Le Patriote-Citoyen

«Chacun porte son âge, sa pierre et ses outils pour bâtir son village, sa ville ou son pays.»
— Gilles Vigneault

Par Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier, codirecteurs du collectif Identité québécoise

La fête des Patriotes est une occasion de rappeler qu’au-delà du soulèvement armé de 1837-1838, le « Patriote » en tant qu’icône populaire est un élément identitaire propre au Québec.

L’histoire récente de ce symbole lui confère d’emblée une charge idéologique : symbole radical de la lutte des classes dans les années 1970 (Front de Libération du Québec), le Patriote d’Henri Julien fut ensuite confiné à la stricte quête du pays québécois. Mais est-ce bien là le sens historique qu’avait cette illustration au départ? Et est-ce encore le sens que nous voulons lui donner?

Le collectif Identité Québécoise a voulu réactualiser le Patriote à la lumière de ce qu’il fut (selon nous) et de ce qu’il pourrait être encore aujourd’hui : un citoyen engagé par-devers les siens, dans le but de préserver le mieux-être de la patrie-collectivité.

Le Vieux de ‘37

L’artiste-peintre Henri Julien (1852-1908) illustre son Patriote en 1904 dans le cadre d’un travail sur la Rébellion de 1837-1838. Visuellement, le Vieux de ‘37 porte les signes distinctifs du Canadien (Français) de l’époque : la tuque, la pipe, la ceinture fléchée et les mocassins.

Bien qu’il empoigne une arme, rien ne laisse supposer que l’homme est engagé dans une action agressive. Il avance d’un pas prudent, mais résolu. C’est un citoyen « ordinaire » qui se porte à la défense de… de quoi au juste? De ses biens? De quelqu’un? D’une idée?

À la lumière des événements de 1837-1838, nous comprenons que l’homme se porte à la défense d’une autonomie politique revendiquée par les élus de la Chambre d’Assemblée (composée majoritairement de Canadiens-Français), sans pouvoir réel devant les membres non-élus du Conseil Exécutif (composé de l’élite bourgeoise britannique). Ce citoyen, Henri Julien le campe dans la posture et dans l’allure du milicien, c’est-à-dire d’un habitant qui se fait momentanément soldat.

Le milicien « canadien » de 1690

Le Patriote de Julien aurait un ancêtre — du moins un ancêtre graphique. Il s’agit du «Canadien allant à la guerre», une illustration que Bacqueville de la Potherie exécute vers 1690 pour son Histoire de l’Amérique septentrionale.

Du temps de la Nouvelle-France, l’habitant devait être en mesure de se faire milicien à tout moment, afin de se défendre ou de mener des actions contre les ennemis d’alors qu’étaient les Iroquois et les Anglais.

Le milicien « canadien » se bat le plus souvent aux côtés d’Amérindiens alliés. Sa tenue en porte la marque : il couvre ses jambes de mitasses, chausse des mocassins et marche en raquettes — trois emprunts aux autochtones. Lorsqu’il livre combat, il le fait souvent à l’amérindienne, c’est-à-dire qu’il privilégie les actions de guérilla à la bataille rangée.

Il ne faut pas s’étonner de la parenté graphique du Patriote de Julien et du «Canadien» de la Potherie (fusil, pipe, mocassins). Bien que leur souche soit française, le «Canadien allant en guerre» de 1690 et le « Vieux de ‘37 » sont d’abord et avant tout «canadiens», c’est-à-dire qu’ils appartiennent au peuple qui naît non pas en France mais bien «en Canada», sur les rives du Saint-Laurent, dans un contexte de contacts étroits avec les autochtones.

Le Patriote de 2008
Patriote-citoyen (Femme)Patriote-citoyen (Homme)
Après avoir trouvé au Patriote un ancêtre milicien, nous nous sommes demandés qui pourrait être son descendant contemporain. Le collectif Identité québécoise a d’abord inscrit sa réflexion dans une continuité graphique. Ainsi le concepteur Simon Beaudry a retenu trois éléments visuels essentiels à la reconnaissance de l’icône : la tuque, la ceinture fléchée, la posture.

Incidemment, ces éléments renvoient à des traits de l’identité québécoise : la langue française et l’adaptation à l’hiver sont évoquées par la tuque (qui serait la version laurentienne du bonnet des marins français); l’influence amérindienne, évoquée par les motifs d’inspiration autochtone de la ceinture fléchée; le désir de durer, évoqué par la posture déterminée et proactive du Patriote.

Quant au fusil, il n’est plus l’arme du « Patriote-citoyen » qui se porte à la défense de sa patrie-collectivité. Aussi est-on amené à l’écarter pour le remplacer par les outils militants du citoyen contemporain.

Notre Patriote-citoyen a le choix des armes. L’écologiste porte un arbre, l’alterjournaliste un crayon, le cinéaste une caméra, etc. De ce fait, l’icône du Patriote permet de véhiculer une pluralité de messages en lien avec «l’engagement citoyen» — forme privilégiée de l’engagement patriotique contemporain.

Il y a davantage.

En cette ère de mondialisation, le territoire qu’il nous importe d’explorer est autant physique que culturel. Notre Patriote est plus que jamais engagé dans la défense et l’épanouissement de son identité culturelle. C’est le combat d’un jeune Québécois, d’une jeune Québécoise qui, en s’ancrant dans son époque, agit pour édifier sa nation. Ce « combat » concerne tous les champs de l’activité humaine, ainsi que tous les niveaux de hiérarchie de l’organisation sociale.

Ce n’est donc pas un hasard si l’idée du Patriote-citoyen* fut retenue comme icône publicitaire pour la série-documentaire Manifestes en série du cinéaste Hugo Latulippe. Les intervenants de la série sont autant de Patriotes-citoyens conviés à contruire un « projet de société en huit chapitres ».

À titre d’exemple, il y a ce fascinant fromager qui décide envers et contre tous de fonder sa fromagerie, dans le but de produire un fromage issu du territoire. Pour ce Patriote-citoyen, l’«arme» est un fromage, inspiré du pays, enrichissant notre assiette.

Citoyens et citoyennes, bonne fête des Patriotes!

* Le Patriote-citoyen fut retenu comme icône publicitaire pour la série-documentaire Manifestes en série du cinéaste Hugo Latulippe. Les applications publicitaires fûrent développées pour Canal D par la créateur Simon Beaudry, directeur artistique de l’agence de publicité Bos et codirecteur du collectif IQ, en collaboration avec Martin Bernier, Alain Desjean et Tommy Doyle.


16 commentaires sur «Défense et illustration du «Patriote-citoyen»»

  1. 1 François-B.

    Démarche et résultat inpressionnant. J’aime bien que le nouveau Patriote soit rebaptisé Patriote-citoyen. Les déclinaisons sont justes et les 3 éléments retenus de la version précédente me semblent les bons. Finalement, je me suis fait au drapeau à un lys… Admirable !

  2. 2 François-B.

    Avec un micro comme ça, on peut autant parler qu’écouter….

  3. 3 Simon Beaudry

    Concernant la direction du Patriote, comprenons qu’il peut aussi bien allez vers la gauche que vers la droite, évidement. Si je fais faire une rotation de 90 degré, il pourra même marcher dans les airs ..
    L’important est qu’il va quelquepart, il fait quelquechose. Ce n’est pas tant la direction qui importe que la position graphique, son langage corporel. Le symbole d’avancer.

    Concernant le micro, j’ai repris le Patriote-citoyen qui porte un micro (dans l’illustration principale montrant 3 shématisation de «gens du pays») car celui-ci a été utilisé pour une campagne de publicité que j’ai fais pour Manifeste en série (il a donc une vraie vie dans l’espace «publique» – affiches, annonce journale) et il démontre bien la nouveauté de ce Patriote versus les deux autres illustrations, celle du milicien de 1690 et le patriote d’Henri-Julien. Lorsqu’on lit le texte au complet (mais je suis sûr que tu l’as fais Jean-François), il faut comprendre que les objets que tient ce québécois engagé envers sa patrie, sont interchangeables selon l’action. Une multitude de déclinaison sont applicables et à chaque fois, on comprend la même chose : Un homme ou une femme agit, selon ses moyens.

    Merci François-B. pour tes bons mots !

    Note intéressante par rapport à Henri Julien, le créateur du vieux patriote, il fût un peintre, illustrateur, caricaturiste important de son époque et fût aussi le directeur artistique du Montreal Star à partir de 88 (1888). Donc il était un artiste oui, mais aussi un «designer» plus précisement ou directeur artistique, comme nous. Il avait un intérêt pour le folklore, les légendes et la politique. En quelque sorte, il était un Patriote-citoyen qui utilisait ses talents à créer une oeuvre personnelle considérable sur la représentation de notre passé.

    Le designer n’est-il pas en effet bien placé pour réfléchir à toutes ces questions ?

    J’ose espérer qu’il n’est pas seulement un choisisseur de pantone ou un générateur de pixel ?

  4. 4 karen lacroix

    Devrions-nous ‘re-brand’ nôtre héritage culturel?

    Les illustrations de Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier illustrent bien la tendance publicitaire d’aujourd’hui. Le style ‘graffiti stencil’ est en général un résultat intéressant. Mais à mon avis, ce résultat est froid et pauvre en comparaison avec nôtre Milicien et nôtre Patriote du 17ième et 19 ième siècle. C’est une image qui essaie d’illustrer l’évolution d’un peuple, le nôtre, et qui présument, donne place aux changements au niveau politique, social et environnemental.

    Le ‘thinking process’ (pardon pour l’anglais) aurait pu être poussé beaucoup plus. Selon Simon Beaudry, le fait que le Patriote marche vers l’avant/ ou le future, je présume est normalement lu comme s’il marchait vers l’arrière. Puisque la droite signifie le future, en terme de ligne du temps, et la gauche vers le passé.

    Simon Beaudry croit que ‘l’important est qu’il va quelque part, il fait quelque chose. Ce n’est pas tant la direction qui importe que la position graphique, son langage corporel. Le symbole d’avancer.’

    Personellement, je ne crois pas que c’est simplement le symbole ‘d’avancer’ qui est important d’illustrer. La direction prend beaucoup d’importance, surtout lorsque l’on cherche à illustrer le présent d’une nation et, éventuellement, un futur. Si c’est seulement le fait d’avancer que Simon voulait représenter, pourquoi avoir imiter la même démarche qu’un Patriote du 19ième siècle. C’est quand même il y à de cela 200 ans! Il y à plus d’une façon d’illustrer quelqu’un qui marche sans avoir l’impression de marcher comme un ogre.

    Concernant le drapeau. Pourquoi ne pas avoir utiliser le vrai drapeau Québécois? La fleur de lys est utilisé dans plusieurs pays. Juste sur wikipedia, nous pouvons en trouver presqu’une douzaine.

    * Les Bourbons en Espagne
    * Augsbourg en Allemagne
    * Wiesbaden en Allemagne
    * Laško en Slovénie
    * la Maison de Lancastre d’Angleterre
    * Turku en Finlande
    * La Nouvelle-Orléans en Louisiane
    * Baton Rouge en Louisiane
    * Detroit dans le Michigan
    * Louisville dans le Kentucky
    * les scouts…

    Personne d’autre que les gens du Québec comprendront qu’il s’agit d’une illustration communiquent le patriote/ québécois/ citoyen 2008. Je vote pour le drapeau Québécois, et non une copie qui pourrait porter à confusion sur nôtre identité.

    Si non, avons-nous vraiment arrêté de fumé depuis le 17ième siècle? La pipe illustrant le Milicien « Canadien » de 1690 et le Patriote de 1837 est vraiment fort comme symbole de ce temps. Je ne crois pas que parce qu’une loi est passé il y à deux ans environs, interdisant de fumer dans les bars ou tout autre lieux public au Québec, aie changé quelque chose dans nos habitudes de vie. Fumer la pipe n’est peut-être plus à la mode, mais la cigarette l’est plus que jamais. Est-ce que cela nous représente vraiment en t’en que citoyen? Bonne question. Dans les années ’80′ la cigarette devient symbole principal de la puissance sexuelle du mâle. En 2008, ce n’est peut-être plus le cas, mais elle reste un symbole chez les jeunes. Un symbole de rébellion, peut-être?!

    Aussi, les éléments utilisés pour d’écrire le patriote québécois 2008 doivent, selon moi, être compris par d’autres cultures. Ces éléments sont certainement plus qu’un microphone style cinéma et une camera digital. Franchement, je ne trouve pas que ces éléments me représentent en t’en que Québécoise. C’est plutôt le résultat d’un ‘branding à la marketing bla, bla je veux faire du cash avec ma pub’.

    Finalement, le résultat de cette série est selon moi très confus et ambigu. La source du message est presqu’ inexistante. Sincèrement, je préfère de loin les deux versions du passé. Ils sont beaucoup plus claire et riche en terme de messages et leurs intentions à beaucoup plus de pouvoir.

    Ce n’est malheureusement pas avec ce genre de messages que nous protégerons nôtre héritage Québécois. Quoi que c’est peut-être un bon exemple où une société, nôtre société, prétend être autre chose qu’elle est réellement.

    Patrimoine culturel oui, rebranding non!

  5. 5 François-B.

    Ça ressemble au débat sur le projet précédent d’Identité Québécoise de faire un drapeau à lys unique (voir http://oeilpouroeil.ca/wp/?p=248).

    Je suis partagé entre le sentiment de saluer l’effort du collectif Identité Québécoise et l’envie de juger ses résultats (comme je l’ai fait dans le passé).

    Mais j’ai décidé de saluer l’effort parce que j’ai l’impression que peu de personnes se posent encore comme eux des questions sur notre identité. Peut-être l’application semble être un peu naïve pour certains, tomber dans l’iconisation plateauesque pour d’autres ou encore constituer une vulgaire vente de feu de nos symboles pour le profit des plus riches…

    Mais ce collectif pose des questions, brasse des idées, lance des pistes. Ça peut mener à des discussions difficiles car nous jouons dans nos trippes, mais ils le font, et ils remettent le fruit de leur travail sur la place publique.

    Je me trompe peut-être, mais je vois davantage cet exercice sur le Patriote comme une bouteille à la mer lancée dans une mer de désintérêt politique. Je ne crois pas qu’il faille absolument « updater » notre Patriote, mais l’exercice est intéressant, et louable. Symbolique. Je ne crois pas que le collectif s’attaque à notre héritage Québécois. Il le désacralise, joue avec. C’est un signe de santé.

    Pour tout vous dire, moi, le nouveau Patriote, je le ferais s’avancer sans objet, nu d’artifice, les mains vides. Les armes sont maintenant diverses (le mot arme ne doit pas être pris littéralement : la plume est une arme, la parole aussi, internet, etc) et je crois que d’illustrer plusieurs états est limitatif et naratif.

    Et pourquoi pas une Patriote ? Autre débat…

  6. 6 Olivier Bruel

    François-B, je n’aime pas jouer les suiveux, mais tu résumes parfaitement mon point de vue. Ça a l’avantage d’être économique en rédaction !

    Bravo pour le questionnement public sur l’identité québécoise. Et oui, les résultats sont nécessairement partiaux et discutables, c’est la beauté de la démarche.

  7. 7 karen lacroix

    Effectivement, ma critique ressemble partiellement au débat sur le projet d’identité Québécois et le drapeau à lys unique. Pardonnez-moi.

    Mais en lisent ce débat, je me rend compte que c’est un brou haha de commentaires partent dans toute les directions. Ce projet de patriotes à un lien directe avec nôtre très cher drapeau Québécois qui, dois-je le mentionner, aurait voulu être modifier par des hauts placés de la pub. Comment pouvons-nous appuyer une telle décision simplement basé sur une efficacité graphique s’appliquent à de grandes marques connu tel que Nike, Shell ou Apple. Désolé, mais quel manque d’appui historique!

    Un drapeau, dans son sens propre, n’est pas qu’un simple icon graphique. Il est l’emblème d’un peuple représentent le passé historique d’une nation qui doit toujours se rappeler de ce quelle à été ‘passé’ pour être ‘présent’ et mieux devenir ‘futur’.

    Si non, très cher François-B, je vous trouve très passif après avoir autant argumenter sur nôtre futur drapeau Québécois. Saluer l’effort? Dois-je comprendre que vous saluer aussi la pauvreté et la médiocrité en terme de communication visuel? L’application (comme vous le dite) semble être, selon moi, plus que naïve. L’argent, comme vous le mentionner en parlent du profit des plus riches, icônise et vulgarise bien des choses dans un monde où ceux qui penchent vers le vedettariat ne tiennent pas comptes de l’ampleur et de l’importance du message qu’ils communiquent.

    Bien sur, ce collectif pose des questions, brasse des idées, mais ne lance pas de grandes pistes. Résultat. Discussions difficiles? Ou du tournage en rond commentant sur un blog? Ça ne nous mène pas à grand chose tout ça. Parce que de toute façon, le design était déjà décidé avant même d’en avoir discuter avec la communauté extérieur. Alors, elle est où la place public? Devants une fenêtre ouverte de ton Macbook Pro?

    Cette exercice sur le Patriote, et la je vous appui cher François-B, est effectivement lancé dans une mer de désintéressés politique…. mais ça, nous pourrions en parler pendant des heures. Bienvenu au Québec!

    Nôtre Patriote est peut-être un exercice intéressant, mais loin d’être louable pour symboliser nôtre héritage Québécois. Le collectif ne s’en ai pas attaqué, puisqu’il ne la jamais compris au départ.

    Le terme ‘Jouer’ n’est pas un signe de santé. Il nous mènes dangereusement vers une série de conséquences et est généralement utilisé dans un sens irresponsablement naïf.

    Finalement, Patriote ou Patriote(e), est-ce qu’avancer nu sans objet serait vraiment représentatif de l’image Québécois…. dans les années ’70′ peut-être? Mais aujourd’hui, je n’en suis plus si sur.

  8. 8 François-B.

    Tout est question de perspectives.

    Ce collectif fait quelque chose. Je le salut.

    Je ne crois pas que les résultats soient médiocres. Ils sont teintés.

    Ce collectif est une sorte de « think tank », basé dans HO-MA, constitué (à ma connaissance) de jeunes citoyens dégourdis. On ne parle pas d’une organisation citoyenne à large base, ni d’une association nationale. Je crois qu’ils offrent une interprétation juste de ce qu’ils connaissent, un peu la même que celle de plusieurs jeunes citoyens, scolarisés, curieux, ouverture sur le monde, bouffe bio, etc. En ce sens, notre Patriote remodelé par eux leur… ressemble ?

    Le résultat de leur démarche est présenté sur la place publique : pas leur démarche. Ce collectif possède son mode de fonctionnement interne et n’est pas soumis à des règles de sondage pan-québécois (néologisme ?) ou de consultation. Ils livrent leurs réflexions, sur différentes vitrines et ces aux gens de discuter – ou non – de leurs démarches et de leurs résultats.

    C’est ça le travail des think tanks. Réfléchir. Présenter. Si par la même occasion on peu convaincre, tant mieux, plusieurs think tanks cachent des lobbyeurs. J’ai peine à croire qu’on soit ici en présence de lobbyeurs (à part que Simon se place dans une position de designer tout indiqué pour la fois où on fera l’exercice sérieusement, la reconnaissance venant avec l’effort)

    Lorsque je parle de jouer avec les symboles, j’entends que cet exercice est intéressant, mais pas officiel. Si ce projet était présenté dans une commission à l’assemblée nationale, il est possible que je réagirais différemment. Officiellement, je ne crois pas que nous avons besoin de renipper le Patriote. Sinon, pourquoi ne pas offrir une scéance de rajeunissement de style à la statue de la liberté… Mais dans le cadre d’un exercice comme c’est fait présentement, pourquoi pas ? Ça me fait penser à cette question en troisième année, dans les cahiers de cathéchèse : « à quoi ressemblerait aujourd’hui Jésus ? ». Ça n’a pas de valeur historique, mais c’est drôlement amusant.

    Le mot jouer a plus d’un sens en français. Celui dont vous nous offrez la définition est lié à celui du jeu compulsif, celui des machines à sous. Pas à celui d’un exercice.

    Pour l’affaire du nu, je ne parlais pas du corps, je parlais des mains. Peut-être que je n’ai pas été assez clair… Toute mes excuses pour les images que ça a pu provoque dans vos belles têtes de designers…

  9. 9 Karen LacroiK

    Tout semble effectivement être une question de perspective…

    Ce collectif fait peut-être quelque chose, mais je n’irais pas jusqu’à les saluer juste parce qu’ils ont fait quelque chose. Et surtout pas avec ce genre de résultat qui ne démontre rien de franchement profond.

    Un résultat teinté!? Soyons moins sophistiqués et arrêtons de jouer avec les mots. Que ce résultat soit pour une publicité ou pour une icône politique, représentent nôtre très cher peuple québécois, il n’y à pas de différence. Ce résultat sera vu par les mêmes personnes et ces mêmes personnes penseront que cette nouvelle icône les représentes. Ce n’est pas t’en l’importance d’un événement pour lequel tu conçois un message graphique qui est plus important, mais le message lui-même. Il peut devenir dangereux, dans son sens propre, par la façon que les gens le liront. Et, ce que je viens d’expliquer est une des première règle qu’un designer graphique devrait savoir!

    Je ne pense pas non plus que nous soyons encore en troisième année. (pardonnez-moi mon sarcasme) Ce qui est amusant, peut toujours le rester sans oublier de tenir compte de tes responsabilités en t’en que communicateur visuel. ….Milton Glaser ‘Ten things I have learned’, 2001.

    Finalement, je n’utiliserais pas le terme « think tank » pour résumer le travail de Simon. Je dirais plutôt que ça ressemble plus à du « do tank ». Do it and don’t think! Voici l’avenir de l’image de nôtre Patriote et des gens qu’il représente!

  10. 10 François-B.

    Karen, je pense qu’il est important de choisir ses combats. Nous pouvons argumenter là-dessus de midi à quatorze heure, mais il y a des trucs plus graves, plus importants. Je suis déjà suffisamment fâché dans la vie…

    Pour l’impact qu’aura dans l’univers cet exercice, le terme dangereux me semble hors de proportion. Je vous trouve bien dure avec Simon et sa bande de HO-MA. J’aimerais bien que Simon se défende lui-même, d’ailleur. Je suis dans la position ironique du fédéraliste qui défends une icône séparatissse (oui-oui, je suis québécois quand-même…).

    Je suis d’accord que nous sommes responsables de ce que nous faisons (et de ce que nous pensons). Je crois que le collectif a fait au mieux de ses connaissances, à livré une réflexion sur ce qu’il connaissait. Je ne crois pas que Simon et sa bande de HO-MA avaient l’ambition de produire une icône universelle et représentative du tissu social québécois. Si oui, et bien, ma réponse serait différente. Pour ma part, c’est ma dernière intervention sur le sujet à moins d’attaque personnelle.

    La citation de Glaser est vachement bien. J’y ajouterais une de mes maximes personnelles :

    « L’important, c’est ça qui compte. »
    François-Bernard Tremblay ‘Unpublished works und poêmes choisis’, 1998

  11. 11 Karen Lacroix

    Je crois que je viens de toucher une corde sensible!

    Pour ce qui est de choisir ses combats, je crois que le mien à clairement été souligné.

    Si non, je ne suis pas certaine si je suis d’accord avec ta maxime très cher François, mais je serait plus que curieuse de vous lire.

    Dites-moi ou je peux me procurer ces ‘Unpublished works and poêmes choisis’?

    Au plaisir… pour un nouveau débat! ;)

  12. 12 Pascal Henrard

    Le patriote marche penché. Il lutte manifestement contre quelque chose. Le vent? Le poids des ans? La lourdeur de l’administration fédérale? La tristesse d’un amour perdu? La slotche qui lui colle aux pieds?

    J’aurais peut-être préféré un patriote plus fier de lui, qui avancerai d’un pas solide, qui se dresserai face à l’adversité.

    Celui-ci marche penché. Mais au moins il avance. Et à force d’avancer, c’est certain, il va arriver quelque part.

  13. 13 fran6co

    moi je trouve qu’il ressemble à Pierre Lapointe

  14. 14 Antoine Nonnom

    Peut-on voir l’illustration en plus haute résolution ? Si ça se trouve, mon commentaire serait complètement différent avec une version haute-déf.

    **
    L’erreur, dans ce cas-ci, c’est qu’à l’époque, le Canadien-Français se reconnaissait en l’illustration faite par de la Potherie en 1690 et plus tard par Julien en 1837.

    Maintenant, en 2008, je doute que quiconque se reconnaisse en la version proposée.

    Évidemment, les deux premières illustrations étaient plutôt descriptives, du genre «Voici à quoi ressemble un Canadien-Français / Patriote» alors que la version actuelle va plus loin en proposant un icône symbolique.

    Pas besoin de mettre un jeune blanc-bec avec des écouteurs et des souliers de course pour faire post-millénaire. Néanmoins, je pense que la version «actuelle» manque justement d’actualité.

    **
    Autre question : après le drapeau et le symbole du Patriote… à quand un re-wording du «Je me souviens» ?

  15. 15 adrien

    Pour moi il s’agit de symbolique. Tout le monde ne se baladait pas avec un fusil à la main en 1837 que je sache.

    Il y a des milliers d’interprétations possibles à ce message. On peut simplement comprendre qu’il y a moins de citoyens engagé dans « le combat » aujourd’hui (j’entends par là vraiment engagé, il ne s’agit pas de juste faire suivre une information ou de sortir dans la rue seulement quand quelques milliers de personnes y sont déjà).

    Et n’oubliez pas qu’il s’agit avant tout d’un travail graphique (qui par ailleurs est très réussi) ! Vous vouliez quoi un geek devant son clavier d’ordinateur ?

  16. 16 Air fou

    Ton image est en lien chez moi ainsi que le billet.
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    Merci pour cet excellent travail.
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    « Je me souviens » garde son sens, et il faut encore agir, ensuite! Pas comme l’hymne national canadian, empreint de religiosité et de soumission. La croix, il faut la déposer sur son bulletin de vote au lieu de la porter. Et le passé canadien, français ou anglais est loin d’être si glorieux, hein…
    Certaines choses le furent, d’autres sont à ne pas répéter.
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    J’aime bien aussi l’autre version, parce qu’elle parle de cheminement historique.
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    C’est de plus certain qu’en allant vers la droite (:D) on n’ira vers aucun changement! Graphiquement, tu marques ainsi l’opposition, le contre-courant. Excellent. Faut arrêter de s’excuser de penser et d’avoir des idées. J’ai aimé ta réponse au commentaire lancé gentil,ment avec une litote : tu as dit plus intelligente. Exactement. Voilà encore un petit geste qui a beaucoup de valeur dans la vie de tous les jours.
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    Et ce n’est pas parce qu’on doit faire évoluer les images et les messages en fonction des changements sociaux que tout doit être jeté. Ce genre de com est tellement facile.
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    Bravo, donc. Et bonne célébration de cette fête, demain, lundi le 24 mai 2010, en espérant que tu reçois des avis de commentaires sur des billets passés. ;-)
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    Air fou

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