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	<title>ŒilpourŒil.ca &#187; Simon Beaudry</title>
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	<description>DESIGN · DISCUSSION · DÉBAT</description>
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		<title>Défense et illustration du «Patriote-citoyen»</title>
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		<pubDate>Mon, 19 May 2008 20:15:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Beaudry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[	
	«Chacun porte son âge, sa pierre et ses outils pour bâtir son village, sa ville ou son pays.»
— Gilles Vigneault
	Par Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier, codirecteurs du collectif Identité québécoise
	La fête des Patriotes est une occasion de rappeler qu’au-delà du soulèvement armé de 1837-1838, le « Patriote » en tant qu’icône populaire est un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><img src='http://oeilpouroeil.ca/wp-content/uploads/2008/05/3patriotes-c.jpg' alt='Le Patriote-Citoyen' /></p>
	<p><i>«Chacun porte son âge, sa pierre et ses outils pour bâtir son village, sa ville ou son pays.»</i><br />
— Gilles Vigneault</p>
	<p>Par Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier, codirecteurs du collectif Identité québécoise</p>
	<p>La fête des Patriotes est une occasion de rappeler qu’au-delà du soulèvement armé de 1837-1838, le « Patriote » en tant qu’icône populaire est un élément identitaire propre au Québec. </p>
	<p>L’histoire récente de ce symbole lui confère d’emblée une charge idéologique : symbole radical de la lutte des classes dans les années 1970 (Front de Libération du Québec), le Patriote d’Henri Julien fut ensuite confiné à la stricte quête du pays québécois. Mais est-ce bien là le sens historique qu’avait cette illustration au départ? Et est-ce encore le sens que nous voulons lui donner? </p>
	<p>Le collectif Identité Québécoise a voulu réactualiser le Patriote à la lumière de ce qu’il fut (selon nous) et de ce qu’il pourrait être encore aujourd’hui : un citoyen engagé par-devers les siens, dans le but de préserver le mieux-être de la patrie-collectivité. </p>
	<p><b>Le Vieux de ‘37</b></p>
	<p>L’artiste-peintre Henri Julien (1852-1908) illustre son Patriote en 1904 dans le cadre d’un travail sur la Rébellion de 1837-1838. Visuellement, le Vieux de ‘37 porte les signes distinctifs du Canadien (Français) de l’époque : la tuque, la pipe, la ceinture fléchée et les mocassins. </p>
	<p>Bien qu’il empoigne une arme, rien ne laisse supposer que l’homme est engagé dans une action agressive. Il avance d’un pas prudent, mais résolu. C’est un citoyen « ordinaire » qui se porte à la défense de… de quoi au juste? De ses biens? De quelqu’un? D’une idée? </p>
	<p><span id="more-293"></span>À la lumière des événements de 1837-1838, nous comprenons que l’homme se porte à la défense d’une autonomie politique revendiquée par les élus de la Chambre d’Assemblée (composée majoritairement de Canadiens-Français), sans pouvoir réel devant les membres non-élus du Conseil Exécutif (composé de l’élite bourgeoise britannique). Ce citoyen, Henri Julien le campe dans la posture et dans l’allure du milicien, c’est-à-dire d’un habitant qui se fait momentanément soldat. </p>
	<p><b>Le milicien « canadien » de 1690</b></p>
	<p>Le Patriote de Julien aurait un ancêtre — du moins un ancêtre graphique. Il s’agit du «Canadien allant à la guerre», une illustration que Bacqueville de la Potherie exécute vers 1690 pour son Histoire de l’Amérique septentrionale.</p>
	<p>Du temps de la Nouvelle-France, l’habitant devait être en mesure de se faire milicien à tout moment, afin de se défendre ou de mener des actions contre les ennemis d’alors qu’étaient les Iroquois et les Anglais. </p>
	<p>Le milicien « canadien » se bat le plus souvent aux côtés d’Amérindiens alliés. Sa tenue en porte la marque : il couvre ses jambes de mitasses, chausse des mocassins et marche en raquettes — trois emprunts aux autochtones. Lorsqu’il livre combat, il le fait souvent à l’amérindienne, c’est-à-dire qu’il privilégie les actions de guérilla à la bataille rangée.</p>
	<p>Il ne faut pas s’étonner de la parenté graphique du Patriote de Julien et du «Canadien» de la Potherie (fusil, pipe, mocassins). Bien que leur souche soit française, le «Canadien allant en guerre» de 1690 et le « Vieux de ‘37 » sont d’abord et avant tout «canadiens», c’est-à-dire qu’ils appartiennent au peuple qui naît non pas en France mais bien «en Canada», sur les rives du Saint-Laurent, dans un contexte de contacts étroits avec les autochtones. </p>
	<p><b>Le Patriote de 2008</b><br />
<img src='http://oeilpouroeil.ca/wp-content/uploads/2008/05/pats-f-5c.jpg' alt='Patriote-citoyen (Femme)' /><img src='http://oeilpouroeil.ca/wp-content/uploads/2008/05/pats-h-5c.jpg' alt='Patriote-citoyen (Homme)' /><br />
Après avoir trouvé au Patriote un ancêtre milicien, nous nous sommes demandés qui pourrait être son descendant contemporain. Le collectif Identité québécoise a d’abord inscrit sa réflexion dans une continuité graphique. Ainsi le concepteur Simon Beaudry a retenu trois éléments visuels essentiels à la reconnaissance de l’icône : la tuque, la ceinture fléchée, la posture.</p>
	<p>Incidemment, ces éléments renvoient à des traits de l’identité québécoise : la langue française et l’adaptation à l’hiver sont évoquées par la tuque (qui serait la version laurentienne du bonnet des marins français); l’influence amérindienne, évoquée par les motifs d’inspiration autochtone de la ceinture fléchée; le désir de durer, évoqué par la posture déterminée et proactive du Patriote.</p>
	<p>Quant au fusil, il n’est plus l’arme du « Patriote-citoyen » qui se porte à la défense de sa patrie-collectivité. Aussi est-on amené à l’écarter pour le remplacer par les outils militants du citoyen contemporain. </p>
	<p>Notre Patriote-citoyen a le choix des armes. L’écologiste porte un arbre, l’alterjournaliste un crayon, le cinéaste une caméra, etc. De ce fait, l’icône du Patriote permet de véhiculer une pluralité de messages en lien avec «l’engagement citoyen» — forme privilégiée de l’engagement patriotique contemporain. </p>
	<p>Il y a davantage. </p>
	<p>En cette ère de mondialisation, le territoire qu’il nous importe d’explorer est autant physique que culturel. Notre Patriote est plus que jamais engagé dans la défense et l&#8217;épanouissement de son identité culturelle. C’est le combat d’un jeune Québécois, d’une jeune Québécoise qui, en s’ancrant dans son époque, agit pour édifier sa nation. Ce « combat » concerne tous les champs de l’activité humaine, ainsi que tous les niveaux de hiérarchie de l’organisation sociale. </p>
	<p>Ce n’est donc pas un hasard si l’idée du Patriote-citoyen* fut retenue comme icône publicitaire pour la série-documentaire Manifestes en série du cinéaste Hugo Latulippe. Les intervenants de la série sont autant de Patriotes-citoyens conviés à contruire un « projet de société en huit chapitres ». </p>
	<p>À titre d’exemple, il y a ce fascinant fromager qui décide envers et contre tous de fonder sa fromagerie, dans le but de produire un fromage issu du territoire. Pour ce Patriote-citoyen, l’«arme» est un fromage, inspiré du pays, enrichissant notre assiette.</p>
	<p>Citoyens et citoyennes, bonne fête des Patriotes!</p>
	<p><a href='http://www.identitequebecoise.org' title=Identité Québécoise></a></p>
	<p><i>* Le Patriote-citoyen fut retenu comme icône publicitaire pour la série-documentaire Manifestes en série du cinéaste Hugo Latulippe. Les applications publicitaires fûrent développées pour Canal D par la créateur Simon Beaudry, directeur artistique de l’agence de publicité Bos et codirecteur du collectif IQ, en collaboration avec Martin Bernier, Alain Desjean et Tommy Doyle.</i></p>
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		<title>Repenser le drapeau québécois</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jan 2008 17:18:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Beaudry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>
		<category><![CDATA[Identité visuelle / Logo]]></category>

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		<description><![CDATA[L'article suivant est publié à l'occasion des 60 ans du drapeau québécois / 21 janvier 2008 (1948-2008)
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p><a title="&copy; Collectif IQ" href="http://oeilpouroeil.ca/wp-content/uploads/2008/01/figure1.jpg"><img alt="&copy; Collectif IQ" src="http://oeilpouroeil.ca/wp-content/uploads/2008/01/figure1.jpg" /></a><em>&laquo; M&ecirc;me si intrins&egrave;quement, un drapeau n&rsquo;est qu&rsquo;un simple bout de tissu aux couleurs diverses, sans grande valeur, il incarne dans les faits, l&rsquo;identit&eacute; m&ecirc;me du peuple qui l&rsquo;arbore.&raquo; <em>- Luc Bouvier, professeur au Coll&egrave;ge de l&rsquo;Outaouais</em>  <em>&laquo; Le [cr&eacute;ateur] qu&eacute;b&eacute;cois actuel a deux choix : ou il tourne carr&eacute;ment le dos au pass&eacute; et s&rsquo;invente totalement un pr&eacute;sent, donc un futur, ou il croit suffisamment aux choses qu&rsquo;il y a derni&egrave;re lui, s&rsquo;y plonge, les assimile, leur donne un sens nouveau, celui d&rsquo;une &oelig;uvre qu&rsquo;il b&acirc;tit en fonction du nouvel univers qu&rsquo;il voudrait voir s&rsquo;&eacute;tablir ici. &raquo;</em> -Victor-L&eacute;vy Beaulieu, &eacute;crivain qu&eacute;b&eacute;cois (Le Devoir 13 janvier 1973)</em>   Fond&eacute; il y a un an en janvier 2007, le collectif Identit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise r&eacute;unit aujourd&rsquo;hui une dizaine de jeunes adultes (des cr&eacute;ateurs surtout; romancier, po&egrave;te, concepteur visuel, etc.) autour d&#8217;un objectif large, mais tout de m&ecirc;me commun : celui &laquo;d&rsquo;explorer, de r&eacute;fl&eacute;chir et de participer &agrave; la cr&eacute;ation de l&#8217;identit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise.&raquo;  Le collectif ouvrait au moment m&ecirc;me de sa fondation un chantier de r&eacute;flexion sur le drapeau qu&eacute;b&eacute;cois, avec quelque suite dans les id&eacute;es&hellip; Le fleurdelis&eacute; f&ecirc;te cette semaine ses 60 ans et l&rsquo;occasion nous para&icirc;t tout indiqu&eacute;e pour d&eacute;voiler le fruit d&rsquo;une d&eacute;marche, qui de fait a d&eacute;bouch&eacute; sur la proposition d&rsquo;un nouveau drapeau qu&eacute;b&eacute;cois. </p>
	<p><span id="more-248"></span></p>
	<p>&Eacute;videmment, nous ne sommes pas sans savoir que le drapeau d&rsquo;un pays ou d&rsquo;une nation est un sujet d&eacute;licat. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;exercice doit &ecirc;tre remis dans son contexte : chez IQ, il nous int&eacute;ressait d&rsquo;abord et avant tout &laquo; d&rsquo;explorer &raquo; l&rsquo;histoire de ce symbole identitaire, de &laquo; r&eacute;fl&eacute;chir &raquo; &agrave; son &eacute;volution; puis de l&rsquo;investir de notre cr&eacute;ativit&eacute; afin de &laquo; participer &agrave; la cr&eacute;ation de l&rsquo;identit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coise &raquo; par nos modestes moyens.  Cet essai-graphique propose de r&eacute;unir visuellement les quatre carr&eacute;s bleus dot&eacute;s du lys en un seul rectangle bleu avec un seul lys blanc au centre (voir figure).  Notre argumentaire se d&eacute;ploie en trois temps. Il s&rsquo;appuie d&rsquo;abord sur un principe de la communication moderne qui veut que la simplification des symboles optimise l&rsquo;&eacute;change d&rsquo;information. Cela mis en &eacute;vidence, il faut encore s&rsquo;assurer que le symbole retenu, en occurrence le lys, constitue un embl&egrave;me l&eacute;gitime et souhaitable pour les Qu&eacute;b&eacute;cois; un survol historique nous en convaincra. Enfin, nous nous pencherons sur quelques &eacute;l&eacute;ments symboliques nouveaux issus du drapeau modifi&eacute;; dont celui d&rsquo;un Qu&eacute;bec uni plut&ocirc;t que divis&eacute;; celui d&rsquo;un Qu&eacute;bec la&iuml;que (mais non moins catholique, nous le verrons) et fran&ccedil;ais.   <strong>1 &#8211; &Eacute;l&eacute;ments de communication</strong>  <em>Less is More.</em> &mdash; Mies van der Rohe, architecte allemand  L&rsquo;histoire des logos des grandes entreprises depuis plus de 100 ans tend &agrave; montrer que leurs logos ou les symboles qui les repr&eacute;sentent se simplifient avec leur d&eacute;ploiement dans le temps, &eacute;liminant graduellement les mots, les ornements, les fioritures, parfois m&ecirc;me les mots au profit d&rsquo;un symbole graphiquement simple et reconnaissable pour tous, peu importe l&rsquo;auditoire. Cette efficacit&eacute; graphique est ais&eacute;ment rep&eacute;rable chez les grandes marques telles que que Nike, Shell, Apple ou la Croix-Rouge.  On observe ce m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne pour le nom des artistes qui survivent &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve du temps. Paul-&Eacute;mile Borduas est devenu &laquo; Borduas &raquo;. C&eacute;line Dion a vu sa signature &laquo; C&eacute;line &raquo; s&rsquo;imposer comme un &eacute;l&eacute;ment &eacute;vocateur. La communication est ainsi efficace et rapide.  La simplification des corps identitaires graphiques de toutes natures (drapeaux, logos, sigles, acronymes, etc.) est motiv&eacute;e par la m&ecirc;me volont&eacute; de communiquer efficacement, le plus rapidement possible, un message &agrave; un auditoire donn&eacute;. Dans le cas qui nous occupe, un drapeau aura pour but de communiquer un ensemble de valeurs et de caract&eacute;ristiques communes, le sens d&rsquo;une histoire partag&eacute;e, ainsi qu&rsquo;une volont&eacute; de se projeter dans un id&eacute;al qui inspire la fiert&eacute;.  Suivant le raisonnement, ne serait-il pas opportun d&rsquo;engager le drapeau qu&eacute;b&eacute;cois actuel dans un processus de simplification similaire? Nous croyons que oui, et c&rsquo;est ce qui motive notre choix de r&eacute;unir les quatre lys en un seul symbole, plus simple donc plus fort. Une question se pose alors : le lys, maintenant seul au centre du drapeau, constitue-t-il un embl&egrave;me national qui sied &agrave; la nation qu&eacute;b&eacute;coise? Pour r&eacute;pondre &agrave; cette question, il faut regarder en arri&egrave;re et voir ce que le lys a voulu dire dans l&rsquo;histoire.   <strong>2 &#8211; Le lys d&rsquo;hier &agrave; aujourd&rsquo;hui</strong>  Il est important de savoir que la fleur de lys est un des plus vieux symboles au monde. On le retrouve en effet depuis plus de 5000 ans chez diff&eacute;rents peuples selon un usage, tant&ocirc;t embl&eacute;matique, tant&ocirc;t d&eacute;coratif. On le retrace chez les Assyriens, puis en Inde, &Eacute;gypte, Gr&egrave;ce, Rome, en Gaule, chez les Perses, les Arabes et en Espagne. Les Anglais et les &Eacute;cossais l&rsquo;ont utilis&eacute;, de m&ecirc;me que les peuples am&eacute;rindiens.  Pour certaines civilisations, il a incarn&eacute; par ses caract&eacute;ristiques la force, le d&eacute;sir, la sexualit&eacute; et la f&eacute;condit&eacute;. Certains y ont vu la repr&eacute;sentation des organes g&eacute;nitaux, l&rsquo;extr&eacute;mit&eacute; d&rsquo;un trident ou d&rsquo;une pointe d&rsquo;arme. D&rsquo;autres l&rsquo;ont fait d&eacute;river de l&rsquo;iris, fleur jaune qui poussait sur les rives de la Lys en Belgique.  Le lys devient un symbole de la France lorsque, dit-on, un ange aurait apport&eacute; un bouclier serti de 3 lys &agrave; Clovis, chef des Francs et conqu&eacute;rant de la Gaule; ce miracle donne la victoire &agrave; Clovis et marque le d&eacute;but de l&rsquo;unification de la France actuelle. Il se r&eacute;pand alors comme symbole fran&ccedil;ais, royal surtout, mais aussi comme le symbole catholique par excellence.  En Nouvelle-France, le lys appara&icirc;t sur divers objets, pi&egrave;ces de v&ecirc;tement ou d&rsquo;orf&egrave;vrerie. Bien que brutalement abandonn&eacute; en France au moment de la R&eacute;volution, il continue d&rsquo;&ecirc;tre utilis&eacute; en terre d&rsquo;Am&eacute;rique comme un symbole faisant r&eacute;f&eacute;rence &agrave; la culture et aux origines fran&ccedil;aises des &laquo;Canadiens &raquo; (qu&eacute;b&eacute;cois).  Le lys seul marque aussi notre histoire r&eacute;cente. L&rsquo;appareil gouvernemental qu&eacute;b&eacute;cois a fait un usage fr&eacute;quent du lys blanc sur fond bleu, et ce, depuis les ann&eacute;es &rsquo;70. Alors que jadis ce &laquo; logo &raquo; authentifiait les minist&egrave;res, il sert aujourd&rsquo;hui &agrave; identifier les routes du Qu&eacute;bec et &agrave; ornementer les immatriculations.  D&rsquo;autre part, la population qu&eacute;b&eacute;coise s&rsquo;est elle-m&ecirc;me appropri&eacute; le lys. Il n&rsquo;est pas rare de le voir utilis&eacute; seul, en d&eacute;coration sur des maisons, des fanions, t-shirt, casquettes et autres objets promotionnels de la Saint-Jean-Baptiste. Il semble gagner en popularit&eacute; ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e.   <strong>3 &#8211; La proposition IQ</strong>  Le lys constitue le symbole indiscutable et officiel du Qu&eacute;bec; cela nous parait &eacute;vident. H&eacute;l&egrave;ne-Andr&eacute;e Bizier et Claude Paulette concluent d&rsquo;ailleurs en ce sens dans un livre sur le sujet, en affirmant que &laquo; la fleur de lys est l&rsquo;embl&egrave;me de tous les Qu&eacute;b&eacute;cois &raquo;[1].  Le drapeau actuel nous montre quatre lys, sauf que chacun d&rsquo;eux est isol&eacute; dans son carr&eacute; bleu, qui eux-m&ecirc;mes sont s&eacute;par&eacute;s par d&rsquo;&eacute;paisses bandes blanches. L&rsquo;image est celle d&rsquo;un Qu&eacute;bec &laquo; divis&eacute; &raquo;[2], et c&rsquo;est l&agrave; tout le probl&egrave;me. Il existe &agrave; notre avis une mani&egrave;re plus forte et plus simple d&rsquo;&eacute;voquer graphiquement la nation qu&eacute;b&eacute;coise.  Conceptuellement, la proposition du collectif IQ se pr&eacute;sente comme l&rsquo;unification des quatre morceaux s&eacute;par&eacute;s du drapeau actuel en un seul lys plus grand et plus fort.  La croix dispara&icirc;t au profit du lys. Pour ceux qui verraient cette perte d&rsquo;un mauvais &oelig;il, rappelons simplement que le lys &agrave; lui seul fut aussi dans l&rsquo;histoire un symbole de la foi catholique.  Notre proposition s&rsquo;appuie sur un usage r&eacute;pandu du lys autant chez le gouvernement que chez la population civile. Elle affirme une pr&eacute;sence fran&ccedil;aise et la&iuml;que en Am&eacute;rique. Elle participe enfin, &agrave; notre avis, &agrave; une &eacute;volution normale et moderne du fleurdelis&eacute; actuel.  Que l&rsquo;on regarde l&rsquo;&eacute;volution des drapeaux &agrave; travers l&rsquo;histoire du Qu&eacute;bec : Jacques Cartier arrive en Am&eacute;rique avec un drapeau &agrave; trois lys. Plus tard, la banni&egrave;re de Carillon obtient un succ&egrave;s populaire sans toutefois devenir un drapeau officiel. Le fleurdelis&eacute;, adopt&eacute; &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale en 1948, en r&eacute;habilite n&eacute;anmoins le symbole en remaniant les lys vers le haut.  Le collectif IQ propose un &laquo; nouveau &raquo; symbole identitaire en r&egrave;gle avec l&rsquo;histoire du drapeau, qui respecte les normes h&eacute;raldiques, tout en &eacute;voquant la nation qu&eacute;b&eacute;coise avec force. Ainsi, notre drapeau devient un symbole compl&egrave;tement moderne, simplifi&eacute; au maximum. Il poss&egrave;de dor&eacute;navant l&rsquo;&eacute;loquence de certains drapeaux du monde parmi les plus efficaces en terme de communication : celui de la Suisse, du Japon et disons-le, celui du Canada.   &mdash; <em>Simon Beaudry et Philippe Jean Poirier, codirecteurs du collectif IQ</em> </p>
	<p>
</p>
	<p><em><font color="#999999">&mdash; <strong>Mise &agrave; jour JFP : </strong>&Eacute;coutez l&#8217;entrevue de Simon Beaudry (du 24 janvier) &agrave; l&#8217;&eacute;mission de <a target="_blank" href="http://www.radio-canada.ca/radio/christiane/modele-document.asp?docnumero=50892&amp;numero=1880">Christiane Charette &agrave; Radio-Canada.</a></font></em></p>
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		<title>Québec international</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jan 2006 14:38:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Simon Beaudry</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>

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		<description><![CDATA[	Le Qu&#233;bec a plus &#224; offrir aux Qu&#233;b&#233;cois et au reste du monde en tant que pays. Le nouveau Qu&#233;bec qui na&#238;t est en train d&#8217;avancer vers son autonomie. Son essor est retentissant. Il s&#8217;&#233;moustille, s&#8217;ouvre et voit ses industries culturelles et &#233;conomiques faire concurrence aux autres pays. Je pense aussi que les agences de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[	<p>Le Qu&eacute;bec a plus &agrave; offrir aux Qu&eacute;b&eacute;cois et au reste du monde en tant que pays. Le nouveau Qu&eacute;bec qui na&icirc;t est en train d&rsquo;avancer vers son autonomie. Son essor est retentissant. Il s&rsquo;&eacute;moustille, s&rsquo;ouvre et voit ses industries culturelles et &eacute;conomiques faire concurrence aux autres pays. Je pense aussi que les agences de publicit&eacute; qu&eacute;b&eacute;coises ont tout ce qu&rsquo;il faut pour offrir, aux marques internationales pr&eacute;sentes sur son territoire, une cr&eacute;ation publicitaire de haut calibre.<stop></p>
	<p>Dans le domaine de la musique, par exemple, on sugg&egrave;re que Montr&eacute;al est en train de devenir le nouveau Seattle des ann&eacute;es 1990 qui a vu na&icirc;tre plusieurs groupes dominants comme Nirvana et SoundGarden :<em>&nbsp;&raquo;Forget London, Manchester, New York and LA. In 2005 the hottest city on the musical map isn&#8217;t in the UK or the USA, but a French Canadian city undergoing a huge cultural renaissance. Like Seattle 15 years ago, Montreal has become a hotbed of musical talent, whether it&#8217;s guitar rock in the form of The Dears and Wolf Parade , or its long line of dance music heritage from Tiga through to Kanye West&#8217;s DJ A-Trak . Spearheading the city&#8217;s renaissance are The Arcade Fire , who&#8217;s debut album Funeral has become one of the most talked about records of 2005, and looks set to beat Coldplay and Gorillaz to the top of every end of year poll. But what it is about Montreal which makes it so buzzing? &#8230;&nbsp;&raquo; </em><a target="_blank" title="BBC_Radio1" href="http://www.bbc.co.uk/radio1/onemusic/documentaries/montreal548p01.shtml">Lire l&#8217;article en question</a></p>
	<p>De plus, Montr&eacute;al est chef de file en musique &eacute;lectronique et poss&egrave;de 2 festivaux d&rsquo;importance internationale et hautement pris&eacute;s par le milieu : Mutek et Elektra. Mutek 2005 a attir&eacute; plus d&rsquo;une centaine d&rsquo;artistes originaires de 15 pays. Elektra, pour sa part allie recherche musicale &eacute;lectronique et cr&eacute;ation visuelle issue des derni&egrave;res technologies. L&rsquo;&eacute;v&eacute;nement accueille des artistes d&rsquo;avant-garde du monde entier et met l&rsquo;accent sur les talents d&rsquo;ici tout en contribuant &agrave; faire de Montr&eacute;al la plaque tournante nord-am&eacute;ricaine des arts &eacute;lectroniques&raquo;. </p>
	<p>Des artistes aussi diversifi&eacute;s que C&eacute;line Dion, Rufus Wainwright, la Bottine Souriante et Simple Plan rayonnent &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du Qu&eacute;bec, sans compter &laquo;l&rsquo;invasion vers la France&raquo; r&eacute;ussie d&rsquo;autres chanteurs et chanteuses, ainsi que le succ&egrave;s imminent &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur du Qu&eacute;bec de jeunes talents comme Ariane Moffatt, Yann Perreau et Pierre Lapointe.</p>
	<p>Dans plusieurs autres domaines, des marques qu&eacute;b&eacute;coises se distinguent &agrave; l&rsquo;international : Le Cirque du Soleil, Bombardier, Alcan, Qu&eacute;b&eacute;cor, Softimage, le Festival de Jazz de Montr&eacute;al et le Festival Juste pour rire. La t&eacute;l&eacute;vision qu&eacute;b&eacute;coise s&rsquo;exporte (<em>Un gars, une fille</em>), de m&ecirc;me que le cin&eacute;ma qui voit ses productions se multiplier autant en termes de budget, de vari&eacute;t&eacute; que de qualit&eacute;, tout en se faisant remarquer dans les concours internationaux. En litt&eacute;rature, l&rsquo;&eacute;crivain Yann Martel a s&eacute;duit le monde entier avec <em>Histoire de Pi</em>, gagnant du Booker Prize 2002. Aussi, la r&eacute;putation de certains Qu&eacute;b&eacute;cois tels que Robert Lepage et Hubert Reeves, par exemple, n&rsquo;est plus &agrave; faire et d&eacute;passe largement notre territoire.</p>
	<p>Pour ce qui est de la publicit&eacute; et du design, on peut observer que certaines agences qu&eacute;b&eacute;coises commencent &agrave; se d&eacute;marquer dans les concours internationaux, exportent leur cr&eacute;ation et/ou travaillent &agrave; d&eacute;velopper des marques nationales et internationales. Cossette est la plus grande entreprise de publicit&eacute; au Qu&eacute;bec et au Canada. Les entreprises d&rsquo;ici commencent &agrave; r&eacute;colter des mentions et des prix &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger sur une base plus r&eacute;guli&egrave;re et certaines agences qu&eacute;b&eacute;coises ont des bureaux bien &eacute;tablis dans la province et au Canada. Que dire de Taxi et de son fondateur Paul Lavoie qui est devenue une des entreprises canadiennes les plus prolifiques avec des bureaux &agrave; Toronto, Montr&eacute;al et maintenant New York?</p>
	<p>Nous prenons de plus en plus notre place. Malgr&eacute; tout, nous sommes loin des succ&egrave;s de nos voisins Canadiens qui se sont r&eacute;veill&eacute;s avant nous. Disons-le comme &ccedil;a. Pr&eacute;sentement, encore trop de gros annonceurs passent par Toronto ou Vancouver pour nous &laquo;shipper&raquo; une cr&eacute;ation que nous devons adapter. Nous devons, chacun de nous, &agrave; notre fa&ccedil;on, mobiliser l&rsquo;industrie pour atteindre le standard qui nous permettrait, nous agences qu&eacute;b&eacute;coises, de gagner la confiance des marques internationales pour leur d&eacute;veloppement qu&eacute;b&eacute;cois, canadien, et, pourquoi pas, nord-am&eacute;ricain et hors-am&eacute;rique. Comme c&rsquo;est le cas pour d&rsquo;autres pays qui r&eacute;ussissent &agrave; obtenir cette confiance et &agrave; faire un produit publicitaire exportable. &Agrave; titre d&rsquo;exemple, KesselsKramer en Hollande qui d&eacute;veloppe la marque de v&ecirc;tements Diesel pour l&rsquo;ensemble de la plan&egrave;te (si vous visitez leur site web et que vous pensez vous &ecirc;tre tromp&eacute;, vous &ecirc;tes &agrave; la bonne place : leur site change &agrave; chaque fois que vous le visitez).</p>
	<p>Comment arriver &agrave; ce niveau? S&ucirc;rement un peu en d&eacute;tournant le regard de nos pieds, en cessant d&rsquo;avoir peur de perdre ce qu&rsquo;on a et en jouant du coude avec le reste du monde. Bref &agrave; se retrousser les manches jusqu&rsquo;aux &eacute;paules et &agrave; <em>trasher</em> avec les grands. Nous devons faire la chasse aux id&eacute;es nouvelles, simples, accessibles et laisser tomber les porte-paroles afin de se distinguer du reste du Canada et des terrains connus qui nous cantonnent dans une industrie provinciale ou, si vous aimez mieux, locale.</p>
	<p>Le potentiel du Qu&eacute;bec est &agrave; la hauteur de ce que nous voulons pour lui. Son gouvernement doit prendre le virage international et ind&eacute;pendant pour nous permettre un d&eacute;veloppement qui soit qu&eacute;b&eacute;cois et non pas canadien. L&rsquo;effervescence du Qu&eacute;bec doit se faire dans tous les domaines. En officialisant le pays, la publicisation du &laquo;produit&raquo; qu&eacute;b&eacute;cois deviendrait beaucoup plus facile du fait qu&rsquo;il ne serait plus filtr&eacute; par l&rsquo;entonnoir canadien. Il pourrait parler aux autres pays d&rsquo;&eacute;gal &agrave; &eacute;gal. Il n&rsquo;y a pas, non plus, de raison pour que notre produit publicitaire ne soit pas comp&eacute;titif avec les autres pays. </p>
	<p>S&rsquo;il est vrai que le Qu&eacute;bec s&rsquo;&eacute;mancipe depuis plus de 40 ans, sa progression au cours des dix derni&egrave;res ann&eacute;es est remarquable. Le Qu&eacute;bec canadien cherche &agrave; devenir son seul Qu&eacute;bec. Pour continuer son &eacute;mancipation et son d&eacute;veloppement parmi les autres nations, il doit officialiser son statut par la cr&eacute;ation du pays, favoriser les &eacute;changes entre ses principales composantes francophones, anglophones, autochtones et allophones. Le Qu&eacute;bec peut devenir le pays le plus original et excitant d&rsquo;Am&eacute;rique du Nord. Il faut encourager les Qu&eacute;b&eacute;cois &agrave; devenir les meilleurs dans leur domaine respectif et publiciser le &laquo;produit&raquo; qu&eacute;b&eacute;cois aux autres nations du monde pour susciter la demande et faire grandir ce &laquo;produit&raquo;.</p>
	<p>Il n&rsquo;y a pas meilleur moment pour se demander ce que deviendra le Qu&eacute;bec. Le prochain Irak? La porte Est d&rsquo;un immense pays &agrave; remplir? Le premier nouvel &eacute;tat ind&eacute;pendant d&rsquo;Am&eacute;rique du nord? Un deuxi&egrave;me Canada plus petit? Une terre priv&eacute;e &eacute;tats-unienne? Un &eacute;tat ferm&eacute;, raciste et pauvre? Un pays ouvert, cr&eacute;atif, autonome et riche? Pour ma part, j&rsquo;esp&egrave;re &ecirc;tre en train de contribuer &agrave; l&rsquo;&eacute;mancipation de l&rsquo;industrie publicitaire qu&eacute;b&eacute;coise et de participer, &agrave; ma fa&ccedil;on, &agrave; la cr&eacute;ation du <em>Qu&eacute;bec international</em>!</p>
	<p><font size="-3"><em>Remerciements &agrave; No&euml;mie Forget, Pascal Beauchesne et France Gaudreault</em></font></stop></p>
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