Je crois qu’il était plus que temps que je m’exprime auprès des nombreux lecteurs et animateurs de notre blogue favori. Je confesse que je ne le visite pas assez souvent. Je le regrette sincèrement, car il regorge d’informations utiles et d’opinions qui devraient nous guider dans la bonne gestion de l’association.

À vous lire au cours des derniers mois, ça donne un peu le cafard et ça mine l’engagement. Le mien en tout cas et celui de mes camarades membres du conseil d’administration. L’image de la SDGQ n’est pas jojo à vous entendre… Je crois que cela tient du fait que nous communiquons beaucoup trop peu. Ironique de la part de designers spécialistes de la communication, j’en conviens.

Toujours est-il qu’à prime abord, j’ai pensé sérieusement tout lâcher. Ça donne quoi d’investir des centaines d’heures annuellement si ça passe dans le beurre? Les membres du C.A. de la Société mettent souvent de côté leurs intérêts pécuniaires pour faire avancer les dossiers de l’association. Nous avons, comme vous, des entreprises à faire fonctionner, des familles à faire vivre. Il nous arrive tous d’avoir des moments de découragement en pensant à ce qu’il y a à faire et du peu de temps que nous avons. La tentation est grande d’abandonner, mais qui prendra la relève ? On s’accroche et on se dit qu’à force d’entêtement et de patience, ça finira par arriver.

Arriver à quoi ?

Cette association dont nous rêvons tous est un regroupement de tous ceux qui ont à coeur ce métier. Un groupe inclusif et solidaire composé de vieux renards et de jeunes loups, d’artistes sensibles, de grandes gueules, de timides, d’intellos, de scientifiques de la com, de surdoués et d’honnêtes travailleurs. Une gang bigarrée et allumée qui met de côté les différences et les petites jalousies pour se tenir solidement devant les enjeux collectifs. Une association qui aura les moyens d’organiser régulièrement des conférences de designers réputés, des biennales sur des sujets brûlants, des expositions inédites, des concours jouissant d’une intégrité irréprochable et célébrant la pertinence de nos projets. Un organisme jouissant d’une influence de premier plan auprès des gouvernements, de la communauté d’affaires, des autres professions et des institutions d’enseignement. Une confrèrie où les séniors conseilleront généreusement les plus jeunes grâce à des programmes de mentorat bien rodés.

Lorsque je vous lis et que je pense aux raisons qui m’ont amené à m’engager dans la SDGQ il y a quelques années, je me dis que ça vaut la peine de donner encore un coup de collier, car nous partageons exactements les mêmes ambitions.

Alors on fait quoi ?

La plus grande erreur serait de disperser nos efforts. La SDGQ avec tous ses torts et ses faiblesses demeure malgré tout le meilleur outil pour faire avancer notre cause. Il suffit de s’engager et de prendre la responsabilité d’un dossier qui nous tient à coeur. C’est ce que font les membres du C.A.

C’est ce qui a permis de créer ce blogue, de refaire un site plus dynamique qui sera en ligne sous peu, de négocier une assurance collective, d’amorcer un répertoire des institutions d’enseignement, de démarrer un groupe de réflexion sur le projet d’accréditation, de jouer un rôle de premier plan avec Montréal International pour faire venir ICOGRADA à Montréal. C’est cet engagement aussi qui a permis de se concerter avec la GDC et la RGD Ontario pour mener à bien l’enquête national sur la rémunération professionnelle. C’est ce qui nous amène aussi chaque année à souligner l’apport remarquable de certains de nos collègues en les nommant membres honoraires. Cet engagement enfin qui nous a permis de fonder la Conférence Interprofessionnelle en Design du Québec avec les associations d’architectes, d’urbanistes, de designers d’intérieurs, d’architectes du paysage et de designers industriels, qui est maintenant la voix concertée des designers québécois toutes disciplines confondues. Je cesse ici l’énumération.

Vous voyez que la SDGQ, malgré son membership anémique, réussit tout de même–grâce à l’engagement de quelques irréductibles–à faire des choses. Mais j’en conviens, c’est encore trop peu et surtout, nous ne le communiquons pas assez fort.

Prenez le pouvoir

La SDGQ appartient à ses membres et c’est à eux qu’incombe la responsabilité de nommer ses administrateurs. Le 6 juin prochain aura lieu l’assemblée générale annuelle où les membres en règle élisent les membres du C.A. qui ont la responsabilité de les représenter. Voilà une occasion d’avoir un impact réel et de prendre prise sur le seul organisme représentant officiellement les designers graphiques au Québec. Je vous y invite en grand nombre, vous verrez qu’il n’y a que de la bonne volonté dans cette association. Pas de cliques, pas de grosses têtes, pas de prima donnas. Que des gens qui comme vous, veulent que ça bouge en design graphique.

Fini les tergiversations, joignez-vous qu’on avance !


16 commentaires sur «Message du président silencieux de la SDGQ»

  1. 1 Sébastien Théraulaz

    Cher Monsieur Léonard,
    Quelle heureuse surprise de constater que quelques lignes sur ce blog ont attiré votre intention. Je me permet donc de répondre en quelque sorte à votre cri du coeur; je tiens bien à souligner le fait que ces propos n’engagent que moi.

    Tout d’abord je ne suis pas membre de la SDGQ, je l’ai été une année et ça n’a rien amené (comprendre: c’est comme si je n’étais pas membre).

    Vous dîtes vouloir «une gang bigarrée et allumée, un regroupement de tous ceux qui ont à coeur ce métier», je trouve ce souhait plus que louable, mais est-ce vraiment ça la SDGQ, pour le moment – vu de l’extérieur – ça n’a pas l’air d’avoir cette tête là et est ce vraiment le but recherché ?

    Les envies de «gang» qui trippe sur le design, que intellectualise sur les typo ou rigole des affiches horribles, c’est très sympathique, mais je recherche plus un organisme qui n’est pas là pour tripper mais plutôt pour offrir des services incontournables.

    Un regroupement qui aide concretement les designers à différents niveaux:
    – mentorat avec des plus vieux

    – dépannage quand on recherche un fournisseur

    – réseautage avec d’autres groupes susceptibles de nous aider (photographe, imprimeur, rédacteur, illustrateur, labo, avocats, etc…)

    – ateliers permettant une meilleure connaissance de certaines réalités du métier

    – visibiliter auprès du public pour faire comprendre notre métier (expo, parution dans la presse, happening)

    – événements internationaux qui permetteraient aux designers de montrer ce que le Québec a à offrir à l’extérieur de nos frontières

    – rencontres de professionnels pour débattre de certains sujets

    – et mille autres idées possibles…

    Voilà ce que j’en pense, alors :
    est ce que le fait d’aller voter pour un CA, va amener ces changements ?

    Je ne pense pas car la majorité de mes propositions sont le bon sens même, je suis sûr que vous y avez tous pensé et n’importe qui y penserait…mais on dirait que ça ne se fait pas, il doit y avoir quelque chose qui bloque ou bien je suis complétement «dans les patates» et j’ai des rêves délirants. Pourtant il me paraît bien plus facile d’avoir un groupe professionnel qui offre des services à ses membres qu’un groupe de trippeux qui s’éclate en laissant de côtés ses petites jalousies. Les groupes de graphistes qui trippent n’ont pas attendu la SDGQ pour faire se réunir et faire des choses.

    Je ne cherche pas des nouveaux amis, mais bien des services qui appuyeront ma démarche professionnelle et m’aideront à devenir meilleur tout en me tenant informé de mon corps de métier….Si par hasard, je m’y fais des nouveaux amis ce sera la «cerise sur le sundae».

  2. 2 Janick

    Sébastien lance le bal! :)

    Seb, ton commentaire résume très bien ma pensée!

    Les faits sont que, sans image positive (ça fait parti de notre métier non, l’image!) de la SDGQ, et sans preuve tangible que la SDGQ se tient sur ses pattes et agit, peu deviendront membres.

    Nous le savons, c’est un cercle vicieux: peu de membres = peu de fonds pour l’action, peu d’actions = peu de membres. C’est dommage bien sûr, mais on ne peut faire autrement!

    Cependant, on ne peut demander à des créatifs indépendants et petits studios d’investir ce montant d’adhésion à l’aveuglette! C’est simplement irréaliste. Quelqu’un devra faire les premiers pas, et vu les moyens restreints des plus petits (oui je sais, la SDGQ aussi a des budgets restreints!), je doute fort que ce soit nous qui le fassent! À tord peut-être, mais je crois que c’est la réalité des évènements!

    Ceci dit, je suis vraiment très heureuse de ce message officiel de la SDGQ! Je tenterai de me rendre à l’assemblée générale le 6 juin, question de voir…! Je crois que nous devrions tous le faire d’ailleurs, question d’avoir un portrait plus complet et plus réaliste de la SDGQ!

    Ça coûte rien d’y aller, et je dis ça littéralement! hehe

    Qui y va? :)

  3. 3 Jean-Sébastien Dussault

    Monsieur Léonard,

    Ça fait plaisir de vous entendre. J’avais l’impression que vous sous-estimiez la merveilleuse initiative de ce blog. En fait, je crois que c’est ça le problème. à la SDGQ, tout semble se faire en catimini. On en entend des bribe ici et là, quand on est assez chanceux pour tomber sur quelqu’un du conseil.

    J’ai l’intention de m’inscrire depuis quelque temps.

    Ironiquement, l’élément motivateur pour mon désir d’inscription est le GAG et la GDC. Voyez vous, sans y appartenir, j’ai immédiatement vu les bénifices qu’apportent ces organisment et j’ose croire que la SDGQ fait de même. Le problème, c’est qu’on en entend pas parler. Par exemple, j’ai vu une lettre envoyé à Québec Solidaire regardant leur concours, mais par la bande, sinon je ne l’aurais jamais su.

    Je me promène avec le chèque depuis 3-4 mois. (Il va sûrement falloir que j’en refasse un) J’hésite toujours à l’envoyer. Pour un designer indépendant (et Dieu sait qu’il y en a au Québec), le prix est un peu haut, surtout quand on arrive pas à voir les avantages. Et là, je ne parle pas de bonis, comme une assurance collective ou des spéciaux chez Omer. Non. Je parle d’action, simplement.

    Quand on danse dans son salon, il y a juste le chien qui applaudit.

  4. 4 Sébastien Théraulaz

    Mesdames, Messieurs,
    Je vois que plusieurs voix (en privé) se lèvent dès que l’on parle de la SDGQ.
    Par contre, dès que l’occasion se présente de répondre à son président, les commentaires se font timides. Est-ce que c’est moi qui rêve (avec Janick) ? On dirait que ça «branle dans le manche» et tout le monde il est beau..tout le monde il est gentil!!
    En fait, peut-être que je me trompe et vous serez tous là avec vos commentaires mordants et vos propositions "dada" à l’assemblée annuelle ?? Dans tous les cas, y faut que ça bouge!

    p.s. je vais danser dans mon salon avec Jean-Sébastien et son chien bon public…

  5. 5 Jean-Sébastien Dussault

    Mon chien est un peu critique, quand même.

    Si l’invitation pour assister à l’assemblée s’étend aux non-membres, j’irai avec grand plaisir pour voir de quoi il en retourne.

  6. 6 Philippe Lamarre

    Bien sûr Jean-Sébastien que l’assemblée générale est ouverte aux non-membres! La SDGQ n’est pas une caste secrète.

    Ce serait d’ailleurs vraiment cool si les collaborateurs, participants et lecteurs d’OpO venaient en grand nombre, ça nous donnerait la chance de mettre des visages sur les noms. En tout cas, moi j’y serai et je vous y convie tous. Ce sera également l’occasion de célébrer le lancement du premier livre édité par la SDGQ (en collaboration avec Jean-Olivier Noreau, participant à ce blogue). Et c’est sans compter Marc Serre qui présentera le site revu et amélioré de la SDGQ. Vous pourrez constater de visu que nous sommes lentement, mais sûrement en train d’établir des bases solides à notre organisation professionnelle.

    http://www.sdgq.qc.ca/default.as...

  7. 7 Janick

    Alors, on s’y voit tous ce soir? :)

  8. 8 Mario Deschambault

    Je viens de lire certains commentaires du blogue portant sur l’action (ou la non action, c’est selon) de la SDGQ. Pour vous mettre en contexte, je suis moi-même membre de la SDGQ depuis 2 ans. Deux années au cours desquelles je n’ai effectivement pas retiré quelque avantage personnel que ce soit. Mais de toutes façons, ce n’est pas la raison qui m’a incité à adhérer à ce regroupement.

    Tout d’abord, je crois, sauf erreur, que ce genre d’organisation n’est pertinente que dans la mesure où elle réussit à faire progresser collectivement les gens qu’elle représente. Suite à ce que j’ai lu sur ce blogue, je voulais être en mesure de porter un jugement sur ce qui se fait à la Société. J’ai donc assisté hier pour la première fois à l’assemblée annuelle. Et j’ai été agréablement surpris par l’ensemble des actions entreprises au cours de la dernière année par des gens qui le font bénévolement, est-il besoin de le rappeler. Je suis moi-même membre de conseils d’administration dans d’autres secteurs d’activités et je sais ce que représente la somme de travail que ces gens doivent consentir, encore une fois, bénévolement. J’ai lu plus haut des commentaires venant de gens très articulés. Pourquoi ne prennent-ils pas part aux différents comités mis en place pour traiter des différents dossiers? Il me semble que les choses bougeraient un peu plus vite et surtout, dans le sens qu’ils le souhaitent. Et il y a sûrement une foule d’autres sujets qui n’ont pas été envisagés, faute de ressources pour s’y consacrer.

    Personnellement, mon horaire m’empêche actuellement de m’impliquer concrètement… mais ce n’est que partie remise. Aussi, je suis reconnaissant aux gens qui posent des gestes réelles qui, malgré les apparences, font bouger les choses… Tout ceci étant dit sans vouloir faire la morale à qui que ce soit!

  9. 9 Janick

    J’avoue que j’ai été agréablement surprise aussi d’y aller! Avant, c’était comme une porte vitrée cachetée, n’osant pas entrer de peur qu’il y ait rien dedans et de perdre son temps.

    Mais finalement, c’était cacheté (car de l’extérieur on voit pas grand chose), mais solidement en construction à l’intérieur. Et même avec le bon début de beau et efficace design intérieur en plus! hehe

    SURTOUT, le projet d’assurance collective qui semble vouloir vraiment se réaliser. Il FAUT ce projet. Tout les indépendants et petits studios, et même les plus gros, en ont un besoin criant. Je crois que si ce projet ce réalise, ce pourra être le plus grand "open house" jamais vécu par la SDGQ.

    Ceci dit, c’est toujours le tarif qui m’arrête. Cependant, il y a amélioration, car c’est la SEULE chose qui m’arrête, contrairement à avant. Même pour le tarif Junior. Je comprend maintenant la raison d’être de ce tarif, oui. Par contre, ça veut pas dire que je peux me le permettre en ce moment! Les tarifs baisseront-ils prochainement? J’espère, et si oui, alors j’entrerai par cette porte cachetée sans hésiter! :)

  10. 10 Alex emetique

    Janick, la sdgq a pas les moyens de baisser leur tarif. C’est déja incroyable ce qu’ils font avec le peu de membres qu’ils ont. Moi, aussi, je vais devenir membre, les beaux jours de cette association sont à venir. Je suis pas mal au contact d’eux en ce moment, et il y a pas mal de projets très intéressant en construction.

    Aussi

    Je ne suis pas certain, mais ton adhesion doit être déductible de tes impots si tu es travailleur autonome.

  11. 11 Janick

    Salut Alex!

    Oui je le sais ça (que c’est déductible)! :)

    Alors ça attendra jusqu’à ce que je puisse. Mais comme j’ai dis plus haut, quand je pourrai, j’hésiterai pas! :)

  12. 12 Jean-Sébastien Dussault

    Ah! Paul,

    Si l’adhésion équivalait à mon budget annuel pour les chips, ça ferait longtemps que je m’y inscrirait 4 fois par années.

    Encore 4 dodos et je devrais pouvoir poster mon satané chèque…

  13. 13 Nadine

    Je suis allée à l’A.G. J’ai été agréablement surprise. C’est plus ouvert et moins sérieux que je ne le croyais. J’ai trouvé une communautée vivante, stimulante et très sympatique. L’association est encore jeune, et petite en nombre de membres. Le CA a beaucoup de projets très interessants. Toutes les questions qui nous préocupent sont sur la table. Il faut juste être patient et s’impliquer.

  14. 14 Antoine Nonnom

    La patience est de mise, oui. Mais l’association n’est pas, mais vraiment pas, «encore jeune».

    Fondée en 1972…
    http://www.sdgq.ca/?menuselect=h...

  15. 15 Marc-André Boivin

    Tiens, pour une fois, au diable le chialage et je voudrais seulement dire un peu de bien sur la SDGQ qui vient de lancer son nouveau site web.

    Je n’ai pas encore fait le tour complètement, mais je vois que certains commentaires de ce blogue ont été pris en compte et je trouve cela intéressant.

    Bon ok, y’en a encore qui vont dire que c’est pas assez et que ça manque de ci ou de ça, mais peut-on seulement souligner notre appréciation de voir que certaines actions sont posées ou devons-nous être toujours mécontents à la manière d’un syndicat ?

  16. 16 Janick

    Wow Marc-André! Merci de l’info, je savais même pas que le nouveau site était lancé!! (je me suis abonnée 3 fois au newsletter, mais je crois qu’il y avait un bogue car je n’ai jamais rien reçu!)
    Je me suis abonnée de nouveau, j’espère que ça a marché!! :)
    Le site a l’aire suuuuuper!! Je continue à y penser, plus plus plus fort encore (j’y suis presque! lol)!

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