Design Canadien

L’exposition du concours Graphex 2006 s’offre un arret à Montréal. Ce concours PanCanadien organisé par la GDC posait la question sur l’identité du design Canadien. Mettez-vous à la place d’un touriste islandais qui débarque ici et qui vous demande qu’est ce qui est remarquablement Canadien par son design graphique? Le logo du CN? l’identité de Postes Canada? Quelque chose qui traverserait les époques et qui exprimerait toujours une identité CanadienCanadian…L’exercise est d’autant plus difficile que nous avons le nez dessus. Y a t’il quelque chose? Qu’est ce qui, en design graphique, mériterait la mention de Canadien?


22 commentaires sur «Design Canadien»

  1. 1 Simon Éthier

    J’aime l’introduction de Paul. C’est trop souvent un compromis mollement défendu, (perdu dans une mer de bureaucratie, assaisonné aux financement public).
    On pourrait dire: c’est du design américain, mais en plus européen, mais ce serait se définir par rapport aux autres.
    Peut-être qu’on passe trop de temps à se demander c’est quoi être canadien, et pas assez de temps à l’être.
    Peut-être qu’on se cherche trop donc on ne se trouve pas, et peut-être qu’on sait trop ce qu’on ne veut pas être, sans savoir ce que l’on veut.

    [En passant, pourrais-je savoir où, quand et comment Graphex «s'offre un arrêt à Montréal»?]

  2. 2 Marc Kandalaft

    A travers mes différents voyages et ce que j’ai pu y voir, je pense savoir ce que le design canadien a de particulier et qui le rend reconnaissable.

    Il s’agit du côté "nature", proche de la nature… Je sais que ce que je dis est un peu cliché et je ne veux pas généraliser mais c’est ça qui ressort en premier lorsqu’on vient de l’étranger. Voir des feuilles, des animaux, du bois, sur les logos et les images.
    J’ajouterai d’ailleurs que c’est ce qui qualifie le design canadien, bien plus que le design québécois.
    J’ai l’impression que les québécois sont moins attachés à ces symboles typiquement canadiens. Ils ont au contraire envie de s’en démarquer.
    C’est à mon avis leur côté latin et français qui les rend allergiques à ça. C’est un peu comme entre les français et les américains.

    C’est mon humble avis, je peux me tromper…
    Vous en pensez quoi ?

  3. 3 Marc Kandalaft

    Je ne m’inquiète pas :-)
    Surtout que ce n’était pas une critique mais une constatation.
    Moi je trouve ce côté canadien attrayant, dans un monde où tout devient finances, hautes technologies, profit, construire plus, encore plus, vendre et vendre…
    Le design canadien apporte un peu de simplicité, de rêve, même si ça peut parfois tomber dans le cliché, pourquoi pas !?
    Y a des clichés agréables. C’est comme un film qui se termine bien avec un baiser langoureux, pourquoi pas! LOL – C’est agréable non ?
    Et bien moi je dis que le bois, les feuilles, les gentils animaux… c’est cute.
    C’est peut-être à cause de tout ça que certains émigrent au Canada en pensant que tout est beau, gentil et sain, que c’est le paradis sur terre :))

    Non mais plus sérieusement, je trouve cette facette intéressante et je trouve surtout que ça représente assez le côté humaniste des canadiens qui de part leur histoire ont tjs eu un rapport privilégié avec leur environnement.
    Davantage les canadiens français d’ailleurs qui étaient nettement plus pacifistes et respectueux des amérindiens.

  4. 4 Antoine Nonnom

    Donc le Canada est cute ?

    Déprimant…

  5. 5 Marc Kandalaft

    bin voyons !
    Faut pas caricaturer comme ça !
    Oui, y a pleins de choses "cute" au Canada et y a aussi PLEIN d’autres choses…

  6. 6 francisco

    Marc, tu ne crois pas si bien dire!
    En visitant le site de Graphex 2006, on est acueilli par… des feuilles, de l’herbe, des cocottes de pin, et même un moustique!
    Et on peut télécharger le PDF du catalogue, qui nous emporte dans une belle forêt laurentienne, avec araignées, papillons, conifères et autres écorces.
    http://www.gdc.net/graphex

    Pour ma part j’ai toujours trouvé le design graphique canadien un peut trop propre et sage, même quand il est «crotté».

    C’est toujours (du moins ce qu’on voit dans les concours) d’une excellent qualité, impeccable, mais… ça manque un peu d’âme.

    C’est comme un premier de classe qui s’habille en crotté, tsé le gars qui a l’air d’un junkie mais son linge sent le downy, ses cheveux gras sentent le gel.

  7. 7 Pierre-Luc Auclair

    Donc le design canadien est eurotrash? ;)

  8. 8 philippe Lamoureux

    Le savoir vivre de Frenchies résulte des racines Catho des Canadiens français qui elles résulte de la pression du clergé pour maintenir l’ordre établie par le régime Britanique qui ont fait que les ti français d’amérique du nord on été si gentil avec les ti indiens mon cher Marc car autrement je ne sais pas si on auraient été mieux, on a qu’à regarder ce que les colonies Françaises d’Afriques on fait comme répression au près des populations dites «sauvage». C’est vrai Francisco, le design graphique est très propre et très sage, on a qu’à voir la nouvelle identité visuelle que Nucleus a faite pour le Vieux-Port… c’est assez ordinaire pas à peu près, y a des génie du branding qui ont travaillé là dessus qui n’ont pas inventé le ti bleu dans la poudre à laver.
    http://www.grafika.com/

    Eurotrash… Pierre-Luc voyon, le trash est de trop. C’est la nostalgie du vieux continent qui nous anime…sans laissé de côté notre ti côté bucheron.

    Il est temps que le québecois se trouve une vrai identité propre à lui et la défendre corp et âme et ne pas se la faire dérober par ceux qui n’en n’ont pas, là on pourra peut-être voir quelque chose en ressortir tant au niveau du design que dans sa simple perception face au reste du monde.

  9. 9 Pierre-Luc Auclair

    Héhé, inquiètes toi pas Philippe, c’est juste que la phrase "Pour ma part j’ai toujours trouvé le design graphique canadien un peut trop propre et sage, même quand il est «crotté»." de Francisco m’a fait pensé à la mode eurotrash, des gens "pouilleux" mais qui sont tout le temps habillés classe.

    Mais je suis d’accord qu’on aie pas vraiment d’identité Québécoise. Comme Metz le dit c’est pas vraiment grave non plus. Je dirais qu’on a pas encore une certaine "maturité institusionnelle" tels que les New-Yorkais et l’international style, ou les Suisses avec leur style bien connu. On n’est actif dans le domaine que depuis peu je crois, comparativement à certaines écoles qui ont plus de 100 ans à plusieurs endroits. Je ne pense pas que le design change radicalement par les écoles elles-même, mais plutôt par le cotoiement des gens, un peu par osmose si on veut. J’imagine qu’avec le temps on va sûrement développer une certaine signature.

    Probablement que le Québec, ayant évolué un peu en retard par rapport aux autres, a fait son apprentissage du design sur le "tas", qu’on a appris des autres. Je verrais bien d’ici les prochaines années un début de démarquation Québécoise en tant qu’idéologies du design. Ça suit un peu le modèle d’apprentissage individuel je crois; je veux dire par là qu’on doit premièrement apprendre à maîtriser la technique si l’on veut ensuite essayer de réinventer. Un peu comme un musicien qui essaierait de faire de quoi de nouveau, si tu ne connais pas tes notes, accords, gammes, etcetera, qui composent le langage sonore (visuel et abstrait et tout ce qu’on voudra dans notre cas), il risque fort que tu n’auras pas tous les outils pour réussir.

    Quoiqu’il ne fait pas discréditer le design fait par des gens moins matures disons, et beaucoup d’entre nous le sommes (moi y compris), puisque je crois qu’une certaine "naiveté" (je n’aime vraiment pas le mot dans ce contexte) apporte souvent un vent de fraîcheur qui souvent peut passer comme du mauvais goût ou du tout simplement pour de la merde, on n’a qu’à penser au pop art qui était discrédité par les grandes écoles d’art à ses débuts, et on peut voir une certaine tendance à en faire de même avec le graffiti qui commence à prendre de plus en plus de place, passant de l’urbain, de la rue, à maintenant être exposé dans certain musées, à devenir plus "mainstream" — que ce soit bon ou non, certains diront que le message perd de sa force mais c’est trop tôt pour en juger efficacement je crois.

    Donc oui, on n’a peut-être pas de vrai langage propre, mais je crois qu’on a tout ce qu’il faut pour. C’est un peu simpliste de donner des mots clés comme je vais le faire, mais la simplicité a de bon qu’elle est difficile à contredire je pense. Le Québec est large, il est autant urbain que nature, il est multiculturel, souvent engagé, a des positions, le Québec est feuille, fleur, bois, terre, neige, mais aussi béton, ciment, métal, verre matières dont les textures sont souvent ratachées à des émotions, des odeurs. Le Québec est souvent un peu fucké, de par ses positions un peu paradoxales. Il se veut libre, il se veut sans contrainte. Et on pourrait continuer encore. Le Québec ne manque pas de langage pour définir une identité, mais est-ce que le Québec ne serait pas en crise d’identité? Serait-il encore à se définir entre la nature et l’urbain, à se trouver un sens? Je crois que les prochaines années vont définir de beaucoup le Québec futur, et qu’il semble y avoir un certain mouvement qui veut se mettre en place. Je me trompe peut-être, mais c’est une impression que j’ai souvent.

    On peut encore en parler longuement et on va en parler longuement encore, parce que la problématique est très vaste. J’espère bien avoir amené certaines avenues à la discussion, et qu’on aura la force de continuer à s’améliorer.

  10. 10 Philippe Lamoureux

    Ce qui semble se dessiner c’est l’équivalent au point de vue socio-politique d’une équivalence à un état de Dominium du Québec face au Canada. Une pseudo liberté d’émancipation. C’est comme si maintenant le reste du Canada seraient prêt à nous accorder ce statut de Qc autonome…bordel c’est quoi on va être autonome mais il va falloir demandé à Popa si on peut rentrer à 4h du matin, ça n’a aucun sens. Comment peut-on créer dans un carcan répressif et à toujours attendre l’autorisation des autres et à se contenter des miettes. Certains diront qu’il y a eu le cirque du soleil…bein une chance qu’il est parti en tourné et n’a pas attendu l’accord des ti québecois, parcequ’il ne serait jamais devenu ce qu’il est aujourd’hui. Tout le monde le dit, on pue le talent dans plein de domaine…mison là dessus, innovons sans contrainte, foutons nous des autres qui nous considère encore comme des ados boutonneux. Je trouve que ce sujet revient beaucoup à ce que Simon beaudry évoquait dans son intervention Québec International. Le tit Québec deviendra grand, cessons de s’inspiré, on a assez respirer comme ça on est sur le bord de l’hyperventilation.

  11. 11 Pierre-Luc Auclair

    Tout à fait d’accord Philippe, l’exemple du Cirque du Soleil est flagrant. Faudrait qu’on pète notre coche à moment donné et qu’on se mette à se foutre de ce que les autres peuvent bien essayer de nous imposer.

  12. 12 francisco

    Euh, la question était sur le design canadien, pas québécois.

  13. 13 Pierre-Luc Auclair

    Wais, c’est le truc des 4 profs qui ont changé le sujet.

    Mais étant sur un site de la SDGQ, c’était à prévoir non?

  14. 14 Gilles

    Je pense que le design canadien est comme ce que nous avons le plus, l’eau (et froide en plus). Sans couleur, sans saveur et sans odeur.

  15. 15 Hugo L. Casanova

    Deux commentaires :

    1. Un des éléments du design graphique canadien qui m’intéresse particulièrement c’est la problématique de produire des documents bilingues. Toutes les différences typographiques, syntaxiques et même lexiques entre les deux langues officielles donnent du fil à retordre à nos designers. Produire un document qui est bien balancé dans son utilisation du français et de l’anglais en unison n’est pas aussi simple que de séparer l’espace en deux. On voit de très jolies solutions comme de très mauvaises. Le bilinguisme est un problème de design qui est très spécifique à ce pays.

    2. À un moment donné, après avoir pris connaissance de Cartier, la fonte de Carl Dair*, je me disais qu’il serait intéressant de trouver quelque chose dans la forme de cette fonte qui la rende particulièrement canadienne. Une des choses que j’ai remarquées, c’est que la forme des lettre semble avoir été construite avec deux lignes qui ne se suivent pas. Je voyais dans cette approche une référence au fait que le Canada est construit sur des compromis entre plusieurs cultures qui ont décidé (ou pas) de vivre ensemble sur le même territoire. Comme si les lignes extérieures et intérieures des caractères sont des compromis pour arriver à une forme reconnaissable.

    (J’aime bien l’idée de l’aspect «nature» dans le design canadien. C’est vrai.)

    * Cartier a été créée par Dair pour être utilisé pour le centenaire de la confédération du Canada en 1967. Rod McDonald en a fait une famille digitale en 2000, Cartier Book, distribuée par Agfa Monotype.

  16. 16 Bruno Cloutier

    Je suis d’accord avec le dernier commentaire de Martin, à savoir qu’il n’y aie probablement rien de fondamentalement distinctif dans le design canadien. Je cherche depuis le début de cette discussion, et je n’arrive à rien.

    Il y a une culture de la médiocrité au Québec qui fait en sorte que plusieurs se satisfassent de très peu. Je ne pourrais pas dire pour le reste du Canada, connaissant à peine les autres provinces. Il est cependant encourageant de constater que la situation change de plus en plus. Comme il a été dit plus haut (il me semble), il y a de plus en plus de studios qui veulent s’accaparer un marcher de plus en plus restreint ; le design de qualité trouve donc nécessairement sa place dans de plus en plus de contexte.

    Le design canadien (et québécois) est aussi, en mon sens, excellent. Il est peut-être en manque d’identité, mais ça n’affecte en rien sa qualité. Peut-être que ça lui enlève un peu de saveur (comme le mentionnait Gilles), surtout si l’on se réfère à des pays (ou à des situations géopolitiques) comme Cuba, la Pologne ou la Hollande.

    Peut-être est-il aussi trop semblable au design américain. On ne se sent pas trop dépaysé quand on se rend aux États-Unis. Tout au plus on voit la dernière pub de Nike ou de Budweiser quelques semaines avant qu’elle ne soit diffusée de notre côté de la frontière.

    _ _

    À ce titre, j’ai peut-être l’impression qu’on ne considère pas le design (graphique ou autre) comme faisant partie de notre identité culturelle, mais uniquement comme un simple bien de consommation.

    Pour revenir encore une fois avec la Hollande ; une des choses qui fasse en sorte que le design là-bas y soit d’ausis grande qualité est que la population en est avide, et s’y identifie. Le design de qualité trouve sa place partout, autant dans l’architecture de luxe que sur les cartes d’appel interurbain. Ici, le bon design se vend (presque) nécessairement cher, et la population ne semble pas en avoir grand chose à cirer.

  17. 17 Bruno Cloutier

    Je suis d’accord avec le dernier commentaire de Martin, à savoir qu’il n’y aie probablement rien de fondamentalement distinctif dans le design canadien. Je cherche depuis le début de cette discussion, et je n’arrive à rien.

    Il y a une culture de la médiocrité au Québec qui fait en sorte que plusieurs se satisfassent de très peu. Je ne pourrais pas dire pour le reste du Canada, connaissant à peine les autres provinces. Il est cependant encourageant de constater que la situation change de plus en plus. Comme il a été dit plus haut (il me semble), il y a de plus en plus de studios qui veulent s’accaparer un marcher de plus en plus restreint ; le design de qualité trouve donc nécessairement sa place dans de plus en plus de contexte.

    Le design canadien (et québécois) est aussi, en mon sens, excellent. Il est peut-être en manque d’identité, mais ça n’affecte en rien sa qualité. Peut-être que ça lui enlève un peu de saveur (comme le mentionnait Gilles), surtout si l’on se réfère à des pays (ou à des situations géopolitiques) comme Cuba, la Pologne ou la Hollande.

    Peut-être est-il aussi trop semblable au design américain. On ne se sent pas trop dépaysé quand on se rend aux États-Unis. Tout au plus on voit la dernière pub de Nike ou de Budweiser quelques semaines avant qu’elle ne soit diffusée de notre côté de la frontière.

    _ _

    À ce titre, j’ai peut-être l’impression qu’on ne considère pas le design (graphique ou autre) comme faisant partie de notre identité culturelle, mais uniquement comme un simple bien de consommation.

    Pour revenir encore une fois avec la Hollande ; une des choses qui fasse en sorte que le design là-bas y soit d’ausis grande qualité est que la population en est avide, et s’y identifie. Le design de qualité trouve sa place partout, autant dans l’architecture de luxe que sur les cartes d’appel interurbain. Ici, le bon design se vend (presque) nécessairement cher, et la population ne semble pas en avoir grand chose à cirer.

  18. 18 Simon Éthier

    En même temps, nous sommes en 2006, et penser de façon nationale ou locale dans un contexte aussi numérique que le graphisme me semble un peu dépassé. Le mélange des styles/des approches par l’entremise de publications sur le web entre autres se fait sentir plus que jamais. Au niveau stylistique, ça paraît évident: on voit du simili-suisse qui vient de partout, on voit du simili-japonais qui vient de partout, sans parler des courants de plus petite envergure: l’utilisation intempestive du Rosewood, du DIN, le style «western», les référence à la culture urbaine (graffitis et autres), le style «techno», le style «vintage». Culturellement les graphistes d’aujourd’hui sont souvent plus influencés par des créateurs très loin d’eux, plutôt que par leur environnement immédiat. Cela a du bon.

    C’est sans compter les commandes que els graphistes d’ici réalisent pour un public étranger. Je me rappelle d’une anecdote racontée par Ruedi Baur dans sa plus récente conférence à l’UQAM: pour représenter l’essence, l’archétype des Suisses, il cherchait un étranger; il avait donc demandé à un Chinois d’illustrer une signalétique pour une exposition (dessin d’une garderie, d’un restaurant, etc.).

    Peut-être que nous sommes dans le tort de vouloir chercher à tout prix une facette canadienne dans notre production. Peut-être qu’on développe lentement une véritable approche internationale, plus flexible que l’approche moderniste. Peut-être que le «village global» n’existera jamais ailleurs que dans les rêves de McLuhan.

    Cependant, on pourrait voir cette tendance mondialisante contrebalancée par l’émergence d’influences très locales, rattachées à certains groupes précis d’individus. Parler d’un style québécois est-il plus à propos que de parler d’un style canadien? sûrement pas. Pourrait-on par exemple parler d’un style montréalais?

  19. 19 Gilles

    J’aime bien le commentaire de Bruno sur la Hollande. C’est en quelque sorte la pression excercée par la demande qui pousse les designers à se dépasser. Mais je soupçonne aussi le fait que les designers ont des contraintes différentes face aux livrables (lire plus de lattitude).

    Pour illustrer mon propos, je suggère de comparer les billets de banque canadiens et hollandais. Et pouquoi pas les timbres poste?

  20. 20 Bruno Cloutier

    Ou les cartes d’appels. Combien de personnes ici peuvent se vanter d’en avoir une designée par Experimental Jetset?

    Pour ce qui est des timbres, il y en a toute une page dans False Flat, un livre superbe sur le design hollandais (designé par Irma Boom), écrit par le directeur de la Netherlands Architecture Institute (NAI) à Rotterdam.

    _ _

    Il faut dire que la Hollande est un des pays du «vieux-monde». Ici, on est tout jeune. On va bien finir par s’en forger une.
    _ _

    J’aime bien le commentaire de Simon, qui réfère au concept de frontières. Parce qu’effectivement, il n’y a pas que les frontières géopolitiques qui délimitent nos espaces mais aussi des liens d’appartenances à des communautés extrêmement complexes. Il est possible de considérer «notre espace» en terme de famille, quartier, ville, région, province, pays, continent, planète et donc en relation à un facteur purement géopolitique. Mais le concept de frontières est également présent dans les manières de penser et de vivre. Elles sont délimitées par la langue que nous parlons, les vêtements que nous portons, la musique que nous écoutons et, dans le cas des designers, des influences auquelles nous sommes parfois fidèles.

    À ce sens, est-il effectivement pertinent que d’essayer de définir un style canadien?

    Du fait justement que nous soyons un pays aussi jeune, avec une culturelle graphique aussi peu développée, est-il même pertinent de penser qu’un jour nous nous doterons d’une identité visuelle propre?

  21. 21 Marc Kandalaft

    L’identité du design canadien, à mon avis, va de pair avec la diversité culturelle canadienne.
    Pays jeune, forte immigration, mélange de cultures, de langues, de références, d’influences artistiques…

    C’est normal qu’on ait du mal à cerner cette identité.

    Alors que dans les vieux pays comme la France, quelque soit l’importance de l’immigration et de l’apport extérieur, le patrimoine RESTE bel et bien présent et fort.
    Toutes les nouveautés viennent se greffer à ce patrimoine, à ses traditions, pour l’enrichir mais il reste quand même une forte ligne directrice.

    Je pense que ce qui joue aussi, c’est la conscience qu’a le peuple de sa propre culture artistique.
    C’est de cette façon qu’elle est préservée et renforcée.
    Je ne pense pas qu’au Canada, ni même au Québec, le peuple ait une grande connaissance de son propre patrimoine artistique.

    De plus le Canada et les E.U. ont eu dans le passé des influences très similaires pour ne pas dire quasi-identiques.
    Or les E.U. se sont "accaparé", par la force des choses, tout ce patrimoine, grâce à leur taille et à leur dynamisme et à leur médiatisation.
    Du coup ça donne l’impression que le Canada n’a pas d’identité alors qu’elle en a une et je la qualifierais d’Américaine du Nord.

    Il faudrait donc peut-être tout simplement parler d’identité Américaine avec des influences régionales : Canada, Québec, New York, Californie… etc

    Cela ne veut pas dire que le Canada ne peut pas se forger une identité propre et plus distincte, mais cela demande du temps.
    En même temps, je ne sais pas si avec l’évolution actuelle du monde, on pourra, comme dans le passé, lier un pays à une culture graphique très précise.
    Il y a de tout partout maintenant : du design américain en Asie, de la french touch aux EU, du design anglais en France, de l’asiatique je ne sais où et tout se mélange.

    A partir d’aujourd’hui, les pays se feront surtout remarquer pour la diversité de ce qui s’y produit, plus que pour un courant très précis qui y a vu le jour (même si ça reste important).

  22. 22 Martin L'Allier

    Un blogue est apparu récemment sur le sujet: http://www.canadiandesignresourc...

    Et la collection des affiches de propagande de guerre digital.library.mcgill.ca…

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