique.

    Et oui, ce n’est pas parce qu’un bâtiment ne s’effondre pas qu’il a été bien pensé. Il suffit de voir les cités de la banlieue parisienne… malheureusement ces horreurs ont tenu trop longtemps ! mdr. Vous avez dû voir ça aux nouvelles ces derniers temps !

    Je suis aussi d’accord pour dire que la théorie véhicule également tout un courant de valeurs et de principes. Ne pas y être fidèle ferait preuve d’un manque d’éthique et donc d’un manque de respect vis à vis de soi-même et vis à vis de notre profession.

    J’avais participé au colloque Nouvelles Villes de Design et j’avais exprimé quelques opinions à ce sujet dont une a été reprise dans le livre. Si ça t’intéresse tu peux aller voir sur mon site : la page actualités. J’ai ajouté ça hier ! :)

    a+

  25. 25 Bruno Cloutier

    «Le bon design ne se voit pas, il se sent.»

    Ça me fait penser à la première page de Massive Change de Bruce Mau :

    «For most of us, design is invisible. Until it fails.» (avec en arrière-plan une photo de tours de câbles électriques s’étant effondrées lors de la crise du verglas de 98).

    Les deux phrases m’apparaîssent similaires puisqu’elle parle du design comme de quelque chose de plus grand que de simplement esthétique. Le public en général a souvent la conception que le design réfère aux choses profilées, tendances, ou pire encore, belles.

    Beaucoup d’architectes ne veulent d’ailleurs par se considérer comme des designers, trouvant le terme trop réducteur. Pour moi ils sont avant tout designers, puisqu’ils concoivent. Ils imaginent, pensent, analysent et finalement réalisent des projets, sans quoi ils ne sont qu’artistes. Et à ce sens, le design est partout.

    _ _

    Et en parlant de Bruce Mau, une autre phrase que j’adore de lui, toujours tirée de Massive Change:

    «Massive change is not about the world of design, but about the design of the world.»

    Je la trouve particulièrement intéressante puisqu’elle réfère au titre du livre, et à son contenu. Cependant, même présentée hors-contexte, elle fait BEAUCOUP de sens.

  26. 26 Alexandre emetique

    J’ai recemment vecu cette situation.
    Deux clients oeuvrant dans la meme activité.
    un s’adresse à l’élite…
    et l’autre à a rive-sud,
    lequel pensez-vous est le plus dure a designer….

    Pouvoir ce refugier derrière la théorie c est très facile… faire du design minimaliste c’est donné a une bonne partie des designers.

  27. 27 SR

    Svp épargner vos références à l’architecture si vous ne connaissez pas trop le domaine. « […] qu’il soit plus difficile de juger de la pertinence et de l’efficacité d’un travail graphique que d’un bâtiment ». Il est peut-être plus facile de mal juger un bâtiment (en se demandant uniquement s’il va tenir) mais si on en fait une lecture plus approfondi, cela peut être aussi complexe qu’une affiche. En fait, je pense que la complexité du jugement c’est l’observateur qui le détermine et non l’objet observé qui l’impose. Qu’on observe une ville, un bâtiment, ou une chaise, on peut dans tout les cas écrire plusieurs livres si on est assez théoriciens pour aimer ça.

  28. 28 Marc Kandalaft

    On ne parle pas de la qualité des créations graphiques ou architecturales. On parle de suivre ou pas les règles et les théories de base. C’est tout.
    Ces théories de base servent à la mise en page par exemple (graphisme) ou à la construction (architecture).
    Un architecte apprend comment construire un bâtiment, comment placer les fondations, les murs pour que cela tienne, soit sécuritaire… etc
    En graphisme on apprend aussi cela sauf que certains peuvent se permettre de ne suivre aucune de ces règles, soit parce qu’ils ne les connaissent pas – ils n’ont pas eu une formation assez poussée – soit parce qu’ils se disent graphistes mais ne le sont pas ou simplement par refus.
    Si cela leur permet d’innover, de trouver de nouvelles théories alors OUI, c’est très bien. Mais si c’est simplement par incompétence… NON !

    Un bâtiment mal construit s’effondre (tout le monde constate – même ceux qui ne sont pas du métier).
    Une mise en page mal construite ne s’effondre pas. Elle peut même être imprimer à des milliers d’exemplaires et perdurer (personne ne constate, sauf pour les professionnels du métier)

    C’est ça ce que nous voulions dire par :
    « […] qu’il soit plus difficile de juger de la pertinence et de l’efficacité d’un travail graphique que d’un bâtiment »

  29. 29 Patrick Jean

    T’es qui pour dire cela, allez parle nous des règles et autres conneries de la sorte. On dirait le fruit d’un lavage de cerveau produit par l’UQAM

  30. 30 Marc Kandalaft

    J’ai l’impression que certains comprennent mal mon idée. Est ce que certains interprètent pas mes mots que je ne donne pas d’importance à la qualité créative ou esthétique et qu’à mon sens l’essentiel, c’est la théorie ? Ce n’est pas ça du tout que je cherche à dire.

    Enfin…

    Patrick, pose moi plutôt une question, ça aura le mérite de faire avancer le débat et ça te permettra aussi de savoir si tu m’as bien compris.

    a+

    Et non, je ne suis pas un produit de l’UQAM.

  31. 31 Antoine Nonnom

    La cible est facile quand c’est la plus grosse.

    Patrick, suite à ton commentaire constructif, je comprends donc que les autres écoles de design n’enseignent pas les règles ?

    Merde, avoir su qu’apprendre les bases théoriques de son métier était une «connerie» (sic), je n’aurais pas perdu tout ce temps à essayer d’utiliser ma pensée.

    Tu peux lire la bio de Marc, je crois que ça démontre que la démarche théorique n’est pas uniquement uqamienne. Je suis d’accord avec lui. Aller à l’université devrait être autre chose que de feuilleter des livres d’images.

  32. 32 Patrick Jean

    Vous n’avez que le mot constructif sur votre clavier. C’est toujours la même rengaine lorsque je vous lis.
    Vous êtes trop sages je crois, Trop policés. Où sont les punks du design ?

  33. 33 Marc Kandalaft

    Il y a un temps pour tout.

    On ne peut pas être punk tous les jours et on ne peut pas être conservateur tous les jours.

    On peut, par contre, être un punk du design et travailler avec intelligence.
    On peut aussi être un conservateur du design et travailler avec intelligence.

    C’est la Qualité de la démarche qui compte et non le "style" de la démarche. C’est ce qui fait qu’on peut se respecter malgré nos différences et nos goûts.

  34. 34 Martin L'Allier

    Sérieusement Patrick, oui je suis en faveur qu’il y ai une place pour un design plus personnel, voire même artistique (au sens où une forte place serait consacrée à une démarche personnelle), mais il ne faut pas oublier la fonction du design graphique qui est de faire de la communication visuelle dans le cadre d’un mandat pour une tierce partie.

    Comme 99,9% du graphisme a une fonction de communication/promotion (services, produits ou idées), une approche «punk» – ou plutôt qui ne serait pas en rapport avec le mandat et viserais essentiellement à tenter de «prouver quelquechose à d’autres graphistes» ne trouverais pas preneur ou ne satisferait pas le besoin de communication. Tout est question de contexte bien sûr…

    La communication visuelle est un service comme un autre. Est-ce «être policé» de souhaiter satisfaire les besoins de ses clients et d’en tirer profit?

    Et Patrick, l’UQAM n’est pas un moule à gâteau… il y a bien sûr des influences fortes héritées des professeurs, mais les finissants ont leur personnalitées propres. Je comprends bien sûr l’agacement que certains peuvent ressentir vis-à-vis les finissants de l’UQAM qui prennent de plus en plus de place sur le marché…

  35. 35 Philippe Lamoureux

    C’est tout à fait vrai Martin, je crois que Patrick soit tu as eu une mauvaise expérience à l’UQÀM ou soit tu n’y est jamais allez. On ne m’as jamais rien imposé et dicté quoi que ce soit, on m’a présenté l’histoire du design ses théories…On m’a, contrairement à ce que tu penses, appris à défendre mes idées, vis-à-vis ces théories, parfois j’avais raison, souvent pas.

    Ce qu’on mas appris aussi à l’UQÀM c’est de remettre tout en question, la vérité n’est détenu par personne, les choses changent , la vie évolue, les théories aussi. Aujourd’hui tu as raison mais demain peut-être pas à cause de…Alors l’esprit contestaire, de contradiction, c’est en principe le propre des Universités. On a longtemps cru que la terre étaient plate je te rappel. Alors Patrick tu dormais pendant tes cours ou quoi? Si tu n’as rien compris à ce qu’on te racontais j’ai la triste nouvelle à t’annoncer que tu as perdu 3 années de ta vie. Si non vas voir comment ça se passe, y a rien de mieux que de constater que par soi-même et tu pourras soit confirmé ta théorie de lavage de cerveau ou l’infirmé.

    Passons maintenant de la théorie à la pratique mes chère collègues et signer cette pétition pour le projet de loi 390 pour rendre les sacs de plastiques biodégradable obligatoire.
    http://www.ecocontribution.com

  36. 36 Bruno Cloutier

    J’ajouterai que la théorie permet évidemment une prise de position. C’est bien beau de connaître les différentes avenues possibles, mais c’est quelque chose de différent que d’être capable de se rallier à une en particulier et de la défendre.

    À ce sujet, je quote Sagmeister:

    «The main reason for all this fluff is that most designers don’t believe in anything. When your conscience is so flexible, how can you do strong design?»

    _ _

    Où sont les punks du design? Peut-être que tu en es un. Mais attention de ne pas prêcher en faveur d’une seule vision des choses. La pluralité de la pensé est essentielle à l’évolution des idées, par leur confrontation et leur éternelle remise en question.

    N’oublie pas que la théorie essaie souvent de s’ancrer dans la réalité actuelle, celle de notre société. Ça on n’y échappe pas. C’est beau être un punk, un rebel. Mais au risque de faire une analogie stupide, il faut tout de même tenter de s’intégrer et ne pas s’exclure, ou s’exclure pour les bonnes raisons, parce que tu y crois vraiment. Une prise de position sérieuse doit nécessairement s’argumenter.

    _ _

    Pour ce qui est de l’UQAM, j’étudie présentement à Laval, et à lire ces quelques lignes, j’ai l’impression qu’on nous y apprend les mêmes choses. Y’aura toujours des gens stupides pour ne rien comprendre, pour considérer l’enseignement de la théorie comme quelque chose de dogmatique ou de normatif. Point positif pour l’UQAM (et clin d’œil cinglant à ma université) : on y en forme moins chaque année.

  37. 37 SR

    Qu’est ce que la théorie ?

    Avant de me quelque part entre théorie et pratique, je me demande s’il serait peut-être intéressant que quelques uns s’avance à définir ce qu’est en fait la théorie, si c’est des lois essentiels pour structurer une image c’est une chose, si se sont des démarches qui ont été établies par le passé c’est complètement autre chose encore. C’est peut-être trop évident pour certains mais je doute que tout le monde a la même définition de ce qu’est une connaissance théorique. Il y a peut-être d’une université à l’autre, des différentes façons de penser la théorie, "par", "pour" ou "sur" le design.

  38. 38 Antoine Nonnom

    Je tente l’essai, qui sera nécessairement incomplet. Je vous laisse me corriger.

    La théorie, est un ensemble de connaissances sur lesquelles on base la pratique. Une pierre angulaire quoi. Il s’agit :

    – D’une part, de connaissances établies par le domaine du design graphique comme étant des méthodes de communication efficaces. Par exemple : code et théorie de la couleur, lisibilité, hiérarchie de l’information, iconographie, dynamique des formes, etc.

    – D’autre part, des connaissances acquises sur les expériences des mouvements et des individus dans le passé. Dans ce cas, on parle un peu plus d’histoire. Par exemple : le dadaïsme a changé la façon dont on peut communiquer à l’aide de la typographie. Que pouvons-nous apprendre suite à cette observation ? Peut-on appliquer cette méthode à un projet XYZ actuel ?

    Dans tous ces cas, ces connaissances doivent être vérifiées ou vérifiables et les deux points ci-haut sont liés de très près. Et ils laissent nécessairement place à l’innovation.

    Ensuite, on prend toutes ces connaissances, et on vérifie si, et comment elles peuvent s’appliquer à un projet. Est-ce qu’on doit/peut contourner une règle ? De quelle manière ? Est-ce que la communication s’en trouve améliorée ?

    Du moins, c’est là ma méthode de travail.

  39. 39 Seb.t.

    Hum, ça devient de plus en plus chaud…et ça commence à ressembler à un cours avec ces citations et des exemples. Pourquoi pas?!Mais…

    Je suis plus pour une expérience vécue : j’ai rencontré plusieurs graphistes sortant de l’UQAM et en effet, ils avaient une tendance à parler beaucoup de choses provenant de la théorie mais sans réelle pratique et faut dire….c’est un peu lassant. Même si l’UQAM n’est pas un moule, cette école influence les éléves qui sortent (notamment – je crois – en les flattant!). L’école leur dit que c’est vraiment bien ici, que les profs doivent être bons, que la théorie fera d’eux des supers stars!…..en fait, je n’en sais rien mais ça ressemble un peu à ça…(pas tous, mais beaucoup! – ceux que j’ai rencontré en tout cas).C’est aussi comme ça avec mes anceins «Amis» qui ont fait une école de design à Lausanne (ECAL), ils sortent les mêmes genres de trucs et croient être le centre du design mondial. Quelque soit l’école, il y a du bon et il y a du mauvais, il y a des théories bidons et des profs minables….et finalement une fois dans «la vraie vie», les graphistes «flattés» devront moins causer et plus pratiquer ou……moins pratiquer et plus parler…qui sait !

    Et pourquoi faut-il absolument définir le mot «théorie», est-ce que ça fait avancer le débat ? Bordel, prenez un dico, regarder et proposez une avenue concernant le sujet ?

    P.S. le dico est aussi disponible pour le mot «Pratique»

  40. 40 Antoine Nonnom

    Tout ça est vraiment ridicule ! On ne doit pas embarquer dans ce piège. On ne fait pas ici le procès de l’UQAM et ses finissants (ou de n’importe quelle autre école). Surtout que ce qui est avancé est tellement exagéré que ça ne vaut même pas la peine d’y répondre.

    Le présent débat en était à un certain point où il fallait définir les prémisses. Ce que j’ai tenté de faire.

    Oui, la réalité est en dehors de l’école. C’est normal, et ça ne changera pas. Pour toutes les écoles. Mais si l’approche qu’on applique à un projet est uniquement pratique, ça manquera nécessairement de profondeur. Ce n’est pas être un idéaliste volant au dessus du plancher des vaches que de réfléchir théoriquement à une problématique de communication.

  41. 41 Marc Kandalaft

    Oui je trouve que le débat dérappe un peu. Il n’a jamais été question d’opposer la théorie à la pratique, mais juste de discuter de la façon dont chacun peut être important et utile et de voir comment certains donnent plus d’importance à l’un, qu’à l’autre.
    Au bout du compte, chacun fait comme il veut, c’est strictement personnel.

    Mais bon, c’est sûr qu’avec la théorie seule on ne va pas bien loin. C’est comme ces gens qu’on croise et qui ont toujours un nouveau projet en tête mais qui ne passent jamais à l’action pour mener à terme leurs idées.

    Pour les écoles, EVIDEMMENT qu’elles influencent. En plus à cet âge nous sommes tous encore "jeunes" voire même naïfs et on manque d’expérience, de maturité, non seulement dans notre métier mais dans tous les aspects de la vie.
    C’est comme les parents, la famille. C’est normal d’hériter de certaines valeurs et traditions qu’ils nous transmettent, mais ça ne veut pas dire qu’on ne se forge pas ensuite nos propres opinions, parfois similaires et parfois différentes.

    Et que serait une école qui n’influençait pas ses élèves ?

    Ce sont la vie et la pratique qui vont ensuite compléter notre apprentissage, affiner notre regard personnel et nous rendre plus libres.

    Pour finir, je redirai ce que je pensais dau début : A mon sens c’est important de bien connaître et maîtriser la théorie. Parce qu’on peut après mieux la contourner, la détruire, la dépasser, ou la préserver.

    Pour ceux qui considèrent que la théorie est le pire des freins à la liberté et à la création : Apprenez à connaître votre ennemi pour mieux le combattre, tout simplement.

    CONCLUSION : Dans tous les cas, elle est utile :))

  42. 42 SR

    Dans la définition d’Antoine, il y a un paradoxe important, ce qui est « efficace » aujourd’hui ne le sera plus nécessairement le jour où on en aura fait une théorie, que tout le monde l’appliquera et que l’originalité n’y sera plus. Ce qui est efficace l’est dans un contexte mais ce contexte évolue continuellement. La théorie devrait peut-être se limiter à être : "une description des principes qui jusqu’ici ont été efficaces". Ainsi, elle ne prétend pas qu’ils sont encore efficaces, que la société n’a pas déjà changé. La théorie ne devrait pas prétendre être une règle si le praticien se donne pour but de la contourner. La théorie devrait même être une invitation à progresser. Pour cela il faut que la théorie ne soit pas considérée comme déjà dans le passé (ou déjà dépassé). Je pense que la pratique est toujours un peu en avance sur la théorie. La pratique serait composé d’une part de connaissance théorisé et d’une part de connaissance (sous forme d’intuition, d’expérience) qui sera peut-être théorisé dans le futur et éventuellement, enseigné.

    Je pense également que la théorie du design devrait avoir comme l’un de ses objectifs de rendre compréhensible la situation complexe de design. Un long discourt avec des références obscure ne sert à rien, puisqu’il ne permet pas de comprendre davantage. Toutefois, un discourt appuyé sur des principes clairs, illustrés d’exemples éloquents, peu aider à convaincre un client (réceptif) du bien fondé d’utiliser la fonte Ariale ou de montrer clairement au client que je suis complètement dans le champ, que je me base sur une théorie qui ne convient pas à son projet.

  43. 43 Maxime

    La théorie c’est la raison

    Raisonnement, rationalité…c’est la faculté propre à élaborer des concepts et à les former, à les combiner et les jugers.

    La théorie et son raisonnement eux-mêmes sont articulés au sein de démonstrations, ce que la partique les oppose d’emblée sans ceux-ci.

  44. 44 Bruno Cloutier

    … ou l’absence de raison. Une suite logique qui mène à la conclusion logique et réfléchie que l’absence de réflexion serait la voix à préconiser. Peut-être?

    Je vois la théorie comme un outil qui permet de structurer la démarche. Ou peut-être de constituer une démarche. C’est la réflexion qui, à partir de constats et d’à prioris (philosophiques ou autres), permet d’orienter la création, laquelle est constituée d’une série d’étapes et de décisions. Les choix qui en découle doivent nécessairement s’appuyer sur une certaine forme de réthorique, imposée par l’individu sur lui-même.

    Je crois en un design qui sert les impératifs d’un projet, évidemment. Je ne crois cependant pas en un design absent de réflexion, de suite logique. Le travail d’un designer doit, à la manière de celui d’un artiste, laisser transparaître une suite dans la réflexion, qu’elle soit d’ordre philosophique ou formelle.

    Un designer est un filtre. Il constitue à lui seul un environnement par lequel l’information passe, est interprètée puis renvoyée dans un autre environnement, duquel il n’est pas maître. Il est de son devoir de tenter de le comprendre, afin de mieux pouvoir juger de la portée, de l’efficacité, et surtout de la pertinence de son travail.

    _ _

    Afin de poursuivre le festival de la citation:

    «Ultimately, we are deluding ourselves if we think that the products that we design are the "things" that we sell, rather than the individual, social and cultural experience that they engender, and the value and impact that they have. Design that ignores this is not worthy of the name.»
    – Bill Buxton

  45. 45 Maxime

    Sans vouloir poursuivre un débat théorique sur la théorie, je crois qu’au départ, le raisonnement anthropique met l’accent sur le fait que le design ne peut pas apparaître dans n’importe quelles circonstances et que par conséquent, du fait même que nous créons, nous devons « vérifier » que les conditions nécessaires à l’apparition de la solution sont réalisées.
    Par exemple, les concepts sans théorie et raisonnement ne peuvent se forger qu’à l’intérieur de l’ignorance, nous pouvons affirmer que le client est « forcément » plus ouvert à un cheminement théorique de la part du designer.

  46. 46 Patrick Jean

    Lu dans le site de Voir le meilleur commentaire sur le plan design.

    Je rigole encore.

    Copier/coller de l’adresse suivante voir.ca/artsvisuels/artsv…

    L’afficheur automatique…

    Pour avoir vu plusieurs expositions d’affiches dont le sublime Savignac, je vous assure que cet Alfred est un joyeux amateur! C’est clair pour moi qu’une affiche doit avoir au moins une de ces qualités: communiquer un message, visuellement intéressante, humoristique et surtout informer l’observateur. Je vous assure qu’il est très difficile de savoir quel est le sujet de la plupart de ces affiches. Par contre ce qui est clair: Alfred est un professeur de l’UQAM avec des élèves de l’UQAM et dans un local de l’UQAM. La seule excuse est que de travailler dans un édifice aussi prétentieux et ridicule que ce pavillon du design ont fini par faire un transfert.

    La recette à Alfred: prendre n’importe quoi lui donner une couleur criarde, laisser beaucoup de blanc autour et mettre un texte illisible dans un recoin: je comprends que tant d’étudiant est apprécié ce professeur qui enseigne que nous sommes tous des artistes et que plus c’est n’importe quoi: meilleur est le résultat!

    Paul Daoust

  47. 47 Rémi Fortier

    bien Patrick,

    Sans généraliser, ton texte a raison sur un point. Certaines personnes tiennent fort à leur style, et quand celui-ci fait fureur, ils y restent collé toute leur vie, sans vraiment l’améliorer davantage. C’est une formule. De là a dire que l’Uqam, ses locaux, ses étudiants sont prétentieux, faudrait peut-être t’informer un peu plus sur l’équipe du Voir en général mon cher… De plus, comme l’on dit les autres avant moi, les professeurs ont rarement une expérience de travail à tout casser, ils ont généralement terminer leurs études et ont décidé d’enseigner tout de suite.

    Je ne comprends pas vraiment tes commentaires jusqu’à maintenant, ni vraiment ce que tu "essaie" de prouver. Tu généralises vraiment trop..

  48. 48 Simon Éthier

    Pour la question principale:
    Justifier une décision de design par du «savoir théorique» (hérité des livres, des professeurs, etc.), par de l’expérience pratique ou alors par une intuition personnelle?
    J’imagine que l’on finit idéalement par être capable de mélanger les trois.

    Malheureusement, la place de la théorie et de la recherche en design graphique est encore à prouver. Entre autres à cause du peu de designers qui se donnent la peine de remettre en question leurs hypothèses, leurs méthodes. Entre autres à cause du peu de théorie véhiculé dans les écoles, du peu de recherches qui y sont faites et publiées.

    On teste peu notre produit sur le plan théorique aussi à cause de sa courte durée de vie et de notre rythme de travail.

    Dans un contexte de production, une chose est certaine, le mandat doit être rempli (donc l’aspect pratique est nécessairement mis en oeuvre). Si ça se fait sans théorie, on ne verra pas nécessairement le besoin de celle-ci.
    Dans un contexte scolaire, on peut mettre l’accent sur l’un ou l’autre des aspects: l’important c’est d’apprendre. Mais il ne faut pas se leurrer, peu de théorie est réellement assimilée. Sur les plans historique, stratégique, technique, méthodologique, peu de théorie est véhiculée.

    De quoi aurait l’air un manuel «Design Graphique 101»? Y aurait-il un risque qu’il se démode? Que des théories soient infirmées ou confirmées?
    Pourquoi sommes-nous dans un domaine universitaire qui publie si peu? Une chose est certaine, ça bousculerait un peu les gens et les forcerait à formuler un brin de théorie. Par écrit, s’il vous plaît.

  49. 49 Rémi Fortier

    Ça sent la mort par ici…

  50. 50 Philippe Lamarre

    Ben non! C’est juste le retour des fêtes qui est assez heavy… Je prépare quelque chose ce weekend pour relancer les débats la semaine prochaine. Si quelqu’un veut publier un billet, qu’il me le fasse parvenir.

    :)p

  51. 51 Maxime

    L’odeur de la mort sur les souvenirs-écrans, constat tout à propos.

    Nous qui pensions être loin ici de la détresse, nos théories se font paresseuses peut-etre. Le souvenir n’est rien ; rien du tout, et moins que rien qu’une occasion de construire une action, actuelle. Le souvenir ne m’intéressera donc pas ici, notion valise, fourre-tout typo.

    Nous ignorons trop véritablement la vrai odeur de la mort.

    Lève-toi et marche ! blog d’idées et de thèmes.

  52. 52 Maya Rioux

    En parcourant les commentaires et diagonales et ayant lu tout l’article de Sébastien… J’ai un mal aise. Ça sens le mépris sans trop savoir qui mépriser. Même s’il est tard et le débat est terminé, je veux simplement ajouter ceci: laisser chacun créer à sa façon. Laisser les gens prendre la place qu’ils veulent et de la façon qu’ils le souhaitent. Nous avons tous des chemins différents, des qualités et des défauts. Savoir quel défaut ou quelle qualité pèse plus lourds… Ce n’est pas à nous de juger. Si on aime notre direction, c’est ce qui importe, la direction des autres, il faut simplement la respecter.

  53. 53 Antoine Nonnom

    Bravo. Et maintenant ne disons plus rien. Pas de discussion ! Chut ! On pourrait blesser nos amis.

  54. 54 Maya Rioux

    ahahahaha!
    Je ne veux pas vous empêcher de dire votre opinion, je disais simplement la mienne.

    Bonne discussion.

  55. 55 Simon Éthier

    Le commentaire de Maya en dit long, justement. Le design est-il une démarche personnelle, où tout n’est qu’opinion, ou est-il une démarche rationnelle, où il y a un dénominateur commun (la fonction? la communication? la conception?). Accepter le première hypothèse, c’est accepter que (presque) tout ce qui sort de l’imagination d’un designer soit bon, comme s’il s’agissait d’un artiste, juste parce qu’il faut respecter son opinion, sa démarche. Accepter la seconde hypothèse nous fait au contraire embrasser la théorie, laissant soi-disant moins de place au hasard et à l’expression personnelle.

    À ce questionnement suit une réponse en deux partie. Premièrement, malheureusement, Maya a raison. C’est (trop) souvent une question d’opinion, d’expression quasi-artistique, où la théorie n’a pas vraiment sa place. Et pourquoi? Parce que la théorie existe encore peu, parce que les écoles l’enseignent encore moins, parce que certaines écoles (nommons l’UQAM) ont une orientation davantage artistique que fonctionnelle, davantage pratique que théorique. En d’autres mots, si la plusieurs des designers qui pratiquent négligent la théorie, c’est justement parce qu’il y a peu de théorie. Un autre problème réside aussi dans le fait qu’il y ait si peu de recherche, donc la théorie semble être un monstre inébranlable qui s’impose en destructeur de l’innovation, alors qu’elle devrait être tout le contraire. La théorie, c’est pas une recette toute faite, mais une suite de prémisses nécessaires qui sait évoluer. Mais en graphisme, la théorie, c’est justement vu trop souvent de façon historique comme deux approches fossilisées: le modernisme à la suisse, et le post-modernisme à la Émigré-Carson-Brody. Les études de lisibilité, de prix, d’implantation, d’impact, d’intégration des technologies, de méthodes de travail, d’organisation de la production sont trop souvent vues par les graphistes comme des contraintes à leur créativité, sans compter l’allergie aux chiffres et aux sciences de bon nombre de ces derniers.

    D’autre part, et là je dois donner totalement raison à Maya, de plus en plus de petits studios se taillent une niche plus personnelle sur le marché, ce qui est une bonne idée tant qu niveau de l’expression que des ventes. Laissons-les créer, ils sont libres de le faire, mais dans certains cas, la réalité du marché les rattrapera douloureusement, alors que d’autres auront du succès. Et cette liberté, ces niches, cette concurrence monopolistique (car il s’agit bien de ça: tous se concurrencent, mais tous ont un produit différent, presque non-substituable), c’est aussi être capable, pour chacun, de montrer que notre solution, que notre démarche est meilleure. En d’autres mots, dans ce contexte, la manière de vivre (et de survivre), serait de montrer au client qu’on est capable de créer différemment par rapport à notre voisin, et de prouver que cette différence représente une valeur ajoutée pour lui.

    Au même moment, il est certain que pour défendre notre pratique, il est toujours utile d’avoir une solide base… théorique.

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