Nouvel Ordre

Avis

On nous apprend par communiqué la constitution d’un Ordre des designers graphique, sur le même modèle que l’Ordre des architectes ou la confrérie des ingénieurs. Ce nouvel Ordre, entériné par l’assemblée nationale dans la foulée des mesures à promouvoir le design comme vecteur économique, a déposé une charte d’utilisation à l’usage des designers graphique que nous reproduisons en partie :

article 1
Les membres de l’Ordre auront l’exclusivité de l’usage des couleurs Pantone©. L’usage de la reproduction en quadrichormie sera permise aux non-membres.

article 2
Tous les mandats identifiés par la liste officielle (comprenant les étiquettes de vins, le packaging pour enfants, les restaurants haut-de-gamme) sont réalisable seulement par les membres de l’ordre. D’autres catégories sont présentement en négociation, dont la communication des articles de sports et le branding de plus de 5000.00$.

article 3
Les non-affiliés se verront restreint à l’usage des typographies du système PC. L’usage des fontes par les non-membres sera limité aux corps 8, 10, 12, 14 et 18 points inclusivement. L’usage des vraies italiques et des fausses petites capitales sera sévèrement proscrit. L’étirement par anamorphose des caractères sera limité 115% horizontalement et à 120% verticalement. Ces mesures sont conformes à la perception visuelle moyenne définie par la corporation des ophtalmologistes du Québec.Toute utilisation par des non-membres de fontes OpenType est passible de poursuite.

article 4
Le membre affilié devra renoncer à l’utilisation de la fonte Comic Sans, au gabarits d’en-têtes de lettres inclus dans les logiciels de mise en page en devra aussi renoncer à la pauvreté. Tous les devis des membres de l’Ordre devront excéder 1000,00$

Les conditions requises pour l’affiliation seront communiquée ultérieurement.

Bon, trève de plainsanteries, il serait temps de se reposer sérieusement les questions 1/ du statut du designer graphique, 2/ des moyens de reconnaissance du rôle du designer graphique et du design en général au Québec et 3/ des moyens pour le grand public d’en discerner l’utilité et la qualité.

La Société des designers graphique du Québec organise une réunion des leaders pour discuter, entre autres, de ces enjeux. Vous recevrez également bientôt un appel à la candidature du PRIX LORNE C. PERRY | Client de l’année en design graphique au Québec. Suivez l’info sur sdgq.ca

Cet avis est fortement inspiré (et repris en grande partie) d’un édito signé Étienne Hervy, paru dans le magazine ÉTAPES n 171. On vous invite à vous abonner cette revue sur le design et la culture visuelle, publiée mensuellement.


23 commentaires sur «Nouvel Ordre»

  1. 1 André Simard

    Bravo Marc! Merci d’avoir ramener cet éditorial à l’avant plan et de nous rappeler à l’ordre.

  2. 2 fran6co

    le train a quitté la gare et il s’en va porter des affiches «Chat perdu» en Comic Sans dans toutes les villes où il va s’arrêter. et y’a pas grand chose qu’on peut y faire.

  3. 3 Michel Aubert

    Est-ce que cet Ordre, permet à ses membres de faire continuellement des fautes d’orthographes (comme «entériné»), de conjugaison («aux corps») et des erreurs typographiques niaiseuses (comme le point dans 1000,00$)?

  4. 4 Marc Serre

    Désolé d’avoir écorché tes pupilles avec mon accent manquant sur entériné et mes autres fautes abominables comme la virgule dans le nombre. J’ai oublié de mettre l’espace fine dans les nombres, mais l’Ordre révise ces règles et propose qu’un nombre qui n’a que quatre chiffres peut s’écrire avec ou sans espace, tant qu’on met un espace insécable entre le nom et le symbole.

    En passant, ta virgule est de trop après «Ordre» et il te manque un espace fine avant le point d’interogation. C’est niaiseux, non?

  5. 5 Jean-Simon

    QUOI??? Elle est bien bonne celle-là! C’est le premier d’avril?

    Je suis bien d’accord qu’un Ordre des designers graphiques soit mis sur pied, ça tasserait tous ces « infographistes de sous-sol ». Mais… Au niveau de la réglementation, comment ils vont faire pour réglementer l’utilisation des couleurs Pantone et des milliers de typos OpenType?

    Ils vont avertir tous les imprimeurs de n’autoriser que les membres de l’Ordre à imprimer en Pantone et/ou avec des fontes OpenType? Et si les graphistes s’achètent des imprimantes laser et impriment eux-même?
    Et qui va savoir qui fait quoi? Je veux dire, quand on voit une affiche dans la rue, on ne sait pas qui l’a fait, elle n’est pas toujours signée.

    Il y aura beaucoup trop de contenu et de documents à réglementer!!!

    Et pour le Web? Comment gérer la multitude de contenus?

    Comment restreindre l’achat des polices OpenType sur Internet? Cela va à l’encontre des règles de commerce international. Si je veux acheter une typo faite par une fonderie située, disons, en Allemagne, qui va m’en empêcher? Et pour me restreindre de l’utiliser… Bonne chance! Et pour les logiciels, je ne pense pas qu’Adobe accepte de ne vendre qu’aux membres de l’Ordre, ils perdraient beaucoup trop d’argent.

    Et pour le système d’éducation? Réformer tous les programmes d’infographie, de graphisme et de design graphique au Québec pour qu’ils se conforment aux normes de l’ordre?

    Et restreindre l’usage de certaines typos et forces de corps… N’est-ce pas là une censure? (Je tiens à mes WordArt!!! (sarcasme…))

    En?n bref, je trouve utopique de penser qu’un tel ordre pourrait régir une profession aussi vaste qui utilise un très grand nombre de médias pour diffuser des quantités infinies d’informations.

    Cet article est probablement une blague, mais il a au moins permis de lancer un débat et de faire ré?échir, mais bon, on est encore excessivement loin d’un Ordre!
    Bonne chance!

  6. 6 Mathieu

    Totalement en accord avec Jean-Simon. Effectivement, nous rehausserions certainement la qualité du design. Mais à quel prix ? L’ordre des médecins ne date pas d’hier…

    «Le membre affilié devra renoncer à l’utilisation de la fonte Comic Sans, au gabarits d’en-têtes de lettres inclus dans les logiciels de mise en page en devra aussi renoncer à la pauvreté.»

    Ben voyons ! Tout ça n’est qu’une grosse jokes. Au lieu d’inventer des stupidités de la sorte, ingénions nous à éduquer le public sur les enjeux du design graphique, … nous pourrions peut-être informer le grand public de ses enjeux, au lieu d’aller en parler aux designers graphiques, qui eux connaissent les enjeux… et sont pas mal les seuls è consulter oeil pour oeil, ne nous le cachons pas… Mauvaise cible ! Questionnons le peuple, et cessons d’être élitiques.

    De plus, je tiens à faire part ici de ma déception envers le fait que la SDGQ s’associe à une telle campagne de désinformation. Je croyais que la SDGQ était une société sérieuse… et je suis déçu.

    Merci, et bonne journée. Mathieu

  7. 7 Marc Serre

    La SDGQ est sérieuse en effet. Et il est temps de parler de notre engagement. Cet engagement commence par les designers eux-mêmes. Savez-vous qu’il y a plus de 10 000 personnes au Québec qui se réclament designers graphique ? Savez vous que la SDGQ n’a pas plus de 300 membres ? Quand nous serons assez nombreux pour constituer une force vive et que nous irons cogner à la porte de notre gouvernement, on nous prendra enfin au sérieux. Pas comme cet Ordre fictif qui sert simplement à alimenter le débat. Les designers se mobilisent pas beaucoup pour leur industrie. Pourtant c’est surement la base d’une organisation active.

    L’accréditation n’est pas la voie pour les designers graphique. Trop d’obstacles à franchir et trop de réformes à faire pour l’obtention d’un statut. Alors comment faire pour que les designers soient reconnus? que le design graphique soit pris au sérieux? Des suggestions?

  8. 8 fran6co

    Je crois que la seule manière que les designers soient pris au sérieux, c’est l’éducation. Le public «visé» n’est pas les autres deigners, mais les gens qui ne connaissent rien à notre métier. Ces gens que l’on apprend à mépriser, euh je veux dire se méfier, à travers notre formation. Ces idiots qui utilsient du Arial et du Comic Sans.

    Et pour éduquer, il faut être généreux, donner, entreprendre. Il faut s’ouvrir, risquer. Si la SDGQ a seulement 300 membres, sur potentiellement dix mille (je n’entrerai pas dins débats de virgule) il est temps en effet de vous demander pourquoi.

    Au fait, petite question comme ça, y’a des membres anglophones, dans la SDGQ?

  9. 9 Marc Turcotte

    Moins de 300… humm plutôt moins de 160…

    La SDGQ n’est plus en faveur de l’accréditation? C’est nouveau, sûrement que c’est parce que vous vous êtes rendu compte que vous n’étiez pas assez organisés et dégourdis pour réussir cette démarche… Do nothing, fail nothing.

  10. 10 Mathieu

    Personnellement, je ne fais pas parti de la SDGQ. Je suis étudiant, et je n’ai aucun clients, donc aucun impact direct sur le design graphique au Québec, et aucun moyen de payer mon membership. Mais je me prépare pour le futur … Autour de moi, j’instruit les gens. J’informe ceux qui croient qu’être graphiste, c’est faire des graphiques dans Excel. Je ne cesse de parler de ce métier que j’adore. Au moment où j’obtiens mon premier boulot, je deviens membre, promis. Mais MAINTENANT, que puis-je faire ? Je suis jeune, je demeure à Québec, et je suis plein d’ambition et de convictions. Donnez-moi du boulot. On fait une méga campagne pour informer TOUT les gens des enjeux du Design graphique. Des présentations… des colloques… réservés à monsieur et madame tout le monde. Quelque chose qui coùte pas cher. Il y a quelques boites à Québec prêtes à nous prêter des locaux, une fois semaine ? … LG2, Cossette ?… les autres ? ON ATTENDS QUOI ?!?! Je suis prêt à bosser… à être bénévole. À organiser, parler et contagier. Bottons notre honorable cul et parlons. Au lieu de râler contre comic sans ms, expliquons aux gens que bien que cette typo soit rigolote… elle n’est pas utilisable. Vous savez pourquoi ? Seriez-vous capable de l’expliquer à des gens ? Probablement, je ne doute pas de vous, designers. Mais Où est cette passion qui vous anime ? Vous gardez ça pour les client à 10 millions ?

    Maintenant, proposez. Je suis étudiant. Montrez-moi des moyens efficaces pour changer les choses, et je m’en occupe. On apprends toujours. Et il ne faut jamais cesser d’éduquer.

  11. 11 Mathieu

    Bon. Alors assez parlé, maintenant, j’agis. Je démarre le projet. Mission: Éduquer le grand public sur ce qui a trait au design graphique, et aider les gens à se doter d’un esprit critique concernant le design.

    Cela aura pour effet de diminuer l’apparition de designs «cheap», car, ultimement, les gens seront capable de reconnaître se qui est bien, ou pas. Mais ils apprendront également le prix qu’il y a à payer, ainsi que les ressources nécessaires au bon développement d’un design.

    Pour un projet comme ça, bien que je sois prêt à y investir beaucoup, j’ai besoin d’appui et d’aide. Étant donné que mes objectifs cadrent bien avec la mission de la SDGQ, vais-je avoir l’appui de ceux-ci ? J’aimerais bien avoir une réponse par quelqu’un du C.A., question d’être sûr.

    J’aurai besoin de quelqu’un pour parler «stratégies» Quelqu’un qui m’aidera à atteindre la cible, le grand public et ceux qui se prétendent graphistes et designers graphiques, et qui ne le sont pas.

    Je devrai apprendre des trucs efficaces pour parler à ses gens, pour leurs faire apprendre des nouvelles notions.

    J’aurais besoin également d’une liste de compagnies, boites, et designers sérieux et professionnels qui seraient potentiellement prêts à m’offrir un peu de leurs temps pour m’aider à ce projet, donc qui seraient prêts également à investir du temps pour l’avancement du design graphique. SDGQ, rapelle toi ta mission !

    J’aimerais également que l’on fasse une liste des éléments que les gens devraient savoir pour apprendre à différencier un «bon» design d’un «mauvais». Je ne parle pas ici de considérations esthétiques, mais bien de considérations techniques dans le genre : Pourquoi ne devrait-t-on pas mettre de trame ou de dégradé dans une identification visuelle ? (ce n’est qu’un exemple)

    J’aurais de besoin de designers graphiques prêts à m’aider à répondre aux gens qui me poseront des questions auxquelles je n’aurai pas les réponses… je suis un humain, et je le répète, étudiant par-dessus le marché.

    J’aurais également besoin d’un nom pour le projet. Quelqu’un a une idée ? Elle serait la bienvenue.

    Pour ceux qui pourraient croire que ceci est une blague, que je parle vite, sans me rendre compte de tout les efforts que cela pourrait me demander, j’aimerais confirmer que je suis bel et bien sérieux. Bien que je ne puisse pas présentement évaluer le temps avant la mise sur pied du projet, je suis franchement déterminé à le faire. Sauf que j’ai besoin d’aide.

    Il ne faut pas oublier que Rome ne s’est pas bâtie en un jour. Il y a un début à tout. Et c’est maintenant que sa commence.

    J’attends vos suggestions / réactions.

    Merci,

    Mathieu Thériault
    Prêt à tout, et passionné.

  12. 12 Marc Serre

    Marc Turcotte, ta critique est irrecevable, et elle met en colère.
    Promets-moi de t’inviter à la prochaine assemblée annuelle, tu verras qu’on est pas si mal organisé que ça. T’as besoin d’un sérieux update, crois-moi.

    Francisco, oui il y a des membres anglo et essai de leur donner un rôle plus actif (Mounir Assadourian sur sur SDGQ-Linkedin bientôt)

    Mathieu on te reviens bientôt.

  13. 13 Jean-Simon

    « Savez-vous qu’il y a plus de 10 000 personnes au Québec qui se réclament designers graphique ? »

    Qui se réclament? J’aime le choix du mot.

    Le problème reste que, même si on éduque les gens, il y aura toujours des « ‘tits casses » qui feront du graphisme dans leur sous-sol, sans formation, et avec des logiciels piratés.

    Le débat est vieux comme le monde, mais, si notre profession ne se fait pas assez connaître, je crois que c’est en partie à cause d’eux.

    Certes, les gros clients avec beaucoup de budget iront voir les grosses boîtes, mais les nouvelles compagnies et les PME privilégient souvent trop ces « travailleurs de bas étage », car ils ont des tarifs excessivement bas.

    Donc, tant que ces graphistes de sous-sol feront des logos en Comic Sans, en Arial et en Dakota Handwriting, et sans avoir aucune connaissance des enjeux importants que constituent la création d’une image de marque performante, je ne pense pas que notre profession sera reconnue, même si nous formons un Ordre.

    Et même si nous informons les gens, ceux-ci préfèreront faire affaire avec les moins chers! C’est comme le Walmart, on y va parce que les prix y sont inférieurs, et ce, (trop) souvent au détriment de la qualité!

    En fait, pour faire simple, mon point de vue est que même si les gens sont informés, il y aura toujours des infographistes de sous-sol qui prendront certains contrats que des designers auraient pu faire, ce qui engendre une McDonaldisation du design graphique qui, cause la non-reconnaissance de notre profession.

    Je suis convaincu que la reconnaissance de notre profession réside dans plus que de la simple information. Quant au moyen, reste à le trouver…

  14. 14 Mathieu

    Marc, je tiens à ce qu’on se parle. Il s’agit véritablement d’un mal entendu. En fait, je crois que je me suis fort mal exprimé. Mon comentaire n’était pas une critique, et ne visait pas à te mettre en colère (j’aimerais d’ailleurs savoir précisément ce qui vous a mis en colère, afin que je puisse m’expliquer).

    Entre mon commentaire qui date du «29 10 2009 à 15:22» et celui du «29 10 2009 à 22:24», j’ai lu les commentaires que vous aviez laissé, et j’ai compris la motivation de la SDGQ à démarrer cet article. Il provoque des débats, et questionne les gens. C’est ce qu’il faut !

    En fait, je suis totalement de votre côté. Je ne peux pas pour l’instant devenir membre de la SDGQ, mais si j’avais les moyens financiers, je le ferais. Je dit justement dans mon commentaire que je suis prêt à investir de mon temps pour travailler dans le sens de la SDGQ, avec VOTRE AIDE ! Je ne peut le faire seul, j’ai besoin de plein de gens pour m’aider. En fait, ce devrait plutôt être moi qui me joigne à vous, j’en convient. Mais je veux commencer maintenant, et divers facteurs (majoritairement financiers) font que je ne peux me joindre à vous. Que je ne peux participer à vos événements.

    Ceci dit, il me ferait grand plaisir, si vous m’invitez à assister à la prochaine Assemblée annuelle, d’y aller (Si je peux me libérer de mes obligations d’étudiant à cette date, bien sur). Parce que je suis de près le cheminement de la SDGQ, et je rêve d’en faire parti depuis que j’en connais l’existence.

    Pour en revenir à mon dernier commentaire… j’expliquais, dedans celui-ci, que je voulais démarrer un genre de projet ou les gens du grand public apprendraient à se méfier des mauvais design… apprendrait les POURQUOI et les COMMENT. En fait, cela pourrait contribuer à faire connaître la SDGQ, et éventuellement à augmenter le rayonnement de celle-ci.

    Je m’excuse de n’avoir pas su m’exprimer correctement, et je suis franchement désolé de vous avoir mis en colère… mon intention était véritablement toute autre. J’espère un jour pouvoir travailler à vos côtés… et améliorer la connaissance du public envers le Design graphique.

    Mathieu Thériault.
    (mtheriault_1@hotmail.com)

  15. 15 Marc Serre

    Mathieu, ne t’excuses pas, j’avais mal intitulé mon commentaire. C’est le commentaire de Marc Tucotte qui a mis le feu aux poudres.

    Tes propos sont plutôt très encourageants et constructifs et on va se reparler bientôt, j’en suis sur.

    Merci pour tes idées et désolé de l’imbroglio.

  16. 16 martine

    Je suis d’accord avec Mathieu sur le fait qu’il faut agir pour informer le public.

    Il faut les faire participer, les faire découvrir. Il faut les informer sur les bons processus, les bonnes pratiques en création.

    Arrêtons de blâmer les designers de sous-sol, ils profitent simplement de cette désinformation pour récolter des contrats, qui de toute façon, ne serait sûrement pas assez intéressants et payants pour les boîtes.

    Il nous faut aussi être patient et ouvert aux idées des autres. Continuons d’apprendre, restons captiver. Trouvons des solutions pour rejoindre les créateurs en manque d’inspiration.

    Soyons positif et cessons de critiquer

    Bonne journée, Martine

  17. 17 Andre Lavergne

    Ah, ça non, Martine.
    Il ne faut pas cesser de critiquer, mais plutôt apprendre à bien le faire, et tenter par ses gestes de cultiver un climat où la critique est au service de l’amélioration.

    La critique est trop souvent dévalorisée ici, autant par ceux qui ne veulent pas l’entendre que par ceux qui la font n’importe comment. La critique n’est pas forcément motivé par la négativité. Il y a beaucoup d’optimisme dans un ‘peut faire mieux’. Si on ne croyait pas au potentiel de quelque chose, on ne se donnerait pas la peine d’en débattre et de tenter de mettre le doigt sur les aspects à améliorer.

    Soyons perspicace et critiquons intelligemment !

  18. 18 Julien

    Malheureusement, la plus enthousiaste des réponses à ce billet est également celle qui montre le mieux le cul de sac dans lequel se sont engagés les graphistes.

    Ainsi, fi des considérations esthétiques, et tout aux considérations techniques. Mais dis-moi, jeune croisé, la technique n’est-elle pas particulièrement dépendante des moyens, logiciels presses encres papiers, c’est-à-dire contingente, et en fin de compte, indifférente à qui l’applique ?

    Tant de ferveur pour quelques omissions techniques, n’est-ce pas un brin ridicule ? Et si, pour faire changement, les graphistes reconnaissaient enfin l’évidence, à savoir que c’est l’exercice de leur bon goût qui a seul une valeur élective ?

    Le goût, comme la sagesse, ne se donne pas. II faut l’éduquer, le raffiner. La technique s’acquière et ce n’est pas la même chose.

  19. 19 martine

    Alors d’accord, il est vrai qu’il ne faut pas cesser de critiquer. Il faut le faire de façon positive et constructive.

    Si vous lisez bien le reste du billet, je parle de positivisme et je déplore la critique négative.

    Je parle d’action, de projets et de rassemblement. Ce n’est pas en critiquant sur un blogue un gars qui travaille dans son sous-sol que nous arriverons à faire changer ses pratiques.

    La question demeure : Oui on peut faire mieux, mais comment le faire apprendre aux gens ?

    Comment rendre le public plus curieux face au design ?
    Comment rendre les designers plus soucieux de la qualité du travail qu’ils remettent ?
    Comment rendre les clients conscients de la valeur du travail que nous produisons ?

    Vous avez une idée ?

  20. 20 Mathieu

    Julien, je comprends votre façon de penser, et je respecte le droit de chacun d’avoir une manière de penser. Je suis d’accord avec le fait que la technique est dépendante des moyens. Le point sur lequel je ne suis pas d’accord, c’est que les moyens sont limités. Bien des arguments seront nécessaires pour me faire avaler ça. N’a t’on pas vu des concepts géniaux émerger à l’époque où les ordinateurs n’existaient pas ? En fait, pour avoir sous la main de nouveaux moyens, il n’en tient qu’à nous de les développer.

    Dans la phrase «Tant de ferveur pour quelques omissions techniques, n’est-ce pas un brin ridicule ?» me traitez-vous de ridicule ? Franchement, si ma manière de penser est ridicule, je suis prêt à être aussi ridicule qu’il le faudra pour faire avancer mon métier et cesser d’avoir une vision fataliste de celui-ci.

    De plus, vous dites «Et si, pour faire changement, les graphistes reconnaissaient enfin l’évidence, à savoir que c’est l’exercice de leur bon goût qui a seul une valeur élective ?»
    Je crois précisément qu’il s’agit là du problème. L’objectif du design graphique est de communiquer un message. Nous pouvons communiquer avec esthétisme, bien sur. Mais nous devons cependant garder à l’esprit que pour communiquer efficacement, il faut d’abord être compris. Et ce n’est pas en mettant notre énergie sur l’esthétisme que l’on construit des messages forts et compréhensibles. C’est une chose parmi tant d’autres que je désire apprendre aux gens. Ne vous méprisez pas. Je ne souhaite pas leur apprendre à faire du design graphique. Je désire leur apprendre à se méfier du mauvais design. Leur apprendre à se développer un sens critique envers le design. Parce que comme vous le dites, «Le goût, comme la sagesse, ne se donne pas. II faut l’ÉDUQUER, le raffiner. La technique s’acquière et ce n’est pas la même chose.»

    Je m’excuse si je n’ai pas bien compris le sens de votre commentaire (qui est, ma foi, très esthétique), mais je ne suis qu’un «petit croisé», meneur d’une croisade qui se veut non pas destructrice, mais pacifiste et éducatrice.

    Sur ce, je respecte totalement votre manière de penser, quoique je n’y adhère pas.

    Bonne journée et au plaisir de débattre à nouveau, Mathieu

  21. 21 Julien

    Le problème, Mathieu, réside justement dans ce baratin dont le seul manque d’écho, à ce que vous semblez croire, expliquerait le peu de reconnaissance du métier. Et pourtant !

    Vous n’émouvrez personne en insistant sur les périls à craindre de l’usage d’une trame dans la reproduction d’un logo, tout simplement parce que, en soi, et sauf exception, c’est sans importance. Ce n’était, vous me direz, qu’un exemple. Néanmoins, il est symptomatique. Vous vous trompez de cible. Ces détails vous concernent peut-être comme praticiens. Ils ne sauraient intéresser personne d’autre.

    Mais le véritable problème est ailleurs. Les mots vous manquent. Vous ne pouvez même pas dire ce que vous faites. Le problème est là. La reconnaissance des autres ne pourra venir que lorsque les graphistes auront reconnu eux-mêmes en quoi consiste leur métier. Pas avant.

    Communiquer. L’usage du mot s’est répandu le siècle dernier, avec la popularisation du cadre théorique de la cybernétique. La cybernétique est passée mode, mais le cadre est resté. Il fait de la communication la fin de toute activité, quelle qu’elle soit. Dire du graphiste qu’il est un communicateur, ça n’est pas autrement plus précis que de dire de l’homme qu’il est un organisme.

    Le rouge, la rondeur, le choix d’une égyptienne contribuent à exprimer quelque chose. J’insiste : exprimer, et non pas communiquer. L’expression est le mode de dévoilement, non des objets, mais du sens des objets.

    Il y a bien des considérations objectives, quelques détails techniques dans le travail du graphiste. Toutefois, l’essentiel est ailleurs. Le graphisme surajoute du sens à un objet, dans les limites que lui concède la technique. Le propre de son travail est justement de gagner sur elle, de donner le plus de sens possible à des objets souvent très limités sur le plan matériel (un bout de papier, de carton !).

    Tout ça pour dire :

    Réclamez-vous de l’arbitraire, de la noblesse du jugement, de votre jugement ! De ce jugement de goût que vous éduquerez toute votre vie. De ce goût souverain, insolemment indépendant de la technique, et qui seul, avec le passage des ans, des outils, des logiciels, vous restera fidèle.

    Dénoncez la laideur. Osez la nommer, pour commencer ! Redonnez une légitimité à la beauté, au raffinement, à la mesure, à la proportion, à l’équilibre, à l’harmonie, faites-vous-en le défenseur, le militant, le prosélyte, et vous contribuerez à faire reconnaître votre métier. Peut-être même, qui sait, si vos efforts sont couronnés de succès, pourrez-vous le sauvegarder de l’enlisement amateur et du discrédit qui l’accompagne.

  22. 22 Mathieu

    C’est amusant, Julien, car dans tout vos commentaires, je ne peux savoir si je dois être contre ou avec vous. Je reste donc neutre. Cependant, je suis heureux de connaître vos opinions. Ça me fait évoluer et apprendre. Vous semblez d’ailleurs quelqu’un d’aussi passionné et fervent que moi. Seulement, alors que moi je m’interroge encore (je suis tout neuf), vous, vous avez trouvé les réponses qui vous convenaient et qui correspondait à votre vision du design., et c’est très bien comme ça. J’espère personnellement m’interroger assez longtemps, tout au long de ma vie, pour connaître toutes les opinions possibles, et ne pas m’enfoncer dans une opinion définitive et inébranlable.

  23. 23 Jean-Simon

    Mais bref, Julien a selon moi soulevé un point important avec son exemple de trame sur un logo.

    Certains petits détails qui nous énervent (par exemple, une espace fine manquante, un logo matriciel imprimé, etc.), passent inaperçus aux yeux de la plupart des gens! Et je me vois mal leur expliquer qu’une espace fine est nécessaire devant tel ou tel signe de ponctuation, que la grille de lignes de base est importante dans une mise en pages utilisant des colonnes, qu’un logo matriciel imprimé présente une trame, etc.

    Je pense que chez la plupart des clients, l’important, c’est que leur projet soit beau et qu’il rejoignent leur public-cible. Ils n’en ont, dans la plupart des cas, rien à battre des espaces fines, des césures, des trames et de la grille de lignes de base (pour ne nommer que ceux-là). Ces détails sont à mon avis trop « pointilleux » pour monsieur-madame-tout-le-monde.

    Et étant donné que ces détails sont trop souvent (et à tort, selon moi) jugés inutiles, quel client accepterait de payer du temps de plus à son graphiste pour qu’il fasse les ligatures, ajuste la grille et mette les espaces fines? Cela ne paraît peut-être pas pour un petit projet au niveau du temps, mais dans un magazine ou un catalogue avec beaucoup de pages, toutes ces corrections coûtent très cher en temps.

    Je persiste donc à dire que tant qu’il y aura des « tits-casses » qui font des logos a 100$ dans leur sous-sol, il y aura des clients « grossiers » (qui ne s’attardent pas aux détails) pour les faire vivre, et ce, même si on fait des campagnes d’information et d’éducation.

    Et c’est pourquoi je ne suis pas en accord avec Julien, qui semble prôner une approche strictement esthétique du design. Certes, quelque chose peut sembler esthétique aux yeux de quelqu’un, mais, à cause de la diversité des connaissances, des goûts et de la culture de chacun, personne n’aura la même opinion que nous sur ce qui est beau. Personne n’a les mêmes notions d’équilibre et d’harmonie. Et comme les modes et les tendances passent et reviennent, « ce goût souverain, insolemment indépendant de la technique, et qui seul, avec le passage des ans, des outils, des logiciels, vous restera fidèle » n’aura probablement plus de pertinence d’ici cinq à dix ans.

    Bref, la reconnaissance de notre métier doit se faire en éduquant sur des aspects plus généralistes de notre métier.

    En tout cas, pour ouvrir le sujet un peu plus, je crois que le Québec doit se réveiller sur l’importance des communications et sur l’importance que notre profession représente face à la quantité incroyable d’informations qui circulent partout à chaque jour.

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