Consommez-vous de manière réfléchie ou vous faites-vous avoir par le branding des multinationales? Suite à ma lecture du livre No Logo, La tyrannie des marques de Naomi Klein, paru en 2000, mes valeurs et surtout mes croyances ont été remises en questions. C’est à ce moment que j’ai décidé de ne plus aller chez Walmart, Starbuck, Mcdo et cie et que j’essaie de faire ma part dans l’économie mondiale en regardant la provenance des vêtements que j’achète, en consommant local plutôt qu’international et en croyant fermement que chaque goûte dans l’océan peut changer les mentalités.
Mais ne croyez pas que je suis parfaite! Je ne consomme pas toujours équitable, je craque pour des vêtements Diesel manufacturés aux Philippines et j’achète des fraises transgéniques de la Floride… Par contre, à chaque fois que je pose un de ces gestes, je le fais consciemment.

Vous, designers graphiques, directeurs artistiques, amis de la pub, qui êtes supposément de fins connaisseurs en marques, en création de logo et en établissement de branding, vous laissez-vous influencer par ces marques qui abondent et qui veulent nous faire consommer à tout prix tout en nous faisant accroire qu’on peut avoir bonne conscience en consommant leurs produits? Vous croyez-vous aux aguets ou vous laissez-vous avoir par l’appât du gain à moindre prix?

Pensez-vous à votre porte-feuille ou au legs que nous laisseront à nos héritiers? Croyez-vous qu’en épargnant quelques dollars maintenant, tout en encourageant la globalisation des marchés, ces compagnies internationales viendront nous redonner les emplois partis dans les pays en voie de développement, quand nous serons appauvris? Pensez-vous qu’un jour, les compagnies qui nous emploient vont faire affaire avec des D.A. indiens ou chinois, grâce aux nouvelles technologies et au besoin d’en faire plus pour le moins cher?

Et je n’ai pas encore parlé d’environnement…

Pour en savoir plus sur No Logo, La tyrannie des marques de Naomi Klein : www.nologo.org


35 commentaires sur «Consommation éthique ou consommation d’influence?»

  1. 1 Youan L. Gagnon

    J’ai lu moi aussi l’ouvrage de Naomi Klein, et je dois dire que j’ai été très secoué. Je n’avais pour ainsi dire aucune idée que ce genre de paradis industriel, très bien décrit par l’auteure, existait, où les droits des travailleurs étaient dictés par des lois se rapprochant plus d’un enfer militaire que d’une société responsable.

    Maintenant, d’un côté plus personnel, je tente de faire attention de plus en plus à ma consommation. Surtout du côté de l’alimentation, où j’essaie de plus en plus d’acheter des produits locaux. Pour le reste, je dois dire que j’ai encore du chemin à faire. Mais comme on dit, petit train va loin.

  2. 2 Alexandre Saint-Jalm

    Honnetement annie, c’est un debat tres fin année 90. Tibor Kalman avait lancé le First Think First (avec Adbusters, Emigre, etc.) mais après quelques mois de débat dans la profession, tout est vite retombé.

    En ce moment, il y a Bruce Mau qui essaye de relancer le debat, mais d’une facon tres differente, je te conseil d’ailleurs d’acheter ce livre, il est juste 30$…

    Mais le probleme, c’est qu’il y a toujours un hic, le livre est imprimé en chine… ou un autre exemple, American apparel qui vend ses produits comme Sweatshop free, en arrache enormement avec leurs employés de Montréal qui disent avoir des conditions totalement lamentables.

    Alors, oui, j’essaye de consommer avec responsabilité. Mais je suis assez cynique avec tout ça (comme notre génération).

    Je pense honnetement que le design graphique à son rôle a jouer dans tout cela…

  3. 3 Annie Bastien

    Peut-être est-ce un débat fin années 90, mais il est toujours d’actualité. Je suis tannée d’entendre les gens se déresponsabiliser face aux problèmes sociaux qui nous touchent. Avec le gouvernement qu’on a, il faut se battre pour lui faire comprendre où on veut aller. On a juste à regarder le cas des étudiants, de la convention collective des profs, et juste choisir un emplacement pour un hôpital…

    Beaucoup de bureaux de design font leur «pute» en acceptant des contrats de compagnies non éthiques. Certains me répondront qu’il faut vivre, que si ce n’est pas eux ça sera quelqu’un d’autre… Moi ça me pu au nez des raisonnements comme ça. Si chacun ne s’était pas responsabilisé dans le passé, il y aurait encore de l’esclavage et l’avortement serait encore illégal au Canada.

    J’ai vu The Corporation. J’étais justement en train de lire No Logo. Je suis ressortie du cinéma très découragée. Mais c’est en voyant ça que je me dit qu’il ne faut pas les laisser nous endoctriner avec leur discours hégémonique.

  4. 4 Alexandre Saint-Jalm

    Annie, ca me ferait plaisir de discuter avec toi de tout cela, mais la j’ai pas le temps… Si un jour on se rencontre…

    Par contre

    Il y a un livre genial, ca me ferait plaisir de te le preter.
    Obey the Giant de Rick Poynor
    C’est une compilation de ses textes…
    Il y a d’ailleurs un texte sur Diesel, ultra interessant…

    et vive le design didactique…

  5. 5 Alexandre Saint-Jalm

    je vous le conseil…
    http://www.slowfoodquebec.com

  6. 6 Laurent Rabatel

    sérieusement, ce débat est très très stérile. Ce n’est même pas un débat, ce sont des opinions d’Annie Bastien qui à la suite d’une lecture vient d’avoir un brin de conscience sociale.
    Pourquoi nous poser ce type de question ? Je ne comprends pas le but.
    Nous faisons un métier qui consiste à produire une image à partir d’un objectif clair.
    Faire entrer des dollars sous n’importe quelle forme dans un tiroir caisse.
    La forme est diverse :
    Entrer des spectateurs dans un théâtre
    Sortir des yaourts d’un magasin
    Faire boire des bières qui proviennent d’un dépanneur
    ou n’importe quel autre truc

    Le but ultime est de satisfaire le client car nous sommes des personnes qui faisons un métier intégré dans la chaîne de la mise en marché.

    Je me gausse toujours lorsque j’entends des personnes dirent qu’ils ne feraient jamais une campagne pour tel ou tel produit. Qui ne voudrait pas faire une campagne pour Loto-Québec ?
    Ce sont très souvent les meilleures campagnes publicitaires !
    Le jeu compulsif lié à Loto-Qc, ce n’est pas le problème de la personne qui fait l’image, c’est la conscience de l’électeur. Deux choses très très différentes.

    En revanche, dans le post d’Annie, j’aime le questionnement sur le futur de notre profession. Pourquoi pas un DA Chinois ou Indien car il coûtera moins cher ? Des entreprises françaises travaillent avec des agences québécoises, d’après vous pourquoi ?

  7. 7 alexandre emetique

    Parce que les quebecois sont moins chiants? À cause du decallage horaire?

    non, mais sans rire, Aquent a ouvert son agence en Inde…

  8. 8 Simon Éthier

    Il n’est pas d’entreprise "fondamentalement mauvaise", et <i>The Corporation</i> le montre de façon mignonne dans l’épisode au chalet d’un dirigeant de Shell. Toutes ces entreprises sont là par et pour des humains, avec les contradictions et les défauts, mais aussi les qualités qui sont implicites aux humains. Plusieurs méga-corporations introduisent dans leur culture des principes environnementaux et sociaux, par pure conscience et bonne volonté, et aussi parce que cela fait vendre. HP et Volvo ont depuis quelques années introduit un programme de récupération des produits usagés de leur marque (de ce fait, ils ont probablement accès à une bonne quantité de pièces usagées réutilisables, non?). Mais ces deux compagnies sont aussi nouvellement liées respectivement à Compaq et Ford, ce qui crée des tensions dans la direction à chaque décision du fait des cultures d’entreprises différentes. Étend-on la politique environnementale au nouveau géant, ou augmente-t-on le salaire des employés? Il s’agit <b>presque toujours</b> de compromis entre gens de bonne volonté, comme vous et moi. Lorsque l’on énonce un idéal, comme la paix sur terre, la préservation de l’environnement ou la justice, tous sont d’accord, mais c’est sur la façon d’y arriver et les concessions que cela impose qu’il peut y avoir désaccord.

    Pour ce qui est de No Logo, il est à noter les multiples anti-marques qui ont pour public cible les gens boycottant les grands noms: la chaîne internationale Urban Outfitters en tête de liste. Pourtant le branding et la compétition de libre marché <b>est basé sur les anti-marques</b> Adidas est meilleur que Nike (donc l’anti-Nike), Nike que Reebok et ainsi de suite. Et certains se croient au-dessus de cette compétition en achetant des Blundstones, des Chuck Taylor (par Nike) ou des Doc Marten’s. D’autres atteignent le nirvana (plus haut niveau) compétitif en se procurant les chaussures AdBusters (fabriqués en Asie); ceux-là aiment se croire les plus avertis, les plus conscients et ceux qui rejettent la compétition. En achetant une marque, on achète une distinction sociale, et le design graphique est utilisé pour donner de la valeur ajoutée à toute forme de bien positionnel. Le reste dépend de la bonne volonté des dirigeants des compagnies.

    Comme designer, le premier combat est justement contre l’obsolence d’une marque et d’un produit.

  9. 9 Simon Éthier

    woups… obsoleSCEnce… ;-)

  10. 10 Alexandre Saint-Jalm

    martin, tu te trompes de victimes avec adbusters… arrete de croire que c’est des capitalistes déguisés. Ce sont des personnes qui ont des convictions c’est tout.

    Ciel, j’en ai ma claque de voir a quel point c’est facile de détruire du monde des qu’ils sont un peu engagé dans quelques choses. Que beaucoup de designers de très grand talent ont écrit pour adbusters dont Tibor Kalman, Rudy Vanderlands, Steven Heller, Ne pas plier,Jonathan Barnbrook…

    Alors tu vas me dire que c’est de l’opportuniste? Adbusters a fait plusieurs numéros avec une critique très réaliste de notre profession…

    Parce que oui, on a une attitude a changer!
    On y gagne toujours à etre plus respectueux de la nature. Comme acheter du papier plus ecolo, developper l’imprimerie aux encres de soya,…

  11. 11 Alexandre Saint-Jalm

    je ne pense pas avoir un discours de gauche extremiste… je pense juste que les designers graphiques veulent pas se forcer, c’est tout.

    Et j’ai 250 000 exemples à te donner…

    Et Adbusters n’a pas récupéré le First Thing First, C’est tibor Kalman qui a demandé de le publier, et d’ailleurs il a été publié dans plusieurs magazines au meme moment.

  12. 12 Simon Éthier

    Le problême avec Adbusters, ce n’est pas qu’il s’agisse de «vendus» au système capitaliste. C’est plutôt qu’ils soient perçus invariablement comme des gentils s’opposant à un «système» fondamentalement mauvais : «saint Adbusters, priez pour nous pécheurs». La réalité est beaucoup plus complexe; tous, du premier au dernier, font leur effort à la mesure de leurs capacités (argent, travail, temps, environnement), et AdBusters fait bien de leur rappeler de le faire. Là où ça se corse, c’est qu’AdBusters (et Équiterre, et Greenpeace, etc.) met beaucoup de choses dans le même panier, en essayant de diviser les «bons» des «méchants». Ce qui donne des textes et des images plus «punchés», mais témoigne peu des faits réels (on s’y acharne sur quelques compagnies, sans vue d’ensemble; on y assume que la consommation est nécessairement mauvaise pour l’environnement, la société, la paix sur Terre, sans réellement le prouver). Cette manière de faire a pour conséquence immédiate de s’aliéner plusieurs personnes ayant une vision plus pragmatique, tout en étant en accord avec UNE PARTIE du discours d’AdBusters.

    Tu as raisons pour les efforts, Alexandre. Mais faire des efforts, c’est quelque chose de collectif, et ça nous implique autant que les imprimeurs, autant que les clients, autant que les consommateurs. Toute évolution dans la culture peut sembler lente, mais faut garder courage: peu à peu les plus conservateurs vont devoir s’adapter. Si on est trop brutal avec ceux-ci, ils seront plus réticents. Je suis certain qu’une page de pub faisant la promotion de l’impression à l’encre de soya dans Fortune ou Commerce fera plus pour les mentalités qu’un an de AdBusters, qui prêche aux convertis depuis trop longtemps…

  13. 13 Simon Éthier

    Au sujet du livre de Guru et de son potentiel public cible (les lignes qui suivent relèvent de mes propres spéculations de cyclistes):

    Sur Guru:
    http://www.gurubikes.com/french/
    Guru fabrique à Montréal des vélos de route TRÈS haut de gamme (aluminium, acier, carbone, titane), qui se vendent entre 1600 et 8000$. Il s’agit d’une petite entreprise de trente ou quarante personnes. Chaque vélo est fait à la main, et une grande proportion est faite sur mesure, selon les choix du client (pièces, cosmétique, grandeur, etc.). Ils sont aussi vendus dans des boutiques très spécialisées.
    Les vélos ainsi vendus sont de beaux, très beaux objets, et la clientèle y fait très attention, surtout dans le milieu du vélo de route. Il n’est pas rare de voir les gens faire repeindre leur vélo quand leur cadre est trop rayé, si jamais cela arrive, car en route, la plupart donnent à leur monture un entretien assez méticuleux. Souvent, les clients recherchent chez Guru une alternative aux Trek ou Giant omniprésents (ou les multiples marques qu’ils fabriquent en Asie ou aux États-Unis: trop populaires et trop américains) ou à Devinci, marque «mainstream» dans ce marché au Québec. Donner à cette clientèle un tel livre m’apparaît comme un complément promotionnel intelligent dans ce contxte: le livre traînera chez le client, il le montrera avec sa nouvelle acquisition, ou il le fera circuler.

    Nous en arrivons donc à la notion de respect du produit (détaillée par Sylvain Allard dans son cours sur l’emballage). Si on vend à un client un produit en le montrant comme précieux, il y a de fortes chances qu’il y fasse attention. Les produits d’Apple en sont un bon exemple (il ne s’agit pas d’un vulgaire PC dans une boîte brune, mais d’un produit qui se présente à vous tranquillement, dans un packaging qui le valorise sans tomber dans l’excès). Montrer que le vélo est précieux est, j’en suis certain, une manière louable de limiter le gaspillage des ressources. Je connais beaucoup de cyclistes qui changent de vélo à chaque année (ou 2 ans), pour garder LE modèle à la mode. L’approche de Guru est assez différente: le but est d’avoir «son» vélo, de l’aimer, et de le garder. Plusieurs d’entre nous possèdons «notre bon vieux boîtier 35 mm manuel Nikon», des vieilles bottes de cuir ou un gros chandail auquel nous vouons une affection particulière.
    Depuis que l’humain ne produit plus lui-même (de ses propres mains) les biens nécessaires à sa vie de tous les jours, le respect envers l’objet a disparu à toutes fins pratiques (un peu avec raison, dans un contexte de biens industriels standardisés). À mon avis, il peut y avoir une forme d’attachement sain aux objets, et cela limite souvent le gaspillage. Et c’est à nous, designers, de créer un objet de qualité et attachant qui de ce fait se vend bien, et qui convainc l’acheteur de le garder, de ne pas le remplacer pour rien (Apple et Guru ont assez bien compris ça…).

  14. 14 Simon Éthier

    Tiens donc! Après avoir écrit cela, je comprend pourquoi certains payent plusieurs centaines de dollars pour une édition spéciale du Juicy Salif de Starck! ;-)

  15. 15 André Lavergne

    Martin: à toi qui parle si souvent de (et je cite) "retombées évaluables pour un client", je te repondrais qu’on verra bien avec le temps ce que ce livre aura accompli pour Guru.

    À mon avis, en ce qui a trait à la visibilité, ils ont peut-être déjà gagné leur pari.

  16. 16 Simon Éthier

    Le propriétaire ne serait peut-être pas moins attaché à son vélo si le livre n’avait pas été produit. Mais ici, on parle d’abord et avant tout de vendre plus de vélos : voir le livre circuler en magasin, etc. Tout cela dans le but de conférer une importance et un statut à la marque (dont la moitié des modèles demeurent plus haut de gamme que l’outil de travail de Lance Armstrong). Plutôt que de distribuer gratuitement un catalogue qui te propose de changer sans cesse pour un meilleur vélo, on te dit que tu as fait le bon choix en achetant celui-là. On communique un message qui est éthiquement défendable, mais pour communiquer, il faut des ressources.

    L’expression «dépliant de Greenpeace» serait-elle un oxymore?

  17. 17 Paul-André Urbain

    Que l’on aide les « bons » ou les « méchants » par nos beaux dessins, c’est triste à dire et c’est la seule certitude de notre métier, ça fini anyway dans les poubelles. On dessine des vidanges. Imaginez vous dire ça à vos voisins! … Je dessine des vidanges, mais c’est du dur, et vous ?

    La durée de vie de nos œuvres et leurs conséquences, faut pas s’énerver avec ça. Pour que ça reste après votre mort, c’est des bébés qu’il faut faire.

    Il faut juste se donner bonne conscience :

    Mon ordinateur est 100% pas fait en Chine. Mes logiciels sont biologiques et ma ligne Internet est naturelle, sans gras trans. Tous mes concepts sont écologiques. Mes factures sont équitables, très équitables. Ça, c’est pour la clientèle locale.

    Pour la clientèle internationale, ma place d’affaire est en Chine pour que ça paraisse pas cher, même si la job est fait à Montréal, ma banque est au Panama en USD. Parce que si c’est pas moi, ce sera un autre et ce sera mal fait, c’est moi qui ai les meilleurs « kerning » en ville.

    Et si on fondait une fiducie oussé qu’on déposerait l’argent sale des jobs sales pour aider dans le tiers-monde ? On pourrait dormir tranquille tout en faisant de l’argent avec les méchants.

  18. 18 Paul-André Urbain

    Réfléchir et se poser des questions, c’est 100% santé et faut pas s’en priver. Pis c’est pas drôle pantoute quessé que j’ai écrit. Nous dessinons des vidanges, trouvez vous ça drôle, vous ?

    Je me pose des questions.

    Nous dessinons des outils pour améliorer la communication et la bonne marche des affaires de nos clients qui font et ont l’argent pour nous permettre de payer notre hypothèque parce que l’on a une famille. Quessé qui font avec les résultats, ça nous regarde pas trop. Sont tu biodégradables ou bedon équitables ? Leurs matières premières viennent-tu du tiers-monde ? Leur comptable travaille-tu pour le parti Libéral ?

    On n’a pas fini de s’en poser.

    Un chirurgien, dans sa salle d’opération, ne juge pas de la fasse du patient, il l’opère. Si le chirurgien se crosse avec une poignée de clous ou de la vaseline, c’est son affaire. Pis si les clous viennent de RénoDépot ou de chez Ikea ou la vaseline de chez Jean Coutu ou HomeDepot… Le patient est ben content d’être guérit, même s’il a fourré l’impôt toute sa vie et que sa sœur travaille pour WallMarde. Et le chirurgien va finir par payer son gros voilier.

    C’est ben pour dire, c’est cynique pour vrai, merci Martin de me l’avoir fait découvrir.

    J’ai quand même les meilleurs « kernings » en ville.

  19. 19 Laurent Rabatel

    peut-être même que la personne qui a fait le livre Guru ne sait pas faire de vélo.

  20. 20 Alexandre Saint-Jalm

    Et il parait que les typographes savent pas lire

  21. 21 Mathieu Blache

    The World Is Not Enough…

  22. 22 Luis Gomez

    C’est sur que les grandes compagnies bouffent les petites et il faut donner une chance a ces dernieres. Quand même elles doivent faire ses preuves, n’est ce pas?

  23. 23 Mathieu Blache

    Voici comment tu peux faire tes preuves, Je te propose une opportunité d’affaire, achête Urbania en faisant une proposition d’acquisition à l’adresse suivante : pkp@urbania.com. Et reviens me voir après.

  24. 24 Simon Éthier

    «Les grandes compagnies bouffent les petites et il faut donner une chance à ces dernières»

    On parle ici d’une compagnie. Je ne crois pas qu’il soit bienséant d’un point de vue éthique de vouloir donner des chances à certaines entreprises, et non d’autres. Une entreprise est une entreprise, petite ou grosse. Rappelons-nous tous: Wal-Mart a déjà été petite. Une petite entreprise n’est pas mieux qu’une grosse, l’inverse non plus. Une grosse entreprise qui agit de façon éthique et peut défendre rationnellement ses actions est aussi «bien» qu’une petite dans la même position. «Faire ses preuves», pour une entreprise, c’est avant tout prouver sa viabilité économique. Une entreprise qui se fait avaler par une autre le prouve probablement autant que celle qui maintient son indépendance à tout prix, tant qu’on ne détaille pas le pourquoi de l’acquisition. Une entreprise qui réussit à faire passer ses valeurs dans la consommation que les autres font de ses produits réussit, graduellement, à prouver sa viabilité. Reste à savoir quelles valeurs nous appuyons le plus.

    Il est facile de respirer bio tant qu’on en a les moyens, mais Wal-Mart a rendu accessibles plusieurs biens autrefois inaccessibles aux strates moins nanties de nos populations. À quel prix rend-on cette qualité de vie accessible à nos concitoyens? Oblige-t-on tout le monde à manger/imprimer/se vêtir éthiquement—et, par le fait même, à empêcher les plus pauvres de subvenir à leurs besoins— ou laisse-t-on le choix de multiples articles et qualités, où tous les acteurs, du fabricant au consommateur, essaient d’avoir le meilleur pour un prix donné? (En d’autres mots, le capitalisme, qui n’exclut pas un capitalisme «éclairé», où l’on assume et encourage la bonne volonté éthique de toutes les parties.)

  25. 25 Jean-Olivier Noreau

    Ah! Je me rappelle la critique de Claude Lalumière du livre No Logo dans le dernier numéro d’Entropie — [Lalumière, Claude (1999). "Dr. No Logo, or: How I Learned to Stop Worrying and Love to Shop", Entropie, 2 (3) : 32-33].

    Lalumière y relevait quelques points pertinents sur les problèmes dans l’argumentation rhétorique de Naomi Klein et les manques au niveau de la démonstration de sa thèse. Je ne vous ‘post’ pas l’article au complet, vous pourrez vous y référez au besoin, je donne ici quelques "juicy parts" comme on dit en bon français.

    Alors si le livre No Logo vaut la peine d’être lu, parce que le sujet est intéressant, il reste que le style d’écriture de l’auteure est pénible. Le livre compte plusieurs passages maladroits, résultat de l’étrange verve mi-journalistique mi-cultural studies de Klein, qui s’étend sur 490 pages, rien de moins. C’est lourd, trop lourd : c’est à cet égard qu’il est facile pour le lecteur de perdre le fil de l’argumentaire de l’auteure, laissant filer sous nos yeux des détails importants.

    “The text’s manipulative distortions and lack of intellectual rigour are also reflected in Klein’s lackadaisical attitude towards chronology and numbers. For example, she backs up the statement “under Ronald Reagan … corporate taxes were dramatically lowered” with a series of pie charts that provide no data from the Reagan years and show an increase (not a decrease!) of 0.1 percent in the proportion of corporate tax to total US federal revenue between 1975 and 1998.

    Even more problematic is Klein’s recounting of the “Malboro Friday” story, which she uses to illustrate brand marketing history. On 2 April 1993, Malboro announced that it would slash its prices “by 20 percent in an attempt to compete with bargain brands”. Marketers everywhere, Klein reports, despaired that consumers had become brand blind. “Then [Klein continues], in 1991 … advertising spending … went down by 5.5 percent for the top 100 brands”. As an example of advertisers’ reaction to this drop, she quotes from the 1988 meeting of the U.S. Association of National Advertisers. Careful readers will notice that, in order for events to confirm her thesis, Klein presents a 1988 reaction to a 1991 consequence of a 1993 event! Such examples make all of Klein’s “facts” suspect. They unfortunately put into question even the most admirable aspects of Klein’s book…

    [...]

    [No Logo] reads like a guilt-ridden justification for her generation’s lack of mobilization against corporate brands; and, ultimately, it comes off as a manipulative attempt to involve readers in her rhetoric. [...] Klein is careful not to alienate her readers with ideas that might make them uncomfortable. She maligns Shell, but never questions the overbearing car culture that requires its services. True, as Klein advocates, people can make a difference by choosing what they buy; but Klein is careful not to seriously attack the impulse towards overconsumption created by advertising and brand advertising in particular. She doesn’t challenge her readers to question their lifestyles beyond their possible loyalty to brands. In Klein’s book, advertising’s only sin is to promote brand hegemony (although she steers clear of such theoretical phrasings). She never criticizes its role in creating the consumer needs catered to by the global corporations that perpetuate the social injustices decried in No Logo. [...] There’s a grand revolution coming: you’ll be able to be a good consumer without any of that nagging guilt. Naomi Klein will show you how.”

    Lalumière est-il trop lapidaire envers Klein? Peut-être bien, mais il soulève un point crucial par rapport à la problématique de la sur-consommation. Elle inclut bien sur des questions quant aux fondements du système économique et les valeurs profondes des êtres humains, sans oublier le lien avec la démographie des pays sur-consommateurs comme les États-Unis et ses très polluantes industries.

    À suivre…

  26. 26 Alexandre emetique

    je pensais que c’etait le traducteur qui etait penible…

    Au passage
    Klein est en train de travailler sur une nouvelle chaine informative internationale.

  27. 27 André Lavergne

    Il peut bien parler de manque de rigueur, ce monsieur Lalumière. Le titre même de son article mélange bêtement les titres de deux films pas rapports.

    Bizarre, mon commentaire ne m’a pas donné le sentiment d’accomplissement que je cherchais. Critiquer une critique serait-ce comme allez chez son plombier pour lui déboucher sa toilette? Dans les deux cas, c’est gênant et pis tu finis avec les mains dans la m…

  28. 28 Luce Beaulieu

    Voici quelques manières concrètes de vivre éthique:

    1) consommer québécois

    dilemme: il n’y a pas de bananes québécoises

    solutions: pendant l’été, il y a des bleuets du lac St-Jean, des pommes de Rougemont et des fraises de la Montérégie. L’hiver, en plus des bananes, on peut essayer de consommer du fromage Pied-de-Vent, de la confiture locale et des patates québécoises; au lieu de McDo, aller vers Frites Alors; essayer du boeuf bio québécois une fois par mois; aller voir CRAZY plutôt que "War of the Worlds".

    2) Réutiliser et recycler

    dilemme: ça me fait chier de séparer les plastiques du papier, et de toute façon, ils dompent tout ça dans les dépotoirs.

    solutions: s’acheter de beaux bacs bien design: un pour le papier, un pour le plastique et le métal; aller visiter le centre de tri de Montréal; y croire; utiliser les 2 côtés de son papier d’imprimante; acheter du papier recyclé Québécois et le proposer à ses clients; amener son vieux stock à l’armée du Salut; magasiner ses matériaux de réno au centre éco-réno; manger toute son assiette et garder les restes s’il y en a; faire du bouillon avec sa carcasse de poulet; etc

    3) Acheter politiquement: un dollar = un vote

    dilemme: ça ne marche pas, et pourquoi je me priverais de mes Reeboks/de ma barre Mars/de mon lait Natrel/de ma peinture Benjamin Moore/de mon café Maxwell House/de mon encre spot UV/de ma Toyota

    solutions: s’abonner à Équiterre et recevoir pleins de nouvelles sur de meilleures habitudes de consommation; apprendre les joies du Slow Food; savourer le quart d’un barre Équateur 70% cacao; acheter le lait Bio; explorer les possibilités du papier mat; essayer la nouvelle ligne "sustainable sneakers" de Nike; vendre son char et s’abonner à Communauto et puis utiliser son vélo plus souvent; lire "Inside the Bubble: designing in a complex World" de John Thackara

    exemple de la vraie vie: sur l’île Salt Spring en Colombie Britannique (pop: 10 000 habs), une chaîne de fast food qui restera anonyme a tenté de s’implanter à Ganges, le centre économique et communautaire de l’île. Par un consensus communautaire, personne n’y est allé. Ils ont fermé leur portes.

    4) Militer

    dilemme: je trouve ça tellement pas cool d’aller manifester dans la rue.

    solutions: on peut militer passivement en faisant un don mensuel à Équiterre; en assistant aux conférence du mouvement de la simplicité volontaire; s’informer sur la provenance de ce qu’on achète; écrire des emails aux représentants politiques pour qu’ils cessent d’imposer des projets non-durable (comme l’autoroute Notre-Dame); au restaurant, demander si leurs viandes/poissons/etc sont bio et équitable (plus les gens le demandent, plus les commerces vont le commander); participer à des événements commandités par des organismes durables; éviter les lieux de consommation irresponsable; etc.

    Et si on veut s’impliquer plus: devenir membre et militer au sein d’un parti politique vert; participer à un groupe de discussion; voter de façon "positive" (POUR quelque chose ou quelqu’un) et non pas "négative" (CONTRE quelque chose ou quelqu’un); commencer un podcast régulier sur la conscience et l’éthique; faire le graphisme d’un documentaire dans la lignée de "Supersize Me"; intégrer le concept de développement durable dans sa mission d’entreprise (et si on travaille en agence, en glisser un mot à son patron); proposer à la SDGQ de prendre position sur le développement durable.

    *L*

  29. 29 Simon Éthier

    Saint Équiterre, priez pour nous. Ce que je trouve embêtant avec ce genre d’organisme, c’est qu’il mélange plusieurs enjeux en proposant un «lifestyle» quasi-dogmatique. McDo et Nike ne sont pas des démons à exorciser. À l’image de la société, ils évoluent. C’est sûr que certains frustrés fêteraient fort si un une grande corporation (américaine, de surcroît) venait à faire faillite. McDo propose maintenant des menus santé, Nike publie maintenant un rapport public sur les conditions qui règnent dans ses usines. Je crois qu’il faut saluer ces initiatives plutôt que d’essayer de tracer la ligne entre les «bons» et les «méchants». Certains organismes altermondialistes ont une rhétorique qui fait penser à celle de Bush quand ils essaient de nous dire qui est «good» et qui est «evil».

    Encourageons les compagnies à être responsables plutôt que de les rejeter en les élevant comme des symboles du «Mal». Ça me fait penser à la parabole biblique de la brebis égarée.

    Quant à «Supersize Me», le problême principal de ce film est qu’il mélange plusieurs choses. Oui, l’auteur a engraissé en allant chez McDo. Mais le problême n’est pas d’aller chez McDo. C’est de «supersizer» quand on n’a pas faim. C’est de réduire son niveau d’activité physique des trois quarts. C’est de ne pas varier son alimentation. Personne ne nous tord le bras. Manger juste chez McDo, ou juste dans un restaurant de haute-gastronomie française, c’est pas sain. Sauf que (malheureusement ou heureusement?) la majorité des occidentaux a les moyens de se payer un trio Big Mac chaque semaine [et pas un repas 5 services de chez Toqué!]. Je ne me prive pas d’aller chez McDo, seulement, j’y vais raisonnablement.

    L’important c’est d’être aussi critique envers la ZLEA ou le Wallpaper qu’envers Équiterre ou Adbusters.

  30. 30 Luce Beaulieu

    Simon, je ne crois pas qu’Équiterre désire imposer un style de vie dogmatique, mais bien des choix alternatifs au mainstream. Ce sont des gens que je fréquente, et je puis t’assurer qu’ils sont loin d’être de bons vivants! Mais c’est important pour la population d’être informée sur ce qui se fait et sur ce qui peut se faire de mieux.

    De plus, avec les changements climatiques que nous visons et qui ne vont aller qu’en s’amplifiant, chaque achat est politique car c’est le plus grand pouvoir que nous ayons en ce moment.

    Acheter un soulier "développement durable" de Nike, c’est encourager la corporation globalement, donc, toutes ses activités. Bien sûr, ils veulent être "trend" et offrir ce qu’ils conçoivent qu’une certaine population veulent, mais soyons réalistes: il y a beaucoup de marketing de redorure de blason là-dedans.

    Je ne dis pas qu’il ne faut pas acheter, mais qu’il faut acheter consciemment, et ne pas se cacher la tête dans le sable en pensant que nos gestes "ne comptent pas."

  31. 31 Jean-Sébastien Dussault

    Luce, je suis bien d’accord avec toi quand tu dis qu’il faut prendre conscience que nos gestes comptent.

    Pour les gens qui se disent que le geste est trop peu pour changer quelquechose, il serait peut-être temps de regarder la chose sous un autre angle: chaque fois qu’on achète un produit fait en exploitant à l’extrême les travailleurs qui le concoivent/récolte, nous encourageons directement cette façon de faire odieuse.

  32. 32 Luce Beaulieu

    Jean-François, je trouve ta question extrêmement pertinente…d’ailleurs, je suis en plein dilemme ces semaines-ci, car je dois (finalement, un jour) concevoir mon site Web, et je désire absolument intégrer la notion de"design responsable" et de "développement humain durable" dans ma mission d’entreprise.

    Mais…comment véhiculer ça d’une façon qui se doit d’être évocatrice, attrayante et simple? Et surtout, de ne pas tomber dans le éso, le granole ou le prêchi-prêcha?

    Je vais revenir là-dessus. Est-ce qu’il y en a d’autres qui ont des idées sur l’image de la consommation responable? Est-ce qu’il y aurait un logo à ça, un genre de symbole à la "recyclez-moi"?

    *L*

  33. 33 Simon Éthier

    Tout d’abord, la consommation responsable est souvent (préférablement) l’absence de consommation.

    Je crois que la pire chose qu’on puisse lui faire serait de lui apposer un logo. (Rappelons qu’il y a plus d’une cinquantaine d’appellations bio au Canada… comment le consommateur s’y retrouve-t-il?) Apposer un logo à la responsabilité déresponsabiliserait le consommateur. Acheter responsable, c’est réfléchir, c’est peser le pour et le contre, c’est s’informer et savoir qu’est-ce qu’onn achète. Quelqu’un peut acheter de façon tout à fait responsable un Hummer (s’il en a réellement besoin), tout comme il peut acheter une Smart de façon irresponsable. Les voitures actuelles polluent de moins en moins (à puissance égale). Doit-on pour autant changer de voiture aux six mois (en largant sur le marché de l’usagé plein de bagnoles)? Où se situe le bon compromis? La consommatyion responsable, c’est d’y réfléchir, pas d’acheter par automatisme tout ce qui porte le logo «responsable». Est-ce que c’est responsable d’avoir une garde-robede 700 t-shirts American Apparel? Est-ce mieux de n’en avoir qu’un? Où dois-je tracer la ligne? Un logo ne ferait qu’amplifier la tendance déjà bien avancée à cataloguer les choix de produits ou de compagnies comme étant irresponsables ou responsables, alors que la réalité est beaucoup plus complexe. Un logo, c’est simple, mais ici, c’est probablement insuffisant pour évoquer l’étendue des concepts évoqués. Et ça pourrait dériver au discours confrontant le «bien» et le «mal» qu’on voit malheureusement trop souvent.

    L’organisme «Leave no Trace» (http://www.lnt.org/), dans certaines conférences, explique clairement qu’il ne s’agit pas d’une religion, et que LNT peut changer d’idée sur certaines questions à mesure qu’on en apprend plus sur le sujet. Et pourtant, certains produits, pas plus «responsables» que d’autres, sont étiquetés de leur logo. En même temps, Subaru est un grand partenaire de cet organisme. Subaru est-elle donc une compagnie responsable?

    Même le recyclage est parfois de la poudre aux yeux, surtout en région, où on dépense parfois plus de pétrole pour recycler/fondre le plastique que pour en fabriquer du nouveau. Chaque action, dans chaque contexte, peut être bonne ou mauvaise. La responsabilité, c’est de pouvoir assumer ses choix, voire les expliquer.

  34. 34 Simon Éthier

    Si un achat est un vote, il faut beaucoup consommer pour que notre opinion compte.

    (… et, même s’il est tout à fait vrai que nos choix de consommation comptent, rappelez-vous que les pétrolières, McDo et les compagnies de tabac ressortent eux aussi sans cesse exactement cette même argumentation. Nous on l’offre parce que les consommateurs en veulent. On a des grosses pointures de notre côté, n’est-ce pas?)

  35. 35 epargne retraite

    je tombe par hasard sur cet excellent article qui a été écrit il ya plus de 4 ans! c’est désolant! il y a un très faible sursaut des populations qui essaient de consommer « éthique » mais je pense que la crise y est pour beaucoup! je pense surtout que les consommateurs sont stimulés par le fait de faire des économies lorsqu’ils consomment des produits régionaux…espérons que la crise ait au moins un effet bénéfique sur l’environnement!

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