Travail spéculatif

Vous connaissez sûrement la position de la SDGQ au sujet du travail spéculatif. Nous avons officiellement pris position contre le travail spéculatif non rémunéré en établissant un code de déontologie. Plusieurs autres associations ( GDC, RGD et AIGA) se sont aussi prononcées sur les pratiques de déontologie sur ce sujet, dont le percutant no!spec. Nous avons déjà eu plusieurs montées de lait au sujet d’organisateurs de concours peu scrupuleux et nous ne cessons de réclamer des pratiques respectueuses de notre statut professionnel. Malheureusement, des services de design en ligne comme, 99designs ou Crowdspring nous forcent à constater que ces mauvaises pratiques sont tenaces, à en lire l’article de Mélanie Rudel-Tessier sur le newsletter de Grafika à propos du logo de SouthShore.

Voici en deux mots l’argumentaire de vente de 99designs :

«Nous sommes l’interface d’un réseau de petites et moyennes entreprises qui ont des besoins en design graphique et un réseau international de 158 139 designers passionnés. Nous traitons les demandes en peu de temps sans le risque ou les coûts associés au design professionnel.»

Ces chiffres représentent-ils vraiment la réalité? Y-a-t’il vraiment une base de plus de 50 000 designers sur ces sites? Pas si sûr, comme le démontre Steve Douglas. Ces affirmations semblent plutôt verser dans la fausse représentation. Et ce n’est pas tout.

Ces sites de design par «crowdsourcing» sous-entendent que leur politique de prix homéopatique rend enfin la facture «décente» ett que les services d’un designer professionnel sont souvent trop chers. Mais quelle est cette politique de misère? Qui peut survivre avec une promesse de rémunération potentielle de 300$ ou 400$ par semaine? Comment acheter un Mac ou des logiciels et des fontes sur ce genre de «salaire»? Qui est capable, semaine après semaine, de pondre des centaines de logos? Quelle est la qualité de ces créations? Quelle est la formation et l’expérience des designers de ces sites?

En examinant le profil de certains soit-disant designers, on retrouve plusieurs membres de 15, 12, voire 11 ans. Une blague? Pas vraiment drôle. Selon le blogue LogoDesignLove, voilà comment ce service peut offrir du design graphique à rabais. En faisant travailler des enfants.

Le service s’affiche comme «The leading marketplace for Logo design» c’est à dire «la principale plateforme de commerce de design de logo». Nous trouvons déplorable qu’une entreprise qui se définit comme professionnelle exige d’être payée sur signature de contrat et fasse travailler des enfants pour produire les livrables. Ces mêmes enfants qui espéreront éventuellement être remunérés pour le travail effectué.

La SDGQ déplore cette pratique et ne reconnaîtra jamais le statut de designer à ces gens.

Quelques profils de designers sur 99designs


31 commentaires sur «Travail spéculatif»

  1. 1 Veronique

    Cela démontre le peu de confiance que cette entreprise a envers ses fournisseurs. Je pense que c’est préférable de ne pas travailler avec ce genre d’entreprise qui méprise les communications graphiques et marketing.

  2. 2 Cintya

    beaucoup d’exagération ici!
    Vous apparentez le fait que n’importe quel gamin qui s’inscrit sur un site de concours de logo est du « child labor » ??
    C’est réducteur pour les pauvres enfants qui travaillent dans des sweat shop pour fabriquer vos Nike de hipsters

    Je peux comprendre que vous ayez peur de perdre des contrats à cause de ce genre d’entreprise soyez réalistes dans vos commentaires

  3. 3 christian

    Les photographes avaient le même discours quand les sites comme istockphotos sont apparus…

    Si un client veut me payer 150$ pour son logo, je ne veux pas faire affaire avec lui. Si je lui propose de le faire pour quelques milliers de dollars, il ne voudra pas faire affaire avec moi.

    Si un jeune envisage faire une carrière en design et passe 300 heures à lui en faire un passionnément pour des pinottes, go mon jeune, have fun. J’en faisais moi aussi des logos quand j’étais ado, j’avais juste pas accès a des clients cheaps potentiels

  4. 4 Marc Serre

    Les sites comme fotolia et istock ne procèdent pas par concours et n’imposent pas aux membres de travailler sur mesure pour obtenir un mandat. Cette approche spéculative dévalue la force du design et ultimement ne sert pas le client ni personne.

    Bien sûr il y aura toujours des clients cheap et des designer médiocres, mais mettons fin au travail spéculatif, au «specwork» . D’autres industries l’ont fait et s’en portent mieux.
    Respect.

  5. 5 fran6co

    «La SDGQ déplore cette pratique et ne reconnaîtra jamais le statut de designer à ces gens.»

    Mais qui êtes-vous donc pour prétendre détenir les clés de la porte de quoi que ce soit?
    Et si un jour vous avez un membre potentiel qui vous avoue avoir participé à un tel concours 20 ans plus tôt, vous allez lui fermer la porte? Ils sont barrés à vie de votre organisation?

    Le travail spéculatif n’arrêtera jamais. Le crowdsourcing qui a été amené par l’internet est une bonne chose. Un progrès. On ne reviendra pas en arrière.

    «Though some critics believe crowdsourcing exploits or abuses individuals for their labor, studies into the motivations of crowds have not yet shown that crowds feel exploited. On the contrary, many individuals in the crowd experience significant benefits from their participation in crowdsourcing applications.» -Wikipedia.

    Un exemple? Euh… Wikipedia.

    Je trouve que cette nouvelle est au contraire une excellente occasion pour vous d’ouvrir la porte, d’éduquer, de communiquer. Mais vous (je m’adresse à la SDGQ en général) l’utilisez pour ériger des barrières, alors que vous devriez applaudir l’initiative d’enfants qui seront, ne vous en déplaise, l’avenir de notre profession. Vous devriez plutôt essayer de les encourager, au lieu de les menacer.

    «I’m 11 years old, I love designing and drawing»

    Un enfant de 11 ans s’essaie à faire des logos, et c’est une DRAME pour la SDGQ. Un enfant de 11 ans qui a soif, qui veut, qui pose un geste, une action. Et vous trouvez ça épouvantable. Un enfant qui LOVE et des vieux qui HATE.

  6. 6 Simon Éthier

    Très d’accord avec fran6co!

    1- Qu’ont à faire ces gens de l’approbation (ou non) de la SDGQ?

    2- Qu’a la SDGQ à paniquer sur un tel état de fait? La compétence de ses membres n’est-elle pas garante d’un avantage compétitif dans le contexte du crowdsourcing?

    3- Le crowdsourcing est là pour rester, car il offre une valeur aux designers et aux clients: que fait la SDGQ pour aider les designers à bien y participer? À réussir dans cet univers spéculatif?

    … ah, j’oubliais…

    Les écoles (l’UQAM en particulier, j’y suis passé) devraient aussi réaligner leur approche pour tenir compte de cette réalité. Peu de conseils pour composer avec cet univers compétitif, pour concevoir des solutions économiques, pour produire plus rapidement, avec moins de moyens, pour créer en fonction du fait que ce sera modifié et adapté par d’autres, ou pour mieux utiliser les ressources industrielles en place (ex.: formats standards, etc.) Bref, pour faire du design agile.

  7. 7 Émilie

    Si ça amuse ces gens de s’essayer sur des projets sans être payé, il me semble que ça ne regarde qu’eux. Avoir plus de temps, peut-être que je trouverais moi-même quelque chose de nouveau et stimulant à essayer.

    Je soupçonne que les screenshots inclus avec le thème sont peu représentatifs. De toutefaçon, aucun des profils inclus n’a gagné de concours. Pourrait-on donc conclure que ces jeunes ne font pas un meilleur travail que de « vrais » designers? (fiou!) ;-)

    Je m’imagine tellement à 12 ans en train de m’inscrire à un tel concours et être passionnée. Quand j’avais cet âge là, je n’avais pas cette chance! Je ne vois pas pourquoi on s’inquiéterait qu’il y a des ados qui participent à ces concours. Pour moi c’est tant mieux. Il y en a qui ont hâte de prendre la relève et qui auront certainement bénéficié de cette expérience de travail spéculatif, qu’elle soit positive ou négative.

    Si il y a bien un truc qui me déplaît dans le milieu, c’est justement cette tendance à penser qu’on est au-dessus de tout ça. Je pense que la position de la SDGQ va lui retomber sur le nez dans quelques années. Pourquoi ne pas aller de l’avant et trouver sa place dans tout ça? Pourquoi toute cette insécurité?

  8. 8 Nicolas

    Bien que je ne sois pas affecté par le «crowdsourcing», je déplore surtout les entreprises qui ont recours à ce genre de site/pratique dû à un manque d’éducation «design» de leur part. Elles ont assurément raté le cours «Good design is good business».
    Ces entreprises n’ont aucune idée de la valeur ajoutée d’un design de qualité.
    Personnellement, je crois qu’employer un site comme 99Designs c’est comme laisser un aveugle conduire son auto pour aller faire les courses.
    Il y a forte chance de se casser la gueule en route.

    Appuyer un site comme 99Designs, (qui fait assez Dolorama comme nom!) c’est cracher sur la valeur du design.

  9. 9 Bob l'éponge

    «Good design is good business»: en quoi le logo de cette entreprise est-il mauvais (graphiquement)?

  10. 10 Maxime Alexandre Trudel

    Le crowdsourcing est, pour moi, très déplorable. Il y aura toujours des concours et c’est truc là, malheureusement. Sauf qu’on est dans le monde réel aussi. Y’a-t-il des concours de plombiers? Tout travail doit être payé.

    Lorsque je faisais mon cégep, on avait des concours un peu comme cela. Mais le gagnant était payé pour ce que le travail valait. Et c’était un cours, notre note était en valeur de notre travail et cela nous touchait plus ou moins si on gagnait.

    Côté «éducation de nos clients», ce site donne plus de mauvais côtés pour bien éduquer notre client: Pas cher, quasi sur mesure. Malgré le fait que les membres sont très compétents lorsque l’on commence on n’a pas cette reconnaissance et l’expérience pour bien se défendre contre ces arguments.

    La SDGQ a le droit d’accepter qui elle désire et nous d’y adhérer ou non…

    Aussi comme il n’y a pas d’ordre ou d’obligation à faire affaire avec un membre de la SDGQ (comme client). On a beau dire haut et fort ce que l’on pense, mais le travail doit commencer ici, au Québec, il y a encore plein de compagnies et de gens qui nous demandent: «ça fait quoi un designer graphique?»

  11. 11 Mathieu Cournoyer

    Il n’y a pas de concours de plombier, car un enfant de 12 ans ne peut pas y participer! Les outils qu’utilisent les designer graphique sont à la portée de tous et la pertinence de leur savoir n’est pas aussi évidente que d’avoir les deux pieds dans la flotte.

    Il ne faut pas perdre de vu, que le terme « designer » n’est pas protégé et que quiconque peut s’en qualifier, qu’on le veuille ou non. Il y a effectivement là un lien à faire avec la photographie en ce sens que des non-professionnels qui avaient déjà les outils techniques ont maintenant une plateforme pour distribuer des logotypes en apparence professionnel. Si nous avons de la suite dans les idées, ce bouleversement devrait nous amener à emprunter la même approche et de prendre à contrepied ces sites et répondre : un designer graphique ne fait pas que des logotypes. Il y a tellement de nouveaux produits et de nouveaux services qu’il serait improductif de s’opposer au mouvement des sites de logo à gogo. Attendez seulement que 25% de l’Inde ait internet… Dans la catégorie « Ça enlève du travail à un designer graphique », le même débat a été mené sur les modèles (templates) de sites web et maintenant le blogue de OpO est construit sur cette structure sans aucun problème éthique.

    Personnellement, je ne me sens pas mis en danger par ces sites et je plains celui qui sent que l’on joue dans sa cour.

    Le travail spéculatif est à proscrire et est déjà décommandé aux membres de la SDGQ, mais il n’est pas si sûr que les participants à ces foires de design à bas prix aient exactement le même public que celui que représente la SDGQ… Est-ce la meilleure manière d’illustrer le travail spéculatif? Je ne crois pas puisque la majorité des personnes qui participent à 99designs.com ne sont pas designer graphique au sens où l’entend la SDGQ. La SDGQ aura de la difficulté à s’opposer à ces pratiques puisqu’il ne s’agit pas d’un phénomène qui concerne uniquement le design graphique.

    La SDGQ a joué un grand rôle ces dernières années pour promouvoir le design graphique. Conséquemment, ce qui devrait intéresser le titre de cet article est plutôt les questions politiques : comment d’autres industries ont-elles mis fin au travail spéculatif? Ou comment faire en sorte que plus de gens s’inscrivent à la SDGQ? Voilà autant de questions qui nous permettraient de réduire la quantité de mandats spéculatifs.

  12. 12 martine

    Je suis assez partagée pour se billet. Premièrement, je n’aime pas le message que les sites de crowdsourcing donne au client. Tu peux avoir quelque chose de personnalisé, qui te ressemble. C’est facile et pas cher. Tout le site de 99designs est basé dans ce sens : interface épurée axée sur les résultats. Comment accrocher un client de pme pour faire son logo en trois semaines quand il peut l’avoir pour 200$ en 1 semaine ?

    Je peux que comparer ce genre de site à ce qui se produit présentement dans l’industrie de l’imprimé. Il est maintenant très facile et peu coûteux de faire imprimer des cartes d’affaires ou des flyers et le tout sur un bon papier avec lamination matte incluse. Toutefois, nous ne sommes pas capable de garantir une couleur juste, ni de personnaliser la carte par une découpe ou un vernis sélectif. Donc, nous obtenons un beau produit, pas cher mais la petite touche d’originalité avec le médium y est moins. On parle d’une impression en « batch ».

    Le site 99designs porte le client à choisir parmi d’innombrables maquettes. Il peut donc explorer différents styles, couleurs, mise en page avant de s’arrêter sur un choix. C’est ici que je suis partagée. Je suis fan de la recherche, chacune de mes maquettes va en fonction des besoins utilisateurs / clients mais aussi en fonction de mes découvertes. Imaginez cet outil pour nous aider à voir le design du site par l’œil de d’autres designers. C’est une communauté qui regroupe des gens de partout dans le monde, on peut donc avoir la vision de d’autres gens et enrichir notre banque d’idées. Je crois que c’était le propos énoncé par Grafika : se servir du crowdsourcing pour renouveler nos idées et tester facilement différents styles pour notre client. Passer un peu moins de temps en idéation et se concentrer sur le raffinement et la personnalité du logo.

    Ce que je trouverais intéressant c’est que 99designs n’accepte que des gens ayant des études en design. Cela rehausserait la qualité du travail et serait pour les designers externes une bonne source de référence lors de la conception. Cela aiderait aussi à la reconnaissance de notre métier car ce serait des professionnels qui seraient sollicités.

    Le dernier parallèle que je veux faire, c’est avec un point qui a été mentionné plus haut : les thèmes wordpress. Un thème c’est une coquille personnalisable pour notre blogue. Il en existe des centaines sur le web, parfois gratuits parfois non. J’ai appris comment faire un thème et j’ai été surprise par toutes les possibilités. Je m’en suis remis à en prendre un que j’aimais et ajouter des fonctionnalités et le personnaliser à mon goût. Pourquoi passer des heures et des heures à faire quelque chose qui a déjà été fait ? Je préfère utiliser les techniques des autres pour la coquille et avoir plus de temps pour concevoir la partie design.

    L’esprit de communauté est déjà bien installé parmi les développeurs (php). Le partage de connaissances est selon moi un facteur de croissance pour notre métier. Une façon de faire évoluer nos idées plus rapidement et de partager nos acquis avec d’autres designers.

  13. 13 JP

    J’ai l’impression que certains traitent le Design graphique comme étant un hobby accessible à tous. Quand je balance une typo pendant des heures lettre par lettre; je n’ai pas l’impression que ce métier est accessible à un jeune qui utilise photoshop. Ceux qui croient cela, je dirais que vous manquer de culture ou de formation. Notre métier va au-delà de l’esthétisme visuel; il est truffé de subtilité très importante que seul un professionnel connaît. Cependant, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens qui se proclament professionnels et qui ne le sont pas; mais ça, c’est un autre débat.

    Si certains étaient plus cultivés et passionnés, peut-être que certaines PME seraient plus enclines à s’offrir nos services! Soyez solidaire; j’ai honte.

  14. 14 Maxime Alexandre Trudel

    Utiliser le crowdsourcing pour avoir un feedback sur nos projets est à mon sens pas une bonne idée. En plus, de promouvoir le phénomène, il y a des sites spécialisé qui font exactement de la critique.

    http://www.conceptfeedback.com/ Il y a plein de passionnés sur le site qui fond des critiques (habituellement positive.)

  15. 15 Anthony Mak

    Les restaurants de fast food n’ont pas causé la faillite des grands restaurants, au contraire, ils ont permis de voir la qualité où tout le monde voyait la norme. C’est la même chose pour le design bon marché – ça toujours existé et ça existera toujours. Ce n’est pas une menace mais une opportunité d’apprécier encore plus les clients qui font appel à nos services et qui nous font confiance afin de renforcer le lien qu’on a avec eux, privilège qu’on prends parfois pour acquis.

  16. 16 SM

    Je ne pense pas que de monter une barricade devant l’inévitable soit une solution. C’est comme avoir voulu s’opposer au téléphone cellulaire à la fin des année 90.

    Je pense aussi que des commentaires comme ceux de Martine (« que des gens ayant des études en design ») et JP (« j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens qui se proclament professionnels et qui ne le sont pas »), sont symptomatiques d’une certaine crainte d’entrer en compétition sur des bases de résultat plutôt que de une base de cheminement, d’expérience ou de formation.

    Le talent, ça ne n’enseigne pas. Un designer peut être très bien être professionnel sans avoir étudié le domaine et bien en vivre. Et même avec un talent limité, un designer peut en vivre (ce qui en fait un professionnel), puisqu’il y a un effectivement un marché pour le design expéditif et bas de gamme.

  17. 17 nico

    la réalité c’est que l’industrie publicitaire au grand complet réalise depuis des année régulièrement des pitchs non rémunérés et on parle ici de donner de la création qui se situe dans les 5 chiffres! le principe est le même et oui effectivement fort discutable.

    Comme sur internet, des « templates » (certains même adaptés sur-mesure) existe pour tout les besoins de communications des client, logos, cartes d’affaires, site, web et sûrement publicité même… pour une entreprise qui démarre et qui n’a pas de moyens pourquoi pas.. mais c vrai que ce n’est souvent pas le cas.

    On peut être contre et s’offusquer (certainement avec raison) mais même en conscientisant les designers est-ce que cela va réellement limiter ou effacer un phénomène émergeant sans y apporter de réelles solutions?

    Sur les site comme 99designs de plus en plus de designers proviennent d’asie du sud ouest et semble avoir beaucoup de talent! Certain avec un calibre supérieur à la moyenne des designers d’ici (oui en général les propositions sont très faibles mais dans plusieurs cas très potables, voir même excellentes.. vous sériez surpris!).

    Certains de ces designers ont de plus (possiblement) un niveau de vie moins élevé et pour eux peut-être est-ce une source de revenu raisonnable. Et pour de jeunes étudiants qui veulent se faire la main sur de réels projets pour se monter un portefolio et courir la chance de gagner un peu d’argent.. pourquoi pas? En plus, le challenge est là… à voir la multitude de solutions trouvées par les autre designers… on a pas souvent l’occasion de se faire challenger par de telles compétitions.

    Un des gros problèmes avec de tels sites (outre le fait de dévaluer le métier de designer) c’est que les clients choisissent leur pièces de communication clairement en fonction de leurs goûts et référents personnels sans réellement avec une bonne explication ou présentation en bonne et due forme. Finalement, les clients ont exactement ce qu’ils veulent, c’est à dire une pièce de communication à leur image sans pouvoir se fier aux précieux conseil d’un expert.. (donc une pièce de comm souvent banale et générique) et là est la clef de la solution… Être aux yeux du client autant (sinon plus) une personne ressource en conseils créatifs qu’un designer.

    Le vent tourne dans le domaine du design et oui cela fait en sorte que le design vaut moins cher aujourd’hui qu’hier puisque beaucoup plus accessible. La solution passe par une qualité clairement supérieure de notre part comparativement à ce qui peut se trouver quasi gratuitement sur le web…un gros challenge s’annonce pour l’industrie!!!

  18. 18 Etienne Chabot

    Je suis le directeur marketing chez Meubles South Shore. Quoi qu’on en dise, je ne suis pas l’inculte qui ne connait rien au design ni celui qui ne voit pas la valeur du design en marketing. Je suis simplement un gestionnaire marketing qui explore sans cesse, qui tente de nouvelles expériences et qui cherche à le faire au meilleur coût possible. Je ne peux être contre la vertu… Les opportunités se présentent et parfois il faut prendre des risques. Parfois on se trompe, parfois on obtient du succès mais dans tous les cas, on apprend.

    Je constate que les avis sont partagés sur le sujet du crowdsourcing et vous tenter ici d’amalgamer tout le concept de crowdsourcing au travail spéculatif. Votre article est de mauvaise foi quand vous tenter de faire passer tous les membres de 99 designs pour des enfants de 11 ans, c’est une demie-vérité et vous le savez.

    Quelques précisions quant à notre projet de refonte de logo:
    - Du début à la fin de notre projet, nous avons été assistés par une firme de design graphique qui compte plusieurs designers de formation: Origami.
    -Le mandat confié à 99 Designs visait simplement à élargir le nombre d’avenues graphiques possibles lors de la phase d’exploration. Nous n’aurions pu obtenir 300+ idées de design en travaillant strictement avec Origami pour 800$US. En heures de design, cette phase aurait pu représenter 15-20k. Nous préférions investir ce montant sur des concepts qui nous satisfaisaient et ainsi les raffiner et les amener à un autre niveau.
    -Oui, plusieurs propositions étaient poches et n’ont pas été considérées. Who cares? On les élimine et ca finit là. On focalise sur ce qui est intéressant…
    -Nous nous sommes donné des critères rationnels de décision afin de filtrer les avenues qui faisaient le plus de sens pour nous. Origami nous a assisté dans l’élaboration de notre grille d’évaluation et ont apporté leur expertise.
    -Nous avons établi un top 5 en fonction de nos critères et ceux de notre firme de design
    -Origami s’est inspiré de ce qui avait le plus de sens et a développé un logo complètement différent du logo qui a remporté le concours sur 99 Designs mais qui a été inspiré des éléments qui nous avaient accrochés.

    J’ai résumé ma pensée dans ce commentaire sur mon blogue http://etiennechabot.com/2009/07/28/do-you-get-the-best-return-on-your-graphic-design-expenses/#comment-3086

    La position que la SDGQ prend me fait drôlement penser à la sortie que Christian Bégin (le comédien « spontané ») avait fait il y a quelques années contre les humoristes, chanteurs et autres artistes n’ayant pas fait l’École Nationale de Théatre. Il était outré de les voir à la TV et dans nos films québécois car ils n’avaient fait le cheminement officiel….

    Comme dans tout travail comportant une forte dimension artistique, il y a des self made men and women qui ont du talent et du succès et d’autres qui ont fait le cheminement officiel et qui lavent de la vaisselle. Le design graphique n’y fait pas exception. Comme le souligne certains commentateurs, il y a des designers de talent sur 99 Designs dont plusieurs ont une formation et ce sont eux qui gagnent les concours. Vous n’avez pas voulu prendre ces derniers pour vos screen shots dans votre article?

  19. 19 JP

    Effectivement SM, vous avez raison je crois qu’il y a des «designers» expéditifs et bas de gamme. J’en suis bien conscient. Mais ce n’est pas pour autant que j’encouragerai ce marché. Je n’en fais cependant pas un cheval de bataille. Je trouverais seulement la vie plus agréable, si tout était bien designer. Tous les passionnés vous diront la même chose que ce soit en urbanisme, architecture, en design industriel, etc…
    Je suis peut-être trop subjectif envers la définition de professionnel du Design graphique. J’ai seulement l’impression que certaines personnes ne devraient pas se définir comme Designer graphique, qu’il soit formé ou non. Des professionnels provenant de métiers ayant une notoriété sociale plus élevée n’acceptent pas que des gens incompétents s’associent à leur discipline. Alors, si nos propres designers acceptent que des gens incompétents se désignent designers graphiques. Comment allons-nous faire pour donner une image plus importante au Design?

  20. 20 Etienne Chabot

    Je viens de recevoir sur mon fil Twitter ce concours de design lancé par TIVO http://bit.ly/ayb0fL Hmm TIVO, c’est pas une roulotte à patates frites cela et il font appel à 99 Designs. Sans doute parce qu’il souhaitent exploiter sans scrupules des pauvres petits enfants gribouillant sur leur laptop dans les pays sous développés.

    Autre point ici: Ce pseudo-debat sur le spec-work, crowdsourcing, appellons-le comme on voudra, démontre le retard du Québec par rapport aux tendances mondiales en matière de web. Un débat similaire a eu lieu aux USA il y a un an et ce n’était pas le premier.
    http://www.wired.com/epicenter/2009/03/is-crowdsourcin/

    Voici les conseils fort pertinents de Jeremiah Owyang (expert reconnu et respecté à l’emploi de Forrester Research) donnés aux designers graphiques en décembre 2008 à ce sujet:
    http://www.web-strategist.com/blog/2008/12/13/designers-why-spec-work-is-not-going-away-how-you-should-respond/

    La lecture de ces articles vient confirmer que de durcir la position face au crowdsourcing dénote plus de la panique que de la stratégie durable à long terme.

  21. 21 Nelu Wolfensohn

    Les guildes corporatistes qui râlent et se lamentent, tout en essayant de revenir au passé, n’y peuvent rien!

    Les frontières du design graphique, de la photographie, de la création de film et de vidéo, de la musique, etc. se sont effondrées avec la révolution technologique. Depuis belle lurette, la production artistique s’est démocratisée, les spécificités se sont estompées et les terrains de chasse des certains métiers, si jalousement gardés par le passé, sont devenus aujourd’hui des jardins publics accessibles à tous.

    Interdire l’accès du marché aux milliers de graphistes autoproclamés — dont certains, croyez-moi, ont plus de potentiel et de talent que bien de « professionnels » — est non seulement illusoire, mais totalement impossible, car on ne réglemente pas le métier du design graphique comme on le fait avec l’architecture, l’ingénierie ou la médecine.

    L’État balise une activité professionnelle seulement quand elle peut mettre en danger la sécurité publique. Et, à ce que je sache, ce critère ne s’applique pas à la nôtre…

    Il n’y aura donc pas une réglementation imposée, privilégiant les membres des associations, car ni le droit, ni les utilisateurs/clients, ni les lois de la concurrence ne l’accepteront jamais. Le design graphique mondialisé et bon marché est là pour pour de bon!

    LA solution (préconisée depuis deux siècles par le bon vieux Charles D.) est pourtant simple : pour survivre, nos créateurs devront mieux faire!

    Suffit, la complaisance, le manque d’une critique objective et les caresses allant dans le sens du poil! Place au design graphique intelligent, réfléchi et cohérent, donnant la prépondérance au contenu d’idées sur l’aspect formel du projet! Place à la connaissance et à la maîtrise d’une bonne culture générale (histoire, économie, sociologie, littérature, philosophie, technologies)! Place aux échanges d’opinions et à la collaboration interdisciplinaire! Place à l’ouverture sur le monde!

    Dans cette optique, le rôle formateur des institutions d’enseignement reste crucial. Les objectifs : bien analyser et bien préparer les enjeux à venir; mieux structurer et mieux transmettre les savoirs; cultiver — mais sans complaisance — l’originalité et la créativité; encourager une saine compétition entre les étudiants, et — très important — faire germer le désir d’un engagement social et culturel du designer.

    Pour y arriver, les écoles de design devront se réinventer constamment. La nôtre ne doit pas faire exception…

    Nelu Wolfensohn
    Professeur titulaire
    Programme de design graphique
    École de design de l’UQAM

  22. 22 André Lavergne

    Ce que les défenseurs du progrès ici présents omettent de reconnaître c’est que dans ce modèle, une majorité de gens travaille pour 0$, et la minorité qui est payée est mal payée. Je connais peu de gens (professionnels, étudiants ou amateurs) qui veulent bosser davantage pour être moins rénumérés. Et vous?

    Pas sûr que le bon vieux Karl M. verrait ça comme du progrès.

  23. 23 Benoit Rivest

    Monsieur W,

    Vous voulez jouer sur le terrain des grandes idéologies ? Soit. Mais sachez qu’il y a bien longtemps que j’ai lu un pamphlet qui prône aussi vigoureusement le darwinisme social.

    Non, je n’exagère pas. http://fr.wikipedia.org/wiki/Darwinisme_social

    - –

    Tous les designers en constante compétition ? Bien sûr. Et la clé, pour « survivre » sera d’évoluer. Les plus compétitifs gagneront : encore plus de travail, plus rapidement, pour moins cher.

    Continuons la logique : les droits d’auteur ? Pffft, une barrière à la compétition.

    Si nous appliquions les mêmes principes à tous les travailleurs, les vacances ne seraient pas payées, les femmes ne seraient pas sur le marché du travail, le salaire minimum n’existerait pas et les avocats n’auraient pas à être reconnu par le barreau. Et que faire des handicapés qui ne peuvent pas travailler ?

    Absurde ? Absolument.

    - –

    Heureusement, le monde dans lequel nous vivons possède une intelligence sociale. Certaines valeurs partagées par une majorité s’élèvent et mettent des balises (plus ou moins claires) à la compétition aveugle.

    Dans le cas qui nous intéresse, ces barrières seront peut-être officielles (si le titre de designer vient à être protégé, par exemple) ou simplement organiques (si les meilleurs designers résistent et cherchent à augmenter leur qualité de vie plutôt que leur salaire. Et ça existe déjà : beaucoup d’agences refusent de participer à des pitchs non rémunérés).

    Voilà pourquoi critiquer le crowdsourcing n’est ni un manque de vision, ni une honte. Descendez un peu de votre bulle théorique : Voyez-vous vraiment un problème à ce que des individus s’inquiètent et se mobilisent contre une pratique qui réduira leur qualité de vie ?

  24. 24 Nelu Wolfensohn

    Monsieur Rivest,

    Votre raisonnement par l’absurde ne s’applique pas. Désolé!
    Vous transformez un cas particulier (le graphisme/web bon marché) en paradigme généralisé.

    Pour le reste, vous arrivez à démontrer avec brio que chez nous, comme ailleurs, les discours politiquement corrects et la pratique de la langue de bois sont toujours de mise. Bravo! C’est vraiment rassurant… surtout quand il y a péril en la demeure!

    Longue vie à la bien-pensance* magique!

    * Bien-pensance : voir dans Wikipédia

  25. 25 André Lavergne

    J’apprécie votre cri de raliement, M. Wolfensohn. Je prône aussi les valeurs du designer engagé, critique et cultivé. Mais qu’allez-vous dire à ce designer qui doit se battre de plus en plus pour être rénumérer correctement parce que d’autres ont fait la preuve qu’un logo ne vallait pas plus que 200$ ?

    Nous parlions ici de pratiques qui ont comme but premier de réduire les coûts de marketing d’une entreprise. C’est la raison d’être des sites comme 99 Designs; ils ne s’en cachent pas. Il va sans dire qu’un bon designer tient toujours compte, entre autre, du budget dans son travail. Mais la volonté de réduire les coûts à tout prix n’a pas toujours rendu service, ni à l’entreprise en question, ni au designer ouvert sur le monde que vous louez ci-haut, ni à la pratique du design graphique en général. Le ‘crowdsourcing’ dévalue actuellement le travail des designers qui s’y prêtent. Son grand danger selon moi : que cette dévaluation prenne racine dans les moeurs des entreprises et des individus qui peinent déjà à comprendre la vraie valeur du travail bien fait.

    Pour parler de Darwinism, vraiment, il faudrait prouver que le modèle actuel, selon lequel le client et le designer travaillent dans la proximité et la complicité, est rendu désuet par l’avénement du ‘crowdsourcing’. C’est loin d’être le cas. Pour parler de progrès, du point de vue du designer, il serait plus utile de se demander quel modèle de travail a tendance à générer les meilleurs résultats en design, plutôt que de s’arrêter sur le plus nouveau, ou le moins cher. Que le ‘crowdsourcing’ fasse maintenant partie de notre réalité compétitive ne me choque pas autant que de voir des professionnels du milieu déclarer que c’est obligatoirement l’avenir. C’est un peu le boulot de tous ceux qui croient au potentiel du design de défendre les conditions qui le feront fleurir, et de rester critique face à celles qui le mineront.

    À mon avis, ce n’est pas une question d’élitisme. Ce n’est pas non plus que les designers ne veulent pas évoluer. Ce qu’ils veulent c’est avoir les moyens de bien servir leurs clients. Et même si je crois que sa réaction fut un peu maladroite, la SDGQ n’a pas à s’excuser de prendre position contre des pratiques qui ne favorisent pas le « design graphique intelligent, réfléchi et cohérent, donnant la prépondérance au contenu d’idées sur l’aspect formel du projet » (pour reprendre votre phrase).

  26. 26 Julien

    Il faut se garder de prendre un effet pour une cause.

    L’industrie, si l’on veut bien m’excuser ce mot, est telle que les exigences minimales pour s’y introduire légitimement se rapprochent dorénavant de zéro. Déjà, il suffit d’un ordinateur, de logiciels (facilement piratés, et facile d’usage), d’un peu de prétention. L’offre déborde la demande.

    Un marché où l’offre abonde répond à une logique tout autre qu’un marché où la demande excède l’offre, par manque de ressources ou contrôle des entrées.

    Or, si l’offre déborde la demande, il y aura nécessairement une compétition plus forte et des malheureux. Appelez ça darwinisme social, si vous voulez (c’est, cependant, un usage fautif d’un terme par ailleurs daté et fortement connoté).

    Les choses étant ce qu’elles sont, le marché ira en se polarisant davantage. La majorité y trouvera (y trouve déjà…) des conditions misérables, pour la simple et bonne raison que leur métier, de jour en jour, accuse une superfluité plus évidente. Pour la même raison, quelques-uns y gagneront. Ceux, précisément, qui exploiteront à fond ce caractère (de superfluité).

    Ceci n’est pas nouveau, du reste.

    Vous vous souvenez des typographes ?

    Le graphisme devient commodité. Le graphiste voit son expertise technique intégrée à même des logiciels dont il n’a plus depuis longtemps l’exclusivité de l’usage. Pour cela, il n’y a rien à faire.

    Il ne reste plus que le raffinement, la virtuosité et l’originalité pour justifier un bon salaire. Commis ou artiste.

    Autrement dit, il faut donner raison à M. Wolfensohn.

  27. 27 fran6co

    C’est bizarre, on dirait que les designers ici sont contre le changement de leur profession, mais ils ont complètement oublié que, il n’y a pas si longtemps, il y avait des typographes et des photocomposeurs qui travaillaient dans des bureaux où ils ne faisaient que ça. C’était un métier respecté, qui permettait à des artisans de faire vivre leur famille.

    Le Design Assisté par Ordinateur (qui aujourd’hui s’appelle le Design tout court) a totalement oblitéré ces professions qui pourtant existaient depuis des générations. De riches traditions envolées grâce à ce superbe outil d’où vous écrivez votre indignation. Des milliers de jobs perdues, de travailleurs littéralement à la rue. On ne voit pas grand monde s’en émouvoir. On appelle ça du progrès.

    La composition et la typographie sont aujourd’hui une simple fonction du système d’exploitation de votre ordinateur, avant même d’ouvrir une application pour faire du design. Sur OSX, même l’utilitaire de texte simple « TextEdit » est capable de faire la substitution des ligatures et autres subtilités qui auraient autrefois nécessité la richesse de l’expérience d’un artisan accompli. C’est BUILT-IN. Et que dire de tous les correcteurs de métier, qui aujourd’hui ont été remplacés par un souligné de pointillés rouge à votre écran?

    Et maintenant que c’est vous qui êtes à la barre, il faudrait que le progrès s’arrête, parce que c’est à votre tour de sentir l’herbe disparaître sous vos pieds? Le progrès c’est du changement, et on ne peut pas être pour le progrès, et contre le changement.

    Peut-être que dans quelques années, aucun designer de l’occident ne fera plus aucun logo pour aucun client, parce que les designers sous-payés (d’après nos critères) des pays asiatiques (et il y en aura littéralement des milliers) auront saturé un marché où effectivement un logo ne vaudra pas plus de $200. La technologie fait des pas de géant tous les jours. Ça ne vous dérange pas d’acheter une lampe de poche ou une passoire à spaghetti pour un dollar au Dollarama. Pourtant, combien de designers industriels ont perdu leur gagne-pain au profit d’usines chinoises à cause de ça?

    Il y a quelques années, quand je faisais un site web pour mes clients, ajouter une section « news » n’était pas une mince affaire. C’était même une portion sérieuse d’un budget de réalisation. Aujourd’hui il existe plusieurs solutions gratuites, que le client lui-même est capable de mettre en place, et ce EN 5 MINUTES. Comment je trouve ça? Je trouve ça SUPER. C’est du progrès, c’est le futur, et soit mon travail est plus facile, ou plus rapide, et je me dédie à autre chose avec le temps qu’il me reste. Comme par exemple à faire plus de projets, ou à réfléchir à l’avenir du design. Ou à faire une petite sieste. Je ne peux pas dire que ça ait nui à ma qualité de vie.

    Peut-être que dans quelques années, un logo coûtera effectivement $200. Mais je ne m’en inquiète pas le moins du monde. Mon domaine de travail est celui de la créativité, et je ne doute pas que, en utilisant ma créativité, tout comme vous tous ici je vais être capable de m’adapter à ce nouveau monde et de trouver une manière de continuer à transformer ma créativité en projets tangibles et, ultimement, en loyer, électricité et bouffe pour les enfants.

    Autrement dit, je ferai autre chose.

  28. 28 Antoine Nonnom

    monsieur nelu wolfensohn: aujourd’hui, mais qui se soucie de votre opinion?

  29. 29 Martin L'Allier

    Antoine: bel exemple de manque de savoir vivre et de courtoisie. Nelu exprime une opinion valide, même si tu ne la partage pas.

    Le monde du graphisme change, cela présente des défis auxquels nous ne pourrons nous soustraire. Du rapport annuel qui ne sera plus imprimé aux logos à bas prix.

    Le corporatisme que certain prônent est une voie sans avenir. Et les cris hauts et forts d’individus ou d’associations ne seront reçus que par l’indifférence.

    Poussons la réflexion plus loin, le problème n’est pas que nord américain: http://www.eyemagazine.com/opinion.php?id=170&oid=511

    Je souligne particulièrement la conclusion de cet article: «For example, an important issue for graphic designers today is to devise solutions that bring the exponentially growing amount of complex information we are confronted with into order, and develop interfaces that make it accessible and manoeuvrable. That’s more rewarding than designing another logo. There are many new and challenging tasks where professionally trained designers are desperately needed.»

  30. 30 Mathieu Cournoyer

    Quel avenir pour le design graphique après la démocratisation des outils de composition? C’est la question qui devrait être au coeur du débat, merci Martin pour l’article,voilà qui ouvre le débat!

    J’ai bien aimé les commentaires qui suggèrent des solutions dans l’enseignement du design pour pallier aux changements :

    «In Koppelkamm’s view, rather than hastily adapting to the changing market, design education should concentrate on the fundamental design competences that are not affected by technical or economical changes. His ideal is the designer as a reflective partner who can work both systematically and intuitively. This requires a strong connection between theory and practice. An academic design institution should not produce well adapted service providers and software operators but autonomous unconventional thinkers. For Koppelkamm, radical personal subjectivity is key to meaningful design.»

    ou

    «In contrast to the concept of the designer as individualistic author, Joost declared the necessity for designers to work in interdisciplinary teams»

    Ces deux conceptions (différentes) du travail du designer graphique existent déjà sur le marché, mais tardent à infiltrer le milieu de l’enseignement pour rediriger le design graphique vers une direction plus viable pour l’avenir.

  31. 31 Jean-Sébastien Dussault

    Je suis bien d’accord avec la citation tirée de l’article de Schmidt par Martin.

    Je crois que les logos sont appelés à disparaitre du champ d’activité des designers graphiques, et seront en effet relégués aux amateurs (doués ou non) du crowdsourcing. Il faudra s’y faire. C’est un champ où trop peu de clients y voient vraiment une différence, et se foutent royalement de la viabilité sociale inexistante avec le crowdsourcing. Ce qu’il y a de beau avec les foules, c’est que tant que des gens s’y ajoutent, on ne voit pas ceux qui meurent. Les designers ne sont pas mieux: ils se sont rués sur les banques de photos, puis chez iStockPhoto, sans se demander si ça allait être possible pour les photographes de continuer dans leur domaine. Sûr, il y a encore des photographes pros, mais moins. Les photos de tous les jours sont laissées aux amateurs. « Ils chargent trop cher, de toute façon, ces photographes ».

    Ce sont dans les travaux que les clients perçoivent encore comme complexe que les designers pourront continuer à évoluer.

    J’espère juste que l’UQAM songe sérieusement à se distancer très rapidement des notions de création de logos, et plutôt à enseigner à créer du matériel pour des compagnies qui seront équipées de logo sortant du crowdsource.

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