Le design à rabais

Dans notre industrie, l’identité visuelle est une spécialisation qui demande beaucoup de temps, d’expertise et de bidous (pour le client). Pour les clients moins fortunés, ils ont le choix entre le cousin de leur beau-frère, le designer à rabais ou bien www.logoworks.com/.

Je suis tombée sur ce site en faisant une recherche de "trends" pour des logos. Et qu’est-ce que je ne vois pas juste à côté d’un article de Bill Gardner sur les tendances 2005 (il a d’ailleurs sélectionné un des miens dans la section "flames"): une annonce Google pour des logos DIY à 99$!!!! Bien sûr je me suis précipitée sur le lien et je reste encore ébahie, complètement sonnée par ce site. J’hésite entre le haut-le-coeur et le découragement. Et pire que tout, ça me rappelle le premier mauvais souvenir de ma carrière, lorsqu’un client m’avait demandé de voir mon "livre de logos".

Est-ce le signe que notre profession est officiellement devenue une commodité? Moi j’y vois l’indication que nous devons passer de designers graphique à quelque chose comme «communicateurs visuels», ou "experts en solutions visuelles pour défis communicationnels", ou…


45 commentaires sur «Le design à rabais»

  1. 1 Rémi Fortier

    La question qui m’est venue en lisant votre article, madame Beaulieu, c’est « comment faire valoir un logotype à 2000$ à client, lorsqu’il peut en trouver à aussi peu que 99$».

    Malheuresement, monsieur madame tout le monde, ainsi que la majorité des gens sur cette planète, vont toujours vouloir payer moins. même après de nombreuses explications, concernant nos méthodes, les concepts, les études, etc, un client ne comprend pas la facture au bout du compte.

    Seul ceux qui comprennent qu’un logo, représente ô combien plus qu’une seule facture à leur compte, sont prêt à payer <b>notre</b> prix.

    Allons savoir où tout celà va nous mener. Vive le web…oui mais à quel prix ?

  2. 2 francisco

    il y a un article dans le Wired du mois courant où ils font une analyse comparée de différents «services» de cheap logos. il sont inventé une compagnie et on soumis le nom à plusieurs entreprises. ils donnaient même des bons points à l’une d’entre elles, parce qu’un rep les avait rappelés pour confirmer la commande. j’imagine qu’un chef de grand restaurant ressent quelque chose de similaire quand il passe devant un macdo.

  3. 3 Sébastien Théraulaz

    Sujet intéressant, je dois dire que j’aime de plus en plus ce site, car finalement j’aime l’impression qu’il existe quelques graphistes au Québec et qu’en plus il prenne le travail à coeur.

    Bon, bon… pour ce qui est du logo, je trouve tout d’abord qu’il est très difficille de faire un bon logo, car il devra :
    – bien coller à l’idéologie de la compagnie
    – savoir être très abstrait et concret à la fois (dire et ne pas dire qqch)
    – avoir une capacité d’évolution dans le temps (raffinement, déclinaison, amélioration, précision de la pensée)
    – travail de concert avec l’idée de la marque de l’entreprise
    – être original (!)
    – en encore plein d’autres trucs…

    Le problème actuel avec les ordinateurs cheap, les écoles de «design» qui apprenent à leurs élèves 150 logiciels en 4 mois et surtout un manque flagrant de connaissances théoriques et pratiques; c’est que les soit-disants logos ne représentent plus rien. Ils naissent et ils meurent, ils s’échangent sur le web, ils se font copier à tour de bras, ils se font «strecher» dans tous les sens, ils sont aml imprimer..etc….
    J’en viens donc à un point très important : Qui veut un VRAI logo ?

    Peu de monde on dirait et c’est dû à tous les facteurs que j’ai nommé mais aussi à des chargers de projets dans des agences qui ne connaissent rien au design, rien à la typo, rien au dessin, rien à la symbolique des choses, rien à la signalétique, …finalement pratiquement rien à rien. Tout est question de compréhension, si les clients ou chargés de projet comprenaient qu’un logo fait en 2 heures n’a rien d’original et de raffiner et surtout qu’il est jeté à la poubelle dans 6 mois, sans doute repenseraient-ils à leur investissement et décideraient-ils de faire qqch de «VRAI».

    Maintenant un petit mot pour les graphistes/infographistes/manipulateur d’image et autres :
    1 – Un logo ce n’est pas prendre du Helvetica et mettre une lettre plus grosse en renversé.
    2 – Un logo ce n’est pas un truc que l’on refait tous les 6 mois, mais plutôt qu’on essaie de garder pour les 10 ans à venir.
    3 – un bon logo trouve facilement la voie de l’évolution (pour le meilleur d’ailleurs)
    4 – un bon logo aime la typo comme sa blonde et a besoin d’avoir une typo originale (si besoin est!)… donc peut-être qu’on peut arrêter d’utiliser DinSchrift, Helvetica, Univers UltraBold, Arial, Times et Gill.
    5 – un bon logo est SUPERBE en noir et blanc, pas besoin de lui mettre 16 couleurs, 3 emboss et douze fonts.
    6 – un bon logo doit rendre votre client si fier de lui qu’il ait envie de faire des t-shirt, stylo, linge de bain, chemise, papeterie, sticker, gâteau de fête, invitation….etc

    Finalement, comme la création est diffcille à évaluée, votre logo aujourd’hui vaudra 500.- pour deux mois de travail (quelque soit le résultat). Mais si, par chance vous êtes reconnu (comme un graphiste!!! finalement), vous pourrez vendre votre logo 50’000.-
    Personne ne peut évaluer la VRAIE valeur du travail créatif, donc bonne chance et n’oubliez pas:
    «Évitez les casse-couilles qui pensent faire votre job à votre place»

  4. 4 Poil Brillant

    Ouille oui, je l’ai vu le site de logos pré-fabriqués et celui des Maquettes (templates). On dirait que quelqu’un quelque part a pensé faire le travail a l’envers des autres: faire a sa tete, utiliser des styles et des effets qu’on n’utilise que rarement, puis y coller un nom qui s’y marie. Moins gugus que les clipart, on mise sur la premiere impression.

    Un site Web c’est comme un comptoir McDo; tu ne voies pas c’est quoi derriere le comptoir! C’est qui de l’autre bord? Combien de sauce BBQ ou de jouets Menu-festin reste-t-il? La question a mille piastres!

    Vrai, notre formation est plutot maigre, mais la vraie école c’est dans le vrai monde… Je n’ai pas de solutions ni de réponses, mais c’est mes 0.02 cents.

  5. 5 Jean-Sébastien Dussault

    Il y a peu de temps, Von Glitschka (BadDesignKills) rapportait dans le forum de HOW, quelques logos fait via Logoworks dont on peu douter de l’originalité. Je vous laisse apprécier:

    __
    Forum HOW http://www.howdesign.com/forum/m...
    -
    Page dédié sur BadDesingKills
    http://www.baddesignkills.com/lo...

  6. 6 Nelson Rouleau

    Identification visuelle: toutes les entreprises en veulent une pour se démarquer. Seul le  »vrai » logo permet d’être reconnu facilement et pendant longtemps. Certain logos disparaissent après 6 mois; comme l’entreprise 3 mois ensuite. C’est a nous de refuser de créer un fast food du logo. À quel prix ? Une entreprise qui n’a pas de budget ne veut pas dire qu’elle ne veut pas d’une identité de qualité. De la pollution visuelle il y en a partout, l’important c’est d’être fière de ce qu’on crée et diffuse.

  7. 7 Janick

    Ça me tue ces banques de logos. Ça me fait littéralementme crisper à y penser…
    Je crois que je ne suis pas la seule, se retrouver devant un client qui fait le saut devant notre soumission de prix d’identité. Un bon client, bonne entreprise, bonne mission, bonnes intentions, mais petit et sans budget. On veut l’aider, mais ya bien un boutte à toute, non?! C’est à nous à mettre notre pied à terre.
    Le problème, c’est que sans nécésséraiment aller vers ces banques pré-fabriquées de logos, il y aura toujours quelqu’un avide du simple petit dollar qui acceptera de le faire pour 250$… Ou des compagnies qui font toute leur image sur les logos pas cher, comme http://www.monlogo.qc.ca .

    Je crois pas qu’on puisse s’en sortir, ceuz qui sont contre. On doit apprendre à vivre avec, et avec un peu de chance, à déceler ceux qui n’ont absolument aucuns budget avant de passer des heures sur des rencontres et des soumissions…! C’est pas évident, j’y arrive vraiment pas tout le temps d’ailleurs!

  8. 8 Rémi Fortier

    hé… pas vargeux les logos de monlogo.ca… D’où ils sortent ces gens là ?

  9. 9 Janick

    Bonne question, j’en ai aucune idée!!

  10. 10 Simon Éthier

    Dans cette industrie, je crois qu’il y a de la place pour tout les types de fournisseurs. Les compagnies du genre "Logoworks" font un travail qui vaut son prix, idem pour la plupart des designers sérieux. Ce qu’ils font me fait penser au beau lettrage ombré datant de 1970 peint à la main dans la vitrine chez mon barbier. Ou à l’enseigne "Queues de castor" que l’on voit souvent.

    On pourrait même poser la question à l’envers. Est-ce que ça a du bon sens de facturer 250 000$, 500 000$ pour une simple refonte du cahier de normes graphiques d’une entreprises (comme ça s’est vu au CCA, par exemple)? Je ne parle pas ici d’un redesign, mais d’une simple refonte. De tels tarifs sont-ils décents. Payer ces tarifs pour si peu de changement?

  11. 11 Janick

    Ouf Simon!! Je trouve ton commentaire comparant Logoworks et les lettrages style barbier pas mal bizarre!! Pour moi le lettrage barbier est un style propre à lui-même en soit! Unique dans ce qu’il représente. Unique dans sa façon de communiquer et aussi un style tout à fait intemporel pour certains domaines ou contexte. Un classique quoi! Tout le contraire de ce que Logoworks représente, pour moi entoutcas!

    Non c’est pas décent des prix de même à mon avis, quel que soit l’agence (et le nom qui vient avec) qui le charge. Mais bon, c’est juste ma façon de voir les choses :)

  12. 12 Philippe Lamoureux

    Le problème c’est l’exploitation du plus faible. Les pas d’argent pour ça sont une clientèle très rentable pour celui qui sait comment produire en grande quantité à peu de frais, la preuve les Walt Mart. C’est la même logique appliqué à notre domaine. Le hic c’est qu’on tente de standardiser la conception et c’est là que le bas blesse, parce qu’il es impossible de standardiser l’idéation. On est en présence de pompes littéralement dans la plus part des cas. Ce ne sont même pas des inspirations de…c’est de la copie pure et dure et personne ne sévit. Nous on trouve ridicule ces clients qui font affaire avec ce genre de graphisme, cependant ils y trouvent leur compte pour le moment. Ils trouveront cela peut-être moins amusant lorsqu’ils recevrons une mise en demeure et qu’ils seront forcé de refaire le processus. Pour cela il faut que les designers et les entreprises défendent les identités qu’ils possèdent et conçoivent. Rien de moins.

    Dans le coin où je travail, je passe devant une petite bâtisse où la compagnie fait des support ou distribue des supports à vêtement. Leur logo sur leur enseigne est le fabuleux logo de alcan mais en rouge cette fois orné au sommet du crochet à support.
    Je crois que je vais envoyé un courriel à Alcan par principe.

  13. 13 Jean-Sébastien Dussault

    héhé,
    Une compagnie de support? Ça doit faire un méchant bout que c’est en business. Ça serait pas surprenant qu’ils soient établis depuis plus longtemps. :)

  14. 14 Antoine Nonnom

    Une grande cause tu dis ! Mais c’est le défi quotidien d’un designer.

    Comme tu dis, notre problème en est un d’image globale de profession.

    Personne ne va discuter le fait qu’il est normal de payer 100$ de l’heure pour un bon avocat. Et 50$ de l’heure (et j’ai vu plus !) pour un plombier. Alors pourquoi est-il aussi difficile de facturer pour notre expertise ?

    L’image futile, volatile et jetable de plusieurs de nos projets en est peut-être la cause. Le concept est abstrait, immatériel et le résultat est éphémère.

    Si notre design est durable, peut-être que les clients verront la différence.

    Même une seule affiche ou une seule brochure peuvent s’inscrire dans une démarche ou un positionnement à long terme.

  15. 15 Jean-Sébastien Dussault

    La question n’est peut-être pas "pourquoi est-il difficile de facturer pour notre expertise", mais peut-être "pourquoi est-il si facile pour un avocat ou un plombier de demander un gros prix?".

    Je crois que ça a à voir avec "l’urgence" des situations et les risques si on ne les utilisent pas.

    Bien que l’id. corporative fasse partie d’un bon plan stratégique d’entreprise, les conséquences si on n’en fait pas (ou qu’on la développe mal) sont beaucoup moins directes et moins sévères. Personne en meurt, personne fait de prison, pis ça démolit pas tes biens. Il y a aussi plusieur personnes qui croient qu’une belle identité est réservée aux business qui roulent bien. Je viens de sortir d’un poste de "in site" designer et ces mentalités y étaient très présente (on m’a déjà donné 5h pour pondre l’id.corp. d’un nouveau service. Eh que j’suis content d’être retourné à mon compte).

    Je serais porté à dire que la majorité des types emplois sont dans cette situation et qu’ils font tous référence à "comment se fait-il qu’un avocat peut charger 100$/h?"…

  16. 16 Antoine Nonnom

    J’avoue, c’est bien vrai. Je te l’accorde, l’urgence de la situation et les conséquences directes ouvrent souvent les portefeuilles.

    Par contre, 100$/h pour un avocat qui défend et gagne ta cause, ce n’est pas injustifié.

    Même chose pour un logo à 10 000$, créé par une agence qui a réfléchi au positionnement durable de la marque (coût à amortir sur quoi… une vingtaine d’années ?)

    Je pense franchement que ces honoraires, nous y avons droit. Je préfère donc ne pas parler du "gros prix", mais bien du "juste prix".

    D’ailleurs, où es Bob Barker ?

  17. 17 Jean-Sébastien Dussault

    "[...]les logos de monlogo.ca… D’où ils sortent ces gens là ?"

    Ça vient de la boîte "Complices communication". Ils doivent avoir un secret parcequ’ils ont l’air de pouvoir se payer un pignon sur la place Jacques-Cartier. Je ne les connaît pas, j’peux donc pas en dire ben ben plus.

    http://www.acomplices.ca

    À première vue, Monlogo semble créer elle même les logos, ce qui diffère de la méthode Logoworks.

    ___

    Pour ceux qui ne sont pas au courant du fonctionnement interne de Logoworks, voici ce que j’en ai appris (via le listserv de la GDC) d’un designer qui y participe:

    – Les designers inscrits peuvent voir les commandes en banque et décider de travailler sur ceux qui leur tentent. Le designer est payé pour le concept.

    – LW présentent les concepts produits au client et celui-ci choisi un concept. Le designer dont le logo est choisi reçoit un bonus.

    – S’il y a des révisions, le designer est payé pour chaque "round" de révisions. (il semble que ce soit rarement au dessus de 2)

    Combien ça paye? Je l’sais pas, mais il y a un système assez tordu.
    Tchéckez ben ça:

    – Une fois les logos soumis par tous les participants, il y a une scéance de note par les pairs. (genre 1 à 10). Les gens qui cotent ont accès au brief, donc c’est pas une note "dans le vide".

    – Quand une "oeuvre" est la plus haut coté, le designer gagne des points, quand t’arrive vers le bas, il en perd. Le nombre de point gagné ou perdu varie dépendand dun nombre de personnes qui ont coté. Si un logo est choisi par un client, ça donne aussi des points. (un peu plus, et tu design avec un joystick)

    – Quand le nombre de points passe une certaine limite, le designer "change de braquette" de prix pour les concepts initaiux et les modifs.

    – Il arrive (rarement) que des projets sont remboursés (le client se désiste, j’imagine). Les designers sont quand même payés pour leur concepts.

    Bref, ça dit pas combien ça paye, mais il y a une loi d’économie assez basic: c’est sûrement pas plus que le client a payé pour son logo."

  18. 18 Jean-Sébastien Dussault

    Petit update sur les montant que reçoivent le designers qui travaillent pour Logoworks.

    L’info provient d’un article du 13 juin 2005 dans le Wall-Street Journal par Gwendolyn Bounds.

    – Le nombre de points varie de 0 à 100.

    – Il y a 3 niveaux: Entry-level ($25 par projet), midlevel (30$) et expert ($40), en devise étatsunienne, naturellement.
    (j’sais pas, vous, mais ça fournit pas une heure de mon travail, ça)

    – Le projet choisi gagne 50$ aditionnel, plus 10 points. (ils ne disent pas combien par ronde de révision)

    Mettons que vous êtes expert, vous faîtes $90 si un de vos 2-3 concept est accepté sans révision!?!!!!?????

    Pas surprenant qu’on y trouve des logos "fortement inspirés".

    __

    Je me suis amusé à faire un petit calcul (ça m’arrive).

    L’article parle de 2 patterns: 1)265$, 2 designers; 2)550$, 5 designers.

    J’ai arbitrairememt mis 20$ en modifications.

    Cas 1): le gagnant aura fait entre 95$ et 110$, Logoworks entre 115$ et 145$
    Cas 2): le gagnant aura fait entre 95$ et 110$, Logoworks entre 280$ et 355$

    L’écart entre le montant que fait le designer gagnant varie selon son "niveau de compétence".
    L’écart de profit de LW varie selon le "niveau de compétence" des participants: tous entry-levels vs. tous experts.

    Dans le cas 2), ça coûte 200$ à LW pour faire faire 10 à 12 concepts…

    Je sens que je devrai éviter la viande rouge en fin de semaine, je risque de virer violent…

  19. 19 Janick

    monlogo.qc.ca

    Peut-être qu’ils font les logos eux-même, mais alors, ya qqn qui peux m’expliquer comment c’est rentable de vendre des logos à partir de 290$…? Bon, de toute évidence, ils doivent y arriver, sinon ça serait fermé cette division… Mais si le logo est fait par un "concepteur graphique compétent", expliquez moi le 290$… Pcq je comprend pas. Les employés sont sous-payés ou quoi? C’est pas déloyal envers les autres designers es prix de même? Je sais pas pour vous, mais c’est pas mal loin de mon tarif…

    ————-

    Ouinnnn, on en apprend sur ce logoworks… J’ai de la misère à comprendre les "designers" qui jouent à ce jeux là. Il me semble que ya rien de plus dénigrant que quelque chose comme ça. Quoique comme c’est copié presque pareil à d’autres logos, ça fait de l’argent facile pour les fins de mois. Mais reste que j’aurais honte à leur place! lol

  20. 20 Janick

    ‘Il y a des graphistes en Inde et en Chine qui doivent être très heureux de faire des logos pour très peu. C’est une réalité dont il faut tenir compte…" – Martin

    J’avoue que là, sur cet aspect du sujet, tu m’en bouche sincèrement un coin. Et tu as raison, je n’y avais vraiment pas pensé comme ça!! Merci.

  21. 21 Jean-Sébastien Dussault

    Bon,

    j’ai réussi à éviter la viande rouge en fin de semaine, mais je viens de tomber sur une petite note d’un autre Logoworker.
    Figurez-vous donc que le designer doit céder les droits de ses propositions à Logoworks.

    J’aurais dû succomber au steak. Au moins, j’aurais eu un bon repas pour le même effet.

    http://www.thepreparedmind.com/p... (voir post de jboy)

  22. 22 Jean-Sébastien Dussault

    Encore moi, j’suis vraiment désolé… J’en découvre toujours un petit peu plus, et ça devient vraiment laid.

    Je disais donc que Logoworks s’approprie les droits des propositions faites par les designers. Arteis, la compagnie qui détient LW, a un autre site (www.instalogo.com) qui, lui, propose aux personnes de "créer" leur propre logo. Il y a une banque de symboles. Ça prend pas beaucoup d’imagination pour comprendre que les symboles proviennent des propositions non retenues par les clients de LW…

    Encore pire, ils offrent des symboles déjà existant, comme le note Steve Douglas sur le blog d’ "A Designers Archive"

    designersarchive.blogspot…

  23. 23 Luce Beaulieu

    Passionant tout ça.
    Je lance donc une pierre dans le lac: qu’est-ce qu’on fait avec tout ça?

    Propositions:

    – on écrit un article dans Grafika et on le traduit pour qu’il soit publié dans des magazines de design anglophones

    – on écrit une variante de cet article orienté plus business et on envoit ça à ROB et autres magazines de business et marketing et Canada et aux E-Us

    – on pose des bombes dans le Vieux-Montréal

    *L*

    PS: toutes mes excuses pour n’être pas très actives ces dernières semaines je suis en pleine campagne électorale

  24. 24 Paul-André Urbain

    C’est l’histoire de Stéphane, secondaire 5, travaille dans l’imprimerie de son oncle Gaston à Laval. Il a commencé au shipping et il est maintenant graphiste. Il s’est acheté un Mac full éqwipe et il répond aux commandes. Comme dit sa mère, yétait prédestiné parce que quand il était petit, il dessinait tous les nouveaux modèles ce char.

    Il a fait le logo de sa belle sœur Ginette qui voulait ouvrir un salon de coiffure. Ben avenant, Stéphane a suggéré d’y faire une carte d’affaire et un beau dépliant plié en trois. Ginette l’a distribué avec sa plus vieille, Noémie, sur les pare-brises dans le parking du centre d’achat et dans les boîtes à malle du quartier.

    Ça fait 3 ans et elle a sa clientèle. Elle pense se faire refaire un autre dépliant avec sa photo. « Si c’est bon pour les agents d’immeubles, ça doit être bon pour moé » qu’à s’est dit. Stéphane lui a suggéré d’attendre un peu parce qu’elle prévoit déménager de son sous-sol a un beau petit local qu’elle a vu au centre d’achat du coin, juste entre le dépanneur et le club vidéo. Comme ça elle profiterait du changement d’adresse pour se faire redessiner toutes ses affaires. Gardez ça pour vous autres, mais il se pourrait qu’elle s’achète une table de bronzage, mais c’est pas décidé.

    Ça va bien sa business à Stéphane, il aime ça, il est motivé, dynamique, intelligent et honnête et il conseille bien ses clients. Dans ses temps libres, il fait des beaux photomontages écoeurants de StarWar. Il a laissé faire les chars.

  25. 25 Jean-Sébastien Dussault

    J’imagine que Stéphane, il charge pour services, quand même. Combien pour un logo?

    De toute façon, on a déjà vu que Stéphane, y’était pas fort sur l’originalité (cimetière de Trois-Rivières). Il devrait peut-être essayer Logoworks. Y parait qu’ils sont pas r’gardant, tant qu’on les "stoule" pas…

  26. 26 Antoine Nonnom

    Luce, tu sembles prête à passer à l’action ! Ce que tu proposes ci-haut, c’est un genre de manifeste signé par tous ceux qui l’approuvent et idéalement par plusieurs gros noms ?

  27. 27 Luce Beaulieu

    Yes, Antoine!
    Si tu es intéressé, on fait un meeting mardi soir pour discuter de ça et aussi de dopage du culturel aux commandites. Contacte-moi par email si tu veux participer.

    *L*

  28. 28 Paul-André Urbain

    Réponse à Jean Sébastien.

    Stéphane charge à ses clients quessé qu’y peuvent payer.

    Ginette a payé 300 piasses pour toutes ses affaires avant production, y a deux ans.

    La deuxième édition (après être déménagée au ti-centre-d’achat) avec sa photo partout,
    c’était 450.

    Y ont gardé le même visuel thématique, Stéphane avait poigné ça sul Net et l’avait gossé pour matcher avec le salon à Ginette.

    En passant, la Ginette a pas acheté sa table de bronzage, ça sentait trop risqué pour sa business.

    Reste que tout le monde est ben content.

  29. 29 Antoine Nonnom

    J’en ai franchement plein la casquette de cette stupide histoire de Stéphane qui traine depuis trop longtemps.

    Si Stéphane est un designer semi-compétent, il chargera bien le prix qu’il veut. Et retournera, satisfait, faire ses photomontages de Star Wars le soir.

    Et s’il prend ses concepts sur Internet, eh bien tant pis pour son client, qui accepte de payer moins cher pour du recyclage rafistolé.

    Je croyais que ce blogue était constructif ?

  30. 30 Maxime

    Ces remarques de Paul-André avec sa « mascotte » Stéphane nous conduisent à nous interroger sur les raisons qui ont conduit à une telle destinée, et à revenir sur celle-ci souvent faite de la pertinence du sujet. Faut-il la réduire à un observation de compilations éclectiques, et ne reconnaître à l’auteur qu’un simple rôle de passeur? Faut-il au contraire chercher une forme originale de réflexion, tributaire de la tradition de l’imitation, et analyser dans le cadre de cette imitation quelle est la contribution personnelle de l’auteur? je me questionne et ma casquette se gonfle un peu.

  31. 31 Maxime

    Le courage manque aujourd’hui pour affirmer l’urgence. Doit-on se contenter de la lecture commentée de Martin comme une enclave de résistance au cynisme et au nihilisme.
    Je pense que oui. Derrière cette voile d’ignorance (les pratiques de Stéphane) montre, par exemple, que l’idée selon laquelle la répartition des talents de notre domaine serait le fruit d’un « hasard naturel » qui puisse perpétuer la dérivation des principes et codes déonthologiques admis par certains.

  32. 32 Jean-Sébastien Dussault

    "Stéphane charge à ses clients quessé qu’y peuvent payer. [...] 300 piasses pour toutes ses affaires avant production"

    Ben, c’est déjà ça. Stéphane réussi à faire près du triple que ce qu’il aurait fait avec Logoworks, et il a réussit à le doubler avec du "return business", chose impossible avec LW.

    Si, par un hasard improbable, Ginette en venait à se faire poursuivre pour son logo trouvé sur le net, se dira t’elle "C’est vrai que j’ai mis juste 700$ là dessus"?

    C’est sûr que ce ne sont pas toutes les compagnies qui peuvent ou devraient se payer une i.d. corporative à 4 000$. Par contre, si le client prend la peine de faire affaires à un designer -Gottshalk+Ash, Logoworks ou Stéphane-, quelque chose me dit que du moment où il se fait flanquer une poursuite pour un logo copié, il se sentira floué…

  33. 33 Paul-André Urbain

    Intéressant Jean-Sébastien…

    4 000, c’est juste le designer, c’est ben raisonnable et trop. Mettons 20 000 (et souvent plus), c’est à peu prés le budget normal pour tout le kid (encore là, ça dépend). Incluant la garantie que ça s’est jamais fait avant ailleurs et partout dans le monde. Donc pas juste le design. Là les mouches se font enculer pas à peu près, je connais ça. Les rapports d’études et les recherches te sautent dans face chaque jour, t’as quasiment pas le temps de gossé ton logo.

    À 400 ou 700 piasses, si la Ginette a son logo (dessiné par Stéphane à Laval) et qu’une grosse pharmasautique Suisse a un peu le même dessiné par G+A, quessé que la grosse pharma en a à cirer du logo de la grosse Ginette dans son ti-salon de coiffure ?.

    Y va y avoir de la marde dans le ventilateur (de poursuites) seulement s’il y a des enjeux commerciaux importants.

    Et même si le PDG de la grosse pharma, en voyage à Montréal, tombe sur la carte de visite de Ginette et qu’il s’aperçoit qu’on lui a vendu un logo (20 000 US) COPIÉ sur celui d’une coiffeuse de Laval… Quessé qu’y va faire pensez-vous ?

  34. 34 Jean-Sébastien Dussault

    Hmmmm, marier Ginette?

    En réalité, j’peux pas dire, mais j’imagine qu’il va se mettre en mode "évitons une poursuite". Vas-t’il passer à l’attaque en espérant faire peur à Ginette? Donner un coup de pied au designer et se faire rembourser (puis se faire faire un nouveau logo, par Stéphane cette fois)? Passer ça sous silence en espérant que Ginette ne s’en rende jamais compte? Passer ça sous silence et espérer qu’elle se dise "bof", il n’y a pas une piasse à faire là? (il ne sait probablement pas qu’elle veut une nouvelle table de bronzage)

    Avant, J’avais toujours eu l’impression que les grosses organisations ne s’en faisaient pas trop quand il y a une petite compagnie ou commerce pas rapport utilisant un logo similaire ou identique au leur, mais ça a changé quand j’ai vu que le comité olympique envoyait une mise en demeure à la pizzeria greque "Olympic" de Vancouver qui utilisait les anneaux sur son affiche.

    Chose surprenante que j’ai découvert dernièrement: La compagnie pour laquelle je travaillais comme "in-site designer" avait le même nom qu’une autre compagnie. Semble-t’il qu’il n’y avait aucun problème légal parceque les deux compagnies oeuvrent dans des domaines complètement différents. Avec le cas de la pizzeria, il semble que ce ne soit pas le cas pour ce qui est des logos.

  35. 35 Antoine Nonnom

    Donc pour la modique somme de 1750$, ils auront des centaines de propositions !

    Je pense que la SDGQ devrait prendre position publiquement, (et très rapidement), sur ce concours. Et c’est d’autant plus intéressant que ça rejoindra nos collègues marketing !

  36. 36 Antoine Nonnom

    En fait, le plus déprimant c’est qu’il n’y a pas (en fait, il n’y a jamais) de commentaires de la SDGQ sur leur propre blogue…

  37. 37 Janick

    Ça a aucun sens… Et le tout appuyé par Marketel!!! Ehhhh bien, c’est ben juste les gros qui sont pour les pitchs (déguisés en concours)…….

  38. 38 Jean-Sébastien Dussault

    Que la JCCM décide de ne pas faire faire leur logo du 75e par un designer, c’est triste, mais c’est leur affaire. J’respecte. Qu’un professionnel de renom juge le concours, ça passe encore. Il est payé (j’imagine) pour utiliser ses connaissances.

    Il faudrait, par contre, que la SDGQ fasse une note à "ses" designers et à la JCCM disant que ses membres ne peuvent pas y participer, because of on sait quoi.

    Juste pour dire que les gens d’affaires (jeunes, en plus) réalisent que c’est pas une façon acceptable de faire quand viendra le temps de fair leur propre logo par un designer.

  39. 39 Jean-Sébastien Dussault

    En passant, le concours JCCM de donne pas un prix de 1 700 $, mais bien une formation rémunéré d’une semaine chez Marketel, une adhésion gratuite pour l’année, visibilité associée au membre de la semaine dans le bulletin hebdomadaire, présenté dan un communiqué, hyperlien sur leur site et sera souligné lors du gala du 75e.

    Wow, j’suis essoufflé, moi-là, là. p’têtre pas pour les bonnes raisons, par exemple…

  40. 40 Jean-Sébastien Dussault

    Tiré des réglements du JCCM:

    "9. Propriété du logo
    Le gagnant s’engage, à la remise et en considération du prix, à céder tous les droits, titres et intérêts dans le logo qu’il a créé à la JCCM, à renoncer à son droit moral, et ce, à perpétuité et pour le monde entier. La gagnant s’engage à signer les documents nécessaires à ladite cession de ses droits."

    Je me demandais si c’est quelque chose que vous mettez dans vos contrats d’identité corpo?

    D’habitude, dans les miens, je parle de permission illimitée au client d’utiliser le logo, mais je ne cède pas mes droits.

  41. 41 Philippe Lamarre

    Antoine,

    Ce blogue est une initiative de la SDGQ mais il n’a pas été conçu pour communiquer ses positions officielles sur des dossiers en cours. Quand moi ou quiconque écrivons sur ce site, c’est à titre personnel. J’ai demandé à Hélène L’Heureux, vice-présidente de la SDGQ, de réagir au concours et elle m’a dit ce soir, lors du C.A. qu’elle m’enverrait quelque chose à cet effet.

    J’en ai un peu marre que vous vous plaignez que la SDGQ ne fait pas ceci, devrait faire cela, etc. En fait Antoine, j’ai vérifié et tu n’es même pas membre toi-même… Il me semble que la moindre des choses, quand tu critiques notre organisation, serait que tu nous appuies, que tu paies la cotisation et que tu t’impliques comme je l’ai moi-même fait…

    D’ailleurs, j’envoie le message à tous ceux qui participent à ce blogue, la SDGQ est une organisation de gens qui croient en leur métier et qui sont persuadés que le fait de tous se regrouper contribuera à long terme à faire du design graphique une discipline respectée et reconnue.

    J’ai créé ce blogue pour stimuler les débats et je crois que j’ai réussi à cet effet à voir la qualité des discussions et des intervenants. Mais ce n’est qu’un coup de rame parmi d’autres! Il y a plein de projets à mettre en branle mais le problème est toujours le même : nous sommes trop peu de membres (donc trop peu de moyens) pour réaliser tous les projets sur la table. Notre rayonnement est entièrement basé sur la somme des efforts que les membres bénévoles investissent et je trouve sincèrement qu’en bout de ligne on s’en tire pas si mal. Il y a bcp de pain sur la planche, mais au lieu de dire que la SDGQ ne fait pas ceci et cela, deviens membre et fais-le!! Je te jure que quiconque a envie de mettre l’épaule à la roue y trouvera son compte.

    Mais d’ici là, profitez de ce blogue, mais dites-vous qu’il a été conçu et qu’il est entretenu bénévolement à la sueur de notre front. Bon, je sors tout juste d’une réunion avec le C.A., il y a tout plein de projets en cours et ces commentaires m’ont un peu pompé… ;)

  42. 42 Jean-Sébastien Dussault

    Philippe, je suis tout-à fait d’accord avec toi. Quand on fait parti d’un regroupement, c’est très facile de tomber dans une apathie expéctative et oublier qu’on peut nous même faire quelquechose.

    Je suis un de ces non-membres. Non par conviction, mais par "préparation de portfolio" (et la chienne, un peu) et je tiens à mentionner que je respecte la SDGQ, que j’apprécie ce qu’elle représente et l’effort de ses participants. Même sans en faire partie, je suit son code de déontologie du mieux que je peu, parceque je crois dans un milieux d’affaires où on peut tous se respecter.

    Je me sens un coupable car je pense que j’ai un peu parti le bal en parlant du code de déonthologie dans la discussion des "commandites". Je tiens à répéter que l’essence de l’intervention était: "Membres, parlez à la SDGQ si vous croyez avoir été lésé par une soumission concurrente à 0$, parcequ’ils ne peuvent pas le deviner"

    Ceci dit, ça fait déjà quelques heures que je planche, entre 2 calculs de rendus, sur une lettre (en mon nom personnel) au président de la JCCM sur ce très exitant concours. J’invite tous ceux qui croient qu’un tel concours est mal placé, surtout venant d’un organisme devant promouvoir les intérêts des gens d’affaires (dont nous faisons parti) de leur faire savoir également.

  43. 43 Antoine Nonnom

    Je comprends que la SDGQ a des effectifs et des moyens réduits. Je ne les blâme pas pour les évènements ou les actions qu’elle ne peut pas réaliser. Un concours de design graphique ? Un symposium de niveau international ? Ce sont des choses irréalisables pour l’instant.

    Je dénonce surtout le manque de communication.

    Ces dossiers chauds méritent au moins un message aux membres (et non membres, s’ils veulent en recruter). Car qu’une association regroupe 500 ou 5000 membres, elle possède tout de même un conseil d’administration complet qui doit informer les gens se ses activités.

    Au moment où on se parle, les actions prises par la SDGQ impliquent moins de moyens et d’ampleur… mais ça ne devrait pas emputer le besoin de communiquer et de garder un lien actif avec le milieu. C’est un élément primordial.

    Et même pour soliciter des inscriptions et enrôler des gens, on n’a pas droit à un petit mot. Il n’y a que Philippe qui essaie, tant bien que mal, de faire de la sensibilisation. Je lui lève d’ailleurs mon chapeau !

    Le sujet est clos. Retournons à cet infâme concours…

  44. 44 Janick

    "mais bon on a tous nos preuves à faire." – Paul

    Bon point. J’appuie la phrase.

  45. 45 Peter Nguyen

    J’ai déjà facturé près de $10,000 à un client pour un logo, donc ce n’est pas impossible de faire valoir la qualité d’une solution visuelle. Malheureusement, les designers souvent n’ont pas la formation nécessaire pour aider le client dans le processus stratégique de création d’une solution visuelle de haut calibre. Ca demande, par exemple, des compétences en marketing ainsi que la gestion structurée du processus connu sous le nom de "branding."

    Ce n’est certes pas facile d’acquérir ces nouvelles connaissances, mais comme le dit si bien Tom Peters: If you don’t like change, you will like irrelevance even less.

    Côté positif, je connais bien des designers talentueux à Montréal qui pourraient donner des ateliers à ce sujet. Mais est-ce qu’il y a un budget pour cela et qui paiera la note ?

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