Place au design «ready-made»

What is Ready-Media? from Ready Media on Vimeo.

Rolling Stone, The New York Times Magazine, Newsweek, Fast Company, Advertising Age, Esquire : ces magazines réputés, et bien d’autres encore, portent la griffe du designer Roger Black. Ce dernier lançait récemment Ready-Media, une gamme de gabarits « prêt-à-designer » pour médias imprimés et (bientôt) web. Une initiative qui a donné lieu à des débats enflammés dans la blogosphère.

« Le design de qualité, accessible à tous », clame pour sa part le site web ready-media.com. Les designers ont beau pester contre les « ti-counes » qui dévaluent la profession, quand une de ses idoles se met à vendre du design en kit, il faut se questionner. La démocratisation du design doit-elle aller jusqu’à évacuer le designer? Est-ce que ce phénomène risque de s’étendre à tous les volets de la profession? (En passant, lorsque l’on tape « logo for sale » dans Google, on obtient… 240 000 000 entrées!) Est-ce que les clients pourront bientôt combler sur le web tous leurs besoins en design graphique? Et si le résultat est acceptable, qui pourra les en empêcher?

Dans une entrevue publiée le 23 juillet dernier sur le site de la Society for News Design (SND), Roger Black arguait que Ready-Media allait « permettre aux designers de se concentrer sur le contenu visuel, que les lecteurs remarquent, plutôt que sur les questions de mise en page. » Il invitait les designers à voir ce nouvel outil comme une « opportunité » au lieu d’une menace.

Pour ma part, je suis tentée d’établir un lien avec la prolifération des banques d’images. Un autre outil censé faciliter le travail des designers et qui a livré sa promesse… tout en créant un style graphique omniprésent et tristement générique, en plus d’inciter bon nombre de photographes talentueux à fermer leur studio.

En affaires, on dit parfois qu’une crise économique est l’occasion d’épurer le marché et de le redéfinir sur de nouvelles bases. La tendance ready-made sera-t-elle l’occasion pour les designers graphiques de redéfinir leur offre, et leur raison d’être?


3 commentaires sur «Place au design «ready-made»»

  1. 1 Julien

    Coup d’argent ou de publicité ? C’est encore trop d’efforts et de dépenses.

    Ce qui se fait déjà, depuis longtemps, au fond, mais un peu plus chaque année, c’est une prise en charge par l’outil du travail technique. À une époque pas si lointaine, tracer une ligne d’un point, d’un côté à l’autre d’une page, demandait de l’habileté… Des gabarits, il s’en offre déjà. Bientôt, les grilles se rempliront seules, les titres s’ajusteront. De plus d’une façon, cela se fait déjà.

    Alors, quoi ? Restera-t-il des graphistes dans cinquante ans ? Je l’ignore. En revanche, ce qui me paraît évident, c’est qu’à la facilité d’utilisation toujours plus grande des logiciels, il n’y a de réponses qui ne tendent à un raffinement culturel du métier.

  2. 2 Sylvie Cloutier

    Julien,
    Je suis tout à fait d’accord avec toi pour le raffinement culturel. J’ajouterais aussi que savoir toucher les gens et trouver de bonnes idées sont des qualités qui n’appartiennent qu’à l’être humain. En passant, j’ai fait tout mon DEC en graphisme en utilisant un tire-ligne, alors vive les ordis!

  3. 3 Julien

    RIP, OpO, où il ne se passe plus rien.

    Tout le monde est sur Facebook, je suppose ?

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