Métro de Montréal : au fond du tunnel

Le métro de Montréal à trente-cinq ans déjà. Inauguré en 1966, le métro qui a transporté près de six milliards de passagers est pratique, rapide, confortable et d’une qualité graphique épouvantable. Une petite visite dans ce souterrain suffit à constater l’illisibilité des noms des stations, l’hétérogénéité des symboles, la mauvaise typographie et la banalité du système de signalisation. Les 65 œuvres d’art qui décorent les stations me rappellent que notre métro est un bon véhicule à l’art visuel, mais il semble que les dirigeants et les graphistes responsables n’ont simplement pas eu le talent et la rigueur inhérents à un tel projet.

Tandis qu’à Londres, Paris et New-York on a compris l’importance que l’image du système de transport en commun transmet à la ville (Le London Underground à mandaté un typographe, Edward Johnston, à développer un fonte sur mesure qui est utilisée sur les plans, la signalétique et les dossiers du métro.) , je rêve qu’un jour ce projet soit à l’étude dans nos écoles de design. Les étudiants étant des usagers privilégiés du métro, ils pourraient, d’un double coup, nous faire la démonstration de la médiocrité de ce système signalétique et valoriser ce champ d’application. Lorsque le rêve nous transporte.


16 commentaires sur «Métro de Montréal : au fond du tunnel»

  1. 1 Philippe Lamarre

    Marc,

    je ne suis pas certain quant à ta remarque à propos de "l’illisibilité des noms des stations" et la banalité du système de signalisation. Je parle en tant que montréalais habitué à utiliser le système donc je n’ai pas l’oeil neuf du visiteur ou du nouvel arrivant, mais je trouve les systèmes assez simples à utiliser, mais ça vient certainement du fait qu’il y a très peu de lignes et de stations à Montréal. Quand on se promène dans le métro de Paris, la quantité infinie de stations et de lignes font en sorte qu’il est difficile de s’y retrouver quand on n’est pas 100% familier avec le système. Mais ça revient quand même au fait que l’habitude fait en sorte qu’un système est facilement utilisable ou non. Je suis 100% d’accord avec toi quant à l’utilité d’avoir une police de caractère unique à la STM.

  2. 2 marc serre

    Lorsqu’on évalue la taille d’un nom de station d’un demi metre de haut même dans un petit réseau comme celui de Prague ou de Barcelone, on est enclin à considérer une inscription en Univers monochrome sur fond noir égaré dans une bande étroite même pas éclairé comme une indication qui forcerait un japonais myope en visite à plisser des yeux.
    On veut devenir une capitale de la création ou non ?

  3. 3 Benoit Falardeau

    Bonjour!
    Je suis plutôt d’accord avec les propos de Marc. Il y a une très grande place pour l’amélioration dans le métro de Montréal… Par exemple coté éclairage j’opterais pour de la lumière plus naturel et plus brillante pour rappeler le soleil qui brille quelques mètres plus hauts. Une typo officiel serait plus que bienvenue aussi.

    Il y aurait certainement plusieurs changements à faire pour rendre le métro plus ergonomique visuellement.

    Certaines stations sont totalement démodées… une touche de modernisme ferait le plus grand bien.

    Pourquoi ne pas faire jouer de la musique relax et branchée faite par des gens d’ici à certains endroits précis ? Ca pourrais être "cool"!

    ;)

  4. 4 Alexandre Saint-Jalm

    et moi je verrais des instructions pour que le monde arrete de bloquer le passage dans les escalators…

    ;-0

  5. 5 Alexandre Saint-Jalm

    ou des poursuites ;-)

    Au fait la nouvelle carte CAM est presque belle, c’est (encore) une pub

  6. 6 Laurent Rabatel

    c’est normale que la carte soit belle car les responsables du métro ont lu vos commentaires.

  7. 7 Marc-Antoine Jacques

    J’appuie la proposition pour la révision de la signalétique du métro montréalais. Mais tant qu’à faire, je me demande si il n’est pas bien de profiter l’éventuelle occasion pour homogénéiser l’ensemble des signalétiques de la grandes STM. On a peut-être eu le droit au défusion municipale mais quand même, les utilisateurs bougent à l’intérieur de l’entièreté du réseau: autobus, train, métro sur l’île et en banlieue.

    Mais il y a quand même déjà des points forts au système actuel, les stations de métro sont bien indiqué de l’extérieur et le symbole métro est excellent. Il y a aussi les couleurs de lignes qui sont bien nuancés et la carte de métro à l’intérieur des wagons qui est bien simplifiée, bien contrastée.

  8. 8 Éric Lesage

    Ça faisait quelques années que je n’avais pas pris le métro. Le weekend dernier j’ai dû m’y rendre et je suis plutôt d’accord avec vos commentaires et suggestions… sauf au sujet de la nouvelle carte de métro à l’intérieur des wagons. Bonne idée d’avoir retiré ces lignes en pointillées représentant le "métro projeté".

    Pour le reste on devrait plutôt parler de recul grap?ique. Et on ne veut certainement pas d’un métro de montréal qui fait marche arrière!

  9. 9 David Jalbert-Gagnier

    Je ne suis certain de comprendre la détresse typographique dont on semble voir souffrir le métro.

    Le métro a été inauguré en 1966. L’architecture est moderniste, la typographie et moderniste, et personellement, j’aime bien ça. L’architecture, dans bien des stations, est spectaculaire, et le fait que chaque station ait été donnée à des architectes différents donne une variété fort intéressante au réseau. Le métro de Lisbonne, construit récemment, a repris cette idée.

    Pour ce qui est de la localisation et de la taille des noms de stations, je ne crois pas qu’elle soit si inefficace. On sait bien que le knockout est plus facile à lire de loin, et que les lettre condensées, lorsqu’espacées, donne une lisibilité lors d’un mouvement (référence: la typo Omnibus d’Edward Johnston, pour les bus rouges de Londres). Le fait qu’elle se retrouve systématiquement, dans les 65 stations du réseau, au même endroit, permet aussi d’améliorer son efficacité. La typo pourrait être un mètre de haut, si elle n’est pas à un endroit constant, dans une couleur constante, on va la chercher.

    J’ai visité les métros de plusieurs villes (New York, Londres, Paris, Rome, Athènes, Bruxelles, Toronto et le skyTrain de Vancouver), et, mis à part Londres, qui est sans aucun doute le système de signalisation le plus efficace et le plus splendide que j’aie vu, n’importe où, je n’ai pas trouvé tant à en redire de celui de Montréal. La signalisation du Métro d’Athènes, par exemple, un métro tout neuf construit pour les jeux olympiques, était à mon avis catastrophique. On a mis le nom des stations gravé dans du verre éclairé par un néon "http://www.ametro.gr/main/commun... L’Idée était cool, mais la communication ne passe pas. Ils y jouent de la musique classique là bas, aussi. C’est correct.

    Paris une fonte unique (la très belle Parisine de Jean-François Porchez) depuis moins de 10 ans, avant cela c’était le capharnaüm typographique, et d’ailleurs, dans la plupart des stations ou la nouvelle signalisation n’a pas encore percée, ce l’est toujours.

    Je crois qu’il est plus juste de nous comparer à Toronto, dont le réseau est similaire en taille. J’y suis allé récemment, et, mes amis, si nous nous plaignons de l’état visuel de notre métro, c’est la bouche pleine que nous le faisons. Il y a la un mélange d’une typo bâton fort jolie (quelque part entre Nobel et Futura, photo ici: "http://www.humain.info/david/tor... datant des années 50, mais dont visiblement on ne s’est pas satisfait. On s’est mis à utiliser une version de Helvetica particulièrement mince et laide, qu’on utilise d’une façon incohérente, avec des pictogrammes changeant de stations à stations, la couleur des lignes principales (jaune et verte) étant si foncée qu’on ne la distingue pas du noir sur lequel elle est placée, rendant la navigation complètement aléatoire. Et l’architecture, c’est à la va comme je te pousse.

    Je n’irai pas à dire que le métro de Montréal est sans faille, loin s’en faut. Il est certain qu’une meilleure maintenance (pourquoi semble-t-il que seule Place-des-Arts a le droit d’être propre?) et d’un respect de l’intégrité architecturale (C’est du modernisme! On devrait le respecter, et pas essayer de faire qqch «à la mode» qui ne rentre pas avec le reste du réseau, comme on a fait avec la rénovation des stations Rosemont et Papineau, par exemple.) Je suis en grand accord avec le commentaire de Marc-Antoine, à ce sujet, les nouvelles affiches d’autobus me semble une errance bien plus grande que tout ce qu’on trouve dans le métro, par son utilisation d’une typo jamais utilisée par la STM.

    Mon 2¢? Univers partout. Une identité sobre, efficace. Un nouvel uniforme pour les employés! L’uniforme des employés du Underground est incroyable! Pourquoi pas demander à Dubuc de faire des uniformes modernes, sobres et efficaces? Ces 3 mots, à mon avis, devraient devenir le motto de la STM. Ils en font déja parti, mais ce n’est pas encore cohésif. Mais un motto devrait se retrouver dans l’attitude de la compagnie, du personnel, des installations, autant que du graphisme. Ce que la STM a besoin, c’est de quelqu’un qu’on écoutera et qui approchera le branding d’une façon aussi cohésive. La plupart du temps, ça ne coûte pas plus cher, et à long terme, ça améliore l’image du transport en commun, donc encourage les gens à l’utiliser, donc augment le traffic, donc se vaut de meilleurs investissements. À ce moment là, le design aura permis une percée du développement durable.

  10. 10 Alexandre Saint-Jalm

    hier
    aeroport CDG
    des americains perdus et affolés parce qu’ils ne trouvaient pas où était le trasnfert D… le panneau était dans leur face, écrit en anglais et en frutiger…

    moralité, c’est pas toujours une histoire de signalitique…

  11. 11 Philippe Lamarre

    surtout dans le cas des Américains! ;)

  12. 12 Mathieu Blache

    Moi j’en ai 32 et j’ai pas l’intention de rester dans le fond du tunnel! De tout facon j’ai déjà une auto!

  13. 13 Domingo Bia

    Domingo Bia, éditeur de Ego, nouveau magazine conceptuel axé sur le design global (premier numéro bilingue et bimestriel sort début juin).

    Je suis d’accord en très grande partie avec les propos de monsieur Marc Serre.

    La signalisation, la typo, l’éclairage, la "proprété", même le concept binaire transport/confort devraient être repenser de fond en comble.

    Je pense qu’un coup de modernité s’impose au métro montréalais. Je suggère même à la STM d’organiser un grand concours (ouvert aux designers d’intérieurs et designers graphiques canadiens)pour revamper notre fameux "tunnel".

    Prenons le cas du métro Place des Arts, qu’est-ce qu’il y a d’art là-dedans ? Que dalle !

    A Paris, le métro Art et Métiers nous donne un bel aperçu de l’artisanat français. A montréal, niet ! Dommage pour nos artisans.

    Dans le prochain numéro d’Ego Magazine, nous traiterons justement de cette question. Je vous invite à développer (aussi à proposer des pistes) vos refléxions dans le numéro à paraître. La plume est à vous !

    Domingo Bia, éditeur-publisher

  14. 14 Simon Éthier

    Le métro de Montréal, ou plutôt la STM, bien avant de penser réformer sa charte graphique, devrait penser à respecter un minimum les structures déjà en place. La signalisation de base (Univers 68 et 58 exclusivement) est plutôt efficace, (probablement car elle obéit à des normes graphiques strictes, établies depuis longtemps).

    Ce qui est à revoir, ce sont les applications plus récentes, chaotiques, comme les indications au sol (queue de train, où vont les vélos, etc.), ainsi que la publicité de la STM (dont l’abominable annonce avec la dame appelant la ligne A•U•T•O•B•U•S), ainsi que les messages prônant le civisme ou le respect dans le métro (je déteste l’illustration de l’homme bloquant les portes). Ces messages mal structurés se perdent dans le brouhaha publicitaire parfois envahissant, plutôt que d’adopter une neutralité qui assurerait leur reconnaissance rapide, comme la bande noire nommant les stations, qui, bien que déplaisant aux puristes typographiques et autres obsédés de lisibilité, peut être discernée instantanément.

    Nous avons un réseau qui a initialement et majoritairement été pensé dans les années 60. La signalétique va avec, et je ne crois pas qu’elle ait accumulé un retard sur la compréhension suffisant pour qu’on investisse autant d’argent en signalétique (rappelons l’explosions des tarifs de la STM et le manque d’entretien/rénovations de certaines stations, et, surtout, des voitures, qui auraient dû être mises au rancart il y a 10 ans). La publicité, d’autre part est très mal intégrée à l’architecture, surtout les nouveaux panneaux triples, dont le mini-panneau du milieu ne sert qu’à annoncer la compagnie d’affichage (est-ce réellement nécessaire, n’ont-ils pas l’exclusivité?) Je suis ainsi parfaitement d’accord avec le commentaire de David qui décrie le réaménagement des édicules à Papineau et Rosemont, et j’ajouterais Henri-Bourassa à cette liste. Quant aux multiples rapiéçages à la station Berri, c’est inadmissible. Il y a par contre de l’espoir. Les commerces nouvellement construits sur les quais de Lionel-Groulx sont à la fois actuels et bien intégrés à la station (qu’il ne fallait pas gâcher, c’est une des mieux conçues!): il y a quand même de l’espoir!

    Le métro Place des Arts est probablement nommé parce qu’il donne accès au bâtiment du même nom (construit la même année), et non en supposant que la station elle-même doive être un carrefour d’artistes. Vu son nom strictement fonctionnel, on pourrait s’attendre à ce qu’elle change de nom dans un futur lointain, quand on le renommera pour rendre hommage à une personnalité importante, j’imagine…

    En bref, en restant réaliste, la STM devrait peut-être moins faire, mais mieux faire. En fait, sa direction laisse paraître qu’elle est en gestion de crise depuis trop longtemps; elle pense à court terme, à trop court terme.

  15. 15 Marie-Claude Doyon

    Je suis bien d’accord avec toi, Simon. La STM produit des communications horribles tant au niveau de ses publicités qu’au niveau d’autres éléments comme la fameuse CAM mensuelle qui est d’un goût douteux à chaque mois.

    J’aimerais bien savoir qui s’occupe du « graphisme » à la STM… J’ai parfois l’impression que c’est quelqu’un qui a été engagé en 1970 et qui s’est assis sur ses fesses depuis : on nous sert une pizza bien remplie de toutes sortes de cochonneries et sûrement encore pire depuis l’arrivée de Photoshop!

    C’est dommage car l’image d’une ville se véhicule en partie par son système de transport en commun.

  16. 16 Paul-André Urbain

    1997…

    Me semble qu’à cette époque-là, le directeur artistique sur ces projets était Pierre Léonard.
    Je me trompe peut-être de décennie, quoique la mascotte lui ressemble un peu trop.

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