Performant ou légume ?

L’époque que nous vivons tant à tenir le discours de l’ultraspécialisation comme prétexte de performance et de rentabilité. Je rencontre souvent des graphistes et autres «créatifs?!» pour qui le support matériel ou immatériel de leur(s) création(s) est un facteur limitant. Comme si le papier leur faisait peur ou pour d’autre c’est l’écran…ou
(si je pousse un peu plus loin) le format, le contenu, le nombre de couleur, la signalisation, l’affiche, le flyer, le rapport annuel et j’en passe. Cette tendance à vouloir faire croire que seul le spécialiste des spécialistes aura du travail et saura répondre à un problème, me laisse sans voix. J’en arrive donc à me demander si je fais beaucoup de choses différentes – le fais-je mal ? – (c’est ce que l’élite en pense), car j’essaie …tant bien que mal , ou bien si tout simplement je ne sais rien faire.
Mais assez parler de moi, car j’entends déjà tout le monde m’écrire que tu es comme si, tu veux faire ça…c’est ton problème. Ok….donc, plutôt voici ma proposition :
Tout graphiste, créatif, ou ce que vous voulez, ne devrait-il pas faire preuve de curiosité, d’ouverture, essayer, s’adapter, tester ? J’ai mon avis là dessus, mais pour beaucoup de monde…on dirait que non ! Certains s’ultra-spécialisent dans la typo, d’autre dans le web, d’autre ne font que du design de signalisation, j’en connais même certain qui ne jure que par la mise en page de livre….
Je comprends que l’on soit attiré par certaines choses plutôt que d’autre…encore que..?….Mais d’ici à se limiter (car on limite les risques de se planter!) à des projets du même type avec les mêmes contraintes, les mêmes intervenants… On ne prend pas de risque, on n’apprend rien de nouveau, on répéte les mêmes tics encore et encore…
Tout ça pour dire : à force de faire de s’attaquer aux mêmes problèmes, devient-on meilleur ou plus mauvais ? Est-on de plus en plus curieux et ouvert à toutes sortes de choses ou au plus renfermé et persuadé d’être le meilleur dans sa catégorie ?


36 commentaires sur «Performant ou légume ?»

  1. 1 Frédéric Galliot

    cool
    Premièrement, je dois dire que je suis content de voir un autre sujet, on dirait que ça stagne depuis des mois
    Deux: wow! la photo est vraiment bien, justement dans ce contexte de "ok on recommence à discuter"
    Ça réveille. Merci.

    Bon.

    Le designer, en dehors de la relation malsaine qu’il entretien avec ses petits crayons et son ordi, n’est-il pas avant tout un interprète qui sert à convoyer les idées non formulées d’un client à un fabricant(imprimeur, éditeur, etc)? Par ex. : Quand on a fait un et plusieurs sites web, on développe une "expertise" dans le langage, l’architecture, les conventions, les clichés "web". Donc on est plus en mesure de les travailler, de les communiquer, ou de les éviter.

    Peut être que je pense trop en termes de chaîne de production ?

    C’est évident qu’il y a des domaines de pratique qui sont plus "glamour" que d’autres, ou tout simplement des domaines qui sont mieux maîtrisés par certains et moins par d’autres. (On limite les risques de se planter oui)

    Par contre, je doute qu’un véritable "créatif" ne "répète les mêmes tics encore et encore", ou il se ferait démasquer assez vite non?

    Donc tout ça pour dire, en vrac, qu’on devient non pas meilleurs ou pires, mais plus "avertis" dans un domaine donné.

    (Ce n’est que très rarement le même problème de toute façon, parce que le client et le mandat font partie intégrante du problème. À moins que le client ne revienne pour la même même même chose plusieurs fois par année….?)

  2. 2 Jean-Sébastien Dussault

    Ouais, bon.

    Je viens d’écrire une vingtaine de lignes pour me rendre compte que je disais pas ma la même chose que Frédéric.

    Peut-être juste ajouter que je différencie spécialisation et expertise.

    Quand qu’on parle d’un domaine (édition, rapport annuel, affiche, pochette de disque,…), je vois ça comme de l’expertise développé par circonstances, habileté, notoriété ou décision d’affaires.

    Expertise, donc expérience, donc, oui, "meilleur", plus habile et plus professionnel. Je ne crois pas non plus qu’on tue le coté créatif en développant une expertise. On se retrouve éventuellement devant de nouveaux défis, même en restant dans son domaine.

    Par contre, la spécialisation me dérange plus. Un système à la chaîne où des individus répètent les mêmes fonctions ad vitam aeternam. Ils deviennent très performant dans ce qu’ils font, mais tout devient automatisme et ça, ça tue l’étincelle créative. On voit même de nos jours de la spécialisation encore plus pointue. Avant, on avait des personnes dédiés à la retouche photo, maintenant voit des gens qui ne font que du détourage.

  3. 3 Martin L'Allier

    Bon sujet!

    Je ne crois pas que l’on puisse établir un rapport certain entre spécialisation et plus ou moins grande créativité. Il y a des spécialistes peu créatifs et d’autres qui le sont beaucoup. Comme à tous les niveaux de la profession… et de la plupart des autres métiers (du moins, je tends à le croire).

    Je pense que la spécialisation peut être avantageuse tant que l’on s’en sert pour valoriser son profil professionnel – un spécialiste de tel ou tel sujet pourra, en théorie, apporter une solution plus performante pour une problématique qu’un généraliste, tant que l’on demeure dans son champ de spécialité.

    Puis il y a aussi le temps investi à apprendre sur un sujet et à approfondir sa connaissance. Prenons l’exemple fictif d’un designer web. Il y a quelques années, il a appris à maîtriser Flash jusqu’à un niveau avancé, maintenant il se concentre sur le CSS, le PHP et le Xhtml. Apprendre ces logiciels, ces langages de programmation et, surtout, à penser en terme de design pour écran, demande du temps et un intérêt soutenu. Le temps d’apprentissage étant rarement payé cela devient coûteux et pas si stratégique financièrement/professionnellement de ne pas valoriser au maximum ces acquis.

    Un généraliste en design, c’est le niveau de base, tu apprends à utiliser le langage visuel puis comment l’appliquer de façon créative et efficace pour les besoins de mandats variés. C’est le niveau fondamental, la base essentielle que toutes et tous devraient partager. Je tends à croire que nous sommes plus généralistes que nos prédécesseurs (avant, tout n’était-il pas segmenté en métiers distincts: retoucheur photo, typographe, illustrateur, maquettiste, … ?)

    Le design graphique est, à notre époque, riche de ramifications que nos prédécesseurs n’auraient pu imaginer. Sébastien en mentionne plusieurs dans son texte (édition de livre, dessin typographique, motion design, interfaces web, signalisation, bornes interactives, graphiques d’information, ergonomie des interfaces, …). N’est-ce pas normal, dans ce contexte, de vouloir explorer un domaine plus en profondeur? Curiosité intellectuelle, affinité, hasard bénéfique, opportunité de carrière, …

    Si on parle de signalisation, on sera d’accord qu’il faut un minimum de connaissances pour bien réaliser ce mandat (lisibilité, spatialisation, priorités des niveaux d’informations, capacité de tester des prototypes auprès d’utilisateurs potentiels, …). Parce que c’est plus que de réaliser un stylisme adéquat.

    Si je reviens à mon exemple du designer web, celui-ci sera probablement en mesure de penser des interfaces plus intelligentes que le designer de livre qui s’essaiera au web. Il le fera possiblement en beaucoup moins de temps. D’où l’intérêt des équipes multidisciplinaires, les capacités se multiplient et s’ajoutent.

    Étant un boulimique de l’information et du design, je partage l’inquiétude de Sébastien pour ceux qui se limitent à un seul sujet d’intérêt, un seul médium. Faut de tout pour faire un monde…

  4. 4 Sébastien

    Bon, je vois que les commentaires sont assez intéressants. Mais je continue à croire que sous la notion d’expertise, on en vient à une spécialisation. Ne peut-on pas être expert en design graphique (quel que soit la finalité du projet ?)

    Martin, tu parles de quelquechose de très intéressant : la notion de temps. En effet, pour toi l’expert saura répondre au besoin en moins de temps…c’est assez vrai, mais sera-t-il un designer qui apportera un regard neuf sur le projet.
    Il a fait tellement de chose dans ce domaine, il en a vu de toutes les couleurs et connait tous les aspects de ce type de problèmatique… mais a-t-il la fraîcheur et l’énergie de celui qui ne connaît pas cela et va tout mettre en oeuvre pour réaliser quelquechose de différent ?
    Mais le point le plus important pour moi est de constater que beaucoup de jeunes graphistes sortant de l’école, ayant à peine survoler un champs d’activité, décident dès leur sortie de pousser leur «expertise» (nulle à ce stade) dans une direction très fermée. Ils s’en vont quelquepart et dans 10 ans, ils diront être des spécialistes du web et seront incapables de faire imprimer quelquechose d’acceptable, de «sketché» une idée ou de faire une affiche.

    D’un point de vue «économique», ils seront de très bons éléments (pas de perte de temps = plus haut rendement), mais comme designer graphique, il seront un peu handicapé, non ??

  5. 5 Martin L'Allier

    Je partage ton opinion, Sébastien, sur le risque que les étudiants prennent en imaginant une carrière trop pointue. J’ai vu le phénomène à l’UQAM où des gens se voient déjà illustrateurs (par exemple) et se contentent d’un certain niveau de médiocrité en typo et dans un tas d’autres disciplines – résultat: souvent inemployables. Pour d’autres, c’est l’«handicap stylistique»: ils développent un seul style qu’ils aiment, en oubliant qu’il faut en explorer plusieurs pour avoir une palette d’outil qui nous permette de répondre à une variété de besoins. Un style n’est pas une fin, c’est un peu comme un niveau de discours, s’agit de choisir le bon au bon moment pour se bien faire comprendre.

    Sur la question «l’expert saura répondre au besoin en moins de temps…c’est assez vrai, mais sera-t-il un designer qui apportera un regard neuf sur le projet.» Je crois que ça dépend de la personne en question. Comme je l’écrivais dans mon 1er commentaire, je pense qu’il y a des experts créatifs et d’autres qui ne le sont pas. Et, d’un certain point de vue, ne peut-on pas se demander si le «regard neuf» que l’on imagine souvent être l’aptitude propre au non-expert n’est pas une vision romantique?

    Un exemple que j’aimerais bien proposer est celui des emballages de médicaments de Target Clear RX créés par Deborah Adler pendant sa maîtrise. http://www.brandchannel.com/feat...

    Était-elle une experte en design pour les pharmaceutiques? Non. Mais elle l’est devenue en se concentrant sur un problème, en approfondissant ses connaissances de l’état de la situation et des besoins tant de l’entreprise que des usagers, en testant et en évaluant rigoureusement différents prototypes auprès de la clientèle. Elle a donc dépassé l’habituelle considération stylistique qui nous est souvent trop chère pour faire du vrai design. Chercher une vraie solution à un vrai problème. Son projet est très créatif et très fonctionnel.

  6. 6 Jean-Sébastien Dussault

    Je ne crois pas que l’expertise dans un domaine mine l’approche créative aux projets. Au contraire, quand on connaît bien les rouages de quelquechose, on est plus libre de se concentrer sur les façons d’exploiter ses possibilités.

    Naturellement, il y en aura toujours qui décideront de rester dans un moule sécuritaire pour tout faire plus vite et faire plus d’argent, mais je ne crois pas non plus qu’ils seraient du genre à trouver des méthodes fraîches dans un domaine "inconnus".

    Ceci dit, je crois également à la force créative qu’un regard neuf apporte, mais il est également accompagné par le risque de trébucher sur son inexpérience. Le risque diminue à force d’en faire, mais là, il tombe tranquillement dans l’expertise.

  7. 7 Jean-Sébastien Dussault

    Coudonc Martin, j’viens-tu de répéter la même chose que tu viens de dire, moi là, là. Désolé :p

  8. 8 Poil Buissoneau

    On ne peut s’interesser a un seul sujet, mais on ne peut pas etre generaliste non plus. Il faut se demarquer dans certaines choses tout en ayant des connaissances en general. En passant, sortez 20$ pi allez acheter le nouveau Voivod. C’est pas vraiment "Rock detente" mais faut les encourager. Allez, ciao.

  9. 9 Jon Noel

    Voici de qui me fait peur: Un client demande à un "spécialiste du web" qui lui a produit son site web de lui décliner le style en identité corporative,carte affaire etc… ….et ont se retrouve avec du Arial imprimé… ouch!

    Malheureusement cet example est vraiment arrivé… un gars de web que j ai renconté 1e année d’université qui m’a répondu que arial était ben versatile!

    Les connaissances d’un medium sont généralement applicable à bien d’autres projets. Notament le désign de communication (signalétique, manuel, formulaire etc) est une expérience qui rapporte dans plusieurs autres genre de désign.

    En terme de style, plusieur désigners populaire ont souvent leur propre style (Paul Rand, Herbert Bayer, Sagmeister pour en nommer quelque uns). Disont que les clients savent à quoi s’attendre du moin.

    Aussi si t’est spécialiste d’un aspect soit pas nulle dans le reste!

    ciao bye

  10. 10 Jean-Sébastien Dussault

    Voyons, voyons, il ne faut pas bitcher de même sur Arial. Même qu’il faut lui être bien reconnaissant: sans elle, nous serions VRAIMENT innondé de Comic-Sans.

    Il y a spécialiste et spécialiste. Dans le web, c’est encore le Far-West. Les programmeurs web se font passer pour des designer, les designers pour des programeurs, pis les clients sont tous des pros parceque leur neuveu ado fait "des beaux sites web" pour l’école.

    J’ai souvent vu des bon designers "papier" se lancer dans la grande aventure du web. Ça donnait du texte en image, des thumbnails d’un meg pis une navigation linéaire… Les sites étaient bien beaux, par exemple.

  11. 11 Iris

    Beau sujet.

    Je pense pour ma part que la "fraicheur" des idées est beaucoup liée à l’enthousiasme qu’on a à travailler sur un projet. Plus on est jeune dans le métier, plus les illusions sont grandes, mais elles permettent parfois de ne pas se mettre de barrières au stade de la création. Avec l’expérience, la douloureuse réalité des contraintes en tous genres devient partie intégrante du processus de création et on va chercher moins loin… avec la routine engendrée par l’habitude, on perd la faculté de voir au delà des barrières.

    Personnellement, le plus motivant pour moi reste encore qu’on me donne un projet en me disant "lâche-toi, tout est permis", même si je sais que souvent le résultat final ne sera pas aussi weird que je l’aurais rêvé.

    Le graphiste idéal, pour moi, dans un monde parfait, est quelqu’un qui arrive à ne pas se laisser contaminer par son expertise dans la phase créative, mais qui sait innover tout en utilisant intelligemment ses connaissances.

    Rien de plus frustrant pour quelqu’un de créatif, je pense, que d’être confiné à la même tâche à longeur d’année sous prétexte qu’on est un "expert" dans le domaine en question..! Mais, comme quelqu’un le mentionnait plus haut, tout dépend du tempérament du graphiste en question.

  12. 12 Philippe Lamarre

    Ça fait du bien de voir le blogue bouger! Nous étions en mode «repos estival» (tout en ressentant un brin de culpabilité quotidienne à voir la poussière s’accumuler sur le site) et voilà que Sébastien débarque avec un sujet riche en points de vue. Bon, je rembarque dans la mêlée!

    Tout d’abord, je crois que la dichotomie entre les adeptes de la spécialisation et les généralistes est un peu semblable à celles qui oppose les extravertis des intravertis ou les polygames et les monogames. La position que l’on choisit découle plus d’un trait de caractère propre à chacun que d’un principe moral.

    Je lance ça comme ça, même si je sais que la définition du dictionnaire est bien différente de celle que je vous propose. Selon moi, un «artisan» est quelqu’un qui se consacre à peaufiner un talent dans une discipline précise. Je pourrais en nommer une infinité, des designers autant que des illustrateurs, des peintres ou des sculpteurs. Il ne s’agit pas tant de se répéter à n’en plus finir, que de se consacrer à repousser les limites d’une discipline, à la manière d’un scientifique de laboratoire en quète du neuvième chromosome de la langouste, d’un gosseux de bois de St-Jean-Portjoly ou d’un designer spécialisé en packaging.

    Quant à moi, depuis que j’ai commencé à travailler dans ce domaine, il y a environ 8 ans, j’ai goûté à tout plein de sortes de projets, du rapport annuel au vidéoclip en passant par des magazines, des livres, des sites web, de la pub, du contenu télé, whatever. J’aime la variété et c’est ce qui me motive quotidiennement. Cela dit, il est certain que le "learning curve" sur un projet est plus long lorsqu’on n’est pas spécialiste, mais quoi de plus stimulant que de découvrir quelque chose qu’on ne connait pas? Ce qu’on perd en expérience, on le gagne en enthousiasme de s’attaquer à un problème auquel on n’a jamais été confronté. Mais bien sûr, rien ne rassure plus un client potentiel que de savoir que vous avez de l’expérience, soit dans son domaine d’activité, soit dans le type de projet qu’il cherche à réaliser. Rares sont ceux qui vous embaucheront parce qu’ils trouvent que votre inexpérience est un avantage.

    J’admire le talent et la patience des artisans, mais j’ai l’impression que mon insatiable soif de nouveaux défis m’empêchera toujours de devenir maître en une seule discipline. Il y a des jours où je me dis que j’aimerais tout arrêter pour me consacrer seulement à concevoir des affiches. Je pourrais passer mes journées à griffonner des idées, à les coucher sur une feuille 24×36 pour ensuite les sérigraphier en deux couleurs moi-même… Et quinze minutes plus tard, je suis tout excité d’avoir à trouver un concept pour un documentaire télé ou un site web.

    Je ne sais pas comment on devrait nommer cette manière d’être. Opposer le terme «artiste» à «artisan» fut mon premier réflexe, mais en y pensant bien, c’était présomptueux de ma part puisque ces deux mots s’entrecoupent bien plus qu’ils ne s’opposent. Proposez-moi quelque chose de mieux, j’aimerais bien étayer ma chambranlante théorie!

  13. 13 Sébastien T.

    On dirait que la petite pause estivale à permis de recharger les batteries et que ça amène de bonnes idées.

    Avant je trouve que Philippe amène un bon point, bien que je ne sois pas du tout d’accord avec le terme d’artisan ou d’artiste. Ils sont mal interprétés (de façon litérale) et n’illustrent pas forcément ce que tu veux dire.

    Par contre, je suis totalement d’accord avec la saveur qui se dégage de ton commentaire. Je crois qu’il y a une stimulation intéressante dans le fait d’affronter de nouveaux défis (même si on n’est pas 100% rapide et performant). Ce que tu appelles «être artisan» serait plutôt pour moi la passion qui anime la personne voulant s’attaquer à un problème et le poussant jusqu’au bout avec un certain perfectionnisme, il a l’envie et prend son courage à deux mains pour trouver la bonne solution….sans bacler son travail….et mettra le temps nécessaire pour arriver à un résultat.
    La curisité et la dépassement de soi doit faire partie intégrante du designer (ou de l’artisan) qui adopte cette voix, car rien n,est garanti – ni le résultat, ni la joie du client une fois le projet terminé.

    Mais je reviens à mon commentaire de base : dans notre société, le fait d’être «diversifié», est perçû comme un inconvénient plutôt qu’un avantage. Le client dit : « il fait tellement de choses qu’il doit être mauvais partout, il se cherche, il survole les choses,…c’est un spécialiste de rien du tout».

    Pourtant dans le passé, les artistes, philosophes, écrivains, cinéaste, illustrateur…etc… étaient d’un curiosité sans borne, ils s’essayaient à des domaines connexes, ils s’amusaient avec tous les médiums possibles et jonglaient (tant bien que mal avec les différentes formes d’art). Les résultats n’étaient pas toujours à la hauteur, mais la curiosité était au rendez-vous.

    Au niveau «éthique» je préfère définitivement un graphiste curieux et multidisciplinaire qui se plante de temps en temps (finalement, on ne sauve pas des vies), mais qui deviendra bien plus apte à s’adapter à diverses réalités et apportera sur le long terme un regard nouveau sur le graphisme.

    Maintenant au niveau «économique», je pourrai aimer un «Spécialiste», il repondra au problème avec diligence, et me permettra d’augmenter mon bénéfice. Mais est-ce qu’il fera avancer notre cause ? J’en doute ?!

  14. 14 Marc-André Boivin

    J’aime bien cette discussion, elle approte une réflexion et beaucoup d’opinions sont émises.

    Pour ma part, je crois qu’il ne faut pas oublier non plus le contexte socio-économique dans lequel nous vivons. Cela influence grandement la façon d’être un créatif selon moi. Selon moi, il était beaucoup plus facile d’être de parfaits généralistes à l’époque de L’Art déco par exemple, où les ancêtres des designers faisaient de tout. De l’architecture du batiment, au design de chaque objet qui prenait place, en passant par toute la promo, là on parlait vraiment de ‘design global’.

    Mais la réalité le permettait aussi, il ne lui fallait pas avoir tout fait en 2 mois. Le problème aujourd’hui et ça ne touche pas seulement notre métier, c’est que tout doit aller vite, être finit avant d’être commencé, tout dépend des sous. À l’époque, l’artiste pouvait passer des années sur son projets ‘global’, y aller à son rythme, expérimenter. J’imagine qu’on devait beaucoup moins avoir la notion de rentabilité.

    Aujourd’hui, vous devez être le meilleur, le plus rapide, le plus rentable tout en sachant tout faire et ce bien sûr au prix le plus bas! Pas pour rien que la spécialisation devient aussi nécessaire.

    D’un autre côté, pour commenter certains commentaires émis plus haut, je ne suis pas d’accord pour dire que le spécialiste donnera un résultat moins neuf et créatif que le généraliste. Car art ou pas, il y a certaines régles, notions et techniques à connaître, et je ne crois pas qu’il soit possible de dépasser les attentes, de pousser les limites, lorsque l’on ne connait pas ces limites. Par exemple, comment proposer une approche révolutionnaire pour un produit web, si tu ne connais pas bien ce qui se fait, les contraintes, les normes, et les techniques. je crois vraiment que de maîtriser un domaine te permet de le dépasser, d’aller plus loin dans ta réflexion, et d’améliorer en toute connaissances de cause un produit ou une manière de faire.

    Bref, bien que je considère que de se limiter à une spécialité soit se tirer dans le pied pour des raisons que d’autres ont déjà mentionnées, je ne crois pas que d’être un parfait généraliste soit possible, pas aujourd’hui, il est impossible de pouvoir suivre le courant, tout assimiler dans toutes les spécialités. ( j’ai déjà assez de difficulté juste à me tenir au courant de tout ce qui touche le design web et multimédia. )

    D’un sens, je reprendrais la vieille expression :« Il faut savoir d’où on vient pour savoir où on s’en va.»

    Et de là à dire que c’est la spécialisation qui fait que des gens se renferment dans leurs habitudes, dans leur sécurité et refont toujours le même genre d’affaires, je ne suis totalement pas d’accord. Je crois que ça n’a rien à voir avec le fait d’être spécialiste ou généraliste, mais bien avec le type de personne que vous etes.

    Tout ça pour dire que je crois que la spécialisation est une nécessité dans le contexte actuel, non pas de dire je ne fais que du web et c’est tout, mais je ne crois pas qu’aujourd’hui l’on puisse maîtriser toutes les voies de notre domaine, faute de temps.

    Qu’est-ce qu’on ferait si tous les médecins, scientifiques n’étaient que généralistes ? Ferait-il réellement avancer autant leur domaines respectifs?

    Doit-on vraiment donner tout ce mérite au généraliste ? Pourquoi penser que le spécialiste a des oeillères? Pourquoi penser qu’il serait limiter dans cette ère d’interdisciplinarité? Je crois vraiment qu’en combinant leur spécialités, les projets y gagnent.

  15. 15 Sébastien T.

    Bon, ok Marc-André, tu as raison sur certains points et il est vrai que tout n’est pas noir ou blanc. Pourtant tu amène un exemple que j’aime beaucoup …tu parles des médecins.

    Bien, le médecin spécialiste aura fait toutes ses études de médécine «générale» qui fait qu’il peut s’il le désire donner un diagnostic sur une maladie allant de la grippe au cancer du sein. Je ne crois pas qu’il pourra pour autant guérir au répondre au problème par des actions qui nécessitent un spécialiste (opération, analyse complexe, etc…)
    Mais au moins, il connait des bases solides qu’il a étudié pendant au moins 6 ans, puis il a dû faire un internat pendant au mois une année avant d’avoir le titre de médecin. S’il décide de devenir un «spécialiste», il devra faire encore d’autres années d’études pour avoir ce titre….Revenons donc à nos moutons…et pour le designer ???

    Certains spécialistes du web (par exemple) ne savent pas faire des marques de coupes sur un document à faire imprimer, à l’inverse certains «experts» de l’imprimé ne peuvent pas comprendre comment optimiser une image pour le web…alors il faut même pas leur parler de CSS ou autre.

    Alors le spécialiste qui bosse dans une équipe «multidisciplinaire» comptera sur ces graphistes complémentaires pour l’éclairer sur ces «technicalités» dont il ne connaît souvent pas la signification.

    Alors oui, plus vite, moins cher, mieux etc….on ne peut pas tout faire (surtout le faire bien), mais il y a des limites à cette «pseudo-spécilisation», car à force de rendre les créatifs productifs, on les rend parfois plus pauvres.

    Sana doute, mon point de vue est mal formuler, je dirai que je suis contre une spécialisation rapide qui lègue trop vite aux autres la responsabilité de connaître un peu mieux le graphisme. Car faire quelquechose pour le web, c’est comme une carte postale ou un rapport annuel…t’as une bonne idée qui fonctionne avec le projet, tu développes, tu as des contraintes, tu joues avec et tu fais de ton mieux pour la réaliser non ??

    Que soit en CMYK, RGB, programmé en Flash, Css, sur une presse rotative, à feuille , à la télévison ou sur un bus…tu joues avec les contraintes et tu y arrives….alors….quel est le problème….???

  16. 16 Simon Éthier

    «Aussi si t’es spécialiste d’un aspect sois pas nul dans le reste!»
    —Jon Noël

    Ça mérite d’être répété, j’aurais pas mieux dit. Combien de fois ais-je entendu à l’UQAM: «tsé, tu comprends, moi la typo, j’m'en fous, je veux juste devenir illustrateur» (ou vice-versa). Dans la vie, avoir plus de connaissance, plus d’expertise, ça ne polluera jamais notre cerveau. Au même titre, je trouve ridicules ceux qui omettent volontairement des diplomes à leur CV pour postuler à un emploi donné. Comme si un employeur intelligent avait peur des employés surqualifiés.

    La spécialisation est un moteur essentiel de notre économie, point à la ligne. Et, comme la spécialisation implique nécessaire qu’il y ait plus de généralistes, la spécialisation ne l’exclue pas. Sur un marché, on peut avoir des freelance qui font d’aussi bons produits que de géantes agences.

  17. 17 François-B. Tremblay

    On cherche de la polyvalence.

    De l’intérêt et beaucoup d’ouverture. J’aime que mes créatifs soient capable de finaliser un travail dans quark et de l’envoyer en impression. J’aime que mes infographistes soient au courant du pitch parcequ’ils arrivent souvent avec de bonnes idées. Ils se font la main. Parfois, c’est la fille de mise-en-page (print) qui trouve une solution à un problème réputé «insoluble» à cause d’une technicalité délirante sur le web.

    Mais, pour de vrai, quand je dispatche la job, j’envoie la photo à retoucher à mon gars de photoshop parcequ’il va réussir la job parfaitement, comme je la veut, en cinq fois moins de temps que les autres. Je donne la création d’un kit promo corpo à celui qui va me le sortir avec un petit edge dans un délai record. Pis c’est pas vrai que mon petit stagiaire d’été va me faire de la belle typo… Les jobs doivent rouler, les délais sont serrés…

    Mais ça, c’est la réalité en entreprise.

    La game c’est que le staff soit payé, qu’il se sente bon et content. Que le client revienne et recommande ton bon service. Et dégager un profit.

    C’est très intéressant d’essayer un million d’affaires mais il ne faudrait tout de même pas faire subir notre apprentissage au client. La «learning curve» n’a pas à se ramasser sur la facture.

    Je crois que l’épanouissement du designer est important et nécessaire et que cela passe par l’éducation, que ce soit en lisant sur le sujet, en se faisant des projets persos, en discutant avec des «experts» du sujet… Mais je ne crois pas que ce soit approprié ou éthique de «s’essayer» sur des jobs. Ça prends au moins une réflexion, une bonne quête d’infos et une démarche solide en-dehors des heures facturables si tu veux garder ton nom et ne pas te sentir comme une crapule.

  18. 18 Jean-Sébastien Dussault

    Selon Peter, un designer super bon dans un domaine pointu sera promu D.A. le jour où il devra travailler dans un domaine qu’il ne connait pas.

    Vous voyez bien que ça vaut la peine de se surspécialiser.

    PS: pour l’étudiant de l’UQAM que tout le monde semble connaître, ç’est du sarcasme. Lâche pas la typo.

  19. 19 Janick

    Bonjour les copains:) Ça fait un bail!

    Je suis assez d’accord avec François-B. Pour moi, tout ce qu’il a dit fait du sens. Peut-être car c’est la réalité de ce que nous vivons?

    Surtout ceci: "Mais je ne crois pas que ce soit approprié ou éthique de «s’essayer» sur des jobs." J’aurais pas pu mieux le dire!

    Notre but ultime est de satisfaire les besoins et problématiques du client (notez, je n’ai pas dit satisfaire simplement le client, car le client ne sais souvent pas ce qu’il a besoin pour de vrai!). Si notre but est de satisfaire les besoins, comment peut on "essayer" quelque chose sur son projet? C’est irrespectueux et non-professionnel. (et là je ne parle pas d’essayer des avenues conceptuelles différentes, je parle de disciplines différentes.)

    Exemple, un client potentiel me demanderais de travailler sur un vidéo corpo. J’ai jamais travaillé la vidéo et je n’y connais vraiment rien. Quel genre de professionnel dirait "oui oui je suis capable, tu vas voir ton produit fini va être super efficace pour ton besoin." On parlerais à travers notre chapeau.

    Si on veut être honnête et intègre envers le client et son besoin, on réfère à quelqu’un qui s’y connait. Pas nécéssairement quelqu’un qui fait juste ça, mais bien quelqu’un qui sait de quoi il parle. Rien n’empêche de mettre la main à la pâte en proposant côté idées, concept, ambiance visuelle, mais bien sûr avec la confiance en la personne qui s’y connaît qu’il nous dirait si c’est idéal ou pas.

    Si je voudrais en faire, alors que j’apprenne seule dans mes temps libres, en apprenant les possibités, etc. et en faisant des projets d’explorations personnels! Ensuite, oui, go for it!! Un client ne devrait pas à avoir à subir nos incompétences et notre ego. Non?

    Concernant spécialisation, généraliste, expert… Je crois qu’il y a plusieurs sortes de niveaux de "spécialisation" possible. Soit par support (imprimé, web, vidéo, son, etc.), soit par projets (affiche, site web, brochure, intranet, identité, etc.), soit par création ou production.

    Je ne vois rien de mal là-dedans, en autant, comme plusieurs le disent plus haut, qu’on ne soit pas totalement "clueless" du reste que je ne fais pas qui concerne ma spécialité et ce qui l’entoure. Faut quand même avoir des connaissances pour comprendre le projet en entier!

    Tant qu’à être sur le sujet, je ne vois pas non plus de problème à être "généraliste" incluant d’autres disciplines connexes. Prenons par exemple le studio Rita, qui font très bien ce qu’ils font autant en design graphique, en design d’intérieur, en design d’évènement et en design d’objet.

    Ou comme Luce qui s’est lancée avec ÉNORME succès dans l’accessoire mode, les sacs Posch faits de matériaux récyclés.

    Mais ceci étant dit, il faut savoir de quoi on parle pour le faire de façon intègre! Il faut avoir exploré le sujet, fait des essaies, des explorations personnels, questionner des gens sur les résultats de ces explorations, et tout cela avant de l’offir aux clients ou au public, à mon avis!

  20. 20 Antoine Nonnom

    Autrement dit, il y a 5 ans, j’aurais refusé un site web à mon client le plus flexible et le plus audacieux simplement parce que je ne connaissais pas Flash sur le bout de mes doigts ? À l’époque, ça a pourtant été un franc succès !

    Souvenez-vous que certains clients sont plus frondeurs que d’autres, et que ceux-ci acceptent de participer à des aventures différentes. Non, ces clients ne sont pas Audi ou Bombardier. Mais il ne sont pas non plus Coiffure Nycole Gaudette ou Casse-Croûte Ben Patate.

    On a vraiment besoin de prendre un cours de 30 heures pour tenter une expérience avec un client qui veut jouer le jeu ?

    Je propose, avec audace, et avec la certitude que je suis un designer intelligent qui livrera le projet demandé en utilisant les moyens qui sont à ma disposition. Ensuite, on me dit parfois oui, parfois non. Tant que le client sait dans quoi il s’embarque.

    De la vidéo ? Une banderole derrière un avion ? Une installation interactive ? Les plus débrouillards n’auront aucune difficulté à s’en sortir.

  21. 21 Janick

    Je n’ai pas dit que devoir connaître de sujet sur le bout des doights était essentiel. J’ai dit qu’il faut savoir au moins de quoi on parle un minimum!

    Si tu connaissais RIEN à la vidéo disons, tu offrirais le service à un client en te sentant respectueux de celui-ci?

  22. 22 François-B. Tremblay

    Je m’attendais à ce genre de commentaire hystérique… Il faut mettre un bémol. Il y a des domaines et des connaissances connexes qui permettent de prendre des projets en dehors de ton «core business». Les grands designers sont souvent multi-disciplinaires et un média peut en nourrir un autre. Quelqu’un peut être diriger une agence et fonder un magazine sympatique de front….

    Ce que je remet en question, ce sont les têtes brûlées qui disent pas de troubles, je vais te faire ton truc sans avoir la moindre idée comment faire. La job est bâclée, probablement en retard, mal foutue. Mais, heye, c’est un designer, il doit pouvoir prendre des chances…

    Aussi, avant de se lancer dans cinquante-six types de projets, il est attendu d’en faire convenablement quelques-uns. Commencer par être au moins «bon» dans un média avant d’élargir sa palette.

    Je ramasse à chaques mois au moins un projet mal-chié par quelqu’un d’autre et c’est rarement la job du beau-frère dans son sous-sol… Des petites agences connues qui décident de faire du branding… et qui improvisent ça sul’bord du comptoir… de fines boîtes de web qui font des catalogues imprimés qui ne s’impriment pas…

    C’est le client qui paye.

    Pas besoin de prendre un cours de trente heures, cher Antoine. Juste de bien calculer les risques. Tu te sens capable de faire de la vidéo? Cool. Mais livre la marchandise.

  23. 23 Sébastien T.

    Je suis assez d,accord avec Antoine…et aussi avec François-B…et peut-être avec Janick. Mais il y a un truc dont vous ne parler pas…les spécialistes qui eux aussi foire le travail. Car il y aura toujours des «bras cassés» qui foirent tout ce qu’ils touchent. Pour moi, le fait qu’untel ait réalisé 18 sites web, ne veut pas dire qu’il a fait des bons sites.
    Aussi comme le dit Antoine, si personne ne prends jamais de risque, et n’a pas l’audace pour se lancer, il ne fera jamais rien d’autre que ce que le hasard a voulu lui mettre entre les mains.

    Donc: vous vous offusquez de voir des designers qui se risquent à faire des projets et qui se plantent…pauvre client, il aurait pas dû se laisser entraîner là-dedans. Mais par contre, personne ne se vexe d’avoir des D.A. ou des chargés de projet dans des boîtes qui n’ont aucune culture visuel, mais savent bien vendre leur salade et flatter le client.

    Le graphisme n’est pas une science exacte, donc les risques sont toujours là même si le «marketing» tente de rendre le tout très mathématique, même le «spécilaiste» peut se planter, non ??

  24. 24 Martin L'Allier

    Est-ce que l’on n’utilise pas ici le terme spécialiste de façon un peu inappropriée?

    Quelqu’un qui se «spécialise» dans la création Web n’est pas nécessairement un spécialiste du Web. En ce sens qu’un spécialiste possède tant une capacité d’exécution, qu’un bagage théorique – reconnu -, qu’une certaine expérience et qu’une capacité d’évaluer la pertinence de ses décisions (en fonction d’objectifs de performance, par exemple, des objectifs qu’il sera en capacité de mesurer l’atteinte).

    Je cite Wikipédia (désolé pour l’anglais, l’article «spécialiste» en version française n’est pas encore écrit:

    «A specialist is a person who is able to solve some predefined class of problems or to execute well some class of tasks, therefore specialists exist in every domain of human activity. Every science, engineering and other domain of social, administrative and, in general, structured activity, has it’s own specialists. Usually, they are officially recognized by proper authorities composed of recognized experts.

    For example:
    * In medicine, a specialist is a physician with the formally recognized knowledge and the capacity of they application in a specific medical branch (e.g. a neurologist or endocrinologist). A physician which is General practitioner (GP), sometimes known as a family practitioner is not considered a specialist in any particular field of medicine.
    * At the New York Stock Exchange a specialist is a trader who makes a market in one or several stocks and holds the limit order book for those stocks.»

    On parle donc de gens qui cumulent une maîtrise des notions générales (le graphiste généraliste) à laquelle s’ajoute une connaissance approfondie d’un sujet plus ou moins circonscrit.

    Si je reprends l’exemple du vidéo-clip musical plus haut, sans vouloir vexer personne, je ne pense pas que l’on parle ici de quelque chose qui a de bien grandes conséquences. Le/la chanteuse lipsync son texte, le tout emballé dans un petit récit visuel… Bouge ici, bouge là, coupure à lui, coupure à elle… et bla-bla du genre. Rien de bien grave ne va se passer si c’est poche. Personne ne va rentrer dans un mur de béton sur Décarie avec son autobus scolaire, personne ne va non plus se tromper de métro en allant au travail le matin à cause de ça. Madame Parchésie ne va pas s’engouffrer 6 comprimés de mauvais médicaments derrière la luette, … Idem pour le site web qui se veut expressif ou carrément expérimental pour, disons, une galerie d’art. Mais fais une connerie dans l’interface du site du Ministère du revenu, ou rate la sécurité des transactions d’une banque et là ça va avoir des conséquences.

    Dans les contextes où les conséquences peuvent être sérieuses – et même plus généralement que ça -, je pense que c’est un grave manque de professionnalisme d’accepter un mandat pour lequel l’on ne s’est pas préparé et où il y a un risque sérieux que l’on ne sera pas en mesure de bien livrer la marchandise. Qu’avons-nous à perdre à inviter des gens plus connaissants dans un domaine précis à s’impliquer poctuellement dans le projet? Un peu d’argent sans doute, mais un client qui risque d’être plus satisfait du résultat et un designer qui se sera moins fait chier à essayer d’apprendre After Effects en un week-end – pour ne s’en servir ultimement que pour ce projet… Bonne versus mauvaise gestion du temps de travail.

    François-B. Tremblay à raison de souligner, lorsqu’il parle des «petites agences connues qui décident de faire du branding… et qui improvisent ça sul’bord du comptoir». Ils agissent en gâche métier. J’ajouterais que l’on en voit des tas s’essayer à faire des sites Web, très axés sur le «design» (en fait un certain stylisme à la mode) qui sont totalement non fonctionnel, chiants à utiliser, puis qui ne sont pas accessible à une grande partie de la population – (et je passerai sur les sites niaiseux où je dois attendre la fin d’une pas si excitante intro, chercher le bouton «off» pour la musique ou la fin d’une animation de menu totalement superflue, … ou ceux dont l’interface est minuscule et où je dois donc «scroller» inutilement).

    Sébastien, tu sembles faire le procès des spécialistes. Moi je ne proposerai à nouveau qu’une chose: à tous les niveaux, il y a des incompétents et des compétents. Point. Et comme le design graphique est en majeure partie improvisationnel et empirique ce sera comme ça jusqu’à la fin des temps. :¬)

    Permettez-moi de faire bifurquer la discussion: le design graphique est-il une profession? (Au même titre qu’architecte, ingénieur, …)
    Personnellement je ne le crois pas. Je suis convaincu que la majorité des praticiens ont «une attitude professionnelle» dans leur façon de gérer les mandats, mais comme nous n’avons aucuns barèmes communs, aucun moyen d’évaluer la pertinence de nos soi-disant solutions, comme l’essentiel de notre travail est «très personnel», ou «inspiré par», ou simplement la sélection d’un stylisme adéquat, je ne crois pas que l’on puisse prétendre à autre chose qu’un artisanat – dans le sens le plus noble du terme, aucune honte à y avoir!

  25. 25 Sébastien T.

    Cher Martin,

    Commentaire très intéressant que voilà, mais je tiens à clarifier quelquechose, je ne veux pas faire le procès des spécialistes, je me demande si s’imaginer «spécialiste» par rapport à un médium ou un type de projet n’est pas réducteur quand on fait du design (quelqu’il soit!)

    Tu parle (comme d’autre avant toi) d’artisanat, j’aime le concept car il me fait penser à un passionné qui oeuvre souvent seul et qui fait des choses en famille (dixit le dico). Ses produits ne sont pas industrialisés, l’idée de «production» comme on l’entend n’est donc pas de mise.

    Pourtant contrairement à cet aspect très romantique du métier de graphiste, il se trouve que nous faisons des choses souvent seul et qu’elles sont produites en quantité industrielle (10’000 flyers, 100’000 brochures, etc…)

    Je dirai donc que le designer «moderne» à le cul entre deux chaises : l’artisan et la machine industrielle de propagande de l’image. Dans ce contexte il est certain que le graphiset doit pouvoir s’entourer, demander conseil, prendre en compte etc… plein d’avis, des conseils, des contraintes. Il est bien sûr important de prendre sa résponsabilité et faire de son mieux pour ne pas mettre le projet en péril, ne pas raconter des histoires à son client et connaître ses limites.

    Martin tu dis justement : «On parle donc de gens qui cumulent une maîtrise des notions générales (le graphiste généraliste) à laquelle s’ajoute une connaissance approfondie d’un sujet plus ou moins circonscrit.»

    C’est là qu’est mon problème, certains spécialistes n’ont presque aucunes notions générales et ils se permettent de parfois de déblatèrer pendant des heures sur le graphisme, mais ne connaissent rien à part leur petit champs d’activité.

    J’adore les spécialistes, mais les compétents et parmi les incompétents, je préfère les «généralistes» car ce ne sont pas des spécialistes dans leur champs d’incompétence.

  26. 26 Martin L'Allier

    Quand je fais un dépliant, je n’en fais toujours qu’une seule copie. Il y a reproduction par la suite en un nombre X. Je ne vois pas comment ça influe sur mes méthodologies de travail… ou sur mon état de professionnel vs artisan.

    «Martin tu dit justement : «On parle donc de gens qui cumulent une maîtrise des notions générales (le graphiste généraliste) à laquelle s’ajoute une connaissance approfondie d’un sujet plus ou moins circonscrit.»

    C’est là qu’est mon problème, certains spécialistes n’ont presque aucune notion générale et ils se permettent de parfois de déblatérer pendant des heures sur le graphisme, mais ne connaissent rien à part leurs petits champs d’activité.» Je partage ton avis Sébastien, mais en fait ce sont des gens qui ne devraient pas utiliser le terme spécialiste. On devrait dire «spécialisé en …» ou carrément technicien.

    Et, il y a des tas de généralistes incompétents, au moins autant que des spécialistes incompétents. Je n’ai pas de chiffres, de statistiques en ma possession, par contre. :)

  27. 27 Antoine Nonnom

    Est-ce qu’on va vraiment quelque part ? On peut continuer à s’entre-citer pendant des jours !

  28. 28 Brigitte Schuster

    Moi aussi, je suis pour le designer qui est capable d’avoir une réponse créative à des media différents. La base de design est toujours la même n’importe quel medium on utilise.

    Pourtant, tout dépends du milieu dans lequel on travaille. Embauchée dans une grande boîte ou chaque étape de travail est divisée, il est évident qu’on restera dans son petit coin d’expertise. Dans ce cas, bien sur, il faut être prudent de ne pas s’enfermer dans son monde qui est déjà petit. Mais il reste toujours de l’espace de s’exprimer en designer en dehors du travail… Quelqu’un active dans des milieu de design diverse (travaillant en petite agence ou à la pige) se trouve toujours devant des nouveaux obstacles. Et voilà sa ‘routine’ qui est plein de curiosité et défi.

  29. 29 Jon Noel

    Un intérêt et une curiosité dans tous ce qui est design est indispensable pour un designer. Toujours faire des rapports annuels ne fait que renfermer le point de vue d"un designer. Même si le designer est ben bon pis qu’il trouve toujours des bons concepts pour ces rapports annuels, on ne peu nier que pratiquer en divers mediums ne pourait qu’accroitre son vocabulaire graphique et renforcir son côté conception.

    La plus grande qualité d’un bon designer, c’est la réflexion et la conception (l’idée) .La technologie n’est qu’un outil. Être spécialiste photoshop ou dreamweaver, ne veut pas dire bon designer. Mais on doit quand même pouvoir exécuter ses projets sans que l’imprimeur te donne un speech.

    L’efficacité avec laquel on travail aide-t-elle la créativité? l’execution doit elle être bonne, si l’idée y est? …. ca dépends de la personne et du projet.

    Il n’y avais pas d’after effects quand Saul Bass à commencé. …cou don, il serait pas considéré un spécialiste lui ?

  30. 30 Marc-André Boivin

    Je crois comme Martin et Sébastien que le terme spécialiste est inaproprié. Il est de plus interprété de plusieurs façons et ça modifie réellement le sens des commentaires.

    Je crois qu’à la base le sujet traite d’un designer qui se restreint à un ou quelques types de médias ( Web, branding, signalétique, vidéo, etc… ), en tant qu’individu versus un designer qui fait de tout, du site web au vidéoclip, en passant par le logotype et le catalogue, tout en faisant un petit saut dans l’affiche culturelle entre 2 illustrations pour enfants.

    Donc, je ne crois pas qu’il soit question d’expertise d’un logiciel, ou des champs exploités par une agence ( lorsqu’elle lance son département de web, une agence enbauchera des programmeurs, des intégrateurs, des designers, etc… donc des ‘spécialistes’ du web. )

    Cela n’exclut donc pas que les deux types de designers soient curieux et au courant du large domaine du design graphique. Et si l’on considère que l’on parle d’une implication totale au projet, cela n’exclut donc pas qu’un "spécialiste" s’implique jusqu’à un certain niveau dans d’autres types de projet. Il ira par contre chercher l’expertise nécessaire pour l’aider.

    En fait, tout dépend vraiment du type de personne et des ambitions de chacuns. Pour ma part, je crois un peu invraisemblable que quelqu’un faisant de TOUT puisse devenir aussi compétent et efficace dans touts ces domaines, parallèlement à quelqu’un qui se limitera à quelques champs. Et comme le dit le vieil adage " on peut pas être bon dans tout ", ce qui nous ‘spécialise’ naturellement selon moi. Personnellement, je n’aurais pas le temps même si je voulais pour devenir aussi performant dans toutes les sphères du design graphique. Mais on ne dit pas non plus que le "spécialiste" puisse apprendre de nouveaux champs d’expertises.

    Bref, je répète sans doute quelques trucs déjà dits, mais bon, je ne voulais pas qu’on se lance dans les histoires de logiciels.

  31. 31 François-B. Tremblay

    Le gars ou la fille qui mange du design et qui planche 24/24, ajouté au talent inné, finira par être bon… Mais, bon, la vaste majorité des designers voient leur boulot comme… du boulot. Ce qui peut être très correct aussi. Neuf à cinq ça peut déjà être un tour de force… Tout dépend des qualités personnelles et des ambitions. Et de la passion.

    C’est un peu comme les musiciens. Celui qui joue de la guitare, du drum, de la trompette et du violon, n’aura pas de difficulté à embarquer sur une basse ou un djembé…

    Mais je pense tout de même que si tu ne comprends pas le design dans son sens fonctionnel mais plus pour son aspect cool et tendance, t’auras beau faire du after effect dans ton sous-sol… t’as quand même rien compris. Si tu sais pas communiquer tu fais juste du bruit. Quelque soit le média que tu touches.

    En passant, Martin a tenté de faire bifurquer la discussion il y a une couples de posts sur un questionnement intéressant. Les designers sont-ils des professionnels? On devrait ouvrir une rubrique sur le sujet… J’en aurais long à dire…

  32. 32 Jean-Sébastien Dussault

    "[designer] graphique est-il une profession? (Au même titre qu’architecte, ingénieur, …)"

    Techniquement, non. On est loins d’avoir les même contraintes et responsabilités, ce qui est la nature même des professions (et non pas une association professionnelle avec un examen corsé, comme plusieurs le croient).

    En général, je ne crois pas que la profession ait besoin de devenir libérale, mais il arrive que certaines abhérations avec de potentielles conséquences peu légères me fasse changer le fusil d’épaule. Je donne deux cas par exemple:

    Signalétique: Signalisation routière sur les autoroutes de Montréal. Il faut VRAIMENT connaître le chemin pour espérer se rendre à bon port sans effectuer une bifurcation de dernier instant en faisant fi des lignes pleines.

    Packaging: Vous souvenez vous du Sloche bleu "Windshire Washer" offert dans un contenant similaire au lave-glace? Il me semble que la règle numéro un en packaging n’est de jamais mêler le comestible et le nocif.

  33. 33 Marc-André Boivin

    "A profession is an occupation that requires extensive training and the study and mastery of specialized knowledge, and usually has a professional association, ethical code and process of certification or licensing. Examples are accounting, law, teaching, architecture, nursing, medicine, finance, the military, the clergy and engineering."

    -Source:en.wikipedia.org/wiki/Pro…

    Désolé pour l’anglais, mais la définition n’était pas complète en français.

    "On peut définir une profession comme « un métier, une activité professionnelle ou un emploi dont l’exercice exige des connaissances spécialisées et une formation scolaire qui est parfois longue et intensive ». Pour être considérée comme une profession, un métier doit réunir au moins les six éléments suivants :

    – un ensemble de connaissances communes;

    – des normes d’exercice convenues;

    – une organisation professionnelle représentative;

    – la perception en ce sens du grand public;

    – un code de déontologie;

    – une procédure d’agrément convenue.
    "

    -Source:http://www.cchra-ccarh.ca/parc/f...

    Donc, à en voir les définition du terme profession, je ne crois pas que notre métier en soit une. Bref, il y a encore du travail à faire afin que le design graphique devienne une profession.

    Et encore ici, il y aurait une belle question à poser : Devrait-on régir notre métier de la même manière que pour ces professions?

    Il serait intéressant de lire les positions, ceux croyants que cela tuerait l’originalité, la créativité et la diversité ( augmentant l’homogénéité de certains types de production ), au dépend de certaines régles. Et de l’autre côté, ceux qui appuraient cette avancée, pour ses avantages certains sur la sécurité et la santé ( emballages plus clairs, signalétique plus homogène et efficace, interfaces de machinerie médicale permettant de sauver les quelques secondes qu’il faut, etc…).

    Mais bon, je crois qu’il faudrait un nouveau sujet, et encore désolé pour ce grand détour loin du sujet original… je n’ai pas pu résister.

  34. 34 Marc Kandalaft

    Je pense qu’effectivement, beaucoup se restreignent. Pourquoi je ne sais pas. Peut-être par peur, ça peut faire peur d’attaquer qque chose qu’on n’a jamais fait avant. Un projet plus gros, un projet qui demande des compétences plus larges…
    Mais alors où sont l’excitation et le plaisir qui devraient être notre moteur principal. L’amour du métier, l’envie d’aller à l’aventure, de déplacer les limites, de décrocher de nouveaux contrats plus intéressants, plus variés…

    C’est une question de caractère aussi. Tout comme certains passent leur vie dans une même ville, d’autres voyagent, découvrent de nouvelles cultures, se mélangent…
    Ce sont des natures différentes, c’est comme ça… et il faut de tout je pense.

    Bon c’est sûr que ce serait préférable dans un domaine comme le nôtre que l’esprit de découverte, le goût de la prise de risque, de l’innovation, de la recherche, du dépassement de soi, soient au RDV.
    L’art est une discipline en constante évolution, une discipline d’avant-garde. Elle ne doit pas stagner.
    Je ne sais donc pas si un tempérament "sédentaire" "frileux" "routinier" peut faire avancer notre métier.

    Encore une fois il faut de tout et comme certains le disaient plus haut, c’est aussi un problème d’appellation.
    Si tu es seulement typographe et bien tu n’es pas Designer ou DA. Si tu es illustrateur c’est pareil.
    Le designer / DA c’est le chef d’orchestre, c’est celui qui doit être polyvalent, qui doit tout maîtriser / connaître pour diriger.
    C’est pour cela que lui, à mon avis, SE DOIT de diversifier, de sonder, d’expérimenter TOUS les horizons du design, de la photo, de l’art en général…

    Tout le monde n’est pas fait pour ce type de fonction. C’est pareil pour le freelance, ce n’est pas tout le monde qui a la fibre de l’indépendant. Et ce que je dis là n’a rien à voir avec le talent.

    En tant que Designer / DA je trouve ça important que certains se spécialisent ou plutôt se perfectionnent à fond dans une discipline. J’ai souvent besoin de gens comme ceux-là. Même si je conçois et réalise 95% de mes créations, parfois il me faut qqu’un qui maîtrise l’html, le flash ou autre sur le bout des doigts. IDEM pour l’illustration, on a parfois besoin d’un spécialiste dans un certain style, qqu’un qui fait ça tous les jours, toute l’année en qui on peut avoir confiance aveugle.
    On en revient au problème de l’appellation… ces gens là doivent se présenter comme infographistes ou illustrateurs, pas designers. A ce moment là on ne pourra plus reprocher leur manque d’ouverture aux autres disciplines, aux autres médias / supports…

    Enfin voilà mon avis en qques lignes.
    C’est une question de philosophie de vie globale à mon avis qui se répercute sur le métier.
    Et même si moi je prône l’ouverture, l’aventure, la découverte, la prise de risque… je ne peux pas obliger le monde à adopter cette même vision.
    Même si à mon sens, c’est la meilleure LOL :-P

    Hey tabarouette ! on ne vit qu’une fois !

  35. 35 Marc Kandalaft

    [ Le mot Design vient du latin designare : marquer d'un signe distinctif. Il est apparu dans la langue française pour signifier à la fois dessein et dessin. Il associe donc deux éléments : l'idée et sa représentation. ]

  36. 36 Steve Poutré

    Vos impressions sur ce sujet sont très intéressantes. Je me pose depuis très longtemps cette question existentielle. Pour ma part, et au risque de répéter des impressions et arguments déjà énoncés plus haut, je pense qu’il est à notre avantage d’être spécialisé en apparence (à travers notre portfolio) et polyvalent sur le terrain.

    Afficher notre spécialiation, c’est-à-dire la niche (ou si vous préférez la sphère) dans laquelle nous nous distinguons des autres designers, aide les futurs clients à nous donner cette importante étiquette, à nous mettre dans un tiroir de leur esprit. Cette réaction de la part de notre entourage est réducteur si on tient compte de l’ensemble de nos compétences, mais ce processus aide inévitablement les gens à se rappeler de nous. Les clients seront alors davantage portés à penser à nous en premier lorsqu’ils auront des besoins dans ce médium spécifique.

    Par la suite, lorsqu’une relation de confiance est établie entre nous et le client, ce dernier se réjouira de constater que nous sommes en mesure d’effectuer sans problème pour lui d’autres applications. Les clients manquent souvent de temps ou de patience pour magasiner chacun de leurs collaborateurs. Ils se rendent la vie beaucoup plus simple lorsqu’ils font affaire avec un seul bon designer, polyvalent et fiable.

    De mon côté, je me spécialise dans le conception et la réalisation de sites web. Lorsque vient le temps de mettre à jour mon portfolio en ligne, j’hésite souvent à ajouter des projets de logotypes ou des documents imprimés. Mais à chaque fois, ma conclusion est qu’il est possiblement à mon avantage de simplement montrer le type de projets où j’excelle. Est-ce que je risque de perdre de façon significative des clients par cette attitude? Je n’en suis vraiment pas convaincu. Il n’est pas rare qu’un client m’appelle et me demande : J’aime beaucoup les sites web que tu conçois, mais est-ce que tu fais aussi de la conception de logotype?…

    Il est stratégique de montrer dans notre portfolio le type de projet que nous souhaitons refaire dans l’avenir, et surtout de présenter le domaine où nous nous sentons le plus confortable. Mais, évidemment, le défi lorsqu’on adopte cette attitude est de faire en sorte que ce «confort» ne nous enlève jamais le goût du risque. Sinon on trouvera rapidement notre métier bien ennuyant…

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