Êtes-vous du type Typo ?

Tous les graphistes ou designers graphiques ou mêmes les infographes et illustrateurs utilisent certains éléments visuels auquels ils ont du mal à échapper; entre autres éléments, il y a la typo. Ne nous battons pas sur les termes : fonte, police ou autres, vous m’avez compris. Que ce soit pour simplement écrire quelquechose, balancer la mise en page, créer un délire trash ou combler le vide (déconseillé, mais souvent utilisé); on aurait du mal à s’en passer. Ceci étant dit, j’en vient à me demander pourquoi les graphistes utilisent toujours les mêmes fontes, ça se passe par vague….un temps c’est DinSchrift, puis Helvetica, puis Univers Extented Bold, puis on passe à Gill Sans…mais on veut avoir l’air différent alors on prend Matrix ou Democratia et ainsi de suite !

Je ne suis pas meilleur que les autres, mais il existe tellement de belles typos dans ce monde que je me demande comment on fait pour en voir seulement une cinquantaine. Je sens déjà la colère monter, vous pensez «Mais ce sont des typos qui marchent, elles sont belles, friendly, cool et surtout je n’ai pas à me casser la tête… mon client, mon prof, ma soeur et ma blonde vont me dire que c’est super cute. Pas le temps de tester ou chercher, c’est du solide je prends Helvetica Neue.» – Manque de temps, facilité, ou autre excuse, c ‘est un choix, pourquoi pas !

Mais j’en viens à la vraie question de ce billet, n’avez vous jamais pensé faire vos propres fontes ? C’est long et pénible, mais en bout de ligne c’est original et ça peut répondre à votre besoin, d’une certaine manière c’est un peu vous! Vous contribuerez ainsi à la multitude de fontes sur les flyers, affiches, rapports annuels et autres choses périssables de ce monde. Mais avec un plus, vous y apporterez votre touche perso – ça peut être laid, beau, mal équilibré ou simplement illisible, ce n’est pas important – je ne suis pas là pour juger du résultat – mais plutôt pour comprendre pourquoi les jeunes graphistes ne se mettent pas à dessiner, scanner ou peindre pour réaliser des fonts bien à eux!

J’attends vos réactions et commentaires à ces questions….et surtout faut qu’ça brasse!


45 commentaires sur «Êtes-vous du type Typo ?»

  1. 1 Rémi Fortier

    Moi j’adore les formes souples de Comic Sans. haha… sans blague, j’avais mes petites préférences au cégep, Gill sans en faisait partie. ITC Eras, ITC Veljovic, etc. Les trucs sans serif. Les serifs, j’ai jamais eu une grande attirance, jusqu’à il n’y a pas très longtemps. Je trouve dommage qu’on n’ai pas appris les bases de la création d’une fonte Sébastien, vois-tu, ça aurait été un plus à ma formation graphique de cégep. Je ne sais pas si c’est ça fais parti du Bac ? C’est certain que j’aimerais avoir une fonte moi, si seulement je savais comment faire..

  2. 2 Lucien Bernard

    Moi aussi j’aimerais ça faire mes fontes. Et puis mon papier aussi, mes encres. Et puis tant qu’à travailler avec des logiciels, j’aimerais ça m’en faire des personnalisés, vous savez, quelquechose qui me ressemle. Une presse rotative aussi serait une bonne idée ou pourquoi pas, mon propre ordinateur de marque Lucien.

    À mais au fait, j’y pense, les derniers siècles nous ont apporté la spécialisation, c’est pour ça que je travaille avec les choses de parfait inconnus des fois. Maudine. J’aurais dû naître au XVe siècle.

  3. 3 cuL

    C’est long et pénible comme tu dis. Je m’éclate donc en dessinant des lettres uniques, des monogrammes ou les quelques lettres d’un logotype. Dessiner une famille complète m’apparaît comme un fantasme que je ne réaliserai peut-être jamais…

    Le temps! Toujours le temps! Trop de projets! Trop de fantasmes! Pas assez de temps!

    Disons une lettre par semaine durant temps libre. 26 lettres bas de casse + 26 lettres haut de casse = 52 semaines. Un an! Sans compter les symboles et les chiffres, les graisses et les italiques… ouf! Un travail de moine scripte comme dit Lucien.

    Pour répondre à ta question: Oui, j’y ai déjà pensé et oui, j’aimerais ça!

  4. 4 Sébastien T.

    Ça me fait plaisir car je me rends compte que Cul et Rémi aimeraient bien faire leur font. Sans doute, le fait de ne pas avoir eu de formation adéquate est un frein à la création…Mais bon, regardons les choses en face, avez vous vu le nombre de fonts mal faites qui existent! Je pense que même avec aucune base vous pourriez facilement faire une fonte, il s’agit d’observer les courbes et de chercher à comprendre. Il faut démystifier tout ça; ce ne sont que des séries de formes qui doivent fonctionner ensemble.Les premiers essais sont souvent très moches, mais on y prend goût et ça devient pas mal – ou au moins lisible !

    Je suis d’ailleurs étonné d’apprendre que la formation ne s’attarde pas plus à cet élément du design, parce que c’est quand même une des pierres angulaires de notre profession.Concernant le temps – oui, oui et oui, ça prend des heures – mais je pense que si on veut vraiment on peut mettre quelques heures sur une lettre, puis une autre, etc…et ça prendra le temps qu’il faut, mais au moins c’est de la création à 100%.

    Maintenant un petit mot pour Lucien, tu l’as dit la spécialisation, mais en tant que graphiste n’est tu pas un spécialiste des éléments visuels qui communiquent quelquechose ? Je crois que oui, et parmi ces éléments il y a des fonts. Si tu sais faire un logo, je suis sûr que tu pourrai faire un «A» original non ? Après c’est une question d’envie, mais pour revenir à tes propos, je trouve une excellente idée de faire son propre papier ou mélanger ces encres pour avoir une couleur inédite. Tu es né au bon siècle, celui ou il est possible de faire soi-même ses caractères d’imprimerie et les tester sur des milliers de documents à travers le monde; faut pas te décourager, c’est le bon timing pour commencer.

  5. 5 Martin L'Allier

    D’abord le terme: en français «fonte» (pas font!), police de caractère, fonte de caractère… tout ça est utilisable. Un caractère (ou glyphe dans le jargon typographique) peut être une lettre, un chiffre, une ponctuation ou encore une illustration

    Oui, faire une typo (autre bon terme) peut être long ou très rapide. J’en ai fait une en 7 heures et une autre en 250 heures (toutes deux distribuées). Tout dépend de la complexité de la démarche et de son niveau de maîtrise du dessin vectoriel et de l’éditeur de fonte que l’on choisira. Faire une police est une démarche personnelle que l’on fait souvent pour son propre plaisir (ou développement, ou même pour avoir un outil personnalisé). Un peu comme un illustrateur qui mélange lui-même ses encres ou monte ses propres toiles. Contexte et goûts personnels entrent en ligne.

    Sébastien, ah que tu as raison de souligner la paresse de la majorité des designers lorsqu’ils utilisent les mêmes vieilles typos (sur utilisées). Penser que l’on est cool en utilisant Helvetica Neue c’est vraiment vivre de fabulation ou montrer son manque de goût et de curiosité typographique. Comme le cuisinier qui n’utiliserait que du sel et poivre pour parfumer ses mets. La sélection de ces typos était parfaitement logique avant les années 90 – car elles seules contenaient des familles complètes et une grande variété de graisses. Le portrait est radicalement différent de nos jours.

    Dans un article récent, Erik Spiekermann rappelle que le choix d’une typographie moins usuelle peut participer positivement au branding d’une entreprise. Aidant à la distinguer de sa compétition, comme une palette de couleur et une approche photo/illustration particulière.

    Nick Shinn a écrit un texte intéressant sur la mouvance «linéale light». Seeing the light http://www.shinntype.com/Assets/... et The Face of Uniformity: Against Helvetica http://www.shinntype.com/Stories...

  6. 6 Martin L'Allier

    On parlera aussi des graphistes / agences qui utilisent des typos sans payer les droits d’utilisation… Du vol?

  7. 7 francisco

    Je ne crois pas que ce soit de la paresse d’utiliser toujours les mêmes fontes. Je suis très bien capable de me gosser une tablette pour mettre des livres, mais IKEA en font de très jolies, et bien mieux que ce que je pourrais faire. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de moins original? Est-ce que mon taux d’originalité est mesuré à mon choix de meubles?

    J’ai déjà fait ça des fontes, l’exercice en était un intéressant, mais le résultat n’est pas le genre de truc que je voudrais utiliser sur un projet! La distance entre un alphabet reconnaissable et un caractère typographique c’est la différence entre une toast au beure de pinottes et ce qui sort des cuisines d’un restaurant gastronomique. Gosser une fonte en un ou deux mois, c’est bien, mais ça n’arrivera pas à la cheville d’un Meta ou d’un Gill (ou de n’importe quoi qui a pris quelques années à construire). Et je ne parle pas d’un caractère sérif, comme Garamond, Goudy ou Didot.

    Ce n’est pas un hasard si la plupart des fonderies modernes travaillent le sans serif.

    Et pourquoi toujours les mêmes fontes?

    En ce moment je vois Gotham partout partout, et ça tombe bien, j’aime beaucoup Gotham. En ce moment.

    On a le droit d’avoir des préférences, des goûts partagés par la plupart des designers en même temps. Ça ne rend pas notre travail ou le leur moins intéressant pour autant. Oui souvent il y a des effets de mode, mais il faut être de son temps pour attirer l’oeil des gens de son temps. On vit dans le même monde et on subit sensiblement les mêmes influences. Et nos clients aussi.

    Quand on choisit une typo sur un projet, on cherche plusieurs options, on compare, on teste, on sélectionne. Mais qu’est-ce qui détermine notre choix final? Il peut y avoir plusieurs facteurs, et le plaisir esthétique en est nécessairement un. Le goût personnel, qui bien souvent est teinté par la saveur du moment. Ce n’est certainement pas un choix objectif.

    Dis-moi quelle font tu utilises, je te dirai quel âge tu as.

  8. 8 Sébastien T.

    Bon – pour Martin – je pense que le vol des typos c’est encore une autre discussion…j’y pense pour un prochain billet ou sans doute, le fera-tu avant moi!

    Cher Francisco, loin de moi l’envie de juger de l’originalité de quelqu’un par ses choix typographiques. Mais tu dois avouer que parfois des graphistes utilisent des font(e)s «sécuritaires» par défaut; finalement il ne s’y intéressent pas et prennent Helvetica parce qu’ils savent que le prof a dit que c’est vraiment un truc qui marche! Maintenant si on parle de la qualité des font(e)s, c’est vrai qu’une typo bossée pendant un ou deux mois ne sera pas à la hauteur de celle faite en cinq ans; mais celle qui a pris cinq ans à naître a bien commencé par un travail de un ou deux mois. Je pense notamment que c’est là que réside la qualité d’une typo, elle naît, se transforme, devient plusieurs lettres et symboles…puis vient le temps des tests, des essais, elle est constamment perfectible, comme ton meuble «fait main».

    Il s’agit d’une question d’envie, pas d’une obligation.

    Concernant les influences et tendances, je suis partiellement d’accord avec toi, car quand on voit une typo «tendance» utilisée dans un cadre qui n’est pas adéquat, on se demande si l’influence ne devient pas de l’ignorance ou du clonage. Je déplore surtout le manque de sensibilité qu’ont certains graphistes face à la typo, on dirait que ça ne les intéressent plus; voilà pourquoi je proposais de créer des fonts.

    Finalement je suis certain que oui «dis moi quelles font(e)s tu utilises, je te dirai qui tu es!», car quand on voit le choix de certains…on devrait leur dire d’utiliser Helevetica….ou Gotham (y paraît que c’est tendance!)

  9. 9 Janick

    J’aimerais bien aussi créer une fonte un jour. Mais sincèrement, il faudrais un bon gros cours de plusieurs jours pour réussir à comprendre comment le logiciel fonctionne (j’y arrive juste pas!), mais aussi pour que la fonte elle soit efficace, les espacements, etc…

    Martin, si tu mets sur pried un cours, tu auras des élèves je crois! :)

    Je vois pas ce qu’il y a de mal à utiliser Helvetica Neue si elle s’applique bien au projet. Je viens d’en finir un avec, et puis? Ça sors super bien et ça "fit".

    Et je m’excuse mais ça veut pas dire que je m’intéresse pas à la typo!!!!!!

  10. 10 Janick

    Rémi… ITC veljovic… j’l'aime ben moi! lol :)

  11. 11 Rémi Fortier

    Héhé, je n’étais pas ironique pour ITC Veljovic, ni pour ITC Eras..mais comic sans… y’a pas mal d’infographiste qui me disent que c’est donc bien beau…que ça donne un look enfantin.. :( moi je suis juste tanné de voir les fontes "par défaut" de Word. qui est tanné du bon vieux Times new roman ? moi !

    Le problème, si vous êtes comme moi, des têtes changeantes, c’est que si je commence une fonte demain, dans un an, j’aurais une autre idée, et l’année d’ensuite la même chose. Je suis malheureusement pas capable de m’arrêter sur quelque chose d’aussi stable pendant si longtemps. C’est comme de me demander de faire une illustration pendant 5 ans… Méchant ramassi de styles !

  12. 12 Janick

    Je sais :) C’est drole, Eras c’était une de mes préférées au cégep aussi!! haha

    Moi c’est Garamond… JE SUIS PAS CAPABLE!!!!!!!!!!!!!! Ma fonte avec empatements en cas d’urgence c’est soit Berkeley ou Baskerville. lol

    Je suis d’Accord avec Rémi, je change d’idée souvent quand c’est pour moi! Ça fait 1 an et demi je suis sur mon nouveau site… Là je crois que j’ai mon idée (mais manque de temps), mais quand j’aurai le temps, j’espère que ce sera encore ce que je veux. Aucune objectivité quand c’est pour moi…

    Alors faire une fonte? J’Adorerais ça, mais est-ce que je serais capable de la finir et que le A soit le même style que le Z? haha

  13. 13 Séb.T

    Hé attention Janick, c’est pas parce que tu utilises Helvetica que tu t’intéresse pas à la typo! Mais elle date un peu, même si elle est super belle, non ?
    La jeunesse typophile créé de très belles choses et je suis sûre que tu pourrai trouver une belle font(e) originale qui ferait la job!

    Je pense juste que garder les yeux ouverts et un sketchbook à porter de main, peu apporter des nouvelles formes aux mises en page actuelles. Tu sais c’est comme Univers Extented Bold…..je m’explique : En 1993, j’étais à Londres pour faire la fête, j’ai commencé à prendre tous les flyers que je pouvais, j’ai même acheter un livre sur les flyers(!!) et 85% de ceux-ci utilisaient UnviversExtBold…cool, ok…bof!

    Maintenant, je me balade à Montréal et beaucoup de flyers des Afterhours ou club «Branchouille» n’ont rien trouvé de mieux que de mettre leur texte en UniversExtBold!! Même style, même font, même gueule, mais 12 ans plus tard…ce doit être un hommage à la boîte «Ministry of Sound» et aux londoniens.

  14. 14 Alain Roy

    J’adore ce blog! Merci pour cette motivation Sébastien, je me rends compte que le confort est parfois et souvent un frein à la créativité. En tant que que graphiste seul dans ma tête il devient frustrant de courir de tout les côtés pour les clients et de ne jamais prendre le temps pour des projets personnels. Créer sa propre typo ou du moins quelques lettres, quel beau défi!! Et comme toute expérimentation graphique, cet exercice peut déboucher sur autre chose! Voilà la création!

    Il est facile et rassurant de choisir une fonte déjà existante, où le confort, choisir la bonne fonte pour le bon projet c’est comme choisir le bon vin pour le repas, tout réside dans le feeling, dans l’âme que l’on veut donner au projet.

    Je vois vraiment la création de ma typo comme une recherche personnelle, n’est-ce pas le travail d’une vie?

    Merci encore pour la motivation…

  15. 15 Erick Marshall

    Désolé, je n’ai pas lu jusqu’en bas de la page…c’est trop long. Moi je ne suis pas de ceux qui veulent LEUR fonte, j’essaie plutôt de voir ce que les autres utilisent pour prendre quelque chose que personne ne prend. Ce qui est étrange, c’est que souvent, après, je vois la fonte que j’ai utilisé partout et je sais que ce n’est pas du plagia. Par exemple, la police de caractère de mon CV est Rosewood et je l’ai fait en mai dernier et personne ne l’avait vu. Étrangement j’ai vu la fonte partout tout l’été (music store d’apple, 7 jours, t-shirt, restaurant…). Est-ce que je copie par inconscience ou est-ce qu’il y a un genre d’inconscient collectif qui fait que l’on choisi des choses en même temps sans le savoir? On prendrait tous la typo "x" en même temps et on se dit "ça va être différent".

  16. 16 Martin L'Allier

    Je ne suis pas l’avocat du «chacun devrait faire sa fonte» – j’ai d’ailleurs parfois du mal à utiliser mes propres créations – par contre, je sais comment ajuster une typo existante pour satisfaire à des besoins particuliers ou à ma fantaisie (comment faire des corrections optiques ou comment rendre plus fluides les courbes d’un italique, …). Tenter l’exercice patient de dessiner des lettres permet, par exemple, de raffiner les logos que l’on travaille ainsi que de regarder les typos existantes avec un oeil plus attentif aux détails et aux rythmes, à en apprécier la qualité du dessin.

    Helvetica est fonctionnelle? Oui, évidemment. Mais c’est une typo froide, rationnelle, sans émotion et qui produit un look générique. À saveur de sous-vide.

    Pourquoi ne plus utiliser Helvetarial? Parce qu’il y a plein d’alternatives contemporaines (avec de vrais italiques et des nuances plus chaleureuses, plus riches optiquement). TheSans, Meta et consorts (Unit, Info, Transport, …), Fedra, Parisine, celles de Process Type Foundry… Il y en a des centaines tout aussi fonctionnelles que Helvetica ou Univers. Bien moins génériques et carrément mieux dessinées.

    Tout autant de possibilités du côté des sérifs contemporains (Scala, Sabon Next, Renard, Charter, Quadraat, …). S’agit de fouiller un peu. Sortir quelques dollars de sa poche et d’offrir quelque chose de particulier à ses clients.

    Moi aussi Garamond me lasse – en passant, bien des éditeurs de livres québécois se réfèrent à une vieille tradition typographique: Garamond pour le livre français, Caslon pour l’anglais et Bodoni pour l’italien. Heureusement qu’une toute nouvelle recréation de Garamond, superbe, a été récemment produite par Adobe store.adobe.com/type/brow…

    La lacune principale dans la formation en création typo à laquelle nous faisons face au Québec est la disparition des cours de dessin de lettre et de calligraphie. J’envie les Néerlandais qui bénéficient toujours de ces formations fondamentales en graphisme. Et combien de belles typos très fonctionnelles et stylisées ne voit-on pas apparaître de ce pays. Le tout faisant partie d’une connaissance approfondie de chaque aspect de notre métier. Tout comme connaître le fonctionnement d’une presse offset permet, à un graphiste, de produire de meilleurs imprimés.

    Une autre avenue est l’exploration du lettrage d’enseigne. Fait main, juste pour un lieu. Il me semble que ceux qui sont blasés d’être assis devant un écran pourraient trouver là une démarche (rare bien sûr) pour créer quelque chose qui nous change des néons ou des décalques infographiques…

    Vous avez bien raison de souligner que la création typo est une démarche longue et qu’il faut beaucoup de patience. Comme toutes les formes de recherche personnelle.

    Paul Toupin a raison de rappeler que la typo sert à communiquer un message, mais il ne faut pas oublier qu’elle sert aussi à évoquer une tonalité particulière (comme l’inflexion pour la voix). Oui, Helvetica fait un bon travail pour ce qui est de communiquer la neutralité, l’uniformité, le rationnel, le corporatisme archaïsant … l’absence d’émotion. Comptable.

    Vous aimez donc la routine typographique? :P

  17. 17 Janick

    Mais je saisssss qu’il y en a pleins d’alternatives, mais c’était mon choix, le helv. neue cond., et puis je regrette pas! J’aime bien freeway c’est temps-ci… les "a" sont vraiment bien :)

    Intéressant ce que tu dis Martin, sur les éditeurs et la fonte choisie selon la langue!! Je ne savais pas ou n’avais pas remarqué ça! Tu connais les raisons de ces choix plutôt que d’autres fontes?

    Je prône pas que chacun aie sa fonte, mais si ça intéresse les gens, pourquoi pas!! Je me dis que j’aime "tweaker" une fonte lors de la création d’un logo, alors j’aimerais surment créer une fonte. Mais c’est un projet d’une beaucoup plus grande envergure!! Encore faudrait-il que je sache comment utiliser FontLab, et que je sache les règles de base pour une fonte fonctionnelle.

  18. 18 Martin L'Allier

    «les éditeurs et la fonte choisie selon la langue!! Je ne savais pas ou n’avais pas remarqué ça! Tu connais les raisons de ces choix plutôt que d’autres fontes?»

    C’est simplement le résultat des traditions typographiques et des différent nationalismes. Par exemple si je ne m’égare dans mes lectures en histoire, en France de l’Ancien régime (monarchie), il eut été impossible d’imaginer l’utilisation des fontes de Caslon: le droit de fondre des caractères était régit par l’Imprimerie Royale. L’importation de poinçons étrangers illégale. Idem dans les autres pays.

  19. 19 Sébastien T.

    Je suis toujours aussi heureux de voir que le sujet proposé en amène plein d’autres. Mais il a quand même un truc qui me fait halluciné : plusieurs d’entre-vous disent ne pas savoir comment faire une font(e), ça a l’air super complexe, ..on a pas les bases…etc…

    Mais bordel, ce sont des éléments que vous utilisez tous les jours dans votre métier et vous ne comprenez pas leur logique ??? Je crois que L’observation et un premier pas et après c’est de la pratique, des essais, des tests..etc. Il y a bien sûr des «trucs» qui aident, mais il s’agit avant tout de regarder et d’essayer de comprendre. Êtes-vous si peu observateur ?? Allez, come on !!

  20. 20 Janick

    Martin, vraiment hyper intéressant. Je crois que je vais faire une petite recherche pour en savoir plus, plus! :)

    Seb, ce que je dis ce n’est pas que je peux pas en créée une, je dis que FontLab, j’ai beau essayer de me promener dedans, dans le help, c’est comme une langue étrangère. Pour ce qui est de certaines règles de base, je tiens ma position. Je considère la création de fonte comme une discipline à part entière et complexe, et je ne veux vraiment pas faire une autre fonte qui est inutilisable ou qui ne respecte aucunes bases établies.

    Paul, superbe ton commentaire! Tu devrais en écrire du genre plus souvent :)

  21. 21 Janick

    Dites, je suppose qu’il doit y avoir quelque part un cours pour FontLab, des bases. Si vous connaissez, postez un lien SVP :)

  22. 22 Martin L'Allier

    La plupart des fontes de labeur – pour utiliser de vieux termes – contemporaines contiennent des variantes TF, soit Tabular Figures – chiffres à chasse fixe. Parfait pour les tableaux.

    Le meilleur livre pour comprendre FontLab est «Learn FontLab Fast» http://www.logofontandlettering….
    Et un bon cours de création en ligne, gratuit, est celui de l’Islandais Gunnlaugur SE Briem: briem.ismennt.is/2/2.3.1a…

  23. 23 Martin L'Allier

    Tu as raison Paul, mais j’imagine difficilement comment, de toute façon, les typos de Carson s’utiliseraient dans le contexte de tableaux de rapports annuels… ce qui est ce dont nous parlons dans cet exemple que tu as apporté.

  24. 24 Séb. T.

    Hello Paul, super bon commentaire et il est en effet très important d’avoir uen police qui marche…mais il a un truc que j’ai du mal à comprendre dans ton exemple : Ne me dis pas que tu fais un rapport annuel de 48 pages et c’est à la fin que tu te rends compte que ta police est foireuse!!

    Je parlais de tests et d’essais dans mon précédent commentaire, tu construis pas quelquechose de complexe avant d’avoir fait un plan et être sûr que les outils/matériaux dont tu as besoin sont adéquats,…non ?

  25. 25 Janick

    merci martin pour ces liens :)

  26. 26 LaMamzelle

    En effet, très intéressant ton commentaire Paul. J’aurais quand même aimé savoir quelle est la police! Tu as piqué ma curiosité…

  27. 27 François-B. Tremblay

    C’est amusant cette réaction face à Helvetica. Début 90, il n’y avait pas un typographe qui se respecte qui osait composer en helvetica… C’était une fonte pour les secrétaires et les amateurs dans CorelDraw. Maintenant que le métier de typographe est laissé à n’importe qui, le niveau a considérablement baissé. Les règles typo semblent inconnues de la plupart des jeunes designers et infographistes. L’arrivée du web ne simplifie pas les choses: la ponctuation française y est impossible pour tout ce qui est html (à moins d’accepter de voir sa ponctuation retomber sur l’autre ligne…).

    Il existe cependant quelques belles fontes plutôt mal construites. J’ai eu le même problème que Paul Toupin, et ce, même à l’extérieur de la conception de rapports annuels… Je vois aussi souvent des firmes faire des choix totalement insensés lorsqu’ils construisent l’image de leurs clients. Des polices à la famille faible. Ou pas d’italique. En branding, je crois qu’il faut toujours proposer des fontes soigneusement testées. Les fontes peuvent être récentes pour autant qu’elles aient été soumises à un large éventail d’utilisation.

    Pour ma part, j’utilise surtout une vingtaine de fontes que je connais très bien et qui ne m’ont jamais laissées tomber. Mais je garde l’oeil ouvert. J’expérimente souvent sur des projets plus courts afin de renouveller ma typothèque. Ces apports viennent souvent de nouveaux collègues de travail qui arrivent avec leurs fontes chouchous. Alors j’abandonne une vieille amie pour une autre.

    Pour revenir sur le sujet, j’ai déjà fait le dessin d’une fonte « display » mais sans jamais en terminer la ponctuation… Pour moi c’est un projet intéressant, un peu comme le jardinage ou la philatélie. Je n’ai aucun espoir de la commercialiser.

    À la mi-90, il y avait eu à Montréal une série de conférences sur la typo (Typomondo, organisé par la défunte boîte de type Zibra) et déjà à l’époque plusieurs se demandaient quel était la validité de produire autant de nouvelles fontes… Voilà qui me semble être une nouvelle piste pour alimenter ce débat, non?

  28. 28 Marc Kandalaft

    J’ai lu certains de vos commentaires et je trouve ce sujet intéressant parce que je me pose souvent ces mêmes questions.

    Pour ma part, j’aime les typographies simples, qui n’ont pas un caractère trop dominant, trop fort, parce que j’aime moi-même leur donner le caractère que je veux ou que je trouve approprié. Ce que je veux dire par là, c’est qu’on peut soi-même personnaliser une typographie, l’utiliser à notre façon.
    Deux blocs textes qui contiennent une même typographie peuvent avoir l’air très différents selon le corps, la graisse, la casse, l’approche, l’interlignage, la longueur des lignes… etc. C’est donc par ces subtilités que j’aime "personnaliser" une typographie et la rendre unique.

    J’utilise très souvent 2 ou 3 typographies max pour une identité visuelle : toujours une simple et classique, la helvetica neue ou l’akzidenz, que j’accompagne d’une un peu plus "spéciale" comme frutiger, Din, Meta ou d’autres. Mais bon, vous remarquerez que même celles que j’appelle "spéciales" sont relativement sobres.
    Je trouve qu’il y a très peu de nouvelles typos qui ont réellement de l’élégance et du charisme.

    Je vais faire une comparaison / un parallèle un peu bizarre : c’est comme les gens en société. Qqu’un qui a une personnalité intéressante, une présence agréable, qui sait être discret lorsqu’il le faut, qui sait donner son avis lorsqu’il a quelque chose à dire, va être de bonne compagnie. Par contre quelqu’un d’exubérant, qui veut sans cesse se faire remarquer, qui veut à tout prix s’imposer, avoir raison… ne sera pas agréable et va toujours être de trop.
    Autre exemple : ceux qui veulent se faire remarquer par l’originalité de leur look, qui portent des marques connues et clinquantes de haut en bas vont peut-être attirer l’attention quelques instants mais seront fatigants pour les yeux au bout d’un moment, ce sont plus des clowns qu’autre chose.
    Et il y a ceux qui vont avoir de l’originalité par la façon dont ils juxtaposent leurs habits (même très simples) et non par les marques.

    Avec la typographie c’est exactement la même chose.

    Voilà donc ce que je n’aime pas dans les typographies tendance ou "modernes". Dès qu’on les utilise, elle deviennent le centre d’attraction. On ne voit que ça.

    Ma règle : ne jamais les utiliser pour des identités visuelles.

    Ou alors conçoit sa propre typographie, et cela m’arrive souvent, mais toujours dans le même but : créer un logotype.
    Développer une série entière, je l’ai fait 2 fois dans le cadre de mes études :
    – Une série calligraphique cursive que j’ai ensuite transformé en typographie
    – Une série typographique créée à partir de 13 modules.

    Ce fut très intéressant et même passionnant, mais ça demande beaucoup de temps, beaucoup de patience. Il ne suffit pas de dessiner 26 ou 52 formes, il faut ensuite tester chacune d’entre elles avec toutes les autres pour s’assurer qu’elles vivent bien ensemble, que l’harmonie demeure lorsqu’elles sont juxtaposées. Puis, les tester à des tailles très petites pour voir si elles ne se bouchent pas et deviennent illisibles… et j’en passe !
    Si on veut donc se lancer véritablement dans le dessin d’une série dite classique, dans le genre Helvetica, il faut avoir le souffle très long parce que l’originalité se trouvera dans les courbes qui doivent être uniques et parfaites, la subtilité des proportions, l’originalité des empattements, s’il y en a… etc. Le temps de recherche est très long, ensuite se pose le problème suivant : quel va être le fil conducteur général ? il faut réussir à donner le caractère de l’une, à toutes les autres pour qu’elles aient une même identité !

    Avec une typographie manuelle, trash ou funky ou cool ou whatever, le problème se pose moins parce qu’on peut + facilement se permettre des maladresses ou des incohérences puisque c’est justement le but : utiliser les imperfections (même maîtrisées) pour en faire une touche personnelle.
    J’espère que je me fais bien comprendre :))

    Mais bon, comme certains l’ont dit dans cette discussion peut-être qu’il faut un peu démystifier ça et peut-être qu’on devrait quand même tenter l’expérience sans se faire peur.

  29. 29 Julie

    Nous au cegep on a pris à créer des fontes dans illustrator, la fonte on complet mais personne nous a montrer comment la transferer en vrai fonte.

    Quelqu’un connait un bon logiciel pour faire cela?

  30. 30 Martin L'Allier

    Le logiciel incontournable (tant Mac que PC) est FontLab.

    TypeTool du même éditeur est une version plus basique, mais on y trouve les mêmes fonctions.

    http://www.fontlab.com/Font-tool...

  31. 31 Christian Laforge

    Pour tous les mordus de typo bien établie. Créatif s’abstenir. lol
    Voilà un site de référence pour ceux et celle qui on besoin d’un coup d’oeil.
    typetester.maratz.com/

  32. 32 Marc Kandalaft

    Super ce Typetester ! bien utile ! parcontre l’unité de mesure m’est absolument inconnue… c’est quoi les "em" ? par rapport aux pixels ou mm ? Merci.

  33. 33 Martin L'Allier

    Un «em» est une mesure proportionnelle à la taille de la typo.

    Le «em» d’un texte composé en 12 pts est égal à 12. D’un texte en 8,75 pts, il est à 8,75 pts, etc.

    Un «en» est la moitié d’un «em».

  34. 34 Rémi Fortier

    Moi je n’ai encore jamais utiliser l’em. Ma copine s’en sert pour les sites web gouvernementaux. L’em est-il le standard pour mesurer avec précision une fonte ? Pourquoi l’em et pas le point ?

  35. 35 Marc Kandalaft

    Martin, Merci pour l’info sur les "em".

    Paul, la musique est en effet un parfait exemple :)

  36. 36 Martin L'Allier

    Oui, de l’orthotypographie :P
    orthotypographie.ifrance….

    En fait, je rêve d’un quiz d’identification typo. Genre Price is Right.

    «Comon down, you’re the next contestant on The Font is Right».

  37. 37 patrick

    Je crois que l’on peut utiliser des familles de caractère autre que l’helvetica, le times et l’univers sans nécessairement construire ses propres fontes.

    Dépendamment du besoin que l’on a, on peut réussir à trouver une fonte originale qui communiquera ce que l’on veut obtenir comme effet. Parfois en cherchant un peu ou en modifiant une police déjà existante.Construire une police ne demande pas seulement de bâtir les lettres mais l’espace entre celle-ci et leur intégration afin de former un ensemble. J’aimerais bien créer ma propre fonte un jour mais pas dans le cadre d’un projet client mais plutôt à titre personnel.

    En passant, je viens de connaître ce forum et c’est vraiment bien…

  38. 38 francisco

    pendant c temps-là, au même moment, FontLab en profite pour relancer Fontographer!!! Sont-ils branchés sur Oeil pour Oeil ou quoi?

    http://www.fontlab.com/Font-tool...

    enfin! cet outil est très facile à aborder et utiliser, vous n’aurez plus d’excuses!

  39. 39 pirock

    petite parenthese dans ce débat passionnant, je cherche un max de typo originales avec de larges pattes pour faire des pochoirs géants donc si vous pouviez m’envoyer certaines adresse de sites disposants d’alphabet de plusieurs styles de typo!!! merci

  40. 40 Martin L'Allier

    Pirock, je te suggère de poser ta recherche sur le forum du Typographe à http://www.typographe.com/forum/

  41. 41 Fred

    Bonjour,

    En réponse, voici ma contribution : une police de style Renaissance à l’imitation des livres imprimés du XVIe siècle.

    Elle reproduit fidèlement l’aspect granuleux des caractères de nos anciens. Au passage, les lettres abréviatives depuis tombées en désuétude sont incluses ainsi que les lettrines de Geoffroy Tory.

    Cette police est téléchargeable gratuitement sur mon site :

    geneamichaud.free.fr

    rubrique Télécharger > Fonte 1550

    A+

    Frédéric

  42. 42 malina

    Bonjour,

    C’est avec plaisir que j’ai découvert votre site qui est, soit-dit en passant, bien fait et très intéressant.

    – Pour ceux qui s’intéressent à la typographie, sans avoir vraiment de bases, j’ai la référence d’un guide qui est vraiment très sympa, et je pense même indispensable à avoir, surtout si on se lance dans la création de caractères :

    Typo-
    graphie,
    guide pratique

    de Damien Gautier, édition PYRAMYD
    ISBN : 2-910565-16-5

    Pour info : http://www.amazon.fr/exec/obidos...

    – Pour des connaissances plus poussées, et plutôt axées codes typographiques :

    Guide du typographe
    Règles et grammaire typographiques pour la préparation, la saisie et la correction des textes

    Du groupe de Lausanne de l’Association Suisse des Typographes (AST)

    Cependant ce guide est Suisse Romand, et donc les règles concernent principalement cette région

    Pour info : http://www.arci.ch/guide.html

    – Pour finir, un lien utile, avec des références en bas de page :

    fr.wikipedia.org/wiki/Typ…

    A+

  43. 43 Robin

    /limite hors sujet mais tanpis/
    ..Hello…et bien justement moi je me suis lancé dans une création d’une font pour une bande dessiné polar/roman noir qui sortira chez actsud/l’an2 « las rosas » de Anthony Pastor dans 2/3 mois (j’en profite pour faire ma pub hihi)…Je me heurte a un probléme sur les variations de séléction de glyphes… a savoir je voudrais mettre en place une variation de deuxieme glyphe entre autre exemple « comme » le deuxieme « m » diffrent du premier…
    Si quelqu’un a la gentillesse me mettre sur la voilacté..j’en serais comblé…je bosse avec fontlab et indd…merrrrkiiii…a bon typoteur….salut..
    georgerob11@hotmail.com

  44. 44 Marc-André Boivin

    Juste une petite précision par rapport à typetester.maratz.com. Ce site présente des fontes présentes par défaut sur Mac et PC, donc à utiliser principalement pour vos projets web, car l’utilisateur doit avoir la fonte installée sur son poste pour l’afficher correctement (du moins pour l’instant).

    Par rapport au sujet principal, personnellement, je ne me vois pas me lancer dans la création de fontes, non pas par lâcheté, mais parce qu’il y a des spécialistes de ce domaine avec qui je préfère faire affaire. Je vois ça de la même façon que lorsqu’on engage un photographe, un illustrateur, un auteur, etc… Certes, on peut faire la job dans tous ces domaines, mais lorsqu’on veut quelque chose de spécifique et dépendant du niveau de qualité vs temps, il est parfois avantageux de déléguer. Personnellement, j’aime assembler des morceaux, j’aime travailler avec d’autres spécialistes qui apportent souvent de bonnes idées et de bonnes remarques qu’on ne verrait pas si on faisait tout de A à Z seul dans notre coin.

    Mais bon, moi je suis comme ça pour tout, ne me parlez pas d’un téléphone-machine-à-café-ouvre-boîte-agenda-qui-tire-des-balles qui fait 20 000 affaires, mais rien comme du monde. J’aime mieux un bon téléphone, une bonne machine à café, etc…

    Peut-on vraiment, aujourd’hui en 2009, revenir comme au début du 20e siècle et tout faire (du logo au bâtiment de l’entreprise, en passant par les affiches et la typographie, etc…), un peu à la Peter Behrens et autres, avec les délais qui sont toujours en plus courts ? Et est-ce vraiment nécessaire? Peut-on encore passer 100 ans à construire un bâtiment ? Un chef d’orchestre est-il maître dans tous les instruments qu’il dirige ou doit simplement connaître assez chaque instrument pour pouvoir collaborer avec les spécialistes de ces éléments ?

    Par contre, j’avoue que les designers/graphistes ne vont peut-être pas aussi loin dans leur recherche de fontes qu’on le fait pour d’autres éléments, et je suis du lot, et je ne crois pas qu’il s’agisse de lâcheté ou de désintérêt. En formation, collégiale ou universitaire, les valeurs sûres sont souvent très souhaitées par certains profs, et plusieurs ne sont plus à jour sur les dernières fontes, tendances, adaptations… sans compter le fait qu’il manque de formation au niveau de l’historique des fontes. Si le designer ne sait pas si telle fonte date de 1950 et l’autre de 2003, ni pour quelle raison elle a été créée, dans quel contexte, etc, il est beaucoup difficile de maîtriser son choix typo. L’autre point est que le client s’en fout plus souvent que pour le choix d’une photo par exemple et l’effort est peut-être moindre. À quand plus de théorie dans les cours de design ?

  45. 45 Marc-André Boivin

    Ouch j’avais pas vu la date de l’avant-dernier commentaire… :S juste 3 ans en retard…

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