J’accuse !

Affiches FFM

Récemment, on a porté à l’attention de la SDGQ l’existence d’un autre concours spéculatif en design graphique, celui-là organisé par le Festival des Films du Monde. Ce concours particulier, même s’il n’est pas différent de ceux que se permettent de lancer diverses entreprises, sociétés d’états et même, certains musées, m’a particulièrement heurtée et a fait déborder le vase déjà bien plein.

Au cours des 3 dernières années où j’ai été particulièrement interpelée par le problème des concours, il semble que l’épidémie ne cesse de grandir et ce qui est encore pire: les designers ne cessent pas d’y participer. Voyez-vous un avocat participer à un concours pour avoir l’occasion de travailler avec Hydro-Québec, ou un comptable se taper une nuit blanche pour avoir le compte de Rona? Non. L’idée même est absurde. Pourquoi l’idée ne semble plus si ridicule lorsqu’il s’agit de travail en conception visuelle?

D’une part, je pense que le problème est lié notre éducation, où l’on a été encouragés à participer à toute sortes de concours étudiants. Je n’ai rien en principe contre ces derniers, car c’est effectivement une excellente manière de se faire connaître alors qu’on s’apprête à chercher un emploi. Par contre, ça nous habitue à percevoir notre travail comme une denrée échangeable contre du prestige et non pas un salaire. Et c’est là le problème.

On veut être celui ou celle qui aura conçu le plus beau rapport annuel, qui aura revampé l’image d’une entreprise, qui aura « sauvé » le FFM. On ne pense pas globalement à l’effet que ça aura à long terme sur la profession, à la cascade d’effets et de réactions que cela aura sur notre travail, à la dégradation de nos relations avec des clients potentiels, avec des employeurs, avec des collègues. Non, on ne pense juste qu’à être le meilleur, celui qui va gagner un Grand Prix.

Je vous invite à lire ou à relire la lettre standard que nous envoyons aux organisateurs de concours. J’aimerais vraiment que vous compreniez ce qui est en oeuvre lorsqu’on accepte de se prêter à cette façon de faire. Je souhaite vraiment qu’un jour nous n’ayons plus besoin d’envoyer ce genre de missive parce qu’aucun designer graphique digne de ce nom ne se sentira obligé de se promouvoir à travers un concours spéculatif. J’accuse, car c’est important de ne pas avoir peur de dénoncer, crucial de réclamer des pratiques respectueuses de notre statut professionnel, incroyablement important de ne pas se sentir bâillonnés par la peur de se voir refuser du travail. Comme l’a dit Zola: « Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis. » 


34 commentaires sur «J’accuse !»

  1. 1 cafecreme

    Bonjour,
    mon commentaire va peut-être parraitre un peu stupide, je vois les deux côtés de la médaille, j’explique. Premierement, d’un côté il y a les jeunes designers comme moi prêt a tout pour avoir des publications d’envergures, pour se faire connaitre et pouvoir dire qu’ils n’ont pas fait que des cartes d’affaires ou des étiquette pour des emballages d’un fournisseur de poisson de matane. Je sais qu’il s’agit de prostitution intellectuel, mais souvent une chance d’avoir un contrat comme celui la n’arrive pas ou qu’une fois pour des jeunes designers.
    De l’autre côté, il y a le designer qui aurais pu avoir un contrat d’envergure et être payer assé cher et qui voit les organisateur de ce fameux concours économiser de l’argent en sauvant sur le design. C’est un peu agaçant.
    Bonan Tagon
    Laurô

  2. 2 Olivier Bruel

    Luce, je suis assez d’accord avec ton cri d’alarme. Où peut-on trouver la « lettre standard » dont tu parles ?

  3. 3 Luce

    Bonan: c’est bien sûr un choix personnel que de commettre une « prostitution intellectuelle » mais c’en est un autre que de mettre toute la communauté du design graphique en péril. Car péril n’est pas un mot trop fort… nous avons eu vent par exemple, d’un processus créatif spéculatif pour un rapport annuel où le designer a carrément été évincé du processus pour avoir « osé » mentionner que parce qu’il est membre, il ne peut accepter de travailler sous ces conditions. Le budget était misérable, donc on ne peut même pas justifier l’investissement en temps et en perte de sommeil, sans compter le coup au moral si on est pas choisi. Personne ne devrait avoir à travailler dans ces conditions.

    Olivier: Voici la lettre (on peut aussi la trouver à http://www.sdgq.ca/, dans la section « infos utiles », sous « éthique pitch »:

    LA SDGQ PREND POSITION CONTRE LE TRAVAIL SPÉCULATIF

    La Société des designers graphiques du Québec (SDGQ) a pris clairement position contre les concours de design graphique qui exigent l’exécution de travaux spéculatifs, pour lesquels le designer n’est pas rémunéré. La société des designers graphiques du Canada (GDC), la Registered Graphic Designers of Ontario (RGD) et l’Icograda (Conseil international des associations de design graphique) sont tous intervenus pour faire cesser le recours aux travaux spéculatifs.

    Non seulement ce genre de travaux nuisent-ils au client et au designer, mais ils font en bout de ligne du tort à l’économie en général. La SDGQ recommande aux organisations qui ont recours à du travail créatif non rémunéré de procéder différemment, c’est-à-dire de choisir un designer sur la base de ses réalisations passées, de ses titres professionnels et de son expérience. Il est toujours possible d’interviewer quelques candidats pour vérifier leur compréhension des besoins du projet. Les clients qui voient encore la nécessité d’obtenir un produit créatif avant de prendre une décision finale devraient rémunérer chaque participant en fonction de la valeur du travail effectué.

    Pour obtenir la meilleure valeur possible, le client doit investir du temps auprès d’une entreprise bien informée du projet qui prend le temps de le consulter afin de produire une solution de design stratégique et fondée sur des recherches. Les concours basés sur l’exécution de travaux non rémunérés n’aident pas le client. Bien souvent, le produit livré ne repose pas sur une évaluation bien documentée ou critique, deux composantes du processus de design et de la relation designer-client.

    Pour les designers, le travail spéculatif est un problème grave. Le Code de déontologie de la SDGQ déconseille aux membres de participer à des concours ne prévoyant pas la rémunération de chaque participant en fonction de son travail. Nous offrons aux clients des consultations sur le processus de design et leur demandons de cesser d’inclure des demandes de concepts à leurs concours afin que nos membres puissent y participer.

    Politique de la SDGQ concernant le travail spéculatif
    Le Code de déontologie de la SDGQ déconseille aux membres de la société de participer à des concours prévoyant un travail spéculatif.

    Qu’est-ce que le travail spéculatif et pourquoi s’agit-il d’une pratique nuisible?
    Le travail spéculatif consiste à produire du travail pour lequel le designer n’est pas rémunéré (ou très peu rémunéré) dans le but d’obtenir un nouveau client. Certains clients des secteurs privé et public croient à tort qu’il est judicieux sur le plan commercial d’obtenir des travaux spéculatifs des designers graphiques ou entreprises de design avec lesquels ils songent à faire affaire.

    En réalité, les demandes de travaux spéculatifs :

    * constituent une forme d’exploitation contraire à l’éthique;
    * correspondent à une demande de travail non rémunéré sans garantie de compensation ou de potentiel économique futur;
    * peuvent entraîner des violations du droit d’auteur;
    * mènent à la dévalorisation de la profession de designer graphique et à l’emploi de pratiques concurrentielles négatives;
    * sont déconseillées par les professions apparentées comme l’industrie de la publicité et ont peu de chances de satisfaire les objectifs de marketing et de communications du client.

    Le travail spéculatif menace l’intégrité et l’éthique de la profession de designer graphique, et ne présente aucun avantage pour le designer et son client. Les designers qui acceptent d’effectuer un travail spéculatif ne peuvent rendre justice à l’énoncé de projet. Ils sont peu susceptibles d’effectuer la recherche et l’analyse nécessaires pour produire un travail à la hauteur de leurs compétences puisque leur rémunération n’est pas garantie. Le travail spéculatif ne met également pas à profit leur expertise de professionnels ni leurs rôles de consultants, de partenaires ou de membres d’une équipe de communications stratégique.

    Comment choisir un designer graphique ou une entreprise de design?

    * Élaborer et rendre publique une demande de propositions qui présente des renseignements généraux sur le projet ainsi que vos objectifs, l’étendue du travail à effectuer, le calendrier des activités et les exigences de la demande (tâches, produits livrables, membres désignés de l’équipe, budget, expérience pertinente exigée et références requises de clients).
    * Si un client est certain de devoir obtenir des idées créatives de la part de plusieurs designers graphiques ou entreprises de design, nous lui recommandons de rémunérer chaque participant pour son travail. Les honoraires remis devraient équivaloir aux honoraires et dépenses raisonnables perçus pour un projet similaire dans des conditions de travail normales.
    * Les clients qui ne peuvent justifier une telle rémunération dans le cadre de leur projet devraient choisir un designer graphique en obtenant des noms de candidats potentiels de collègues, en examinant leur portfolio et en vérifiant leurs références.
    * Ces méthodes de sélection devraient s’appliquer à la fois aux projets rémunérés ou bénévoles.

  4. 4 Olivier Bruel

    Ah ah, j’imagine la tête du fonctionnaire qui reçoit cette lettre et doit en faire état à son chef de division ! Juste pour ça, je l’utiliserai !

  5. 5 François-B. Tremblay

    Ça va jusque-là, dans un monde parallèle : http://www.gouroudoritos.ca/home

    Croisement de mauvais goût : les nouvelles Doritos en allant au FFM ?

  6. 6 Bryan

    La crise économique oblige, Doritos font faire leur pub par les consommateurs. Moi et la pub…

  7. 7 Bruno Cloutier

    Quoi? Vous les trouvez pas belles les affiches du FFM?

    - -

    Je pose une question. D’où vient cette incapacité du client à pouvoir faire confiance à un designer sans éléments visuels liés au projets pour l’appuyer? Qu’est-ce qui fait qu’on ne demande pas à un comptable d’obtenir les chiffres finaux avant de se demander si on a envie de travailler avec lui? Que peut-on faire pour s’aider soi-même?

    Le design graphique a un côté indéniablement subjectif. Il est déjà difficile de ne pas tomber dans les guerres de j’aime / j’aime pas avec un client (ou sa femme), imaginez maintenant vous justifier à quelqu’un qui s’apprête à débourser pour un mandat en lui disant «T’inquiète mec, t’as aucune idée de ce à quoi ça va ressembler, mais ça va être top beau. Et je prend 30% tout de suite, svp».

    Et qui n’a jamais eu à justifier pourquoi on facture pour des maquettes? Je me suis déjà fait engueuler et traiter d’effronté parce que j’avais facturé le temps de conception.

    «J’aime pas ça j’suis toujours ben pas pour payer pour!» disent plusieurs.

    Comment éduquer le client? Devrions-nous même le faire? Avons-nous même la prétention de pouvoir le faire?

    Je pense que la problématique des concours spéculatifs en rejoint une plus large, celle du respect et de la compréhension de notre profession. Et peut-être même de la valeur que nous accordons à notre travail. Beaucoup de clients veulent des choses très simples, bêtes et méchantes, pas de tendance (même si souvent c’est plus facile), pas de concept, simplement l’information bien organisée à l’aide d’une méthode copiée, répétée, mais éprouvée. Des fois il veut payer pour ça, il n’a peut-être pas envie de payer pour des heures de recherche supplémentaire, alors comment justifier une démarche qui va au-delà du simplement nécessaire?

    Y aurait-il une relation au fait de pouvoir quantifier notre travail? Si je plante des clous, et que je charge 10¢ du clou (bon, je sais, c’est simpliste…). Si je plante 30 clous, c’est 3$. Si je dois en planter 300, c’est 30$. C’est un service qui se quantifie bien. Un processus de design se quantifie incroyablement mal, ou sinon j’ai encore bien des choses à piger.

  8. 8 Luce Beaulieu

    Bruno, t’as tapé sur le clou. ;-)

    Personnellement j’ai développé 2 choses au cours des dernière 10 années qui m’aident énormément:

    1) j’ai appris à décoder rapidement les signes qui me disent que qu’un client sera chiant ou gentil (on pourra s’en reparler mais lit ceci en attendant: http://freelanceswitch.com/clients/12-breeds-of-client-and-how-to-work-with-them/ )

    2) j’ai développé un processus très tight, presque clinique, d’un projet de design. Ici, je vais expliquer plus en détails, car ça marche à tous coup.

    Comme tu le dit si bien, les clients veulent avoir confiance. Le design c’est subjectif et ce n’est pas tout le monde qui, à partir d’un portfolio et d’une seule entrevue, sont capables de décider « c’est le bon designer pour moi ». La première tâche, est donc une tâche de vente et de séduction. Donc il faut avoir son speech bien en tête, ex: « Je développe des stratégies d’images de marque fortes pour contribuer à différencier l’offre de mes clients sur un marché compétitif. » remarquez bien: on ne parle pas de design, on ne parle pas de style mais de BUSINESS. Nos clients (même culturels) sont en général des gens d’affaires et ils veulent entendre parler d’affaires. Si on se positionne d’emblée comme un créatif, on perd 2 morceaux de robot.

    Ensuite il faut décrire comment on travaille: « nous procédons de façon systématique. Le processus débute par une prise de données, suivi d’une analyse, puis d’une première présentation de l’état de la situation. Nous procédons ensuite à une recherche, une première phase de création puis une présentation de concepts préliminaires. nous avons une méthodologie basée sur la collaboration. etc. » Ça met le client en confiance. il perçoit qu’on est un professionnel et qu’on a une démarche. Et finalement, il faut présenter le portfolio en mettant l’accent sur l’atteinte des objectifs d’affaire, et non pas sur le choix de la typo ou des couleurs. Les clients, ce qu’il veulent, c’est vendre leurs produits/services. Si ton discours « dit » ça, 75% de la job est faite.

    Puis ensuite, après avoir décroché le mandat et avoir empoché le chèque de 30%, tu dois évidemment procéder de façon systématique et pouvoir présenter à chaque fois de façon éloquente, en utilisant un langage d’affaire. Tu verras que ça coupe de 50% les « j’aime pas le bleu et ma femme aime pas le vert ». Pour un projet de branding, je débute par soit des entrevues ou un questionnaire, puis je procède à une recherche, je développe des moodboards et des directions très générale (présentation #1), puis ils doivent choisir une direction (et non pas une mix des 3), puis on procède au design des directions du logo, puis ensuite à la papeterie, etc etc.

    2 bonnes lectures qui m’ont grandement aidée:
    - « How to create the perfect design brief » par Peter L. Phillips
    - « Graphic Designer’s Guide to Clients: How to Make Clients Happy and Do Great Work » par Ellen Shaprio

    Évidemment il existe une pléthore de stratégies de gestion des clients. Mais le plus important c’est d’avoir confiance en soi et en son talent, de se présenter comme un professionnel et par sa prestance et sa façon de se comporter, se faire traiter en professionnel.

    *L*

  9. 9 Antoine Nonnom

    Mon truc : Être ferme et avoir confiance en ce que je présente. Même si je parle de création, de typo, de couleurs.

    Je ne me la joue pas «diva». Jamais. C’est trop chiant. Mais c’est clair que je fais comprendre à mon client qu’il m’a engagé pour mon expertise, mes qualités et parce qu’il veut que je lui recommande des choix.

    Ensuite, je vous le dis : chargez cher ! Faites-le ! Un logo à 150$, ça vous donne l’air d’un ado qui tonds les gazons pendant l’été. Un système d’identité visuelle à 5000, ça en dit autrement plus.

  10. 10 Antoine Nonnom

    Et ensuite, si vous êtes un junior qui débute… rappelez-vous qu’il faut se battre à tous les instants.

    Il faut se battre pour faire la meilleure création. Et il faut aussi se battre pour aller chercher les meilleurs clients. Les designers mous sont ceux qui finissent avec un portfolio faible et qui jalousent ceux qui sont capable d’aller chercher des comptes où on peut s’éclater et/ou être bien rémunéré.

  11. 11 Le fou

    Bien d’accord avec Bruno. Pour ma part c’est un cercle sans fin, l’apocalypse, l’anarchie, l’arachide sur l’top! Un jour peut-être, un jour jamais… Bah j’dis n’importe quoi là :P mais…

  12. 12 Paul t.

    J’abonde dans le sens de Luce, encore que cette approche reste toujours du cas par cas. Le client, chef d’entreprise, est un être qui décide de tout. Il a ses 2 000 employés qui agissent dès la levée de son petit doigt gauche. Si sa femme (ou sa secrétaire) n’aime pas le bleu céleste ou le vert de Chipre tu ne lui feras pas avaler de force, et cela vas pour l’ensemble de la proposition. Le processus clinique c est bien, mais malheureusement une approche inquiétante et un tantinet angoissante. Ça passera, mais est-ce que cette technique fidélisera le client, pas certain qu’ il te rappellera…

    Anecdote,
    Je connais un excellent designer qui pratique dans les Laurentides avec une clientèle surtout américaine. Ils adorent se rendrent à ses studios dans la montagne tout près des pentes de ski… juste pour cela, entre autres, ils préfèrent travaillé avec lui. C’est la fête à tout coup.

    Ne faut pas oublier nous sommes de créateurs ces aussi ce que les clients admirent chez nous, il faut doser la chose….

  13. 13 À nonyme

    http://resultats.concourscrea.com/2008/PubliSac/index.html

    Infopresse surf sur la grosse limite du concours spéculatif avec son client, transcontinental.

    Je dirais même que la limite est franchie.

  14. 14 Paul M.

    On a qu’à comparer l’affiche du FFM de l’an passé avec celle de la dernière édition des Rendez-vous du cinéma québécois pour se convaincre que ce genre d’exercice, bien que probablement très bon pour le portefeuille des FFM, n’est pas un gage de qualité. Pour moi, le FFM a un profond mépris pour le travail des studios professionnels et ce mépris n’a d’égal que la médiocrité des affiches des dernières années. Avec leur attitude, il sne méritent pas mieux que ce qu’ils ont comme affiche.

    Aussi, ce qui est triste avec ce concours c’est que, contrairement à ce qu’on peux voir en architecture, par exemple, c’est qu’il n’enrichit pas du tout le travail en design graphique au Québec.

  15. 15 David J.

    La cause du travail spéculatif me tient à cœur. Nos expériences en tant que designer graphique abondent tous dans le même sens, trop souvent nous sommes sollicité pour remplir la tâche du créateur en échange d’une vulgaire reconnaissance. Heureusement beaucoup de client sont conscient de la valeur réelle de notre travail, mais parmi le lot de devis et de rencontre effectués dans le mois on rencontre toujours un spécimen client, loin d’être démuni financièrement, qui nous demande de lui faire un prix coupé, un lot de soumissions inutiles ou un échange sans intérêt pour nous.

    Le manque d’intérêt ou d’expérience pour certain client, envers notre profession souvent mal représenté, par des gens prêt à tout faire pour une courte reconnaissance, demeurera un problème.

    Étant responsable de notre situation, nous devons être ferme et confiant de nos moyens, tenir son bout et même tirer plus fort que le client. L’écoute et le respect envers un client lui même respectueux demeure notre meilleure arme pour ensuite livrer la bonne marchandise et à un prix juste. L’expérience, le caractère et la détermination du graphiste sont les atouts les plus importants pour la réussite professionnelle tout en évitant les « Maladies Transmissent intellectuellement ».

    J’ai bien l’intention que le design graphique survive et de pouvoir continuer de vivre de mon travail, alors je refuse d’encourager ces concours, à vous de choisir!

  16. 16 Mathieu Cournoyer

    Est-ce uniquement son aspect spéculatif (ou non rémunéré) qui lui attire au concours cette accusation?

    Nous ne disons pas que le concours a le grand avantage de permettre à une boite de prendre une position forte dans un projet, avant que débute la relation avec le client. Le choix d’inviter une boite doit être de la part du client, une demande de créer de l’inédit et un souhait d’une plus grande justesse par un plus grand nombre d’avis et d’expertises.

    J’aimerais beaucoup voir une lettre envoyée aux concours qui ratent la cible, expliquant comment organiser un bon jury, permettre à celui-ci de suivre le projet jusqu’à sa réalisation, de bien rémunérer les participants et archiver les propositions. Le concours peut avoir un double mandat clair ou tacite, d’être aussi un ‘statement’ social par exemple, pas étonnant que notre cousin l’architecture fait de véritables évènements médiatiques autour des concours, ils engagent souvent la discipline vers de nouvelles voies, ils ont le pouvoir d’être promoteurs de l’entreprise ou de s’adresser directement à l’histoire de l’art. Des groupes de recherche ont pour objets d’intérêt le concours¹. Avoir quelques groupes de recherche en design graphique, ne ferait pas trop de tort… L’erreur vient aussi des boites de design qui bien souvent réalisent l’objet final, quand le concours ne demande qu’une intention… le concours ne doit pas être le projet, mais plutôt le point de départ, l’accord premier sur lequel on pourra bâtir. Cela fait aussi partie des recommandations qui doivent être adressées aux entreprises intéressées par la méthodologie.

    Le gala grafika à donné, cette année, son coup de coeur à un projet qui a été attribué par concours sur invitation et où chaque participant a été rémunéré. Le lendemain de l’annonce, j’ai suggéré au client, la direction du développement durable de la Ville de Montréal, d’utiliser cette distinction pour promouvoir cette manière de faire dans tous leurs départements afin d’attribuer par concours des contrats qui étaient ordinairement donnés aux plus bas soumissionnaires…

    Il y a bien une valeur de compétitivité derrière cette manière de faire à laquelle ont pourrait opposer celle de la collaboration, mais alors là c’est un jugement de valeur par rapport auquel, tous de choisiront pas de prendre la même position (mais qui ferais un excellent débat).

    Finalement, j’ai bien l’impression que c’est à un modèle du concours comme manière de faire économiser de l’argent qu’on souhaite s’attaquer, mais y a-t-il un débat autour de cette question?

    Si j’étais jury dans une cause opposant les clients et les concours, que dirais que le client est parfois coupable avec circonstances atténuantes (aucune littérature ne leur permet de bien faire les choses).
    Le concours : innocent!

    ¹ voir : http://www.leap.umontreal.ca/ + http://www.ccc.umontreal.ca/

  17. 17 Luce Beaulieu

    Ce que tu décris Mathieu comme étant une bonne pratique (un concours bien organisé et rémunéré) est un sujet connexe qui mérite effectivement réflexion. Les bonnes pratiques existent mais elle ne sont effectivement pas mise de façon claire à disponibilité aux éventuels organisateurs de concours.

    En ce qui concerne les concours spéculatifs, ils sont en général organisés à la va comme je te pousse, sans grande recherche et sans considérations autres que lucratives (dépenser le moins possible pour exploiter un maximum).

    Donc je persiste et signe… le concours spéculatif: COUPABLE.

  18. 18 Antoine Nonnom

    whatever.

    si la SDGQ mettait autant d’efforts à s’organiser qu’à discuter des concours spéculatifs, elle finirait peut-être par obtenir des résultats.

    elle pourrait monter une section de son site destinée aux entrepreneurs, clients potentiels, etc. et pas une section obscure qui ne possède même pas sa propre adresse (et qui n’est donc pas «envoyable» aux intéressés… comme c’est le cas en ce moment). c’est pourtant simple : on n’arrête pas de pleurnicher que la communication avec nos clients et le grand public fait défaut…

    - qu’est-ce que le design graphique ? (parce que nos mères ne savent pas ce que c’est)
    - comment trouver un designer ?
    - comment le design peut aider une entreprise ?
    - pourquoi les concours non rémunérés nuisent aux entreprises ?

    mais qui suis-je pour demander de telles ressources ?

  19. 19 Luce

    Antoine: nous sommes très au courant des lacunes de notre présent site et nous sommes en ce moment même en train de préparer la mise en ligne de ce site dont tu rêve. Il contiendra toutes la plupart des informations que tu mentionne et d’autres. La mise en ligne est prévue pour juste avant l’été.

    Bien entendu, ce serait apprécié de se faire « suggérer » des actions et des publications plutôt que de se faire « interpeller » de cette façon. Au CA nous travaillons tous très fort sur divers dossiers macros pour faire avancer la profession mais nous sommes soucieux également d’offrir des ressources plus terrain. C’est à ce titre que nous avons forgé une alliance avec PigeFolio, car cette entité offre de réels avantages qu’il n’est pas dans notre mandat d’offrir. Et oh, surprise: aucun commentaires par rapport à ça ici sur OpO.

    De plus: la mission de la SDGQ n’est pas de vulgariser ce qu’est le design graphique au grand public, mais bien de faire avancer la profession dans son ensemble pour les desigenrs. Nos actions se situent au niveau de la reconnaissance de la profession, de l’éthique professionnelle et de la promotion de la qualité. Nous en reparlons lors de notre AGA en juin.

    Nous sommes tous des bénévoles au sein du CA. Tu es le bienvenu pour faire partie d’un comité, quand tu veux. ;-)

  20. 20 Antoine Nonnom

    eh bien je suis heureux de l’apprendre.

    mais «vulgariser ce qu’est le design», c’est aussi «faire avancer la profession» par la «reconnaissance de la profession».

  21. 21 Luce

    Ce que nous entendons par « reconnaissance de la profession » est en fait relié à la reconnaissance de la part des instances au pouvoir, dans le but de, par exemple, pouvoir réviser les définitions de ce qu’est designer graphique, un infographiste, etc etc. et également de travailler de concert avec les autres professions du design dans le but de mieux faire comprendre aux donneurs de commandes ce qu’est le design, quelles sont les bonnes pratiques, stimuler la demande en design de la part des entreprises, de statuer sur l’éthique professionnelle, de structurer une accréditation et de participer avec les institutions d’enseignement à une meilleure qualification des gradués. On peut imaginer qu’un jour, ça pourrait mener à une personne en charge du design graphique (et donc à son avancement et sa reconnaissance) au MDEIE, comme c’est le cas en ce moment pour le design industriel, avec les résultats positifs que l,on connait (si on suit ça). Ça peut également mener, dans le cas de l’accréditation et d,une reconnaissance officielle de l’importance de la profession, à des politiques générales pour, par exemple, toutes les institutions publiques et parapubliques, sur les façons de donner une commande en design (incluant les concours) et une structure reconnue de la rémunération selon l’expérience, l,éducation. Ça pourrait également permettre à ne entité du genre « Design Council » en G-B de voir le jour, et éventuellement de faire partie d’une stratégie provinciale (voir fédérale) du design comme moteur d’innovation, de créativité et donc: partie prenante du futur d’une société.

    Ce dont tu parles est utile mais pour l’instant secondaire par rapport à tout le travail fondamental qui reste à faire.

  22. 22 Luce

    Et désolée pour les nombreuses fautes de frappe.

  23. 23 Mathieu Cournoyer

    Je vois que la SDGQ a beaucoup de pain sur la planche et semble avoir choisi les bonnes personnes pour élaborer les objectifs à atteindre et à les vulgariser.

    Dans un effort pour recentrer la discussion, mais en continuité avec les derniers messages, je reformulerai mon commentaire précédant sous forme de question : Qu’elle approche devrions nous favoriser pour abolir le concours spéculatif?

    A. Valoriser une première approche designer-client sur la base de la non-compétitivité
    B. Valoriser les bonnes pratiques du concours

    Bien qu’elle laisse une porte ouverte à l’utilisation du concours «* Si un client est certain de devoir obtenir des idées créatives de la part de plusieurs designers graphiques»¹ la lettre de la SDGQ (et quelques commentaires sur ce billet) semble opposer au concours spéculatif, une première approche designer-client, sur la base de la non-compétitivité «c’est-à-dire de choisir un designer sur la base de ses réalisations passées, de ses titres professionnels et de son expérience»². Les affiches du FFM sont invariablement laides, mais est-ce qu’avoir travaillé avec un seul designer aurait été un gage de réussite? Une fois que la position contre l’aspect spéculatif du concours a été acceptée de tous (du côté des designers en tout cas), il faut discuter de la solution de rechange proposée et en quoi elle est une impulsion dans la direction vers laquelle nous souhaitons améliorer une facette de notre pratique. Comme nous n’avons que très peu de littérature concernant le concours en design graphique, je questionne simplement le fait que l’on ne saisisse pas cette opportunité pour développer des connaissances sur ce que sont des bonnes pratiques du concours et de les diffuser auprès de ceux qui ont de mauvaises pratiques. C’était l’essentiel de mon premier commentaire.

    Je crois qu’il y a dans cette discussion, une position tacite qui aurait avantage à être révélé pour que nous puissions accorder une sentence c.-à.-d. l’avis donné aux coupables de concours spéculatifs, qui serait en accord avec les mœurs de la communauté qui juge, à savoir l’ensemble des designers. Cet avis pourrait s’insérer dans une réflexion sur la définition du designer graphique en ce sens qu’elle est une direction vers laquelle nous souhaitons améliorer une facette de notre pratique.

    Aussi, le contexte de la valorisation émergente du design à Montréal et le besoin de repenser radicalement les manière de faire du passé que l’obtention du statut de Ville UNESCO de design par Montréal a polarisé, nous offre plusieurs arguments pour proposer une méthodologie de bonnes pratiques du concours face aux concours spéculatifs. Les 5 Shuk?³ de Design Montréal sera un terrain d’analyse intéressant, l’évènement propose déjà de fonctionner par concours, mais on se garde bien de fournir plus de détails pour l’instant…

    Mon appel est à une réponse aux concours spéculatifs certes, mais à une réponse pertinente et fertile pour la discipline du design qu’est le design graphique. La SDGQ possède vraisemblablement les bonnes personnes pour effectuer ce travail et j’espère que la discussion sur ce blog permettra d’alléger la réflexion des membres bénévole, dont la tâche est immense.

    ¹ Voir lettre publiée plus haut
    ² Idem
    ³ http://shukomontreal.com/presentation.php?lang=fr

  24. 24 Luce

    Effectivement, la valorisation des bonnes pratiques est cruciale tant pour la communauté du design que pour nos clients. Il y a sans doute un peu de recherche à faire pour produire un guide à cet effet. C’est un projet intéressant qui peut effectivement créer de la sensibilisation de certains clients qui pensent ou s’apprêtent à lancer un concours.

    En ce qui concerne la qualité des affiches du Festival, des personnes en connaissance de cause m’ont laissé entendre que c’était des demandes très spécifiques de la cliente qui ont mené aux résultats qu’on connaît…

  25. 25 Bruno Cloutier

    Suite aux derniers commentaires de Mathieu et à la relecture du site des 5 shukõs de Gérald pour la ville de Montréal (où l’on peut y lire les termes «concours d’idées» et «concours de projets»), je me rend compte que nous aurions tout intérêt, comme l’a mentionné précédemment Mathieu, à nous doter d’un ensemble de définitions propres aux concours, quelle que soit leur forme.

    Les designers graphiques semblent être en guerre contre les concours dits spéculatifs, ces concours où personne n’est payé, mais où tout le monde caresse l’espoir d’être choisi afin de réaliser le concept retenu, tout en ayant accès aux idées de tous les autres. C’est une pratique qui tend à favoriser le travail rapide ou à tout le moins de qualité variable et qui, l’on s’en doute bien, n’aide en rien la valorisation de la pratique du design graphique au Québec. Cette façon de faire dit grosso modo que nos idées ne valent rien, puisqu’on ne pense même pas à prévoir une compensation pour les participants.

    Mais qu’en est-il des autres types de concours? Serait-il possible d’imaginer une forme de concours qui favoriserait à la fois la relation designer-client mais aussi la valorisation de la profession? Serait-il réaliste d’envisager des concours rémunérés en design graphique comme cela se fait déjà en architecture par exemple?

  26. 26 Luce

    Je pense que c’est très envisageable. D’ailleurs, pour des pitchs corporatifs, les agences sont parfois rémunérées d’un montant plus symbolique que lucratif, pour leurs propositions créatives.

    En architecture il y a la formule de la charette que je trouve fort intéressante et qui est rémunérée correctement. bien entendu on parle de projets d’urbanisme donc les budgets alloués sont immenses, mais tout de même, on peut s’inspirer de ça.

    De la façon dont je le vois, si un client veut organiser une forme de concours, ça devrait être dans le but d’apprendre à connaître et apprécier plusieurs designers, tant dans leur démarche que dans les résultats qu’ils sont en mesure d’offrir, et non pas pour obtenir de la création à rabais. Donc je verrais ça un peu de cette façon:

    1_ le concours est lancé; première étape: présenter un dossier comportant un CV, un portfolio de pièces cohérentes avec le projet, une description de la méthodologie et des annexes pour un clipping de presse, les prix, jurys, travaux de recherche et publications s’il y a lieu.

    2_ Un jury sélectionne 4 à 5 candidats selon une grille d’analyse qui aura auparavant été communiquée aux aspirants; par exemple: 50% pour le portfolio, 30% pour la méthodologie, 20% pour le reste.

    3_ Les 5 participants sont dûment briefés dans les règles de l’art et sont rémunérés par un montant qui peut, par exemple, correspondre à 15 ou 20% du montant total du mandat.

    4_ Le même jury analyse et note les pièces présentées selon une grille qui sera évidemment directement liée aux objectifs exprimés dans le brief

    5_ Le jury désigne un gagnant et attribue le mandat à celui-ci; les résultats sont divulgués individuellement et de façon détallée aux autres participants

    6_ Le gagnant poursuit le mandat avec le reste du budget alloué, soit le 85 à 85% restant.

    Il me semble que cette façon de faire serait juste et professionnelle et permettrait à l’entreprise de pouvoir connaître plusieurs designers et ainsi se constituer une banque intéressante de ressources créatives.

  27. 27 Olivier Bruel

    Luce, tu parles d’un monde dans lequel il ferait bon vivre !

    Malheureusement, ce processus serait coûteux en temps et en argent, et comme le but des organisateurs de concours spéculatifs est de payer le moins possible, ça ne s’appliquerait que dans de trop rares cas.

  28. 28 Paul t.

    Voici l’invitation que je viens de recevoir. Il ne faut pas oublier que le scoutisme forme des citoyens du monde dans le respect de tous et chacun.

    Appel d’offres pour la conception graphique du calendrier scout 2010
    et ses produits dérivés
    « Un Mouvement de jeunes… prêts à créer un monde meilleur ! »
    Les Scouts du Québec, en partenariat avec l’Association des Scouts du Canada, vous offrent l’opportunité de présenter une soumission pour la conception graphique du calendrier scout 2010. Vendu à des milliers d’exemplaires annuellement, depuis plus de 50 ans, le calendrier scout constitue une véritable institution. Chaque année, le public l’attend avec impatience. De plus, le calendrier demeure le principal moyen de financement du Mouvement scout francophone au Canada en permettant à 20 000 jeunes de participer à des activités éducatives axées entre autres sur la nature et la vie en groupe.
    Les Scouts du Québec vous offrent l’opportunité de présenter :
    - une soumission pour la conception graphique de son calendrier scout 2009
    et / ou
    - une soumission pour les produits dérivés de la première page de couverture du calendrier.

    En effet, un visuel de presse, des cartes de Noël et autres découlent du graphisme du calendrier et jouent le rôle de charte graphique pour certains de nos outils de communication.
    Vous trouverez ci-joint :
    - Le thème du calendrier, spécifications techniques et échéancier de production
    - Spécifications techniques des produits dérivés.

    Les .pdf du calendrier 2009 peuvent vous être transmis sur demande.
    Vous avez jusqu’au mercredi 18 mars 2009 à 16h30 pour déposer votre (ou vos) soumission(s) – accompagné d’un prototype de la couverture que vous envisagez – à la Maison des Scouts. Une sélection de finalistes sera contactée dans la semaine du 23 mars 2009 pour une entrevue le samedi 28 mars. La firme retenue sera connue le 2 avril. Une présentation de celle-ci devant les représentants scouts pancanadiens pourrait être demandée.
    N’hésitez pas à communiquer avec nous pour toute information supplémentaire.
    Veuillez agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.

  29. 29 Olivier Bruel

    Si vous avez les moyens de faire du bénévolat, je vous prédis un bel avenir ! ;)

  30. 30 Tério

    En effet.. Est-ce-que cela ne pousse pas les gens à toujours plus considérer (et même privilégier) le graphisme plus «cheap» que fonctionnel ? On fait un concours… et en retour on obtiens un design qui ne coûte pratiquement rien, ainsi que des clients qui croient qu’on leur doit tout… et qu’on fait tout en moins de deux heures. Bref, ça nuit énormément, selon moi, à notre travail. En espérant que cette mode des concours de design spéculatifs prennent vite le bord… et que nous reviennent enfin la possibilité d’âtre reconnus pour le travail de qualité que nous effectuons. Une question, Laurö… As-tu vraiment eu a faire des étiquettes pour des emballage d’un fournisseur de poisson ? … Ish…
    ciao.
    Mathieu

  31. 31 Sierra

    Bonjour à tous,
    à mon avis en tant que graphiste on peut toujours aider un OSBL ou une entreprise à caractère social ou une cause valable qui est en position précaire et à faibles revenus. Ça ressemble à du bénévolat c’est sûr, il faut faire sa part dans la société surtout si la société nous le rend bien. Mon beau-frère est électricien et à l’occasion il va arranger quelques trucs à l’église de la paroisse et aucun confrère ne le critique pour ce geste. Moi j’ai fait gratuitement un site web pour une copine qui démarrait une micro entreprise. Par contre je suis contre l’idée d’un concours ou d’un «pitch» gratis, surtout si la cie a les moyens de payer. Faut pas tomber dans le «cheap labor» ou l’exploitation du talent.

  32. 32 A Senh Tsan

    La rénumération du design graphique est encore nébuleux. Je suis étudiant en design graphique et arts visuels (UQO) et ca me derange pas vraiment de faire des  »petits contrats pas chèrs » pour l’expérience ou/et pour une faveur. Il y a des situations où j’ai réduit jusqu’au 1/4 de mon prix initial car je connaissais la personne et parce que je n’avais pas encore cette  »notoriété » dans le milieur artistique.

    Je vois par contre qu’on a pas cette reconnaissance pour le travail qu’on fait. Je pense que je ne suis pas le seul ici qui pense toujours au design et que mon travail ne se limite pas à quand je suis devant mon écran; on réfléchit constamment; on garde toujours un calepin pour noter nos idées; on fait du temps supplémentaires dans nos têtes et même dans nos rêves! :P

    Le client veut souvent payé le moins possible pour un travail de qualité. Comme on a mentionné, et je veux accentuer ce passage… IL FAUT ÉDUQUER LES CLIENTS. Il faut leur faire comprendre qu’il a y une raison pourquoi il paye plus chèr pour une lampe provenant d’une firme de design industriel qu’une lampe semblable chez IKEA; ils payent pour une recherche, une qualité, un processus de développement.

    (l’histoire de Paula Scher et de la cie CitiBank me fera toujours sourire)

  33. 33 aimie

    Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais en tant qu’étudiante, je pense que les concours sont une opportunité et une nuisance. Et je ne me prononce même pas sur le pitch. Opportunité pour ceux qui les remportent, une fois de temps en temps. Nuisance pour ceux qui vivent du design. Ces « clients » à concours veulent le meilleur pour pas trop cher, ou pour leur menu budget.
    >

    Dans un monde idéal, les montants/compensations seraient régis à quelque part selon les projets. À un certain point, tous les participants devraient pouvoir en tirer quelque chose (sous toute réserve). Les concours s’adresseraient aux étudiants, et les compagnies qui devraient avoir les budgets pour leur promotion (projet, etc) ne devraient pas être permis d’y avoir recours.
    >
    Je ne sais pas quelle serait la solution idéale. Les concours permettent l’auto-promotion à un certain degré, et sans devoir payer pour s’y soumettre. Peut-être un accès à une reconnaissance graphique accessible à tous (sans frais) serait une solution. Pourrait-on dire que peut-être c’est vers cela qu’on pourrait se diriger, et ainsi détruire le besoin de participer à des concours qui rejettent la majorité des participants plutôt que de souligner assurément (je souligne) les meilleurs concepts, les meilleures réalisations ? Ou ce serait totalement chaotique et infaisable, inbudgetable?
    >

    Un autre point. Les jeunes designers qui rentrent dans le vaste marché de l’offre et de la demande sont à un certain point laissé à eux même. Est-il normal qu’une société de designer me semble si inaccessible? Peut-être que je n’ai pas saisi quelque chose, mais je réalise que si nous pouvions tous adhérer à un groupe, nous y identifier et y respecter des règles strictes, la « prostitution intellectuelle et visuelle » n’aurait pu lieu d’être. Cela nous offrirait à tous la chance d’éduquer le client. Peut-être même qu’en une décennie ou deux nous pourrions tous en tirer des bénéfices.
    >
    Aimie

  34. 34 Luce Beaulieu

    Bonjour Aimie!

    J’aimerais répondre à ton point « Est-il normal qu’une société de designer me semble si inaccessible? » Je voudrais préciser que la SDGQ est en tout temps disponible pour répondre à tes questions. Nous avons non seulement ce blogue où nous dialoguons présentement, un site Web où sont listés les noms et courriels de tous les membres du CA et les contacts des membres de l’association sont listés mais aussi un secrétariat permanent, rejoignable tous les jours ouvrables par email ou téléphone.

    Si tu as des questions, n’hésite pas à communiquer directement avec moi: luce@perennia.org

    *L*

Commenter cet article


Vous devriez vous connecter ou créer un compte pour laisser un commentaire.





Commentaires récents

Catégories d’articles